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Poésie néo-classique
solinga : Blessure sépia et blanc colombe 
 Publié le 07/09/26  -  9 commentaires  -  632 caractères  -  129 lectures    Autres textes du même auteur

Regardant une vieille photographie : on y voit, jeune, ma tante Myriam et sur l'épaule une très blanche colombe.
Comme un pantoun pour qu'un peu de passé nous revienne, refrain dont il manque la part immense, la part d'abysse.



Blessure sépia et blanc colombe 



Vois, cette photo sépia n'est pas feuille morte.
Myriam : joue d'enfant au giron d'une colombe
Vénitienne. Le flou moiré du fond emporte
Le passé… Sur ton visage, du soleil tombe.

Myriam : joue d'enfant au giron d'une colombe
Carnation des pommettes d'antan, porcelaine.
Le passé… Sur ton visage, du soleil tombe.
Ton sourire cerisier pâle… un trait de laine.

Carnation des pommettes d'antan, porcelaine.
Déjà l'effroi te prenait l'aile, en vent mauvais.
Ton sourire cerisier pâle… un trait de laine.
Les voix se battaient dans ta tête, tu savais.



 
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   Pussicat   
23/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Poésie proposée en néo-classique,
je ne maîtrise pas les règles du pantoun mais je suis surprise par la forme proposée : 3 strophes me paraissent peu pour développer les idées.

Le dernier vers de la première strophe "Le passé... Sur ton visage, du soleil tombe." ne fonctionne pas en reprise sur la 2e strophe à cause de l'enjambement :

1ère strophe
Vois, cette photo sépia n'est pas feuille morte.
Myriam : joue d'enfant au giron d'une colombe
Vénitienne. Le flou moiré du fond emporte
Le passé... Sur ton visage, du soleil tombe.

2e strophe
Myriam : joue d'enfant au giron d'une colombe
Carnation des pommettes d'antan, porcelaine.
Le passé... Sur ton visage, du soleil tombe.
Ton sourire cerisier pâle... un trait de laine.

J'apprécie l'allitération "vent mauvais", un peu moins la répétition "en vent"

"Myriam : joue d'enfant au giron d'une colombe"
Un vers si descriptif qu'il semble voiler sa poésie

Commentaires EL

   Cyrill   
27/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J’ai trouvé dans ce poème des images plutôt singulières, intéressantes et parfois étonnantes. L’exergue me dit qu’il s’agit d’un pantoum. Déjà rencontré sur Oniris, je suis allé me renseigner plus précisément. Voilà ce que j’ai trouvé :
https://www.espacefrancais.com/le-pantoum/
Je ne décèle pas ici la « règle absolue et inévitable qui veut que, du commencement à la fin du poème, deux sens soient poursuivis parallèlement, c’est à dire un sens dans les deux premiers vers de chaque strophe, et un autre sens dans les deux derniers vers de chaque strophe », selon Théodore de Banville.
Qu’à cela ne tienne, je ne suis pas attaché à la rigueur des formes fixes et toute variation peut me paraître bienvenue si toutefois la poésie me touche par son fond et me séduit par sa forme. Ici ce n’est pas complètement gagné. La reprise des vers contribue à figer l’image, ce qui est une bonne chose s’agissant d’une ancienne photo. Vous avez privilégié les phrases nominales, il me semble que c’est également bienvenu pour parler d’un temps et d’une personne qui ne sont plus. J’ai trouvé beaucoup de délicatesse dans certaines images : « pommettes d'antan, porcelaine. », « Ton sourire cerisier pâle... un trait de laine », «l'effroi te prenait l'aile ». Elles contribuent au mystère qui se dégage de cette photo et de la personne représentée.
Il m’apparaît cependant qu’elles font un patchwork mal assemblé, la forme très contraignante vous ayant obligé à de grands écarts syntaxiques. Je comprends ce qui a motivé le choix du pantoum : « pour qu'un peu de passé nous revienne ». Il se peut donc que cette écriture qui paraît désordonnée soit motivée par les défaillances de la mémoire ou la méconnaissance de la personne, il me semble néanmoins qu’elle gagnerait émotion en étant mieux orchestrée.

   Provencao   
7/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour solinga,

J'ai aimé ces échos qui confèrent à votre poésie cette belle aura. J'ai perçu ces vibrations fortes entre le flou et le passé. Une belle couleur se dessine, qui correspond peut-être à ce qu'il y a de plus profond dans l'âme...

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Eskisse   
7/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Solinga

C'est un portrait touchant que vous nous proposez grâce à des touches délicates : "Carnation des pommettes d'antan, porcelaine.", ou " Ton sourire cerisier pâle… un trait de laine."
La fin reste énigmatique comme si l'on ne pouvait tout dévoiler d'une personne: l'effroi, les voix qui se battent dans la tête dessinent une Myriam troublée, bouleversée.
" Tu savais" achève de suggérer ( peut-être) l'indicible, un trauma que la narratrice semble connaître.
J'ai bien aimé ce secret qui semble émerger de la photo.

   jf2   
8/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
L’exercice du pantoum, semble être très difficile avec de nombreuses contraintes imposées, on ne peut que saluer l’exercice de style.

J’aime bien la description photographique : la couleur sépia, le flou du fond, la carnation, le soleil qui tombe, la couleur cerisier pâle, ne peuvent que plaire au photographe amateur que je suis.

Je trouve que les appositions en début de vers (Myriam, vénitienne, le passé) cassent un peu le rythme.

La fin est énigmatique, je pense qu’une strophe supplémentaire aurait été utile pour lever un peu le voile et refermer le pantoum sur son premier vers.

   LeChevalier   
8/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Je vais être honnête encore une fois : le pantoun ou pantoum, qu'on l'écrive avec n ou avec m, est une mauvaise forme poétique, surtout en vers longs comme ici. C'est énormément de répétitions. Pour qu'il y ait un peu de contenu, il faudrait faire plus de strophes, beaucoup plus que trois. Mais il me semble qu'il n'y avait pas beaucoup de chose à dire, ce n'est qu'une description de photo prise à Venise, paraît-il.

C'est personnel, mais je ne trouve pas bon qu'on s'adresse à sa tante par son prénom.

Bref, je ne vois pas trop l'intérêt du texte. Il en a sans doute, mais à condition de connaître des éléments extratextuels.

   BlaseSaintLuc   
9/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Évidemment, il faut de l'imagination pour voir une photo, en comprendre les méandres, les secrets
quand, de par le fait, on ne la voit pas !
C'est un pantoum (que les experts critiquent pour son aspect technique) qui nous la décrit.
OK, une vieille photo de famille qui inspire ce texte.

« Vois, cette photo sépia n'est pas feuille morte. »

Je ne vois rien, j'imagine ; belle comparaison à la feuille morte.

« Le flou moiré du fond emporte
Le passé… » Encore une belle métaphore : nostalgie, effacement, flou des souvenirs.

C'est vrai, le pantoum fait de la répétition, et le texte ici est trop court pour que l'idée principale, l'esprit, ne nous soit ici que trop rabâché.

Reste tout de même une jolie évocation nostalgique d'une tata Polaroid.

   Lariviere   
18/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Salut Solinga,

Etonnant de te découvrir dans une catégorie néo-classique, car je suis plus habitué à te lire en prose ou en libre...

J'ai trouvé ce poème particulièrement intéressant, surprenant. C'est une plus value importante pour moi en terme de rendu et de ressenti sur la poésie, la littérature et l'art en général.

Je trouve donc ici la construction et le choix de traitement assez désarçonnant, mais assez impactant en terme de sensations également. Le choix de traiter le sujet en accord avec la forme, par petites touches fragiles, assez sensibles finalement, dont le propos ne se livre pas clairement, reste énigmatique même dans une certaine mesure, me séduit parfaitement. Je rajouterais que sur la forme, il y a aussi une certaine audace, qui renforce aussi ce sentiment à la fois d'émotion touchante et de fragilité d'ensemble, sur les découpes et enjambements, sur la syntaxe et sur le rythme... J'y perçois personnellement un certain souffle court, une urgence à dire...

Au final, un portrait "parcellaire", un petit bout de mosaïque, comme peut l'être la perception du réel et de la mémoire, qui m'a plutôt bien plu...

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Donaldo75   
19/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Allez, vu que j’ai poussé en forum sur les commentaires pour que leur nombre remonte, je vais contribuer. Zut, je vois que dans la liste, en repartant du bas, je les ai déjà commentés. How bête suis-je ? Bon, le premier vide de mon commentaire est celui-ci, désolé solinga je vais commencer avec le tien.

Pour parodier un groupe de pop français des années quatre-vingts et son seul tube, je dirais « le pantoum c’est fantastique ». Ici, la réalisation est très propre, techniquement. Ceci dit, de ce que j’ai compris du pantoum, normalement, en théorie, chaque retour doit résonner différemment, amener un supplément de tension ou de révélation. Ici, le retour ne créé pas toujours cet effet. Par ailleurs, c’est joli mais surchargé. C’est un peu comme une nature morte dont les effluves olfactives sortiraient du tableau. Le rythme s’avère de surcroit inégal.

En gros, j’ai lu un poème basé sur une forme, le pantoum, techniquement propre, avec de la recherche en termes de style mais qui ne prend pas réellement corps malgré la matière parfois surchargée qui le compose. Je ne me risquerais pas à une comparaison avec la créature du chef d’œuvre de Mary Shelley mais l’idée persiste.


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