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Poésie classique
stellamaris : Cthulhu attend
 Publié le 07/11/12  -  11 commentaires  -  4029 caractères  -  358 lectures    Autres textes du même auteur

Chant royal, en hommage à H.P. Lovecraft.


Cthulhu attend



Il est une île au profond de la mer,
Mise à l’abri dans le plus noir abîme ;
Mais vient le temps où son secret amer
Apparaîtra. Ce sera l’heure ultime !
Que l’homme tremble ! Il est poussière infime
Devant qui dort ; l’on croirait qu’il est mort ;
Il surgira – dieux, comme il sera fort ! –
Au jour fixé. Devant l’abominable
Nul ne tiendra ; de palace en igloo,
L’humanité ne sera que du sable !
Dans son tombeau – R’lyeh – attend Cthulhu.

Nombreux sont ceux qui crurent manquer d’air
En ayant vu leur cauchemar intime
Prendre sa forme. Ils savent que sa chair
N’a pas de face où la raison s’exprime
Mais des serpents, tant la haine le grime !
Tel, sain d’esprit le soir quand il s’endort,
À son réveil aura perdu le nord,
Tant cette image était inconcevable !
Aliéné pour toujours, pis que fou,
Il balbutie un refrain détestable :
Dans son tombeau – R’lyeh – attend Cthulhu.

Et c’est ainsi qu’on voit, comme un cancer,
Prendre racine un culte illégitime.
Sacrifié qui périt par le fer
– Car, tels leur maître, ils vénèrent le crime ;
Certe, il ne veut rien de moins comme dîme –
Pleure ton âme ! Est-il donc pire sort
Que de savoir, en attendant la mort,
Que son trépas convoque l’Innommable ?
Ah, mieux vaudrait nourrir un loup-garou !
Il n’est remède au remords qui t’accable :
Dans son tombeau – R’lyeh – attend Cthulhu.

Il a des fils, engeance de l’enfer,
Dont on peut voir l’ignoble pantomime
Sur un platin sentant charogne et ver
Quand la Lune est de sang noir… Lors s’anime
L’estran. Leur danse, hommes-poissons, n’exprime
Rien… Et pourtant… Pourquoi donc, en son for,
Sent-on la peur prendre un pareil essor ?
C’est un sabbat, c’est un rite du diable !
Il est bien pis que tout culte vaudou
Pour qui comprend leur appel formidable :
Dans son tombeau – R’lyeh – attend Cthulhu.

Leur cri muet résonne fort et clair !
Un esprit faible, en l’entendant, s’abîme
En cet abysse où pleura Déméter…
Et, reniant tout ce qui les anime
Certains – le cas n’est pas si rarissime –
Dans l’espoir vain d’on ne sait quel trésor
Iront tenter avec « eux » pire encor,
Ce qu’on croirait pourtant inconcevable :
Oser danser cet abject guilledou,
Puis s’accoupler. Quel acte irresponsable !
Dans son tombeau – R’lyeh – attend Cthulhu.

Par leurs enfants vient l’irrémédiable,
Son réveil, fin de ce monde minable ;
Tout brûlera comme de l’amadou,
Il en rira d’un fou rire incurable !
Dans son tombeau – R’lyeh – attend Cthulhu.



_____________________________________


Le chant royal est une forme usitée à la fin du Moyen Âge pour des concours de troubadours. Il était toujours dédié à une entité supérieure vénérée ; le plus souvent, la Vierge, et la rime du refrain était alors féminine ; mais l’on trouve aussi des exemples où il était dédié au Roi, avec alors une rime masculine au refrain.

Je l’ai ici détourné, en hommage au grand écrivain américain H.P. Lovecraft, au service de cette toute autre mythologie qu’il a créée et qui reste vivante de nos jours. Ne vit-on pas, lors de la campagne présidentielle 2012, des affiches et tee-shirts "Cthulhu président", avec comme slogan : "Pourquoi se contenter du moindre mal" ?

Ce poème est inspiré en particulier par deux de ses nouvelles, "L’appel de Cthulhu", où l’on invoque l’influence de Cthulhu sur les rêves, les cultes sanguinaires qu’il suscite et la cité engloutie de R’lyeh où il attend, dans un sommeil proche de la mort, que les astres soient favorables ; et "Le cauchemar d’Innsmouth" où apparaissent les "profonds", hommes-poissons que j’évoque aux deux dernières strophes, ainsi que leurs hybrides d’humains qui se vouent à son réveil et à son retour.


 
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   brabant   
21/10/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Texte fascinant, répétitif et incantatoire... "Dans son tombeau - R'lyeh - attend Cthulhu"... qui monte en intensité pour finir en apothéose. La transe m'invite ici au culte de Cthulhu !

Lovecraft est le dernier visionnaire et Cthulhu la dernière déité !

Tremblons !

Quelques petites choses : l'igloo et le sable.?. perdre le Nord.?. 'lèpre' plutôt que "cancer" ? "estran" trop régional ? (je ne suis pas allé vérifier). "guilledou" faible.?. "amadou" daté.?.


Très belle et heureuse entreprise que de faire vivre ainsi un tel imaginaire !

Merci à vous !

   Anonyme   
24/10/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Je dois avant tout saluer bas la reprise d'un chant Royal, genre poétique à la Cendrillon que vient réveiller l'auteur.
La maitrise du décasyllabe bien césuré 4/6, et les 60 vers sur seulement quatre rimes forcent le respect. On approche de la prouesse technique, et on se rend compte que l’auteur s’est fixé un objectif élevé.
Maintenant, si je connais superficiellement Lovecraft, je ne connais pas assez Chtulu (du tout même, je l’entends pour la première fois) pour me faire une opinion sur le bien fondé de le classer comme « entité supérieure ». Il y a sans doute une part de subjectivité qui m’échappe, mais que j’admets ; chacun a ses idoles.
Ensuite, je ne sais pas si, en poésie classique, on admet l’hiatus dans le titre du texte. Je ne le sais vraiment pas, mais le lecteur de poésie classique le ressent aussitôt comme une gêne. L’oreille, d’ailleurs, bute aussi, mais ceci seulement selon la prononciation du nom propre « R’lyeh » (que j’entends finir par une voyelle), sur un autre hiatus qui se présente donc, hélas ! au vers final de chaque strophe. Mais ce n’est peut-être qu’une lecture personnelle, et peut-être aussi que le « h » final fait obstacle à l’hiatus. Je soulève juste la question parce que les règles de l’hiatus sont très peu explicatives.
Et pour finir avec les points importants, je ne crois pas que « Certe » (vers 27) puisse être singulier. Faute (s’il en est, mais qui change la métrique) que je trouve étonnante au vu du reste. Je n’ai pas trouvé la définition de « platin » (pantin ?).
Dans le maniement du vers, on sent une grande dextérité à se servir des rejets et enjambements pour changer le rythme aux moments voulus. La lecture est fluide et, dans la tonalité générale, on sent bien traduite par la scansion toute la flamme du disciple/prophète.

En vrac, pour ne pas m’étendre, j’ai buté sur certains mots ou expressions que je cite à la suite :
L’ajout d’article sur « on » dans « l’on croirait qu’il est mort » vers 6 qui ne me parait pas utile (il n’y a pas d’hiatus à couvrir).
La minuscule et le pluriel de « dieux » au vers 7 doivent avoir une explication que je ne cerne pas.
« De palace en igloo », « cancer », « culte vaudou », qui me semblent déplacés dans le registre et surtout décalés avec le style d’écriture (bien que j'aie du mal à situer temporellement l'affaire).
Je relève aussi : « le cas n’est pas si rarissime » qui n’est pas très poétique.
Enfin, au niveau général, je dois dire que je n’ai pas vraiment accroché à cette forme d’oracle. Il m’a fallu souvent revenir en arrière pour refaire le point, et j’ai fini par me demander si tant de vers étaient nécessaires pour dire, au bout du compte, si peu. On a quand même l’impression que les strophes s’entassent au seul profit du culte (même si je la comprends, je ne partage pas la ferveur des idolâtres).
Mais je me dis que c’est peut-être dans le style du chant Royal qui se devait d’être assez grandiloquent et tout à la fois tempéré pour complaire aux Rois et, d’autre part, j’avoue ma profonde méconnaissance des références citées en post-scriptum.
Réservé aux initiés ?

   Damy   
26/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Univers onirique où je vois personnellement une dominante écologique et apocalypique (c’est de saison…).
Je remercie l’auteur d’avoir donner quelques précisions sur Lovecraft, inconnu de moi (quelle lacune !) et sur la légende de Cthulhu.
Je me suis documenté un peu plus avant sur wiki et j’ai trouvé ceci à propos de Lovecraft qui m’a donné envie de le lire prochainement :
« Il voulait montrer essentiellement que le cosmos n’est pas anthropocentrique, que l’homme, forme de vie insignifiante parmi d’autres, est loin de tenir une place privilégiée dans la hiérarchie infinie des formes de vie. Ses travaux sont profondément pessimistes et cyniques et remettent en question le Siècle des Lumières, le romantisme ainsi que l'humanisme chrétien ».

Sur le fond, en béotien, je ne peux guère en dire plus, je me contenterai donc de quelques remarques sur la forme qui n’ont de valeurs que personnelles.

Je trouve particulièrement original et intéressant d’avoir opté pour une forme antique de poésie pour évoquer un auteur moderne, tant la légende me paraît universelle et intemporelle.

5 rimes pour 60 vers, la plupart au moins suffisantes, bravo !

À la 1° strophe, je suis un peu gêné par « Devant qui dort » qui me semble restreindre à l’impersonnel une pensée que je pensais universelle. D’autre part je ne sais pas très bien à qui le « Il » de « Il sugira » fait référence : l’homme qui tremble, l’homme qui dort ou, finalement, Cthulhu dont je comprends un peu tard qu’il est celui qui dort ( ?). Un peu confus pour moi donc.

De même à la 2° strophe, je trouve un peu confuse et pauvre l’expression : sa chair a des serpents.

À la 3° strophe, j’ai également du mal à savoir à qui « Sacrifié » se rapporte.

À la 4°, la césure à la 3° syllabe dans « Quand la lune / est de sang noir /... Lors s’anime » casse le rythme, c’est dommage. Par contre les césures des vers suivants l’animent agréablement.

À la 5°, pour une raison de même nature que précédemment, je suis un peu gêné par la scansion du vers : « Certains – Le cas n’est pas si rarissime –» ou peersonnellement je ne fais pas de césure après « le cas ».
Le « eux » entre guillemets me gêne : qui « eux » ? Pourquoi pas « ensemble » (si j’ai bien compris) ?

   Anonyme   
27/10/2012
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Ce n'est pas mal écrit, du moins on retrouve l'idée de Lovecraft quant à Cthulu et au "folklore" qui est sortit du cerveau de l'écrivain.
Mais malheureusement il me manque justement une chose:

- soit une vraie distanciation comme le suggèrent les T-Shirt évoqués en apartés; parce que Cthulu président c'est aussi sérieux que Les Grands Anciens dans South Park

- soit une vraie vénération, qui dans ce cas ne serait pas que deux épisodes de l'oeuvre de Lovecraft mis en poème (L'appel et le Cauchemar)

Là malheureusement on est un peu trop entre deux , la faute je pense au fait que le texte ne semble pas croire en ce dont il parle.
Si Les Grands Anciens, et les Profonds étaient vraiment perçus comme vrais il y aurait plus d'emphase, de grandiloquence, à l'image de ce qu'est le culte cthulien dans la littérature.
Et j'aurai vu apparaître dans le texte cette phrase qui est pour moi la phrase de la littérature lovecraftienne : « N'est pas mort ce qui à jamais dort et au cours des ères peut mourir même la Mort »

   Miguel   
28/10/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Mais ça n'en finit pas, un chant royal !
Le déca convient parfaitement au genre épique, et c'est d'ailleurs le vers des chansons de geste médiévales.
Il y a là une sorte de souffle initiatique, sans doute fidèle à l'univers de cet écrivain, célèbre mais que je n'ai pas lu, et au milieu de cela une expression très incongrue comme "aura perdu le nord", qui rompt le charme.
Le vers 4 de la strophe 4 me semble mal accentué, car l'accent tonique est sur la troisième syllabe et non à la césure.
La difficulté de l'exercice rend indulgent à l'égard des rimes, mais que penseront les puristes de ces rimes en "ou/u", même si l'on comprend que ce "u" se prononce "ou" ? On dira qu'ils n'y a pas de consonne d'appui et que si "guilledou" pourrait rimer avec "gabelou", qu'en est-il de ce "u" tout seul ?
D'ailleurs cela ne me gêne pas outre mesure ; je trouve toutefois le chant royal un peu fastidieux.

   socque   
29/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bravo ! Fervente amatrice de Lovecraft, je trouve que vous lui rendez un hommage bien venu par la forme solennelle du chant royal. Le texte est très fidèle à l'œuvre et j'ai particulièrement aimé la rime "guilledou"/"Cthulhu". Le rythme de décasyllabes est bien balancé à mon avis.

Tout est fort bien cadré, maîtrisé... un poil trop, peut-être. Me manque dans cet ample poème la "folie" Lovecraft, le côté démesuré de ses nouvelles, aves des "éons" en pagaille et l'effarement des témoins. Avec cette forme rigide, je pense qu'il aurait été préférable de jouer sur le champ lexical pour forcer le trait. Ici, le discours s'articule de manière trop raisonnée à mon goût, j'aurais apprécié quelque chose de plus haletant, désorganisé.

Mais quand même, un beau tour de force.

   leni   
7/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci à l'auteur pour les précisions qui aident à la compréhension
L'auteur met le cap sur l'imaginaire Ce texte est une belle incantation solennelle Les sonorités me plaisent et le rythme soutenu
Le vers final:Dans son tombeau.... répété est une belle trouvaille
J'ai bien aimé ce tour de force de l'imagination Merci et salut cordial
Leni

   CharlesVerbaud   
7/11/2012
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Un chant royal est en soi un défit. Mais ici la réalisation n'est pas à la hauteur de l'ambition.

Le schéma des strophes devrait être ABABCCDDEDE (wikipédia)
ce qui permet d'être raccord avec l'envoi DDEDE.
Les rimes de vos strophes sont en ABABBCCDEDE.

Le vers piétine, comme vos alexandrins dans "dieu des fous". Vos phrases ne dépassent que rarement trois vers, pour une moyenne de deux. Les enjambements et les rejets brisent continuellement le rythme du poème, dans un vers qui est déjà boiteux à la base par son asymétrie.

Votre gros problème, c'est le rythme, haché, piétinant, que vous dites vif et alerte, mais qui ne correspond pas au vers que vous employez. Si vous voulez écrire de la sorte, l'octosyllabe s'y prête mieux, pas les vers césurés.

Il est une île au profond de la mer,
Mise à l’abri dans le plus noir abîme ; //
Mais vient le temps où son secret amer
Apparaîtra. // Ce sera l’heure ultime ! //
Que l’homme tremble ! // Il est poussière infime
Devant qui dort ; // l’on croirait qu’il est mort ; //
Il surgira // – dieux, comme il sera fort ! –//
Au jour fixé. // Devant l’abominable
Nul ne tiendra ; // de palace en igloo,
L’humanité ne sera que du sable ! //
Dans son tombeau – R’lyeh – attend Cthulhu.

Il a des fils, engeance de l’enfer,
Dont on peut voir l’ignoble pantomime
Sur un platin sentant charogne et ver
Quand la Lune est de sang noir… // Lors s’anime
L’estran. // Leur danse, hommes-poissons, n’exprime
Rien… // Et pourtant… // Pourquoi donc, en son for,
Sent-on la peur prendre un pareil essor ? //

Cela annone, piétine, ne progresse pas. Trop de verbes, trop d'inclusions inutiles qui sont là pour le compte. La construction de vos strophes se fait par accumulation de morceaux, comme un puzzle forcé.

Que de chevilles grossières pour le compte de syllabes
dieux, comme il sera fort !
le cas n’est pas si rarissime
Quel acte irresponsable !
etc...

Et les expressions ridicules pullulent
de palace en igloo
tant de haine le grime
ah mieux vaudrait nourrir un loup-garou
oser danser cet abject guilledou
etc...

parmi lesquelles on peut compter l'ensemble de l'envoi
Par leurs enfants viendra l’irrémédiable,
Son réveil, fin de ce monde minable ;
Tout brûlera comme de l’amadou,
Il en rira d’un fou rire incurable !

En fait on sent nettement votre difficulté à faire des rimes. Vous ne construisez pas vos phrases en y incluant la rime comme un mot ordinaire, mais vous construisez vos phrases pour viser la rime. Vos vers sont construits en posant la rime, puis en remplissant comme vous pouvez, et maladroitement, pour faire le compte de syllabes. L'idée est à la rime, et uniquement à la rime, le reste du vers ne lui sert que de support. C'est un gros défaut, la rime est utile par le son, mais tout le vers doit participer au sens, vous avez ici dix syllabes pour cela.

Le français en devient approximatif, quand par exemple il manque un négation et un article
Il n’est PAS DE remède au remords qui t’accable : (strophe 3)

ou que brutalement la langue vire au XVIème siècle
Quand la Lune est de sang noir… LORS s’anime L’estran.
un adverbe archaïque et une inversion

Il y a des passages entiers où le rythme du vers est si peu sensible que l'on pense lire de la prose, par exemple :
Nombreux sont ceux qui crurent manquer d’air En ayant vu leur cauchemar intime Prendre sa forme.
Où sont les césures, où sont les fins de vers ? Même reconstitué en prose, le rythme d'un vers doit être sensible.

Le sujet est traité avec lourdeur et insistance. Comme trop d'auteurs qui confondent grandiloquence et poésie, vous faites dans ce poème un catalogue de mots censés faire peur, liés au satanisme, à l'horreur. Le cumul devient ridicule à force. Chez les grandes plumes de l'horreur, la terreur ne vient pas de la description clinique, mais de la suggestion. Ici tout est décrit, détaillé, et l'on sait que l'on doit craindre "l'heure ultime".

C'est noir, amer, ultime, abominable dès la première strophe. Et pour bien le comprendre, la rime en able insiste : abominable, inconcevable (strophe 2 et 5 !), détestable, innommable, irresponsable, irrémédiable, minable, incurable.

Au passage, irrémédi-able compte une diérèse.

Et pour mieux comprendre encore, on y mêle d'autres mythologies : le diable strophe 4, Déméter strophe 5, le loup-garou strophe 3.

Donnez donc de l'ampleur à vos phrases, faites-les plus longues, une à deux par strophe maximum. Fixez-vous par exemple comme objectif ne ne mettre un verbe conjugué que tous les trois ou quatre vers.

Trouvez le rythme des vers, l'ampleur des strophes, le souffle d'un poème. Cessez de décrire, suggérez, paraphrasez, faites des images, des métaphores, des comparaisons, de la poésie ! pas de plates expressions des plus communes, ou souvent des plus grotesques pour avoir perdu la bataille face à la rime.

   stellamaris   
7/11/2012
Bonjour à tous

Ici mes remerciements et mes réponses aux commentaires déjà postés :

http://www.oniris.be/forum/a-propos-de-cthulhu-attend-de-stellamaris-t16230s0.html

   Anonyme   
7/11/2012
Bonsoir stellamaris. J'ai découvert à la fois le chant royal, mister Lovecraft et Cthulhu. Trois en un, je vous en remercie.
N'étant pas amateur de ce registre littéraire, je parle de l'horreur, je ne commenterai pas le fond. Pour ce qui est du canevas, le chant royal, je ne m'y risquerai pas... Trop long, trop touffu pour ma petite cervelle. Ayant déjà du mal à écrire un sonnet qui tienne à peu près la route, je ne me vois pas passer de 14 à 60 vers tout en respectant les contraintes liées à cette forme classique.
A mon goût, c'est trop long pour un poème au point de lasser le lecteur. C'est du moins ainsi que je l'ai ressenti...
Cela dit, j'admire l'auteur qui s'y attelle...
Au plaisir de vous lire.

   wancyrs   
8/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Stellamaris !

Un bon texte marie avec dextérité fond et forme, et même si on est pas d'accord avec le fond, on ne doit s'empêcher d'apprécier le travail abattu. En fait, je ne tolère de louange qu'à un seul Dieu, mais je sais reconnaitre un beau texte. Le propos est bien rendu ici ; tout comme les chants de griots africains le chant royal doit être une forme assez compliqué que seuls les initiés peuvent se permettre d'aborder. Moi qui n'arrive pas à placer 14 vers en classique, faire 60 vers serait presque (bon, je dis presque parce que je ne m'y connais pas trop) une prouesse.

Merci pour la forme, le tempo qui vas crescendo

Wan


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