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Poésie libre
Stephane : À l'arrêt du silence
 Publié le 11/03/19  -  13 commentaires  -  989 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur


À l'arrêt du silence



Il n’y a que la nuit
Au bout des longs tunnels
Que l’on quitte à regret
À la rame esseulée
Aux pieds des terminus
Où chaque jour s’épanche
La foule endeuillée
De couloirs délétères
Aux bouches dilatées
Et le ballet reprend
Sa valse incessante
À quai le long des rails

Derrière les vitres closes
C’est l’instant qui défile
Les passagers du vent
Ont le regard enfoui
Et d’autres qui sommeillent
À travers les paupières
S’enfoncent plus encore
Dans la brume au long cours
Et arpentent lovés
Au sein de mille entrailles
Le courant éphémère
Où s’effritent les rêves

Les panneaux poussiéreux
En signaux de détresse
Obscurcissent les sens
Et nos vies désunies
Se fondent allègrement
En des chemins poreux
De dômes artificiels
Où se meurt l’écho
D’un soupir étouffé
Lassé des longs hivers
À l’arrêt du silence


 
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   Corto   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un titre qui évoque le silence fera accourir tous les méditatifs.

Les "longs tunnels Que l’on quitte à regret" évoquent peut-être ces voyages en métro où l'on est à l'abri mais les "couloirs délétères
Aux bouches dilatées" sonnent un peu comme une contradiction. Y être ou ne pas y être ?

Belle image pour "Derrière les vitres closes C’est l’instant qui défile" sans doute pour un train de banlieue dans un paysage morne.

On vit bien l'ambiance aussi avec "Et nos vies désunies
Se fondent allègrement En des chemins poreux".

Par contre une difficulté pour comprendre le final "Lassé des longs hivers A l’arrêt du silence". Le silence de qui, de quoi ? Juste un problème de compréhension qu'aucune piste ne facilite.

En tout cas voici un poème qui sait créer une ambiance et un vécu au milieu de multiples paysages évoqués finement.
Bravo.

Corto (en EL)

   eskisse   
12/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
J'ai été sensible à la mélancolie qui émane de votre poème: " le courant éphémère / où s'effritent les rêves" , à ces vies perdues et emportées dans les méandres du métro ou dans leur marche dans la brume.
J'ai été séduite par votre travail d'écriture: dans chaque vers une trouvaille "la brume au long cours" , " à la rame esseulée" et par une syntaxe originale ( strophe 1 )
J'ai été bercée par le rythme du poème comme si j'étais moi même dans le balancement d'un train ou dans un souffle.
Merci.

   chVlu   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Joli voyage dans ce métro pris à l'arrêt du silence. Des formules imagées qui frappent juste et donnent à ce texte toute sa dimension poétique
"Où chaque jour s’épanche
La foule endeuillée
De couloirs délétères
Aux bouches dilatées"

" les passagers du vent,"

"Et nos vies désunies
Se fondent allègrement
En des chemins poreux"

Cette ambiance à la fois indifférente et pesante, ailleurs et terriblement exiguë est magnifiquement rendu.

Et le titre qui en aller retour fait point final est aussi une belle trouvaille à mon goût.

   Lulu   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Stéphane,

Je retrouve, dans ce poème, un peu de cet esprit verhaélien perçu dans votre précédent texte "La ville tue", et je dois dire que j'aime beaucoup. La ville est inspirante, quand bien même elle se cache au travers d'un regard explorant l'instant d'une traversée de tunnel…

J'ai trouvé la première strophe peut-être un peu longue dans le registre mélancolique, comme s'il l'espoir attendu (le mien) était déçu, mais j'aime cette ambiance, surtout au fil de l'ambiance du poème qui témoigne d'un beau regard poétique et qui touche, de fait.

La seconde strophe a ma préférence, à la fois parce que j'ai le sentiment de m'être installée dans ce poème, mais aussi parce que des visages commencent à prendre forme. Il n'est plus question d'une "foule endeuillée", mais de "passagers du vent". On se prend alors à imaginer un cheminement en métro que l'on connaît ou que l'on a connu.

La dernière strophe est aussi très belle à mes yeux et dans ses sonorités.

Tous mes encouragements !

   papipoete   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Stephane
La rame déverse son flot de voyageurs, avant qu'une autre se remplisse des mêmes passagers, n'embarquant pas pour une croisière au long des quais où seuls les rails s'enlacent...
NB je ne vais plus au boulot depuis 2009, et bien que ne connaissant pas l'enfer du " métro/dodo/boulot ", il m'arrivait de m'y rendre " à reculons " !
Ce voyage me semble fort sombre " la foule endeuillée " ;
que je n'aimerais pas emprunter ce train !

   Vincente   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Mes premières lectures m'ont dérouté parce que je voyais les vers au vocabulaire métropolitain comme étant des métaphores, cependant intéressantes. Il m'a fallu un effort intellectuel pour les lire d'abord en visions réalistes, descriptives donc. La projection métaphorique devant s'opérer dans une démarche suivante. Je ne veux pas donner de "recette" à l'auteur pour éviter cette méprise chez son lecteur (d'autant que je suis peut-être un cas assez isolé), mais il me semble qu'il serait nécessaire de faciliter l'entrée par le bon bout... de ce tunnel où je me suis donc fourvoyé.

Le titre est très intéressant, l'interrogation qu'il propose nous incite à nous placer avant d'entamer la lecture dans un second degré. Comme si le titre était dans un champ énigmatique alors que le texte s'installe dans le descriptif. Peut-être un exergue, même court, à mi-chemin entre ces deux positionnements, aurait suffi à recadrer les vagabonds comme moi...?

   PIZZICATO   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un tableau réaliste de ces parcours en métro ; rien à assimiler à des voyages d'agrément. Stress, speed, boulot, foule...

L'atmosphère est bien rendue ; sombre, somnolente, presque fataliste.

Des images précises pour illustrer ces états d'âme.

" Le courant éphémère
Où s’effritent les rêves "

" Où chaque jour s’épanche
La foule endeuillée "

" Et nos vies désunies
Se fondent allègrement
En des chemins poreux..."

   senglar   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Stephane,


Bon ben on a compris c'est noir de chez noir, noir dedans noir dehors, pas une seule lueur d'espoir dans aucune des trois strophes. Le couvercle est scellé sur le désespoir comme les toits des rames et des boyaux ; je me dis cependant que même sur un autocuiseur il y a une soupape, pourquoi pas une jolie fille pour un garçon, un joli garçon pour une fille, etc hein... pourquoi pas ici le bout du tunnel, c'est une expression : "voir le bout du tunnel", pourquoi ne pas casser une vitre ?
Que tout s'effrite donc y compris les rêves et les couples.
Pour les couples on le savait hein :) (Mais non !) ; je vous en prie laissez-nous les rêves... (lol)
C'est bien fait, mon appréciation est à l'aune de la noirceur mais très correcte hein.
M'avez quand même foutu un sacré coup de blues !

senglar

   STEPHANIE90   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Stephane,

une poésie tout de noir vêtue, mais qui est tellement vivante que dans cet engourdissement du métro des grandes agglomérations, je me suis laissé bercer par les rames et par vos mots.
Ce doit être mon coté rêveur et positif :
"Au sein de mille entrailles
Le courant éphémère
Où s’effritent les rêves"
Si nous n'avions pas ces moments un peu hors du temps, nous ne saurions point apprécier les bons moments de la vie. Et se perdre dans ces rêves le long de la route me rend plutôt heureuse alors...
Sur ma route, lala-lala-lala !!!

Merci pour le voyage tout en langueur monotone,

StéphaNIe

   Stephane   
12/3/2019

   Cristale   
12/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est évident, le rose ne domine pas dans votre poème.
Mais j'ai pu en apprécier la déclinaison des noirs aux différents degrés d'obscurité : nuit, tunnel, deuil, délétère, et les expressions : vitre closes, regard enfoui, dans la brume et encore les mots : poussiéreux, obscurcissent, se fondent, se meurent, soupirs, hivers, silence....

Le décor est posé comme un manège infernal qui n'arrête jamais de tourner, les dés son jetés, il n'est pas d'échappatoire qui puisse rendre le silence. Sauf la mort, peut-être, au bout de ce tunnel...

C'est mon interprétation qui vaut ce qu'elle vaut mais la noirceur d'un poème ne m'effraie pas car je pense qu'il est difficile d'écrire dans ce genre. L'auteur a beaucoup travaillé, le résultat s'en ressent positivement.
Le rythme donné en hexasyllabes scande judicieusement le roulement d'un wagon de métro, ou de train, un rythme fermé comme l'est la teneur du poème.

Bravo Stephane !
Cristale
qui persiste et signe : le libre sied à votre plume.

   Eki   
12/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nous virons dans le sombre à un train d'enfer...avec votre plume dans sa valse incessante...

Le mot et l'impact, l'instantané pris sur le vif, un passage emprunté sur un chemin détourné, des lignes de vie, des correspondances interrompues...

Et l'arrêt des silences pour filer en douce sans wagon à traîner...comme votre plume va à l'essentiel, sans s'essouffler.

Encore un texte qui me parle, suis venue sans billet de retour, me suis pas égarée, je savais où j'allais...

Eki adepte des transports poétiques

   Donaldo75   
13/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Stéphane,

J'ai beaucoup aimé ce poème. Son rythme, son flux, sa tonalité. A la lecture, dès la première fois, j'ai eu l'impression de sortir de mon corps, de regarder autour de moi, dans mon environnement et de me plonger dans cette poésie. Du coup, je l'ai relu pour confirmer cette impression; j'ai encore vécu cette immersion, différemment cette fois-ci.

Bravo !

Donaldo


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