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Poésie libre
Stephane : Mort en Seine
 Publié le 08/05/19  -  17 commentaires  -  780 caractères  -  264 lectures    Autres textes du même auteur


Mort en Seine



L’ombre traînait sur la ridule
Bercée par le courant naissant
D’une étoile de mer
Exhibant ses contours
Sous les yeux attristés
De notre belle Dame

Sur les berges transies
Des arbres squelettiques
Aux branches dénudées
Abritaient à la cime
Quelques pigeons épars
Tandis que sur le quai
Affleurait à la crête
L’écume grossissante
D’une masse oblongue

Et les flots accablés
Invoquaient le pardon
La Seine s’en allant glissait sur le rebord
De sa langue lapait
Jusqu’aux pieds les hauts bancs
Et la nuit s’émaillait de rouille

Le corps versait sur la chaussée
Que la Seine avait charrié
Sous l’envol des pigeons
Et de branchages moribonds


 
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   myndie   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Un sujet grave s’il en est. Et un challenge. Comment traiter en poésie ce fait divers sans donner l’impression d’une chronique du 20 heures ou faire une fade évocation/description de cette « Mort en Seine » ?
Ce poème balance entre le bon et le moins bon, entre l’imagé et l’insipide.

J’ai trouvé quelques maladresse qui nuisent à son harmonie. :
ici
« La Seine s’en allant glissait sur le rebord
De sa langue lapait
Jusqu’au pieds les hauts bancs »

et dans la dernière strophe en entier qui manque de clarté.

A l’inverse, certaines images prometteuses sauvent la mise en apportant un peu de personnalité aux vers :
« L’ombre traînait sur la ridule »
« La nuit s’émaillait de rouille »
et aussi
« Sur les berges transies
Des arbres squelettiques »
( ici, les « branches dénudées » me paraissent superflues parce que redondantes).

C’est ce qui vous préserve d’un traitement froid et détaché du sujet abordé mais avec trop peu de force néanmoins pour sublimer le texte et gommer l’impression, malgré les « yeux attristés » et « les flots accablés », qu’il manque d’émotion.

J'aime cependant le choix du sujet.

   Gabrielle   
19/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un décor qui renvoie sur l'imagination débordante de l'auteur(e) et sur la richesse de sa fibre poétique.

Une scène vivante pouvant être visible de n'importe quel quai à hauteur d'homme.

Un bijou à déguster.

Merci à l'auteur(e) qui propose une immersion dans un décor comme les artistes les aiment tant.

Bien à vous.

   Corto   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Que l'auteur ait traité de cette manière un tel thème me laisse interloqué. J'y cherche encore une once d'humanité.

Mais surmontant ma réticence je découvre un poème laborieux dont les images sont bien peu crédibles. "une étoile de mer exhibant ses contours" voilà qui n'est pas ordinaire en ces lieux. Puis la cathédrale est mise à contribution avec "Sous les yeux attristés de notre belle Dame", quel cliché !

La seconde strophe nous apprend que des pigeons s'installent dans les arbres... avant que ce cadavre utilisé à visée poétique ne flotte à nos pieds.

La troisième strophe annonce "les flots accablés invoquaient le pardon", eux qui en ont pourtant vu bien d'autres hélas. Mais cette strophe est sauvée par la suite décrivant le jeu de la Seine.

La dernière strophe conclut sans conviction un tableau aussi attirant qu'un Institut médico-légal.

Avec mes regrets.

   Lulu   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Stephane,

J'ai bien aimé ce texte que j'ai davantage apprécié à la seconde lecture.

Le titre appelle ce sur quoi se termine le poème, mais j'imaginais qu'il s'agirait d'une mort différente, peut-être envisagée au sens figuré. Du coup, si le poème prend son envol au fil des strophes poétiques, on ne peut qu'être saisis par le contraste, finalement.

J'ai été un peu freinée par l'emploi de l'imparfait. J'aurais mieux vu le poème au présent, mais ce n'est qu'une affaire de goût. Le présent aurait peut-être amplifié l'impression générale de cette découverte, tout comme la description d'ensemble qui la précède.

Les vers courts m'ont semblé un peu étroits, comme si le souffle était coupé ; cela, surtout à la première lecture. Ensuite, j'ai pensé que c'était en harmonie avec l'esprit du poème.

Je n'ai pas trop aimé l'expression "arbres squelettiques" ; je crois que c'est lié à l'adjectif qui sonne bizarrement, ici. Impression toute personnelle, là aussi.

J'ai bien aimé cette image : "Et la nuit s'émaillait de rouille", tout comme les premières strophes, d'ailleurs.

Merci pour le partage et bonne continuation.

   arigo   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème tout en noirceur qui où la seule belle chose est Notre Dame. Quand on sait qu'elle-même n'a pas eu le meilleur des sorts récemment...

Les images se lisent bien et la scène (seine?) se dépeint clairement. Tout comme l'odeur de rouille qui se ressent tout autant.

Au plaisir de vous relire,

Arigo

   papipoete   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Stephane
La Seine aux bateaux-mouche, avait ce jour-là l'air d'un linceul d'eau, quand près de Notre Dame, à ses vagues tanguait un corps... sans vie.
Et alentour, des arbres décharnés semblaient se prosterner sur ce funèbre cortège ; les pigeons eux restaient impassibles comme des sentinelles, que rien ne doit perturber !
NB Elle en a charrié des cadavres la Seine, depuis qu'elle traverse Paris, au point d'en prendre la couleur du sang, de la Saint Barthélémy jusqu'au 17 octobre 1961...
L'auteur nous renvoie sur ces quais, où les amoureux se bécotent sur les bancs publics, mais aussi d'où l'on voit parfois surnager la mort !
L'avant-dernière strophe est la plus aboutie, la plus éloquente et j'aurais marqué la fin du récit à cet endroit .
Je regrette ( ainsi que j'en avais l'habitude ) la non-ponctuation, qui n'eût en aucun cas déparé ce poème apparenté à une chronique !

   Vincente   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Je n'ai pas voulu me rebuter du titre au jeu de mots bien rebattu... (quand on a passé du temps dans cette capitale, je peux vous assurer qu'on en a croisé tout un tas de versions, dont celle-ci bien courante chez les gens proches du fleuve).

J'ai bien aimé la première strophe, bien que l'image de l'étoile de mer m'a tout de même intrigué (je l'ai prise pour l'image d'une image...)

La deuxième strophe nous dévoile déjà la masse oblongue. "L'écume grossissante..." est une métaphore intéressante, par contre je n'ai pas compris comment "sur le quai affleurait à la crête l'écume" ?? En lisant ça, je vois un quai affleurant (donc inondé !?) avec l'écume des vaguelettes qui toussote (nous ne sommes pas en mer) et le cadavre échoué sur ce quai inondé. Ce n'est ni clair, ni crédible, en tout les cas pas assez simple à assimiler.

J'ai bien aimé le vers :"La Seine s’en allant glissait sur le rebord".
Dans la dernière strophe, j'ai l'impression que naît de la syntaxe un sens involontaire, je comprends que c'est la chaussée qui est charriée par la Seine, alors que je suppose qu'il s'agit du corps.

La survenue d'une scène aussi perturbante que celle de la découverte d'un corps inanimé, d'autant plus celui d'un noyé, est une expérience très forte. L'idée de prendre du recul et de chercher à construire une fresque du moment difficile était une "matière" inspirante. Il me semble qu'elle est ici assez peu aboutie. Peut-être que le trouble de l'auteur l'aura dérangé au point de le brider ?

   Davide   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Stephane,

Ce qui me rebute de prime abord dans ce poème, c'est sa monotonie, son manque de relief.
Voyez, par exemple : la mise en scène (si je puis m'exprimer ainsi) de la mort dans "Le Dormeur du Val" de Rimbaud surprend parce que le poète installe un contraste - en jouant sur l'ambiguïté - entre la nature chantante et le corps gisant du soldat.
Ici, malgré quelques belles idées, tout est attendu. Rien ne surprend.

Je peux toutefois imaginer qu'il n'est pas dans l'intention de l'auteur de surprendre le lecteur, mais plutôt d'interroger son ressenti et son impuissance face à ces drames humains quotidiens, de mettre la lumière sur ce que l'on ne dit pas, ou si peu, peut-être de dénoncer implicitement la société... Je ne sais...
C'est louable, mais pas suffisant à mon sens pour toucher le lecteur que je suis.

De plus, je relève ce passage un peu maladroit dans la syntaxe :
"De sa langue lapait
Jusqu’aux pieds les hauts bancs"

Reste une belle écriture, harmonieuse, avec quelques jeux de mots, dont le titre à double-sens et ces "hauts bancs" (haubans), ainsi que de belles images : "L’ombre traînait sur la ridule" ou "la nuit s’émaillait de rouille".

Charmé par l'écriture mais frustré par la manière de traiter le sujet, j'ai tout de même trouvé ce texte intéressant. Mais il ne m'a pas vraiment ému...

Merci pour la lecture,

Davide

   Donaldo75   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Stéphane,

J'ai beaucoup aimé ce poème autant dans sa tonalité, sa composition que le message qu'il semble véhiculer.

A la première lecture, trois qualificatifs me sont venus en tête:

Sombre
Libre
Déprimant

C'est très réussi.

Bravo !

Donald

   Cristale   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le narrateur est reporter...l'oeil est celui de sa caméra : sans affect, sans jugement, sans émotion. Le film se déroule sous nos yeux aussi froid que le corps sans vie fixé sur la bobine.
Et voilà la poésie cinématographique d'une brève aux actualités d'un quotidien blasé.

Pas si facile d'écrire avec détachement comme le fait souvent l'auteur.

Bravo Stéphane, vous signez vos poèmes d'une plume inédite et très particulière. Nul doute que votre écriture gagnera en puissance au fil de vos oeuvres. Faut-il épurer ou non, je n'en sais rien étant incompétente en matière de poésie libre, mais je vous fais confiance.

Cristale

   PIZZICATO   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Après la première lecture, j'ai été surpris par la façon presque laconique de traiter le sujet.
On dirait que cette " masse oblongue " qui vient s'échouer sur la berge fait partie du décor.
Et c'est en cela que réside l'intérêt de ce texte.
Un fait horrible en soi, que la récurrence rend banal et ne provoque que de l'indifférence... Il ne rend triste que " notre belle Dame ".

Concernant l'écriture, certains passages m'ont un peu gêné.
" Quelques pigeons épars " j'ai trouvé l'adjectif pas très approprié.

" Le corps versait sur la chaussée
Que la Seine avait charrié " alors qu'il faudrait écrire : le corps que la Seine avait charrié versait sur la chaussée.

Un texte qui ouvre à réflexion.

   senglar   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Stephane,


Il me faudra des compléments pour bien comprendre cette poésie...

Pour le moment j'ai deux interprétations :

- la Seine sur-polluée tue et vomit tout ce qui y vit jusqu'aux étoiles de mer. Mais je vois mal une étoile de mer remonter la Seine jusqu'à Notre-Dame, et puis d'où viendrait-elle (lol), et puis encore cela contredirait tout le travail des maires, de Chirac... à Hidalgo qui promettent qu'on pourra s'y baigner, dans la Seine.

- la Seine rejette les corps qui lui sont confiés (elle n'en veut pas. Na !) : cadavre de suicidé, 'corpse' de victime assassinée et pourquoi pas mort accidentelle... Cette deuxième hypothèse me semble la plus probable ici.

Pas très bien compris les premiers vers : Comment une ombre peut-elle traîner sur une ridule ? L'étoile de mer renvoie-t-elle au noyé bras et jambes écartés et tête pointée, étirée au bout d'un long cou... en étoile à... ça a combien de branches une étoile de mer ? Vais aller voir ça tiens !

Le reste me va mais je n'ai pas compris pourquoi les pigeons ne sont pas allés picorer le moribond. C'est que c'est familier ces petites bêtes-là, sinon les pigeons parisiens :)

L'écriture est mesurée, sereine, factuelle et poétique à la fois, juste ce qu'il faut, détachée finalement, presque laconique ; un Hemingway qui se serait piqué de poésie et se serait lâché, un Hemingway expansif quoi... Le comble !

Lol


Senglar

   FrenchKiss   
8/5/2019
Bonsoir Stéphane,

Un poème un peu froid qui me laisse à distance de ce qui est rendu ici comme une trivialité du quotidien.
Pourquoi parler au passé, comme s’il s’agissait d’une période précise révolue ?

Je relève aussi quelques tournures alambiquées comme Le corps versait sur la chaussée / Que la Seine avait charrié, qui pourrait toutefois être une anacoluthe volontaire. Mais dans ce cas j’aurais préféré le pluriel à charrié, englobant le corps et la chaussée, ce qui aurait été d’un effet poétique assez surprenant.
Tout ça semble vu d’une tour de contrôle d’où les pompiers ne vont pas tarder à être prévenus, confirmant que notre société est plus efficace pour débarrasser la mort que pour la prévenir.
Un peu trop clinique pour moi.

FrenchKiss

   Stephane   
8/5/2019

   Raoul   
8/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
J'aime beaucoup. Pure description sans la ponctuation qu'Apollinaire, autre regardeur de Seine, omit lui aussi. J'aime beaucoup la construction du phrasé des strophes, méandreuses et très lisibles, envoûtantes et embrassantes.
Belle idée aussi que cette "langue" aussi sensuelle que... parlante.
Et puis, cette ultime strophe qui apporte sa noirceur... Joli final.
Une contemplation qui me parle.
Merci pour cette lecture.

   Malitorne   
9/5/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aurais voulu apprécié ce poème mais ce serait vous faire injure que de vous mentir. La complaisance ne doit pas masquer la sincérité. Je dois vous avouer qu'après plusieurs lectures le propos m'apparait obscur, l'agencement des vers laborieux. Je loue votre tentative de rendre un hommage original mais pour ma part ça ne prend pas. Le peu de clarté et un certain manque de fluidité empêchent mon adhésion.

   STEPHANIE90   
11/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Stephane,

ayant lu à plusieurs reprises votre poésie, je viens avec un peu de retard vous donner mon avis sur celui-ci.
J'ai aimé le fond et votre façon de vouloir travailler celui-ci par un autre biais, représentation allégorique.
Comme d'autres je ne comprend pas le pourquoi "d'une étoile de mer" et non de terre ? Mais j'avoue ne pas avoir été lire votre forum pour l'instant.
J'ai préféré la deuxième strophe ou affleure à la crête du quai l'écume grossissante (pour moi, interprété par la poussière du corps de notre Dame brulée).
Par contre, dans la dernière strophe, la compréhension de texte est gênée par votre formulation. Problème de syntaxe, personnellement au vu de votre formulation, je cherche le cod.

Le corps versait sur la chaussée ?

Peut-être était-ce voulu ? car on le devine aisément ; mais...
Je le lis ainsi :
Et la nuit s’émaillait de rouille

Du corps versé sur la chaussée
Que la Seine avait charrié

En tout cas, merci pour cette lecture originale,
StéphaNIe


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