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Poésie libre
Stephane : Triptyque
 Publié le 08/04/19  -  15 commentaires  -  1036 caractères  -  177 lectures    Autres textes du même auteur


Triptyque



effroi

ce matin c’est le froid qui l’emporte
pourrai-je un jour rouvrir les yeux
le ciel a plombé les nuages
et les cernes ont fleuri
la chambre est grise
dehors il pleut
la nuit frappe contre les vitres
derrière la porte c’est le calme
la bouche béante du couloir s’étire
vers quelque horizon perdu
je ne sais pas si je pourrai marcher un jour

douleur

on m’a dit de me lever
il faisait jour
quelques pas
puis ce manque d’air dans mes poumons
je me rassois
la chambre inondée de soleil
souffre
à la fenêtre un oiseau bat des ailes
puis s’envole
je voudrais pour un temps m’évader de ce corps

espoir

la nuit s’installe aux pieds du lit
demain je sors
la brume des jours s’est dissipée
j’ai tous mes sens
aujourd’hui deux tourtereaux qui s’embrassaient
ils étaient beaux dans la lumière
et toi
seras-tu là


 
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   Corto   
18/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Scène de la vie ordinaire en souffrance.
Ne rappelle pas que de bons souvenirs...

Le texte est évocateur et bien sobre.

A noter dans la dernière strophe "Aujourd’hui deux tourtereaux qui s’embrassaient", le "qui" parait incongru et inutile.

En final "seras-tu là" complète bien cette ambiance de fragilité, physique oui mais aussi relationnelle.

Bonne continuation.

   papipoete   
19/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
libre
je suis comme paralysé depuis que la maison est vide ! je n'ai plus envie de rien, mais demain c'est décidé, je sors !
Par la fenêtre, je vis deux tourtereaux s'embrassant...
NB je pourrais croire ( à moins que ce soit cela ? ) que le héros était privé de ses jambes, et que demain il pourra enfin marcher ! ( j'ai connu cela à 16 ans ) mais je vois aussi le scénario de l'âme blessée par l'absence, ou l'abandon et qui demain tentera de vivre à nouveau !
L'écriture est souple et agréable !
papipoète

   FANTIN   
20/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème poignant, sobre de paroles mais riche de résonance. Les trois volets de ce triptyque évoluent vers ce qu'on espère être une délivrance, une reconquête de la vie et de l'amour.
Effroi, douleur, espoir: voilà bien trois sentiments qui font partie de toute vie humaine.
J'ai beaucoup aimé la dense brièveté des vers, le jeu sur les temps, cette voix de l'intérieur, si proche...

   eskisse   
21/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce parcours vers l'espoir et l'amour parce qu'il m'a touchée.

Le poème reste suffisamment suggestif pour laisser au lecteur un part d'interprétation : s'agit-il d'un lit d'hôpital ? Le " Demain je sors" pourrait le laisser penser mais offre une pluralité de possibilités.

La souffrance est évoquée sans aucun pathos, elle s'efface derrière un "oiseau qui bat des ailes". J'ai aimé ce vers " La nuit s'installe aux pieds du lit" et l'image de "la bouche béante du couloir".

J'aime aussi le choix d'un lexique simple qui donne de la sobriété à l'ensemble.

   Vincente   
22/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème sans circonvolution. Un état des lieux/état du corps/état d'esprit qui dit la réalité du ressenti dans une sorte d'authenticité, une sorte de rudesse aussi, même dans la strophe épilogue, l'espoir apparaît en fenêtre dont les images (au pied du lit - brume des jours - deux tourtereaux) sont simples, presque banales, en fait réalistes.

La poésie est invitée dans l'arrière-plan (par la proposition qui informe le lecteur d'un grave accident/maladie corporel passé) et au-dessus, dans le regard surplombant le convalescent (à nouveau une sortie du champ d'expression direct du texte). J'ai bien aimé cette pudeur qui montre la crainte en ne dévoilant que "l'utile" à la compréhension.

Un petit regret, dommage collatéral de la concision, mais qui pourrait peut-être chercher meilleur rythme dans la chronologie. Quand apparaît "Demain je sors" (2ème vers de la dernière strophe), on peut s'étonner de la si courte hospitalisation, si l'on a compris comme moi qu'elle était assez lourde. "La brume" est déjà dissipée. Alors que la cadence que l'on a senti entre la 1ère et 2ème strophe laisse penser à un certain temps, entre 2ème et 3ème, on fait un saut que j'ai perçu comme instantané

   STEPHANIE90   
8/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Stephane,

Et toi seras tu là ?
Tout est dit dans ce dernier vers. Me regarderas-tu encore ainsi diminuer. M'aimeras-tu encore ?
Tant de questionnement qui à eux seul pèsent bien plus lourd que la douleur, et crée l'effroi. S'accepter moins fort et relever la tête ou "les cernes ont fleuri" à l'évocation de "la bouche béante du couloir qui s'étire". Mais il y a "à la fenêtre cet oiseau qui bat des ailes".
M'envoler moi aussi et échapper à ma condition humaine... et à l'incertitude.
"aujourd’hui deux tourtereaux qui s’embrassaient
ils étaient beaux dans la lumière"
Merci, on a tous connu ce genre de moment, physique et/ou psychologique,

StéphaNIe

   PIZZICATO   
8/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ces trois ressentis psychologiques, à la suite d'un accident ou maladie, sont bien décrits.

Depuis " l'effroi" de ne plus être comme auparavant, jusqu'à " l'espoir " de tout retrouver, ou presque : " et toi seras-tu là ".

Une écriture sobre, de l'expression dans les images.
" la bouche béante du couloir s’étire
vers quelque horizon perdu "

" je voudrais pour un temps m’évader de ce corps ".

Une lecture intéressante.

   jfmoods   
8/4/2019
Voici un tableau en trois parties ("effroi", "douleur", "espoir") dessinant la chronologie d'une convalescence.

Dans ce temps intérieur resserré ("ce matin", "un jour" × 2, "demain", "aujourd’hui"), le décor prend les couleurs de l'âme en errance du locuteur.

La fatigue ("les cernes ont fleuri"), l'immobilité (modalisateur au discours direct et indirect : "pourrai-je [...] rouvrir les yeux", "je ne sais pas si je pourrai [...] marcher"), l'isolement ("derrière la porte c’est le calme") et l'absence de perspectives (présentatif : "c’est le froid qui l’emporte", personnifications : "le ciel a plombé les nuages", "la nuit frappe contre les vitres", métaphore : "la bouche béante du couloir s’étire / vers quelque horizon perdu", constats délétères : "la chambre est grise", "dehors il pleut") imprègnent le premier pan du triptyque.

La seconde partie du poème voit l'individu mesurer le chemin qu'il lui reste à parcourir jusqu'à son rétablissement total (jeu antithetique : "on m’a dit de me lever" / "je me rassois", déterminant : "quelques pas", démonstratif : "ce manque d’air dans mes poumons", personnification : "la chambre [...] souffre", modalisateur : "je voudrais pour un temps m’évader de ce corps"). Trois éléments du décor ("il faisait jour", "la chambre inondée de soleil", "un oiseau bat des ailes / puis s’envole") laissent entrevoir une trouée salvatrice.

Au fil du dernier pan du triptyque, le relèvement est en marche (constat euphorique : "j’ai tous mes sens", présent à sens futur : "demain je sors", métaphore apaisante : "la brume des jours s’est dissipée", personnification apelant l'image de l'animal de compagnie : "la nuit s’installe aux pieds du lit", spectacle de la concorde amoureuse : "deux tourtereaux qui s’embrassaient / ils étaient beaux dans la lumière", question fermée fixant l'horizon d'attente du locuteur : "et toi / seras-tu là").

Merci pour ce partage !

   senglar   
8/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Stephane,


Un incipit aurait pu être intéressant. J'aurais bien aimé "l'espoir" comme panneau central ; c'est bien ainsi que l'on procède en peinture non ? - Bon ici c'est un poème d'où sans doute la linéarité temporelle. Mais tout de même il doit bien y avoir une astuce (Flash Back ?).

Sinon chaque panneau est bien rendu dans votre optique. Je suis bien certain qu'elle sera là :)

Ah ! les couloirs des hôpitaux, leurs fenêtres prisonnières. Evidemment les tourtereaux sont dehors ; il y en aura bientôt deux de plus...


senglar

   Provencao   
8/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette poésie troublante de vérité, poignante..nous donne une lecture tres personnelle en réflexion â la complexité des mots placés sous le signe de "effroi, douleur et espoir".

J'ai bien aimé la complémentarité de ces trois mots situés dans un sillage particulier de votre construction poétique, qui saura à mon sens faire résonner avec la vérité de "ce froid qui l'emporte", quelque frisson du poignant quand "la nuit s'installe..."

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   lucilius   
8/4/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
triptyque de convalescence qui, pour moi, n'est pas dans l'ordre, la douleur étant le plus souvent ressentie avant la peur. Quant à la strophe consacrée à l'espoir, j'ai du mal à comprendre ce que l'imparfait fait dans un présent "futuriste". C'est dommage car la plume est agréable.

   suzan   
8/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien cette façon de rythmer le texte, de poser de manière presque laconique les choses allant du plus mal à la convalescence...
"la chambres est grise / dehors il pleut " et plus loin "demain je sors...j'ai tous mes sens"... la confrontation de l'absence "horizon perdu" la perte du corps et l'espoir de retrouver la vie, son corps et celui de l'autre qui en fait partie... J'aime bien car ce n'est pas trop lyrique, ce sont ces choses qui forment une vie, sensiblement et simplement évoqués que l'on partage parfois...

   Davide   
9/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Stephane,

Un poème qui m'a attendri par la richesse et la justesse de ses images pour évoquer poétiquement, sans toujours les dire clairement, les émotions changeantes et craintes du narrateur, reclus dans sa chambre : "les cernes ont fleuri", "la bouche béante du couloir...", la chambre (...) souffre", "je voudrais pour un temps m’évader de ce corps" ou encore "la nuit s’installe aux pieds du lit".

Aux vers 2 et 11, je ne comprends pas l'emploi du futur "pourrai" au lieu du conditionnel.
Une erreur ? Une manière symbolique pour signifier l'espoir ?
Ou bien cela a-t-il un sens que je ne perçois pas ?

Je ne trouve pas utiles les 3 titres "effroi", "douleur" et "espoir".
Le jolie écriture, à mon sens, permet la compréhension de cette évolution, en toute simplicité. C'est dommage !

Somme toute, un poème juste et touchant.
Merci !

Davide

   Stephane   
9/4/2019

   Cristale   
9/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un triptyque, de l'accident à la sortie de l'hôpital, en quelques vers l'on suit pas à pas le parcours du narrateur : quand le pire s'efface à force de soins et de volonté pour laisser place à la guérison et à l'espoir avec ces dernier vers magnifiques :
"Et toi
Seras-tu là ?"

Un bien joli et émouvant poème d'un bien sympathique et talentueux auteur.

Pour vous Stéphane : https://www.youtube.com/watch?v=fScKYOBhmaM

Cristale


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