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Sentimental/Romanesque
Acratopege : Toutes pareilles [concours]
 Publié le 19/09/15  -  19 commentaires  -  5874 caractères  -  121 lectures    Autres textes du même auteur

Alouette, gentille alouette,
Alouette, je te plumerai.


Toutes pareilles [concours]


Ce texte est une participation au concours n°19 : T'as de beaux yeux, tu sais ! (informations sur ce concours).



T’as de beaux yeux, tu sais ! Ils sont si clairs, si grands, si miroitants ! Mais pourquoi les tiens-tu toujours dardés sur une ligne invisible par-delà l’horizon ? Tu ne les baisses jamais ? Sans mentir, on dirait qu’ils se réjouissent en égoïstes d’un spectacle que tu es seule à voir, que tu gardes pour toi, que tu te refuses à partager. Moi qui suis ton ami dévoué, la petite main de tes caprices les plus fous, je ne comprends pas cette distance, cette cruauté. Ne sais-tu pas que ton regard de gemme bleue, c’est ma poudre blanche, ma Méduse, la martingale diabolique de mes nuits de roulette russe ? Que pour survivre je dois me nourrir à chaque instant de tes yeux posés sur moi comme des papillons de douceur ?


Je me tiens à ton côté et tu ne me vois pas. M’as-tu au moins effleuré du regard quand nous nous sommes rencontrés la première fois ? M’as-tu au moins toisé avec ton sourire moqueur en imaginant qu’un jour je serais ta proie ? Je l’ai cru alors comme un enfant au bon Dieu. J’en doute aujourd’hui. Là, on dirait que je n’existe aucunement pour toi, que mon corps n’est pour tes yeux qu’une vitre transparente, même pas une gêne, moins qu’une poussière. T’aimer m’emporte chaque jour de l’autre côté du monde, mais il ne t’importe en rien que je t’aime. Te contempler sans retour : c’est à cela que se résume ma pauvre existence depuis que je te connais pour mon malheur.


T’as de beaux yeux, tu sais ! Je te le dis le cœur grand ouvert. Ton menton est parfait, tes oreilles mignonnes, ton nez délicieux. J’adore les cheveux flous qui dansent sur ton front. J’adore tes pommettes teintées de rose, ta bouche qui sourit par tous les temps, ton joli cou de cariatide tendu vers le lointain. J’adore tes épaules brunies par le soleil, la finesse de tes poignets de poupée, tes doigts de sylphide qui s’agitent en éventail quand tu salues de loin le lever de la Lune. Il n’y a rien en toi que je n’aime pas.


Et puis tes seins sont magnifiques. Quand tu marches, je vois deux collines plantées d’amandiers au doux feuillage vibrer dans l’air surchauffé de l’été. Quand tu t’arrêtes, deux pyramides pavées de marbre et d’or fin. Quand tu dors, deux dunes jumelles avides de retrouver dans la nuit du désert un simulacre d’humidité.


Tes jambes sont des piliers graciles faits pour danser en effleurant le sol sans autre musique que ton chant de sirène, cette mélopée triste et sans fin qui autrefois, dit-on, brisa les plus solides banquises et abattit comme fétus les forêts séculaires aux fûts larges comme des tours de forteresse. Tes orteils ont la finesse de la porcelaine et la douceur chaude des galets tiédis par le soleil. Quand tu marches pieds nus, sais-tu que tu ressembles à une passerelle suspendue au-dessus du grand vide et que berce le vent comme une jeune mère son nouveau-né dans un moïse de jonc tressé ?


Ton ventre est un gouffre que personne n’a jamais exploré. Tout au fond, je le sais, bruit une source d’eau claire qui se faufile entre monts et marais jusqu’à un lac magique où batifolent des licornes. Depuis que je te connais, je rêve chaque nuit que j’y nage en dauphin fou. Que j’y tourne en rond comme un cheval de manège, que j’y plonge et en jaillis avec furie, éclaboussant d’eau lumineuse les parois de ta caverne secrète. Les licornes me frôlent, s’échappent en hennissant de joie quand je veux les chevaucher pour regagner la rive... Hélas, mes gesticulations sont vaines : je sais bien que rien ne t’éveillera jamais à mon amour.


T’as de beaux yeux, tu sais. L’eau bleutée de ton regard vaut celle des perles les plus fines. De beaux yeux mais le cœur sec, plus dur qu’un noyau de datte desséchée. Un beau visage de madone, mais une âme noire et difforme, une âme de démon, de spectre damné, de succube. Des seins de rêve, un ventre de rêve, mais l’esprit mesquin d’une sorcière qui n’a jamais connu la chaleur de l’homme. Aujourd’hui, je ne sais plus si je dois te plaindre ou te haïr.


Pourtant il ne tenait qu’à toi d’être différente des autres. Un clin d’œil m’aurait suffi, ou bien une caresse, un mot tendre, l’effleurement d’un baiser sur mes lèvres. T’as de beaux yeux, des épaules dorées, des seins de sirène pour rythmer ton chant de leur danse, mais tu as tout gâché par sotte fierté et aveuglement. N’as-tu pas vu combien je t’aimais ? N’as-tu pas compris que j’étais prêt à tout pour que tu m’autorises à plonger en toi jusqu’au plus profond ? Que j’aurais tout sacrifié pour que nos corps ne fassent plus qu’un, pour que nos esprits se fondent en un alliage à jamais indestructible ?


Je finirai par comprendre que vous êtes toutes pareilles, qu’il n’y a rien à tirer de vous que du dépit et de la rage. Toutes trop belles, toutes trop désirables, toutes trop cruelles avec les hommes. Depuis le début des temps, nous aurions dû trouver la force de vous éviter comme la peste. Ou bien vous faire enfermer au sommet de donjons inexpugnables. Notre solitude serait terrible, mais nous aurions l’âme en paix.


Je sais aujourd’hui que le temps de la révolte est passé. Se battre est inutile quand l’adversaire refuse le combat ou lutte avec des armes invisibles. Renoncer au monde, étouffer le désir, aspirer au grand vide de la solitude, telle est la voie de la sagesse pour les hommes qui me ressemblent. J’ai parcouru déjà un bout de chemin : ce soir, face à ton corps entravé et bâillonné, je sens un grand calme entrer en moi. Dehors, les premières étoiles se sont allumées comme des cierges qui te seraient destinés. Tes yeux trop clairs, trop brillants, grâce à ma lame vont bientôt se ternir comme se sont ternis ceux de toutes les autres.


 
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   Shepard   
23/8/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Plusieurs choses m'ont bloqué à la lecture de ce texte. Bien que l'idée de départ permettrait d'inventer un thriller potentiellement intéressant, l'auteur choisit l'expression des sentiments du personnage. Pourquoi pas, mais j'ai trouvé ça interminable ! Et pourtant le texte est court...

Des formulations où les images se mélangent, il y en a toujours plus, trop, à tel point que certaines contradictions (peut-être voulues par rapport au narrateur) apparaissent. La plus flagrante :

"Il n’y a rien en toi que je n’aime pas." -> Oui enfin, on parle uniquement du physique ici... D'ailleurs :
"Un beau visage de madone, mais une âme noire et difforme, une âme de démon, de spectre damné, de succube" -> Donc c'est bien ce que je pensais... Uniquement le physique.

Autres expressions qui me laissent perplexe :

"Je l’ai cru alors comme un enfant au bon Dieu"

-> Est-ce que la majorité des enfant croient vraiment au bon Dieu ? Et non pas plutôt Saint Nicolas ? J'ai trouvé la comparaison un peu étrange.

"ton joli cou de cariatide tendu vers le lointain"

-> Bien, vous m'avez apprit "cariatide" aujourd'hui. Mais du coup je ne vois pas le rapport, les cariatides portent un poids sur la tête, alors pourquoi "tendu vers le lointain" ?

" ton chant de sirène, cette mélopée triste et sans fin qui autrefois, dit-on, brisa les plus solides banquises et abattit comme fétus les forêts séculaires aux fûts larges comme des tours de forteresse"

-> Pareil, le chant de sirène qui détruit la banquise (y avait-il seulement des sirènes sur la banquise ?), ce chant n'a jamais été une arme de destruction massive.

Je n'ai pas trop saisit le passage sur le ventre, j'imagine une métaphore érotique.

"L’eau bleutée de ton regard vaut celle des perles les plus fines"

La finesse des perles n'a pas de rapport avec le bleu de l'eau, si ?

Bon, puis la fin, la chute un peu attendue je dois dire, j'imaginais mal un vrai amoureux transit être aussi flippant et possessif (quoique).

En dehors des expressions ci-dessus, j'ai trouvé le style général un peu trop chargé, avec une abondance de termes plus ou moins bien choisis à mon avis :

"ton regard de gemme bleue" -> Pourquoi ne pas user "saphir" ?

"tes yeux posés sur moi comme des papillons de douceur" -> Un peu trop niais pour moi...

"je vois deux collines plantées d’amandiers au doux feuillage vibrer dans l’air surchauffé de l’été" -> Je ne vois même pas comment une paire de loches peut amener à cette image ? Les amandiers font référence à quoi ?

Il y en a d'autres, et c'est un peu le problème du texte pour moi : les images tellement alambiquées que leur sens se perd au profit de la tournure.

Pas grand chose à dire sur le fond, à part que le narrateur est un sale type, vous avez bien réussit à le rendre antipathique (ce qui colle a ce qu'il s'apprête à faire).

L'aspect très grandiloquent et pompeux du reste est peut-être voulu par l'auteur (narrateur, tueur mégalomaniaque qui pense avoir tout comprit) mais dans ce cas il manque un part personnelle, une référence à la vie du personnage qui nous permettrait de plonger un peu plus dans son histoire. Là on a seulement une description très générale.

Je n'ai pas réussit à accrocher...

   Anonyme   
1/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
D'emblée il y a une chose qui me gène, ce décalage entre un style riche, fouillé, parsemé d'images poétiques et le leitmotiv "t'as de beaux yeux, tu sais" beaucoup plus familier. Deux registres s'opposent - un registre soutenu et un registre familier - que j'ai dû mal à expliquer sachant qu'ils viennent de la même personne.
La folie du narrateur justifie peut-être cette dichotomie car si je comprends bien c'est un tueur en série. L'idée n'est pas mauvaise même si je m'attendais un peu à une pirouette finale de ce genre.

   AlexC   
3/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

La chute m’a surprise et j’ai bien aimé la dernière phrase de votre texte. L’homme rejeté, ignoré par les femmes qu’il adule, se transforme en tueur en série. Plausible. Seulement, tout le long du texte, on ne sent nulle rage, nulle haine qui pourrait pousser à des crimes, plus de la déception, de la résignation et un certain fatalisme qui du coup ferait plus penser à une tendance suicidaire que meurtrière...

Alternant les mots d’une lettre d’amour et ceux d’une lamentation, votre texte me semble parfois un peu chaotique. Je trouve la poésie un peu forcée et les images pas toujours très inspirées. Au demeurant, je n'ai pas été emportée par un texte qui mise tout de même beaucoup sur sa poétique.

Je tique :
“Sans mentir”
"Tes jambes sont des piliers graciles faits pour danser en effleurant le sol sans autre musique que ton chant de sirène, cette mélopée triste et sans fin qui autrefois, dit-on, brisa les plus solides banquises et abattit comme fétus les forêts séculaires aux fûts larges comme des tours de forteresse.”

Bonne continuation

   hersen   
4/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La fin est assez bien amenée, je ne l'ai pas trop vue venir. Ce qui est toujours bien dans une nouvelle.
J'ai cependant trouvé une peu longue les différentes descriptions, tout en reconnaissant qu'elles vont crescendo jusqu'à l'horreur du dernier paragraphe.
Le paragraphe trois est à mon sens inutile et assez plat. Je préfère les autres qui ne se cantonnent pas à une description plastique, mais vont un peu plus loin (dans le degré de l'horreur, comprenons-nous plus tard).

J'aime beaucoup le dernier paragraphe (enfin, façon de parler bien sûr !), aboutissement des réflexions d'un cerveau malade qui lui-même est en grande souffrance.

Souffrance et folie que l'on cerne très bien dans le paragraphe : Pourtant, il ne tenait qu'à toi d'être différente des autres...

A la première lecture, je n'ai pas trop aimé ce texte (les descriptions prenaient trop le pas sur le fond) et puis je l'ai mieux apprécié à la seconde lecture.

   Bidis   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le texte m'a accrochée, je l'ai trouvé très beau, mais les personnages n'ont pris pour moi aucune consistance. Je n'ai rien ressenti de vivant derrière ces images splendides. L'idée est bonne, très très bonne même, mais il manque de la chair quelque part. Il faudrait pouvoir se mettre dans la peau de celui qui parle et rendre vraiment vivante, celle à qui il s'adresse. Mais voilà : ce serait sans doute amener le lecteur a deviner la chute. Ici, l'on a préféré surprendre plutôt que prendre c'est-à-dire intéresser. Quand on arrive aux deux, on a gagné. Mais c'est très difficile, je le sais bien.

   Anonyme   
19/9/2015
Bonjour Acratopège

Votre texte commence par cette phrase, qui sert aussi à nommer le concours : "T’as de beaux yeux, tu sais !" et se termine par celle-ci : "Tes yeux trop clairs, trop brillants, grâce à ma lame vont bientôt se ternir comme se sont ternis ceux de toutes les autres."

Le moins qu'on puisse dire est que vous respectez le règlement : "Les yeux doivent être un élément déterminant de l'histoire et pas un simple détail de l'intrigue."

La première partie, celle où vous faites l'éloge de la dame, est inspirée par le "cantique des cantiques", mais avec des images contemporaines.

Jusque là votre texte relève de la prose poétique;

Dans la seconde, le ton change et monte d'un cran. Vous êtes moins bon dans l'imprécation que dans la louange.

Mais le contrat est rempli. Ce qui n'est pas le cas pour tous les concurrents.

Merci Acratopège et bravo

   Pepito   
19/9/2015
Hello Acratopege, tu as dû bien te marrer sur ce coup là !

Forme : quel plaisir de voir une belle écriture, un langage soutenu. Enfin un auteur qui connait la signification des mots qu'il emploie. T'as laissé deux ou trois petits bugs pour ma satisfaction personnelle, je suppose, je t'en remercie. ;=)

Mais tu sais, de nos jours, une "belle écriture" est une écriture comprise... le niveau TF1 a le vent en poupe.

Le passage sur les "seins" est particulièrement bien fichu.

Fond : bon, du sent/rom sur 90% du texte, tu me connais... j'ai la digestion difficile. T'as même réussi à me faire peur et me faire sauter les toutes dernières lignes (j'y suis revenu après ;=) pour voir si la fin était libératrice... ouf !

Sinon, si t'as quelques lignes sur la formation d'un jeune couple et la naissance de leur enfant, dont tu ne ferais rien, je suis preneur ! Vu l'aisance avec laquelle tu ponds ça et le trou qui traîne depuis plusieurs mois dans une de me nouvelles, un copié/collé me permettrait de résoudre le problème facilement. ;=)

C'était un plaisir de te lire.

Pepito

   Agueev   
19/9/2015
L'histoire du poète psychopathe est bien trouvée. En revanche, si le texte est beau et les images poétiques, cela entraine une certaine lourdeur pour la lecture d'une nouvelle.
La mort en poésie ! c'est pas si mal !

Merci !

   Blacksad   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Le décalage entre le style outrageusement lyrique des descriptions de l'aimée et la fin est très bien amené. Une fois la fin lue, on considère la passion amoureuse (un peu lourde quand même) décrite dans les paragraphes précédents avec un œil nouveau. Après tout, la passion est une folie comme une autre.

Cependant comme souligné dans un autre commentaire, je trouve la répétition de "t'as de beaux yeux tu sais" très artificielle et présente surtout pour essayer de coller au concours. Mais comme c'est une expression plutôt familière alors que l'amoureux transi utilise un langage métaphorique et plutôt soutenu, ça tranche très désagréablement. Je pense qu'en retirant ce leitmotiv inadapté, le texte gagnerait nettement en harmonie.

PS : j'ai beaucoup aimé l'incipit

   carbona   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,

Au début du texte, j'apprécie la plume, sophistiquée, mais ça devient un peu long et pénible à lire : trop d'images et de comparaisons à rallonge, me vient l'envie de sauter quelques lignes puis sur la fin je commence à être interloquée par le discours du narrateur qui prend un virage un peu brusque jusqu'à la chute qui tombe comme un couperet et que je n'avais absolument pas vu venir.

A cet égard, je trouve que le décalage est trop important entre l'ensemble du récit et la chute. J'aurais apprécié un récit qui tend plus du côté thriller que du côté sentimental /romanesque. Noyée dans le lyrisme étouffant de l'écriture, je n'ai pu apprécier la révélation.

J'apprécie réellement l'idée de fond mais n'accroche pas avec le traitement qui lui a été accordé.

Merci pour cette lecture.

   ameliamo   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Trop description en le détriment de l’action qui est seulement suggéré. Vous avez décrit un psychopathe en plein délire d’une obsession amoureuse. Pauvre fille devenue proie d’un tel monstre qu’il se croie poète.

   Automnale   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Personne ne m’a jamais dit que mes yeux étaient si miroitants, poudre blanche, Méduse, martingale diabolique… Personne n’a adoré, à ce point, mon cou de cariatide tendu vers le lointain, la finesse de mes poignets de poupée, mes doigts de sylphide s’agitant en éventail… Quant à mes seins, si magnifiques peuvent-ils être quand je marche, je n’imagine guère qui que ce soit les comparant à deux collines plantées d’amandiers au doux feuillage vibrant dans l’air surchauffé de l’été !!! Tout ceci, entre autres, est tellement outrancier que le lecteur devine, d’emblée, que le personnage est un grand malade… Ce malade n’existe pas, n’est que poussière, aux yeux de celle qu’il vénère…

Nous pouvons aisément comprendre la belle qui doit être lassée - et effrayée - d’entendre pareilles sornettes. Et ce leitmotiv revenant sans cesse : « T’as de beaux yeux, tu sais ! ». Si le regard de la jeune femme est magnifique, celui de l’amoureux transi doit vraiment refléter un gros grain de folie…

Toutes les parties du corps humain sont passées en revue, quand même : ventre, jambes, orteils ayant la finesse de la porcelaine, etc, etc… (ne dit-on pas que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures !).

Arrive, enfin, le moment où l’histoire bascule… L’esprit de la belle étant celui d’une sorcière, il est, en effet, temps de bâillonner son corps et de ternir, grâce à une lame, ses yeux trop clairs et brillants…

L’idée de ce personnage, tueur en série, était excellente. Mais toutes ces déclarations ô combien excessives rendent la lecture indigeste. Dommage qu’une aussi belle écriture ne réussisse pas, en l'occurrence, à davantage captiver le lecteur.

   Anonyme   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Je n'ai pas du tout aimé. C'est trop plat, trop descriptif, trop ennuyeux. Je n'y ai vu aucun suspense, même dans la chute finale. Dommage car la qualité littéraire y est, indéniablement.

Je viens de me relire et je trouve mes mots un peu durs, mais je n'arrive pas à exprimer autrement ce que je ressens présentement.

Veuillez m'en excuser,

Wall-E

   papipoete   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour Acratopege; par curiosité, j'ai parcouru vos lignes , et retenu que la beauté de cette femme était extraordinaire, de la tête aux pieds, et accessoirement des yeux. Le " flatteur " rêve de ce qu'il pourrait faire à ce corps qui lui fait tourner la tête, mais je ne crois pas qu'il aime ses yeux. De belles courbes, des seins en dunes jumelles, un ventre où s'introduire, cela ne dit rien ! Mais des yeux, un regard, cela dit tant de choses! ça rit, ça charme, ça console, et ça pleure, ça implore. Notre Casanova lorgne plus bas que ces pauvres prunelles, et la fin de l'histoire par cette lame destinée à la belle, me glace le sang, me fait oublier toutes ces belles tirades offertes à cette madone.

   Perle-Hingaud   
20/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Acratopege,
Ce texte est dans la continuité de votre style: je retrouve la richesse de la langue, son phrasé équilibré, sa précision.
Mais je retrouve aussi une sensation de détachement, de recul par rapport à vos personnages. C'est comme si vous les écoutiez derrière une vitre et que vous retranscriviez leurs émotions à travers vos mots (et non les leurs): le filtre modifie le goût, annihile les odeurs, ôte de l'action et de la spontanéité pour (sur ?) charger le message de matière littéraire.
Ici, la "désincarnation" du narrateur, l'absence de toute référence au monde extérieur renforce l'enfermement du lecteur dans la folie du personnage: c'est bien vu, mais d'un autre côté, la "déshumanisation" ne permet pas de s'impliquer.
C'est très subjectif et je ne suis pas sûre d'avoir correctement exprimé ce que j'ai ressenti en lisant ce texte.
Merci, en tout cas, pour cette lecture intéressante.

   alvinabec   
20/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Acratopege bonjour,
Vocabulaire précieux pour une écriture où fleurissent des métaphores en pagaille.
J'apprécie me promener avec l'auteur du côté de Chardonne quand ce n'est pas Morand. Bon, pour les envolées hugoliennes, Ac., on y vient, on y vient.
Drôle le narrateur de plus en plus emphatique...et elles, toutes des salopes qui méritent d'être dessoudées. Pauvres petites choses qui causent avec leur corps.
Mention pour les seins et un grand plus pour le ventre.
A vous lire...

   cervantes   
21/9/2015
Commentaire modéré

   Acratopege   
22/9/2015

   Anonyme   
25/9/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour

j’ai eu du mal à lire ce texte, peut-être est-ce le côté « monologué » qui m’a ennuyé.
Les petites touches successives des paragraphes eux-mêmes m’ont arrêté. Tout cela pour décrire la fille, la femme qu’il convoite.
Bon, l’écriture est bonne, mais il manque un peu de folie furieuse à votre sadique, son délire est top littéraire, on dirait en poète adolescent qui fait sa cour… et la fille si mignonne, la femme si magnifique…trop décrite pour rester intéressante, pour receler encore un peu de mystère ou être vraiment attachante et fragile.
Au final, je ne ressens pas de compassion pour l’un ou l’autre des personnages et moi sans compassion, sans pouvoir m'identifier à minima avec l'auteur ou au moins l'un des personnages d'une histoire, je m'ennuie.
Faire bien parler un psychopathe ce n’est pas évident et le vôtre cause tellement qu’on a du mal à croire qu’il puisse encore tuer ou défigurer quelqu’un après tous les superlatifs et la poésie dont il affuble sa proie. Normalement la parole libère les tensions, non ?

Ça vient peut-être de ma lecture mais ça ne prend pas.

À vous relire.
C.

PS. j'ai lu vos explications après avoir rédigé mon commentaire...comme je me suis donné du mal je le laisse tel quel...j'ai aussi vu que vous êtes 'psy'...psychologue ou psychiatre je suppose ;o), mais quoi qu'il en soit je laisse tel quel.

   Pascal31   
4/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une courte nouvelle que j'ai pourtant trouvé un peu longuette. La faute à ses multiples descriptions, pas toujours très heureuses ("les cheveux flous qui dansent sur ton front", "ton joli cou de cariatide tendu vers le lointain", "L’eau bleutée de ton regard vaut celle des perles les plus fines" etc.), qui appesantissent le récit.
Je n'ai pas vu venir la chute, ce qui est une bonne chose. Un récit qui gagnerait à être débarrassé de cet amoncellement de descriptions assez indigeste.


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