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Sentimental/Romanesque
Bidis : Sursis [concours]
 Publié le 26/11/13  -  12 commentaires  -  7816 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Fiction fantaisiste autour d'une EMI (Expérience de Mort Imminente).


Sursis [concours]


Ce texte est une participation au concours n°16 : Haïbun à thème (informations sur ce concours).



Une orchidée meurt

Le ruisseau rêve à la mer

La forêt s’endort


C’était comme si une masse gélatineuse s’extirpait lentement par un trou au sommet du crâne. Cela se mua bientôt en une sorte de bulle qui oscillait, ne se décidant pas à quitter le vertex. Puis le nuage d’ondes se détacha enfin et s’en alla planer dans la pièce, reprenant peu à peu forme, une forme d’homme mais fondue, bleuâtre et translucide… Collé au plafond, Thibaut contemple à présent son corps que des mains manipulent avec fébrilité. « On le perd ! ». Pourquoi tant d’agitation ? Je ne suis pas perdu, je suis là, je vous vois et je vous entends.


***


Je vous entends, je vous vois.


Des médecins expriment leurs craintes. Les infirmières courent, s’agitent, soucieuses de bien accomplir leur tâche. Thibaut ne comprend pas encore. Il se sent parfaitement bien. Jusqu’à ce que des imprécations traversent son… cerveau. Il a donc encore un cerveau ? Mais qui profère ainsi des injures ? Lequel parmi tous ceux dont il sait trop bien la ruine et les difficultés ? Par-delà les murs, par-delà l’hôpital, la ville lui apparaît.


Dans le crépuscule

La nostalgie d’un merle

Simple égratignure


Un homme âgé marche, d’un pas de somnambule. Il est pauvre, il est sale, il n’a plus le courage de rien. Son cœur est empli de honte, de détresse, de colère surtout. Il marmonne à mi-voix des menaces imprécises. Les gens passent et l’ignorent, ils ont les yeux ailleurs, au-delà du vieil homme. Ils se pressent. Passant qui ne sait pas. Passant qui ne sait rien.


Tout au long de sa vie, ce misérable a très durement peiné. Mais sa route a croisé celle d’un homme d’affaires, fou de pouvoir, avide et sans scrupules. L’épargne lentement amassée et durement conquise s’est dissoute en un instant dans le brouillard de l’avidité, de l’incompétence et du jeu. L’imprudent n’a pas osé porter l’affaire devant les juges. Comme tant d’autres, il a été naïf et a choisi de croire ce qu’il rêvait d’entendre. Lui, qui était un homme bon, n’est plus que rancœur et rage. Lui qui était un homme juste, il s’aveugle aujourd’hui et se hait lui-même pour sa stupidité. Tous les soirs, il lutte contre l’envie de fuir sa misère, ses regrets, sa révolte vaine dans les brumes apaisantes de l’alcool. Un jour, il n’aura plus la force de résister. On lui a dit : il arrive que les banques mentent et font mentir leurs agents, c’est le risque, c’est le jeu. Mais lui n’était pas joueur. Il a cru des mensonges parce qu’ils étaient proférés par quelqu’un qui se disait spécialiste, presque garant. Aujourd’hui, le vieil homme est en enfer.


***


Les lourds regrets tissent

Un voile d’affliction

À l’âme en déroute


Le front obstinément tourné vers le bas, des silhouettes flottent… Elles glissent dans un étrange entre-deux-mondes, essayant vainement de toucher les vivants qu’elles ne se résignent pas à quitter par trop d’attachement ou pour leur expliquer quelque chose ou bien les protéger. Ainsi, dans le dos d’une vieille femme qui s’affaire dans sa cuisine, se tient l’âme errante d’une très jeune fille blonde. À moins que ce ne soit lui-même, Thibaut, qui prête à cette ombre des traits et des couleurs… Car il l’a reconnue, il sait bien qui elle est.


Pitance du fauve

La gazelle hypnotisée

Se fait déchirer


Elle avait eu l’inconsciente rouerie des jeunes filles qui charment au-delà de leur intention première... Attiré, le banquier joua de sa prestance, son charme naturel et son autorité. Quand il se fut lassé, il abandonna sa proie aux mains d’un subordonné beaucoup moins brillant, lequel pour parvenir à ses fins, opta pour la facilité du chantage au renvoi. Cela se déroula d’une façon subtile à laquelle la petite ne comprit rien. Thibaut fit mine d’être surpris, dégoûté même, par la sordide aventure qu’il avait cependant lui-même habilement impulsée. Désorientée, la gamine se vit tout à la fois abandonnée, méprisable et coupable. Sans recours. Elle se jeta par la fenêtre. Maintenant, ce qui reste d’elle ne supporte pas d’avoir plongé sa grand-mère dans le désespoir et la solitude…


Thibaut aurait voulu la prévenir, elle, et les prévenir tous, que les vivants n’entendaient pas leurs voix et ne pouvaient les voir. Mais les ombres errantes ne se souciaient pas de lui. Et d’ailleurs, le voilà qui s’en va, emporté, aspiré par une sorte de tube étroit et noir. Tandis qu’il file dans ce tunnel qui semble ne pas avoir de fin, sa conscience qui avait commencé à l’effleurer se précise et s’affole… Il prend peur.


***


Vallées et jardins

Le parfum sucré des fleurs

Embaume l’air chaud


Devant lui, mais lointaine, se dresse la cité d’or que chantent les poètes. Thibaut eut l’intuition que là, tout prenait sens et devenait parfaitement juste. Là, on retournait au cœur des choses, on faisait UN avec le passé et le présent, l’univers entier, le cosmos. Il ressentit le besoin absolu d’aller s’intégrer dans cette lumière qui est aussi musique et chaleur et bien-être absolu, d’y demeurer, s’y laisser absorber, pour l’éternité… Cependant, il SAIT maintenant que cette paix lui est désormais interdite. S’il pouvait réparer ses erreurs ! S’il pouvait échapper à ses fautes !


***


La bave putride

De la décharge publique

Empuantit l’air


Car à nouveau, le tunnel… La course lui paraît sans fin. Pris d’une angoisse irrépressible, il se sent soudainement projeté au centre d’une pièce obscure. Sur le sol grouillent des choses rouges et noires, comme des vers ou des petits serpents. Une porte est verrouillée. Thibaut sait : derrière cette porte, se trouve le Jugement. Une panique inexprimable l’envahit. Il ne faut pas franchir cette limite, il faut retourner à la vie et tâcher de réparer le mal qu’il a pu faire. Un choc le traverse. Une voix – est-ce une voix ? – l’électrise, résonne en lui et tout autour de lui : « Retourne maintenant, car ce n’est pas ton heure. »


***


L’oiseau du matin

Dit son émerveillement

Trilles d’allégresse


Au dehors, dans le grand parc privé, les bourrasques ébouriffent les futaies, le vent siffle et la pluie rebondit sur l’eau du lac. Confortablement installés devant le feu ouvert, dans l’exquis bien-être d’un riche salon bourgeois, Thibaut et l’ami médecin, l'un de ceux qui l’avaient ramené à la vie, devisent parmi les ors et les bois rares, tout en faisant tourner, pour en humer l’arôme, un liquide doré dans le cristal ballonné de leurs verres. Tandis qu’ils dégustent religieusement le breuvage millésimé, ils écoutent un long moment crépiter la joyeuse chanson des flammes. Ce devait être là pur moment de félicité entre personnages importants, favorisés par la fortune. Pourtant Thibaut soupire.


Il ne se rappelle rien de ce qui suivit son accident cardiaque, des mois auparavant. On lui a raconté que juste avant d’être ranimé, il avait crié par deux fois : « Sortez-moi de là ! ». Il avait honte de s’être montré si attaché à la vie, si vulnérable… Une fatigue le faisait aspirer à la paix. Il allait devoir faire interner le vieillard alcoolique qui se répandait en menaces, criant des injures jusque dans ce quartier résidentiel, devant sa propriété même. Il fallait faire un exemple car d’autres prétendues victimes risquaient de se manifester. Quand le laisserait-on enfin en paix ? Aucune loi qu’il sache n’avait été enfreinte. Il avait le cœur si fragile ! Tout cela l’empêchait de goûter pleinement aux joies de l’existence. C’était injuste et irritant…


Fleuve de l’oubli

Charrie nos lourds secrets

Où vont les rêves ?


 
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   socque   
8/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai craint un instant un texte moralisateur, où Thibaut, les yeux dessillés sur son ignominie, tâcherait vraiment de se racheter après sa réanimation... je me réjouis, du point de vue de l'intrigue, que vous concluiez de cette façon cynique. Je trouve que c'est plus intéressant, le personnage plus vrai ainsi.
Cependant, l'histoire n'évite pas ce qui est pour moi l'écueil du moralisme, puisqu'on se doute bien que, quand Thibaut mourra "pour de bon", il va prendre cher au Jugement. Ce côté "rétribution vengeresse" me paraît assez convenu, mais enfin c'est votre choix d'auteur.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé l'intrigue bien construite et le mouvement du texte net, sauf que je trouve que seulement deux exemples mettant en lumière le comportement du banquier, c'est trop peu... et trop manichéen : j'aurais préféré (mais, encore une fois, tel est votre choix) des exemples plus variés et plus nuancés, montrant que Thibaut avait aussi la possibilité de décider d'une autre forme à donner à sa vie. Je trouve que cela aurait été plus subtil.

Sinon, j'ai plutôt bien aimé les haïkus, surtout celui-ci :
"Les lourds regrets tissent
Un voile d’affliction
À l’âme en déroute"
Le premier vers, bien que court, exprime fort bien selon moi la pesanteur, il se traîne, et à mon avis le "voile d'affliction" est très bien trouvé ! La diérèse ajoute au tragique à mes yeux.

   Jano   
26/11/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Je trouve le style assez lourd, disons particulièrement chargé, cette phrase en est un bel exemple : "Elles glissent dans un étrange entre deux mondes, essayant vainement de toucher les vivants qu’elles ne se résignent pas à quitter par trop d’attachement ou pour leur expliquer quelque chose ou bien les protéger."
Le thème, de son côté, me parait bien caricatural : le vieillard ruiné, la jeune fille abusée, le narrateur qui doit mourir mais revient à la vie. Tout ceci n'est pas d'une grande originalité.
Les haïkus me semblent exagérément poétiques au détriment du sens : "Dans le crépuscule / La nostalgie d’un merle / Simple égratignure".

   Pepito   
26/11/2013
Bonjour Bidis,

Forme : le démarrage en "C'était comme si" m'a un poil refroidi.
" Ils se pressent. Passant qui ne sait pas." le passage pluriel>singulier aussi.

Mais bon, des broutilles. Pour les haïkus j'ai beaucoup aimé :

Pitance du fauve
La gazelle hypnotisée
Se fait déchirer

+ pour son sens surement (mon gout pour la poésie est des plus limité ;=).

Fond : de Bidis j'ai souvenir de délicieuses blagues en auto-dérision sur un forum dédié... un régal. Bon là manifestement on a changé de cap.
C'est lourd à souhait, certes, mais le fond, lui, m’intéresse tout particulièrement. Même si sa description est simpliste, le prédateur humain est un sujet dont je ne me lasse jamais.

La fin cynique m'a régalé.

Très bonne continuation.

Pepito

   senglar   
26/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Bidis,


Tout d'abord Bravo pour tes haïbuns, de l'orchidée (la plus belle) au merle (le plus beau), des regrets à la gazelle (la plus fragile et la plus gracile) et au parfum sucré des fleurs à l'oiseau du matin et au chemin des rêves. Seule peut-être la bave putride m'a-t-elle irrité (lol) la narine, empuantissement redondant oblige ; en ce sens j'ai préféré la mort de l'orchidée ;)

Comme toujours chez toi la construction - exposition, progression dramatique en flashback avec deux événements d'égal développement, chute - est traitée avec une grande application ; il n'y a pas de place chez toi pour les voies de traverse ni de lignes de fuite que tu devrais peut-être t'autoriser.

De même le style est sans esbroufe et peut-être se plie-t-il trop lui-aussi à un cahier des charges, une obligation d'unicité par souci de cohérence dont tu devrais parfois aussi t'affranchir, semant des trèfles et des boutons d'or dans un parterre trop raisonnablement coordonné et apprêté.

Les sous-thèmes traités dans le déroulement du thème général le sont sans défaillance et dans la vraisemblance de ce qu'on peut en savoir semi-scientifiquement ou de ce qui est communément admis. Sans trop extrapoler.

Je peux confirmer la très grande exactitude mais à rebours s'agissant en ce qui me concerne d'une scène de réveil dans une salle de soins intensifs au sortir d'une d'une anesthésie pour opération du type de celle à laquelle tu fais allusion, le chirurgien m'ayant dûment prévenu l'avant-veille - "Ne vous étonnez pas d'être attaché, c'est pour éviter que vous vous désintubiez." - Effectivement mes poignets entravés pendaient quelques centimètres sous les barreaux de mon lit, ce que j'avais ressenti comme très inconfortable. aussi avais-je voulu dans un état morphinique, semi-comateux mais à mon sens conscient placer mes mains de manière à agripper les dits barreaux. Affolement général autour de moi exactement comme tu le décris ! - "Il se réveille ! Il veut arracher arracher ses tuyaux ! "... et de se saisir de mes avant-bras pour les immobiliser ! - "Mais non, bande de oufs, je veux simplement placer mes mains sur et non sous les barreaux du lit !" ça je l'ai pensé très fort mais ils ne l'ont pas entendu. Splendeur et misère de l'hôpital !
Vois jusqu'où va l'efficacité de ton écriture Bidis ! Saisissant !

C'était il y a cinq ans, le professeur Warembourg et son équipe du CHRU de Lille m'ont sauvé la vie :)

Ben oui quoi !


:))) ))) ))) )))

Senglar-Brabant

   Anonyme   
27/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ma note va particulièrement aux haïkus de la seconde partie du texte, je les trouve bien écrits.

Quelquefois l'écriture m'a gênée pour apprécier l'histoire, surtout au début, mais ensuite on ne peut que constater qu'il y a vraiment dans ce texte une ambiance, un regard bienveillant. L'auteur accompagne en mots son personnage, le protège, c'est joli.

   Margone_Muse   
27/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce texte me laisse une impression mitigée : j'ai trouvé qu'il y avait un décalage dans l'écriture entre la prose et les haïkus :

Votre style est parfois lourd... (je note ici quelques exemples :
* "a très durement peiné"
* "musique et chaleur et bien-être absolu"
* "aucune loi qu'il sache n'avait été enfreinte" --> c'est bizarrement construit.
* Beaucoup d'utilisation d'adverbe aussi, ça apporte des lourdeurs et à mon sens, le texte gagnerait à en être épuré.)

... alors que les haïkus sont très légers. A part celui de la "bave putride" et celui des "lourds regrets", ils sont très bons, évocateurs, poétiques. Par contre, je saisi mal leur rapport avec l'histoire, ça m'a fait l'effet d'une disposition anarchique, aléatoire. Ce n'est sans doute pas le cas, j'imagine que vous avez pensé la chose mais j'ai du mal à comprendre le lien entre tous et l'histoire.

L'histoire est surprenante : le thème est ici traité avec originalité même si je pense que ce n'est pas le plus facile : décrire cet entre deux mondes, ces corps "ombres", ce tunnels noir... Il est parfois difficile de se représenter les scènes que vous décrivez.
J'ai eu peur un moment que la fin soit synonyme de rédemption pour le banquier mais heureusement, vous avez choisi de terminer sans morale. J'aime beaucoup et il est bien plus facile de croire à cette fin qu'à une autre où cet homme vil serait devenu un l'Abbé Pierre comme par enchantement.

Bravo en tout cas pour cette contribution au concours :)

Margone

   Acratopege   
29/11/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Les haïkus, j'ai beaucoup aimé, et aussi la trame du récit, avec sa conclusion amorale ou immorale bienvenue. Le contraste est gênant avec le style de la prose, souvent lourd, surtout dans les passages au passé. Il y a même quelques erreurs de syntaxe dérangeantes, comme "..il arrive que les banques mentent et font mentir leurs agents..." ou bien le temps qui passe du présent au passé sans crier gare, comme "Devant lui se dresse... Thibaut eut l'intuition..." Ce sont peut-être des broutilles, mais elles ont dérangé ma lecture malgré la cohérence et l'intérêt du récit.

   toc-art   
1/12/2013
Bonjour,

j'ai apprécié la fin de l'histoire, j'ai aimé qu'on ne vire pas jusqu'au bout dans un conte moraliste totalement niais. J'ai moins aimé les portraits des différents protagonistes. Je les ai trouvés sans nuance, notamment celui du banquier, et sans doute ai-je été aussi découragé par l'écriture que j'ai trouvée souvent maladroite et lourde.

mais je le répète, la fin sauve un peu l'ensemble pour moi et me permet de ne pas regretter ma lecture.

bonne continuation.

   widjet   
2/12/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Pas grand-chose à se mettre sous la quenotte, j’en suis navré.

Le rythme est indolent, mais c’est sans doute volontaire compte tenu du contexte (coma, salle de réveil). En revanche, l’écriture m’a semblé sans grand relief et au bout du compte on se fiche un peu de tout et de tout le monde malgré le sort peu enviable réservé aux victimes (le vieux ruiné, la jeune fille suicidaire…).

Finalement ce sont les haïkus qui sont les plus réussis (autant que je puisse en juger car je n’y connais au final pas grand-chose).

Pas désagréable en soi.
Je ne sais pas quel degré d'implication a été mis, mais j'ai trouvé que ça manquait d’épaisseur (écriture assez impersonnelle, pardon de le dire) et enfin et surtout, d’intêret.

W

   aldenor   
5/12/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Retour précipité à la vie d’un homme « avide et sans scrupules », assailli dans l’au-delà par ses victimes passées. C’est original comme idée et bien dans le thème du concours.
La scène initiale du dédoublement est saisissante.
Mais je trouve que le récit réaliste de la destinée des victimes, dans un style direct, soucieux d’efficacité, s’accommode mal à la poésie délicate des haïkus. Comme une rupture de style.
Sur la fin, avec la description de la cite d’or et du salon, l’écriture du texte est plus en harmonie avec les haïkus, qui se fondent beaucoup mieux. D’ailleurs le dernier est très beau : « Fleuve de l’oubli / Charrie nos lourds secrets / Où vont les rêves ? »

   placebo   
13/12/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Eh bien j'ai plutôt bien aimé. On se doute qu'il va s'en sortir vu le thème du concours, mais finalement le narrateur réintègre sa réalité sans avoir souvenir de l'expérience. Il y a une idée que j'aime bien, très humaine, celle de ne pouvoir apprendre que dans des circonstances particulières et finalement assez limitées.

Certains relèvent l'écriture, le début est un peu lourd mais je trouve que ça s'améliore par la suite :) J'aime bien les haïkus qui portent presque tous une présence animale ou végétale.

Bonne continuation,
placebo

   matcauth   
22/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Bidis,

voilà donc une histoire sur les EMI. Je ne m'y attendais pas et je dois dire que cela respecte quand même très bien la manière dont cela semble fonctionner, là-bas, dans ce quelque part.

Le fait de n'avoir aucun souvenir, moi qui pensait que tout le monde se souvenait, lorsque ce type d'expérience était vécue, eh bien maintenant je me dis qu'on n'en sait rien ! c'est bien vu !

Finalement, avec cette écriture toujours impeccable, je me dis qu'il ne manque rien à cette histoire, qui aborde un sujet délicat à traiter (à mon avis !!!) et le traite bien, en posant bien le contexte, en faisant immédiatement comprendre au lecteur de quoi il retourne.

J'ai bien aimé le contraste, aussi, entre la réalité confortable et ce monde tout à fait difficile. Par exemple :
"Sur le sol grouillent des choses rouges et noires..."
vous avez marqué cette différence par des descriptions subtiles, comme si vous vouliez insister sur le côté lourd et solennel de cet endroit mystérieux, l'heure du choix et donc, il n'est pas question que cela se fasse les mains dans les poches en sifflotant (surtout si on est nu).
surtout, vous justifiez l'existence de cet endroit, les mots sont justes. Le passé, le présent, le Tout, tout cela est bien pensé, bien amené.

Je regrette que l'ambiance ne soit pas plus décrite, finalement, que vous ne creusiez pas davantage quelque chose que vous maîtrisez. L'histoire de la rencontre avec l'homme d'affaires m'a également un peu perdu. Quant aux Haïbuns, pour moi c'est énigmatique, et ce mélange, je ne le comprend pas.

Mais merci pour ce bon moment.


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