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Réalisme/Historique
BlackCrow : Mon Amour Chéri
 Publié le 25/02/11  -  16 commentaires  -  5253 caractères  -  100 lectures    Autres textes du même auteur

La bataille faisait rage depuis plusieurs jours déjà et la pluie, ponctuant la fin d’un hiver meurtrier, avait transformé nos tranchées en marigots boueux et traîtres. Autour de nous les obus ne cessaient de tomber à l’aveugle, faisant autant de dégâts chez l’ennemi que dans nos propres rangs.


Mon Amour Chéri


C’était la nuit…


La pluie venait juste de s’arrêter, me permettant d’apercevoir dans la trouée des noirs nuages la Lune, ronde et pâle comme l’œil d’un mort. Quelquefois, je pouvais entendre le grattement des rats qui cheminaient tout autour en quête de leur abjecte nourriture... les cadavres de mes infortunés compagnons d’armes, à demi enterrés dans les tranchées et laissés à pourrir sur place. Et pour les oreilles sensibles, il y avait aussi le râle des blessés et des mourants que nous n’avions pas eu le temps d’évacuer, un sinistre concert de lamentations ponctué par le bruit des détonations, celles des canons et celles, tout aussi désespérées, de mon cœur vacillant.


Rien d’autre.


À vrai dire, je n’avais plus conscience du temps qui filait, je ne savais même pas depuis combien de jours nous étions ici à attendre que l’ennemi charge ou que l’on nous donne l’ordre de le faire.


Dans ce lent défilé d’horreur humaine teinté d’absurdité qu’était devenu mon quotidien, la mémoire était une chose cruelle... Je pensais sans arrêt à ma vie d’avant, surtout à ma femme, sa beauté et sa chaleur. Je pouvais presque entendre sa voix qui m’appelait, me susurrant à l’oreille ces mots que s’échangent les amoureux au coin du feu... Des mots qu’il ne faisait pas bon se rappeler dans un lieu comme celui-ci où lever simplement la tête pour regarder le Soleil pouvait signer votre arrêt de mort.


« Ma vie d’avant », ces mots sonnaient bizarrement dans mon esprit... Ici, loin de tout, rien de ce qui faisait de moi un homme n’avait de sens. Fierté, honneur, dignité, espoir… L’espoir était un luxe que moi et les gars de mon régiment ne pouvions plus nous offrir. En fait on avait même, pour la plupart, admis cette idée que nous, troufions de base, allions y rester. Ici, les moyens de se faire tuer ne manquant pas, la question était juste de savoir simplement quand.


Et j’attendais... Casque vissé sur la tête, fusil enrayé à la main, trempé jusqu’aux os par cette boue omniprésente et transi par le froid. Mais avec un nez gelé, au moins, je ne sentais plus les odeurs de charnier.


Je crois bien que j’étais en train de fixer mes pieds lorsqu’il me tomba dessus. Je ne l’avais pas entendu arriver, trop occupé à remuer le couteau dans la plaie, à ressasser le passé... Lui avait dû glisser sur le rebord de ma tranchée et moi, tapi au fond de mon trou à attendre tel un veau à l’abattoir, je le reçus directement sur le crâne.

Passées quelques secondes de flottement, confus, il se releva en vitupérant dans une langue que même sonné, je n’eus aucun mal à reconnaître... un Fritz ! Il attrapa son fusil et appuya sur la détente... rien, plus de balle ! Surpris par le miracle d’être encore vivant, je me jetais alors sur lui et nous entrâmes dans un violent corps à corps, crosse contre crosse, poing contre poing. Je n’avais plus qu’une pensée en tête : survivre. Je le rouais de coups et encaissais les siens. Tant que je pouvais ressentir cette douleur qu’il m’infligeait, cela signifiait que je n’étais pas encore mort.

Après plusieurs minutes d’un combat sans vainqueur, il me repoussa d’un coup de pied et j’atterris le cul dans la boue glacée... de dépit, je lui en envoyai une grosse poignée qu’il reçut sur la poitrine...

Le temps sembla se figer et soudain, tout aussi surprenant que cela pût être compte tenu du moment et de l’endroit, il se mit à rire... Moi aussi, frappé par ce son chaud et vibrant sorti tout droit d’une autre vie et aussi par le comique involontaire de la situation. Tandis que nous nous regardions l’un l’autre en reprenant le souffle que la bataille nous avait volé, des larmes de joie coulaient sur nos visages crasseux.

Toujours hilare il me tendit un bras pour m’aider à me relever. Je n’hésitais qu’une poignée de secondes avant de le saisir et la chaleur de ce contact me fit comprendre que bien qu’étant l’ennemi, il n’était qu’un homme comme moi, pétri des mêmes doutes, des mêmes peurs. Un éclair zébra le ciel et pendant un court instant, je pus voir que nous avions tous deux des yeux du même bleu. Debout, côte à côte et couverts de boue nous aurions pu passer pour des frères.


Déchirant l’air et la terre, il y eut alors une énorme explosion et le souffle de celle-ci le projeta sur moi. Tandis que j’étais écrasé au sol par son poids et la brutalité du choc, une violente douleur me déchira les entrailles... sa baïonnette. Un liquide chaud se mit à couler sur mon ventre. Je sentis qu’il me mettait quelque chose de doux dans la main droite avant de plaquer fortement celle-ci contre ma blessure... Il me murmura d’étranges mots dans sa langue à l’oreille, comme un genre de prière, ensuite je ne me souviens plus de rien.

Je repris conscience dans un poste de soin loin derrière la ligne de front. Le médecin de garde m’expliqua que j’avais eu beaucoup de chance et que, grâce à Dieu, ma plaie n’était pas grave. L’obus n’était pas tombé très loin... couché sur moi, il y avait un allemand tué par les éclats.


Dans mon poing encore serré, je tenais un mouchoir de soie blanc maculé de terre et de sang où je pouvais malgré tout lire ces quelques mots brodés : « Meiner Geliebten Liebe »... Je ne les compris pas sur l’instant, mais je fondis pourtant en larmes.



 
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   jaimme   
8/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
L'histoire est belle. Je pensais à "Joyeux Noël" et à de nombreuses lectures en lisant cette nouvelle.
Quleques réflexions: dans une bagarre "quelques minutes" c'est beaucoup trop long; de même que "quelques secondes de flottement". Le timing est important pour la crédibilité.
Le début me semble à travailler, il n'est pas assez accrocheur; ce sont les événements qui suivent qui m'ont plu. En fait on pourrait très bien commencer la lecture à "Je crois bien que j’étais en train de fixer mes pieds". Un indice ou deux pourraient aisément situation l'action.
Merci pour cette lecture.

   Marite   
11/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Témoignage bouleversant et réaliste d'une tranche de vie à une période que beaucoup d'entre nous n'ont pas vécue. L'écriture, simple mais fluide nous transmet avec précision l'atmosphère de cette tranchée boueuse et les sentiments qui traversent les personnages. La seule chose qui m'a arrêtée c'est le mot "noirs" dans l'expression "... la trouée des noirs nuages ...". Cet adjectif est inutile je trouve et n'apporte rien à la description de la scène.
Merci à l'auteur pour ce moment de lecture.

   misumena   
20/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Vous vous attaquez à un sujet poignant et le faites relativement sobrement. Votre nouvelle se lit avec plaisir, même si on souhaiterait peut-être plus d'éclat dans le style.
Sur la forme, il y a des choses à revoir. Parmi elles, je vous signale une redondance ("juste de savoir simplement quand"), les majuscules à "soleil" et "lune" (à moins que vous ne les vénériez, ce sont des noms communs).
Sur le fond, une erreur de logique (je chipote) : si le nez de votre héros est gelé, il y a de fortes chances que le charnier le soit également (donc, pas ou peu d'odeur).
J'ai bien aimé le miroir héros / femme lui parlant à l'oreille - héros / allemand lui parlant à l'oreille. Mais, justement parce que la nouvelle est courte, les deux phrases "susurrant à l'oreille" et "me murmura d'étranges mots dans sa langue à l'oreille" se ressemblent trop et la répétition est donc trop flagrante. Du reste, on se doute bien que c'est dans sa langue, la dernière phrase gagnerait à être remaniée. La conclusion également : vous pouvez supprimer la dernière phrase afin d'être plus percutant. Même sans comprendre l'allemand, le lecteur fera le lien avec le titre.

   Anonyme   
20/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Un récit, une lettre, une apparté, une confidence, un témoignage. Voilà les genres auxquels ce texte peut s'apparenter. Entre peur, amour, incongruité, guerre, un texte qui en 5000 signes donne à voir un moment raconté du passé.

Une lecture intéressante, une écriture qui colle au récit.

   Coline-Dé   
20/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je déteste le sujet, mais j'ai trouvé ce texte poignant, très justement dosé, d'une belle concision et terriblement efficace, car moi aussi, j'ai essuyé mes larmes... Il y a peut-être un peu de pathos dans le premier paragraphe, mais je ne suis pas très bon juge : comment l'éviter quand on décrit de pareilles horreurs ?
Les yeux du même bleu me semble particulièrement bien trouvé pour renforcer le sentiment " semblablitude" ( oui je sais, ça n'existe pas, mais similitude ne rend pas les mêmes nuances !) de ces deux hommes.
Ce rire qui les réunit ne me semble pas invraisemblable, car dans les moments de très grande tension, il suffit d'un geste un peu dérisoire comme se battre à coup de boue pour déclencher une réaction libératrice.
Bref, je trouve ça fort : me faire aimer ce que je déteste !

   Anonyme   
25/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une belle histoire, très bien écrite, même si quelques lourdeurs comme cette première phrase avec "venait juste" + participe présent.
Un petit regret, une situation somme toute très classique, vue et revue par la littérature, le cinéma... difficile de passer après des kilomètres de pellicule, des tonnes de papier sur le même sujet.
La brièveté du texte et son écriture permet cependant d'éviter l'ennui. Donc c'est plutot réussi !

   Pascal31   
25/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je suis un peu moins enthousiaste que les commentaires précédents. Certes, c'est écrit d'une façon que j'aime, c'est-à-dire sans emphase, d'un style simple (hormis ce "vitupérant" qui tombe comme un cheveu dans la soupe) et plutôt agréable à lire, mais je n'ai pas trouvé crédible ce fou rire entre les soldats ennemis. Peut-être par la rapidité de la situation : ils essaient de s'entretuer, l'un d'entre eux tire sur l'autre, ils se donnent des coups de crosse et de poings et puis, subitement, ils rient ensemble à cause d'une poignée de boue jetée et deviennent aussitôt quasiment copains.
Je sais que des situations similaires se sont réellement produites, mais la façon dont c'est décrit ici est trop rapide, trop artificielle pour moi. Du coup, la fin émouvante perd un peu de son sel.

   Lunar-K   
25/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire assez bouleversante, qui mêle l'horreur et l'amour, mais aussi la fraternité.
C'est plutôt pas mal écrit. Quelques passages m'ont cependant posé problème :

"Et pour les oreilles sensibles", "Ici, les moyens de se faire tuer ne manquant pas, la question était juste de savoir simplement quand", "Je n’hésitais qu’une poignée de secondes",...

Je trouve ces quelques tournures assez gênantes.
Mais, cela mis à part, le texte se lit bien, agréablement. On y trouve même quelques expressions bien senties comme :

"trop occupé à remuer le couteau dans la plaie", "en reprenant le souffle que la bataille nous avait volé",...

Par contre, je trouve qu'il aurait fallu, pour ceux qui, comme moi, n'en touche pas une en allemand, indiquer en note la signification de ce "Meiner Geliebten Liebe". Ou bien suis-je le seul à ne pas avoir fait directement le lien avec le titre de la nouvelle ?
Soit, une très belle histoire malgré sa relative brièveté.

   victhis0   
25/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
bof. Moi j'y crois pas une seconde. Passionné par la 1ère guerre mondiale, bercè par ses histoires, ce que vous racontez ici n'est pas crédible : les pacifications qui eurent lieu l'ont été dans des circonstances exceptionnelles. Mais pas en corps à corps dans une tranchée énemi où, effectivement, survivre est la seule chose qui compte ; avec une arme à la main ben c'est con mais on s'en sert. J'aurais préféré, sur la même base, que les deux types se battent dans le chaos pour se rendre contre, finalement, qu'ils sont du même bord...mais trop tard. C'est peut être une autre histoire ?
je ne reviens pas sur les quelques tournues maladroites relevées par mes camarades (j'ai lu les mêmes) et je regrette quelques coquetteries d'écritures incongrues (mes infortunés camarades, c'est cliché, non ?).
Reste une ambiance plutôt bien rendue.

   DouglasLejeune   
25/2/2011
C'est tres court, le theme du soldat dans les tranchees qui pense a "sa vie d'avant" est vu et revu, les horreurs des la guerre on les connait. Tout cela aurait pu etre une toile de fond, seulement suggeree en arriere-plan d'un histoire plus substantielle.
La deuxieme partie est didactique, on nous explique ce qu'on doit comprendre et ce n'est pas original ("bien qu’étant l’ennemi, il n’était qu’un homme comme moi","côte à côte et couverts de boue nous aurions pu passer pour des frères"). Pas grand chose laisse au lecteur, et aucune surprise.

   zahra   
25/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte face auquel on ne peut rester indifférent, c'est vrai, c'est sinistre, macabre, on a envie de le quitter, d'aller voir ailleurs sur le site, mais il vous fascine, vous hypnotise, vous immobilise face aux spectacles de la vie, de la mort.
On ne sait plus qoui dire, quoi ressentir, le chagrin? la compassion?
Je ne sais si on doit vous remercier, de toutes les manières, après vous avoir lu, j'ai encore ce goût d'amertume.

   toc-art   
26/2/2011
Bonjour,

voilà un gentil petit texte qui manque vraiment de fond selon moi. On n'est pas loin des messages des miss france au moment de leur élection : "la guerre, c'est pas bien, on est tous des frères." Oui, mais encore ?

tout semble faux ici, les images sont vues et revues. On sent l'application et l'envie de bien faire, de bien dire, mais c'est tout. ça n'est pas mauvais dans le sens où ce serait terriblement mal écrit, non, c'est mauvais (à mon sens bien sûr) parce qu'il n'y a aucun point de vue véritable, juste un succession de sentiments/sensations clichés qui semblent avoir été collectés dans des films vus trop vite, avec l'envie de trouver une chute suffisamment larmoyante et mièvre pour pallier le manque de recherche et de travail.

Vous n'avez pas grand-chose à dire, vous ne savez pas trop comment le faire, votre personnage n'existe pas vraiment, il n'a pas de chair, pas de sang, pas d'odeur, il n'est tout simplement pas là, ce n'est qu'un personnage de papier dans un décor de carton-pâte. Vous décrivez (avec une sobriété qui pourrait être louable mais je soupçonne qu'elle ne soit due qu'à un manque de savoir-faire) les tranchées, mais on n'est pas dedans, on ne ressent rien des sentiments complexes qui devraient animer votre héros.

ma critique peut sembler dure mais d'une part, ce n'est que mon avis et d'autre part, ce n'est pas décourageant pour autant. L'écriture manque de relief mais elle n'est pas affligeante, loin de là. Et cela peut constituer un premier pas, une sorte d'entraînement. Vous avez posé une trame, rien ne vous empêche maintenant de l'enrichir, de rendre à vos personnages une dimension humaine, une densité qui leur font cruellement défaut selon moi.

bon courage

   styx   
26/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Lorraine je suis et ton texte blackcrow résonne en moi, de ces histoires douloureuses, lointaines mais si proches qui ont accompagné mon enfance. Les "Fritz", les "Schleus", ce sont nos amis de l'autre côté de la frontière maintenant. J'ai apprécié ton style qui amène le texte jusqu'à sa fin. Une fin qui n'est pas à la hauteur du reste à mon sens. Pas dans la matière mais dans la manière. Un peu trop directe ou rapide ... je ne sais pas. J'aurais aimé un peu plus d'échanges entre ces deux hommes avant la mort de l'Allemand. C'est mon opinion remarque. Ceci dit merci et bravo. Tschüss !

   Calissonne   
26/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J’ai eu du mal à entrer dedans, un énième récit de tranchées me suis-je dit et pas follement original.
Peut-être qu’il devrait être raccourci ce début, pour moi il ne dit rien d’essentiel et est un peu casse-gueule parce que ça a déjà été tellement fait.
J’ai commencé à accrocher à partir de la chute de l’ennemi et là en revanche j’ai trouvé ça trop court (jamais contente, désolée, j’essaye d’être le plus sincère possible et ce n’est que mon avis). La scène de bagarre est survolée, elle dépeint sans m’emporter, me laissant un peu indifférente.
Jusqu’au passage avec le lancé de boue. J’ai bien aimé que le texte prenne ainsi un autre virage, montre l’humanité qui reste malgré l’horreur de la situation. Déclenche un rire sans doute un peu nerveux, porté par l’absurde de la situation.
Mais là encore je trouve qu’on passe un peu trop vite à l’obus et à la fin.
Une fin superbe, émouvante, qui m’a serré le cœur et qui dit bien plus et bien plus profondément et sensiblement que ce qui précède.
En résumé, j’ai aimé certaines idées, et je crois qu’avec une fin pareille il faudrait remanier un peu le texte pour qu’il soit à sa hauteur.

   widjet   
28/2/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Déjà, la première chose qui me vient à l'esprit est que ce texte mériterait d'être conjugué au présent (cela renforce la proximité avec le lecteur) à fortiori lorsqu'il faut y insérer une scène de combat (la tension s'en retrouve accentuée car on a peur pour le héros en temps réel, alors qu'au passé on sait déjà à priori qu'il s'en ai sorti, non ?).

Le texte donc. Fond et forme, ça sent méchamment le réchauffé, quand même. C'est écrit avec une certaine sensibilité, certes, et aussi de la sincérité, mais diantre que je regrette le traitement sans risque et la forme convenue qui font qu'on a déjà lu mille fois ce genre de récit.

Les 10 premières lignes sont plutôt correctes.

Après, ça ne sort guère des sentiers (tranchées dans ce cas) (ra)battus. L'être aimé, la fraternité des homme (au niveau subtilité du message, c'est quand même pas ça !) etc... Encore une fois, je n'ai rien contre, mais ça manque d'audace et surtout de force ! Le style (ou plutôt son absence) y est pour beaucoup.

Enfin, j'avoue avoir été désarçonné par la scène de combat qui tourne à la camaraderie : franchement, c'est grossièrement amené, limite comique.

Bref, un texte finalement inoffensif et sans saveur.

Désolé.

W

PS : une traduction de la phrase en allemand eut été bienvenue (même si par déduction on fait le rapprochement avec le titre) : étrangement, tout le monde ne parle pas cette langue.

   Anonyme   
17/5/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un thème très souvent abordé, il est vrai, mais pourquoi pas? Visiblement, la sacrée quantité de textes en tous genres, documentaires, films, témoignages,... sur le sujet ne permettent pas aux sociétés actuelles de ne pas reproduire les mêmes erreurs. On en parlera jamais assez donc. Ce qui me gêne moi, c'est la fin - qui se veut poignante - qui tombe à plat. Une fin comme celle-là, pour moi, doit venir au bout d'un long roman dans lequel on a eu le temps de s'attacher aux personnages et de comprendre leur psychologie et leur personnalité. Ici, les personnages n'ont pas de relief, sont peu étoffés et, du coup, la fin n'est pas convaincante. Pourtant, Dieu sait si je suis quelqu'un de sensible capable d'avoir les larmes aux yeux face à une histoire! Mais là, l'histoire est trop courte, et je ne me suis pas identifiée aux protagonistes. Cela rend cette fin un peu "cul-cul" (excusez l'expression!).

Sinon, la "non-originalité" (je ne veux pas utiliser "banalité" dans ce cas) de l'histoire ne me gêne pas. Je trouve l'écriture simple et efficace (pas de tournures alambiquées qui nous font nous perdre dans le texte et rester en dehors). La forme donc me plait. Dommage de ne pas avoir été plus loin sur le fond. C'est un sujet certes assez récurrent, mais qui permet de -très- nombreux commentaires, critiques, explications, analyses, pensées et j'en passe que l'on ne retrouve pas ici.

Bonne continuation!


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