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Réalisme/Historique
costic : Quadrille à terre [concours]
 Publié le 22/02/12  -  14 commentaires  -  17920 caractères  -  133 lectures    Autres textes du même auteur

Jusqu’où ira Marcel pour Béatrice ?


Quadrille à terre [concours]


Ce texte est une participation au concours n°13 : L'amour, c'est mieux à deux ! (informations sur ce concours).


Le co-auteur de ce texte est caillouq.



Marcel Hullaz venait de baiser pour sa vie entière.


Il venait d'essuyer trois heures de tornade, trois heures qui le laissaient genoux flageolants et démarche hésitante, à essayer de remettre son cerveau en marche sur le boulevard de Sébastopol, direction Noctambus vu l'heure.


Il ne put s'empêcher, encore une fois, de renifler ses doigts, de sentir affleurer l'odeur de fruit piqué de clou de girofle, mordante, délicieusement corrompue.


Il marchait, claqué, tempes battantes, cœur à l'envers.


Des images suaves défilaient. Marcel s'efforçait d'éterniser le souvenir de la peau satinée, grésillante comme une pelote de soie entre ses mains avides.


Impossible de stopper la projection en boucle du film de la soirée.


Le film de sa vie.


Non, pas le film de sa vie, il y en aurait d'autres. D'autres tournages, d'autres projections… Béatrice, le retour.


Il en crevait déjà de recommencer avec elle, préoccupé du manque avant même le premier soupçon de pénurie. Pourtant, de pénurie il n'était pas question, pas tout de suite, puisqu'ils avaient prévu de se revoir avant la fin de la semaine. Quelques jours de patience et il ferait à nouveau le plein de sensations.


Béatrice, Béa, Bee.


Mais fallait être lucide : il avait intérêt à engranger le plus possible, parce que ça ne durerait pas très longtemps, cette histoire-là. Fallait arrêter de se raconter des blagues. Elle l'avait prévenu, alors qu'il l'enlaçait avant de partir, comme on met en garde un ami précieux :


– Il faut quand même que tu saches, j'ai horreur de faire deux fois la même chose. Il n'y a que la nouveauté qui me retient.


Sourire carnassier, dernier baiser, lèvres tièdes. L'haleine boisée, miel et mousse, avait à nouveau inondé sa bouche. Il n'avait pas discuté.


De toute façon, ils s'étaient entendus sur l'essentiel : un nouveau rendez-vous. Cette promesse de bonheur renouvelé le galvanisait et l'inquiétait à la fois.


Parviendrait-il à satisfaire l'exigence de nouveauté après la sublime séance d'aujourd'hui, dans laquelle il avait mis un point d'honneur à déployer l'étendue de sa science ? Là, tout de suite, il n'aspirait qu'à une chose : recommencer.


De la nouveauté, avait-elle dit. Du frais. De l'inédit.


Facile à dire, tiens.


S'il ne préparait pas un minimum sa prochaine intervention, il n'en tirerait jamais une lying ovation.


En garçon organisé, Marcel n'imaginait pas de préparation sans documentation – tout en étant conscient que le danger résidait dans le choix de la source d'inspiration. Surtout pas de la revue érotico-pornographique de petit commerce : elle ne lui pardonnerait pas un tel manque d'élégance. Non, il lui fallait un style qui évoquerait du bel ouvrage, du filigrané or, relié plein cuir, du deux cents grammes au mètre carré : Sade, Kamasoutra, Apollinaire. Mais en moins galvaudé.


Comment Shéhérazade avait-elle tenu le coup trois ans ?


Marcel s'affala sur le banc de l'abri de bus désert. À côté de lui un bouquin abandonné gisait, probablement encore une victime de bookcrosser compulsif. Le titre, « La vie des saints », fit affluer d'homophoniques images de rotondités blanches dans son esprit surchauffé.


Quand le bus arriva, vingt-cinq minutes plus tard, il savait qu'il tenait peut-être là sa planche de salut.


Pendant ce temps, Béatrice Bride songeait : « Pas si mal, Marcel. »


Mais à peine avait-il passé le pas de sa porte qu'elle sentit son exaltation tomber. Elle observa avec détachement la chute de son euphorie.


Oui, bof. Elle s'allongea sur le lit de coussins et s'y caressa d'images mortes, plus lointaines.


Augustin, Messaline, Hilaire, Grégoire, Antoine, Tècle, Agathe, Marie-Madeleine, il était dur de faire son choix parmi ces énergumènes à l'imagination enfiévrée, ces allumés de l'épectase.


Un projet cependant avait pris naturellement la première place : les orties.


Oui, Augustin et ses orties avaient quelque chose de foutrement tentant. Brûlures bénignes au début, vite remplacées par une chaleur irradiante à nulle autre pareille.


Jouissance sublime assurée, à condition de se procurer la matière première.


– Allô, maman ?

– Bonjour, mon grand. Je n'ai pas trop le temps, là, tu sais…

– Comme d'habitude. Dis… Où est-ce que je peux trouver des orties ?

– Des orties ? Pour quoi faire ?

– Une soupe. Alors, où ?

– Une soupe ? Ben, à la campagne, sans doute.

– Maman ! Fais un effort, tu t'y connais forcément en orties, c'est bien mamie qui nourrissait les canards avec ?

– Oui, mais, tu sais, il y a un Attac, maintenant, à la place de la ferme et…

– OK, tu t'en fous, comme d'habitude. Bonne soirée.


Marcel raccrocha et se dit que l'amour maternel n'étant plus ce qu'il était, il ferait mieux d'aller chercher ses informations sur Internet.


« Orties », enter.


Plantes herbacées à feuilles opposées de forme elliptique, dentées, qui poussent sur les sols riches.


Des sols riches, donc. Passy ? Chatou ? Jouy-en-Josas ?


Découvrez 101 utilisations de l'ortie.


Hygiène : L'ortie et l'intimité (ses effets sont parfois surprenants !).


Décidément, à la pointe, l'Augustin.


Rêveur, il partit chercher son huit céréales pour le dîner. D'ordinaire, Marcel ne posait qu'un œil distrait sur le terrain vague qui précédait la boulangerie de deux immeubles. Mais après une heure passée à télécharger des images d'urticacées, il identifia immédiatement la plante qui avait envahi la friche urbaine. Le bonheur champêtre à la portée du Parisien ! Marcel jubilait. Il tenait enfin sa potion magique, son élixir de jouissance, à condition de pousser jusqu'au Monoprix pour s'acheter des gants en latex.


Malgré les gants, la cueillette lui arracha un juron quand une de ces garces végétales effleura sa peau au-dessus du poignet.


Démangeaison violente, ardente.


Prometteuse, quoi.


Ne lui restait plus qu'à attendre le jour J.


Same player shoot again !


Il n'était pas encore rassasié de la peau brûlante de Béatrice lorsqu'il se retrouva sur le palier avec la promesse d'un nouveau rendez-vous. Abruti, épuisé, Marcel ne pouvait s'empêcher de penser que la rencontre, cette fois, n'avait duré que deux heures.


Fallait-il y voir des prémices de lassitude ? Non, définitivement non. Il n'y avait qu'à repenser à Béatrice, haletante, tordue, mâchoires serrées.


Seule l'intensité de leur activité était à mettre en cause.


Pendant ce temps, Béatrice Bride songeait : « Pas si maladroit, Marcel ! »


Mais à peine avait-il passé le pas de sa porte qu'elle ressentit une grande fatigue. Oui, assez industrieux, ma foi. Elle s'allongea sur sa sultane et s'y caressa d'images hérissées de plantes herbacées vivaces à la saveur piquante.


Marcel rejoignit ses pénates, concentré sur la suite à donner à la future rencontre.


C'était clair : il fallait transformer l'essai. Cette fois, son choix s'arrêta sur Marie-Madeleine.


Marie-Madeleine était réputée dans sa spécialité, l'expurgation capillaire de pieds. Elle avait astiqué, bichonné, briqué ceux du Christ en personne, sans se lasser, des journées durant, avec sa longue chevelure et sans que le Messie ne s'en plaigne.


Ce serait plus reposant que les orties, et puis ça ferait une rupture de rythme. Mais ses cheveux à lui, trop courts, rêches et clairsemés ne feraient pas l'affaire.


La boulangerie vint une nouvelle fois à son secours.


La patronne, matrone qui avait pour habitude de pétrir avec langueur ses avant-bras grassouillets, était lourde et offrait un visage quelconque, mais possédait une tresse longue et épaisse dont le bout oscillait sur son imposant postérieur, hésitant d'une colline à l'autre.


Il suffisait de convaincre la propriétaire de la natte.


Marcel multiplia donc sourires et phrases à double sens qui semblèrent faire vite effet tant la vénuste commerçante se répandait maintenant en œillades torrides, mais elle ne quittait pas son comptoir pour autant. Facile de jouer les incendiaires quand on bénéficie d'un rempart.


Alors qu'elle lui rendait langoureusement la monnaie, il ne pouvait s'empêcher de l'imaginer nue, enveloppant la belle Béatrice sous sa chevelure ondoyante, l'étouffant presque entre ses seins démesurés.


Heureusement, il avait pris ses renseignements chez les commères du quartier, et il savait maintenant que l'accorte marchande ne rechignait pas à téter du Lagavulin à la moindre occasion.


Ne restait qu'à bien tout préparer minutieusement.


Une prétendue promotion, un bon petit whisky truffé GHB à la fermeture, embarquez c'est pesé, livraison directe en Taunus, heureusement qu'il y avait l'ascenseur chez Béatrice.


Le plaisir lui faisait des yeux immenses.


Quatrième rendez-vous ! Elle lui avait donné un quatrième rendez-vous ! Marcel exultait.


Certes, pour cette troisième rencontre les ébats n'avaient duré qu'une heure, la manutention de la boulangère s'avérant délicate. Mais une heure intense, cheveux en bataille ondoyant sur les corps emmêlés. Pas de cris, cette fois-ci, mais soupirs et gémissements prolongés.


Plus tard, la commerçante hébétée, émotion ou soumission chimique, avait fini par s'endormir dans la voiture. Il eut des difficultés à l'extraire pour la laisser à l'arrière de la boulangerie, adossée à la porte de son pétrin.


En ramenant la Taunus, Marcel réalisa qu'il allait peut-être devoir passer la quatrième, pour le rendez-vous suivant. Élargir le triangle amoureux nécessitait de l'entregent, et c'est tout naturellement qu'il pensa à sa copine Sophie, si humaine directrice de ressources et partouzeuse prosélyte à ses heures perdues. En attendant, la quatrième sur les grands boulevards, ça trouve vite ses limites, et la Taunus cala à un feu trop tard perçu. Marcel regarda fixement la flèche rouge qui l'avait fait piler et reçut l'illumination qu'il recherchait, avec décharge de frissons collatéraux. Saint Sébastien. Les flèches de Sébastien allaient clouer la Belle aux quatre coins cardinaux.


Ça serait pas mal aussi de soigner le décor, ce coup-ci.


Marcel n'était pas sûr de deviner ce qui motivait précisément ce type brun aux yeux fiévreux et aux mains volubiles que Sophie était en train de lui présenter sous le nom étrange de Persée.


À dire vrai, le bonhomme le mettait mal à l'aise. Persée était de ces gens qui se placent d'emblée sur un mode de communication intime et complice, bien au-delà de ce que requiert la situation.


Bon, certes, ils étaient là, perchés sur de hauts tabourets autour d'une bouteille, dans ce bar à vin aux lumières chiches, pour établir le protocole d'une rencontre qui finirait forcément sur un certain pied d'intimité, mais quand même. On n'a pas gardé les cochons ensemble, se dit-il pour la troisième fois quand le nez de Persée franchit la distance de sécurité de cinq centimètres.


– Sophie m'a parlé de tes… envies créatrices. Ton obsession des martyrs…

– Des saints, corrigea Marcel un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu et en reculant ostensiblement.

– Des saints, oui, bien sûr… Mais reconnais que parmi les saints, les martyrs sont les plus… hem… suggestifs, non ?


Marcel avait bien précisé à Sophie qu'il ne s'agissait pas d'un plan SM, mais ça valait peut-être le coup de repasser une couche.


– Le côté martyr est secondaire dans ma démarche.


Un sourire suspicieux déforma lentement le visage de Persée. Ça agaçait un peu Marcel de se sentir obligé de se justifier. Il botta en touche.


– Je ne veux ni abonder dans l'aspect sacrificiel, ni le refouler, ce qui revient au même. Je veux me concentrer sur l'essence de l'iconographie. L'imaginaire des saints, c'est cette partie d'inconscient collectif d'autant plus excitante qu'elle est très peu utilisée dans notre société moderne.


Et prends ça dans ta face. Mais le sourire perfide ne s'éteignait toujours pas. Persée se contenta de ricaner légèrement en ajoutant :


– … et cosmopolite…


Sophie, flairant que l'ambiance tournait au vinaigre, leva son verre de vin chilien en susurrant :


– À notre future soirée pleine de saints cosmopolites…


Le vin était fort, et fort bon, et Sophie, dissimulée par la petite table, avait posé sa main sur la cuisse de Marcel et la déplaçait insensiblement. Il décida de se concentrer sur la caresse dérobée et de mettre un couvercle sur la vague inimitié qu'il éprouvait envers Persée. Il ne lui revenait pas mais, bon, on n'était pas là pour se marier, non plus. Et puis il n'avait pas d'autre candidat. Et puis Persée développait des idées qu'il commençait à trouver assez amusantes.


– … avec pour chacun une demi-douzaine de ces flèches, nous ne pourrons pas nous approcher les uns des autres sous tous les angles. Ça va rajouter beaucoup de contraintes, mais…

– Mais c'est justement la contrainte qui est stimulante, mon vieux Persée. Je te suis tout à fait !


Sophie fronça les sourcils :


– Et comment tu les fais tenir, tes flèches ?

– Silicolle dans la ventouse. Plus la ventouse s'aplatit vite au contact, plus la colle prend fortement sur la peau. Tu la détacheras difficilement sans alcool. Et le mieux, c'est que j'ai trouvé un pigment qui la teint en rouge sombre sans modifier ses propriétés d'adhésion. Du coup, le surplus de colle qui jaillit à l'impact fait un effet géant !

– Tu es sûr que ça ne fera pas mal ? Ça ne laissera aucune trace ?

– Pas de problème, je réglerai les arcs au millipoil. T'en fais pas, les effets spéciaux, c'est mon gagne-pain.


Sophie s'appuya langoureusement contre Persée, sans relâcher la pression sur la cuisse de Marcel :


– Je ne t'ai pas dit comment on se connaît ? Persée était accessoiriste sur mon dernier tournage… C'est comme ça qu'on a… sympathisé. J'ai tout de suite pensé à lui quand tu m'as parlé de ton projet, mais je ne pensais pas qu'il s'impliquerait avec autant de fougue. Cette idée de flèches, j'adore !

– Oh, je n'ai pas eu à chercher bien loin. Saint Sébastien me fascine depuis l'enfance, depuis que j'ai vu les peintures de Giovanni Bazzi, à Rome…


Marcel n'écoutait plus. Persée l'intéressait beaucoup moins que Sophie et, bien sûr, que Béatrice.


Néanmoins, il avait bien fait les choses, Marcel en était vaguement jaloux. Sous la lueur de la lune, le site était superbe, il faudrait qu'il y retourne aux heures d'ouverture plus classiques, celles où on n'est pas obligé de sectionner un grillage pour entrer. Avec Béatrice, tous les deux tous seuls, en amoureux, pourquoi pas ? Ils se souriraient avec complicité…


Marcel ne pouvait s'empêcher de penser que si la chair tolère l'échange, l'amour préfère la restriction. Il dut faire un effort pour chasser cette idée digne d'une midinette angélique.


Il serrait la main fragile de Béatrice.


Il se pencha et chuchota dans le creux de son oreille :


– Et mes saints, tu les aimes mes saints ?


Elle ne répondit pas mais ses lèvres frémirent.


Il sentait, à sa respiration haletante, qu'elle se laissait aller aux délices de l'excitation. Ils étaient ombres silencieuses, ils glissaient dans la nuit en suivant Persée qui les guidait avec assurance sous la lune.


Ils descendirent précautionneusement un escalier dans le noir absolu, qui se termina par une surface plane. Persée alluma quatre bougies dont la flamme vacillante s'imprima dans le tissu de leur pourpre rétinien, et les plaça sans un mot aux coins de ce qui apparut être une crypte aveugle.


Le sol mi-terre mi-cailloux, la pierre, imprégnaient l'air d'une odeur de salpêtre, de décomposition. Un décrochement du mur, formant banc, courait sur tout le périmètre de la salle.


Sur un geste de Persée, Sophie se dirigea vers un des angles, et se hissa sur la corniche. Marcel et Béatrice se déployèrent sur les coins adjacents.


On entendit bientôt un rythme faible, mais sophistiqué. Marcel supposa qu'il s'agissait de percussions émises par l'iPhone de Persée. Celui-ci, drapé dans un linge aux plis mous, assemblait un arc avec des gestes lents. Les mouvements faisaient régulièrement glisser le tissu, dévoilant des zones d'ombre que Persée recouvrait d'un geste nerveux.


Sophie écarta les bras, prenant une pose de crucifiée alanguie. Béatrice l'imita. Marcel, abandonnant toute tentative de dissimuler son érection naissante, mit à son tour les bras en croix.


Persée s'installa dans le dernier recoin resté vide et banda son arc. Sa voix troua le silence et recouvrit les pulsations régulières des tambours battants :


– Écroulez-vous, criez si vous voulez, mais ensuite, ne bougez plus jusqu'à mon signal !


Sophie fut la première visée, touchée sous le sein gauche ; elle s'écroula très artistiquement. Elle glissa assise sans un mot et laissa sa tête s'affaisser sur le côté.


Malheureusement, la silicolle teintée avait à peine débordé, mais Persée avait raison : ça tenait parfaitement.


La flèche suivante transperça la pommette de Béatrice. Cette fois, la silicolle explosa de manière beaucoup plus satisfaisante. Béatrice se fendit d'un râle rauque et roula au bas du banc, ses fesses de lune offertes à la lueur des bougies. Marcel reconnut sa souplesse de danseuse dans la chute feinte, admirant au passage qu'elle supporte le contact de la pierre froide sans broncher. Mais il connaissait son feu intérieur.


Absorbé par les rondeurs de Béatrice, Marcel eut à peine le temps de se rendre compte que Persée tournait son arc vers lui – déjà la douleur foudroyait ses entrailles, douleur et surprise telles qu'il n'eut même pas le temps d'avoir peur, ou de crier. Juste de comprendre, et de penser : « Minus habens ! Merde… »


 
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   socque   
13/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ah, la fin me déçoit... Je sentais venir depuis la cave pleine de salpêtre que les flèches étaient "pour de vrai", et je trouve que c'est une solution de facilité. Dommage, parce que sinon j'ai trouvé le texte très drôle, l'écriture alerte, les personnages bien campés (une mention pour la boulangère !). Dommage à mon avis, oui, qu'entraînés par l'escalade, le "toujours plus" imposé par le sujet, les auteurs n'aient trouvé que cette chute facile.
Très bonne idée de base, sinon, je trouve.

"Le titre, « La vie des saints », fit affluer d'homophoniques images de rotondités blanches dans son esprit surchauffé." : excellent !

   Anonyme   
22/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un rythme prenant dès le départ, tout va crescendo. La catégorie choisie m'a fait sourire en commençant la lecture de cette nouvelle.

Je suis curieuse de savoir comment les deux auteurs sont parvenus à mener une telle intrigue dans un style similaire ?

L'écriture est d'excellente composition, le style pointu.

On perçoit la recherche ou les connaissances des auteurs. Réalisme, hein !? En tous cas, l'histoire brille par sa crédibilité, excepté pour la boulangère, une note de fantaisie probablement.

Le fil trivial, j'entends évident par trivial, est grandement appréciable car le vocabulaire reste simple, on ne tombe pas dans la vulgarité. L'imagination est elle, prépondérante.

J'ai aimé tout particulièrement la dernier section du texte, ce personnage de Persée accessoiriste et la conclusion tout bonnement hilarante.

Au plaisir de vous lire et de vous découvrir.

   Charivari   
14/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Alors, dès le départ, j'étais aguiché par cette intrigue loufoque et cette écriture pleine de verve... Vraiment très drôle, avec beaucoup de rythme et des expressions sympas. Et puis, peu à peu, je trouve que ça retombe. L'inspiration sexuelle trouvée dans les hagiographies, j'ai trouvé ça tout bonnement génial comme idée, tout à fait irréverrentieux, mais je n'ai pas vraiment été convaincu par le traitement. Le passage avec Persée dans le bar à vins m'a paru longuet. Quant à la fin, je trouve qu'elle est beaucoup trop abrupte et aussi, un peu attendue. Dommage.

   brabant   
13/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,


J'ai beaucoup apprécié ce récit, très original. Un mini "Seven" de l'amour et de quelques pratiques hors norme en quelque sorte.


L'incipit prend toute sa valeur : "Jusqu'où ira Marcel...", ben, jusqu'au bout... "pour sa Béatrice ?". Quant on sait que Beatrix était la fiancée d'Alighieri : jusqu'au bout du bout... de l'Enfer !
A trop vouloir pervertir les Saints !...


J'avoue que l'entrée en matière m'avait quelque peu fait peur : "renifler les doigts", "odeur... corrompue" fût-elle de fruit et de girofle ! Amours glandulaires, m'étais-je dit, prépare-toi au pire !


Eh ben non ! La belle n'est pas une bête au sens de bestial(e), elle veut de l'imagination, et de l'imagination les auteurs en ont, dans une belle langue ("épectase..."), ce qui ne gâte rien. On a ici "De la nouveauté... du frais, de l'inédit" .


Eh ben non, il n'y a rien à jeter : "lying ovation... bookcrosser compulsif... ces allumés de l'épectase... Passy ? Chatou ? Jouy-en-Jossas ?... l'Augustin... Béatrice Bride... l'expurgation capillaire des pieds... partouzeuse prosélyte... Et mes saints, tu les aimes mes seins ?..." La liste n'est pas exhaustive.

Le choix des noms a été soigné lui-aussi. Marcel mouille le maillot, Persée... perce. Les malheurs de Sophie... J'aime quand on s'y attarde. C'est essentiel en ce qui me concerne.

Peut-être le personnage de Béatrice pourrait-il être précisé. Mais il n'est que le prétexte à l'histoire, l'élément déclencheur.


Merci pour cette escapade amoureuse.

La représentation terminée, les acteurs vont se relever et saluer car, on le sait, il n'y a pas de vrais morts au spectacle. Bravo Mesdames et Messieurs ! Vous avez été à la hauteur !
Tant mieux... et tant pis pour le "Quadrille à terre" !

Vous avez réussi à me surprendre !

Applauses !


Encore Merci !

Edition : "Blagounette" mise à part il faut que je modère mon enthousiasme moi... : Moyen +
Réédition : Annulation de l'opération "Déplumage" : TB réaffecté.
:D

   alvinabec   
22/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
On démarre dans un registre hilarant, le rythme est excellent puis, après le 3eme RV, l'intérêt retombe un peu.
La convocation, iconoclaste, des saints est tout bonnement une trouvaille épatante.
Ecrire à 4 mains demande bien du doigté, c'est certain, mais il me semble que certains termes employés sont plus proches de la surbrillance (épectase, vénuste) que de la réelle nécessité. En outre, cela casse la lecture sans apporter un "plus" signifiant à l'histoire.
Le dernier paragraphe, trop annoncé, très convenu, enlève du sel au récit de cette tornade amoureuse.
A vous lire...

   widjet   
22/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
En tout cas, il y une volonté évidente d’innover, « d’originaliser » d’autant que l’amusement (dans l’écriture) assez palpable et par moment communicatif. Saluons cette intention audacieuse.

Même si j’ai trouvé ça un peu longuet par moment (avec le RDV n°1, n°2, n°3…ça donnait l’impression qu’on me racontait une blague à rallonge), et que je ne suis guère friand de ce genre de texte, je ne vais retenir que la légèreté - à la Guitry (le titre est sans doute un clin d’œil à l’homme de Théâtre) – de ce chassé croisé amoureux, élitiste (j’ai appris quelques mots) et coquin qui a le bon goût d’éviter la vulgarité.

Reste que par moment on n’évite pas toujours la confusion et la visualisation des scènes peinent à convaincre.
Enfin, je suis certain qu’il y a pleins de clin d’œil (que mon inculture n’a pu repérer) qui doivent rendre le texte encore plus riche qu’il ne l’est.

J’encourage donc.

W.

   jeanmarcel   
22/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Après un début qui autorise toutes les audaces, façon Dernier Tango à Paris, l'intérêt du récit s'amenuise au fil des rendez vous des amants.
J'ai ressenti une retenue, presque une auto-censure, destinée peut-être à ne pas trop choquer.
L'humour est bien présent mais cette recherche du plaisir et de la douleur est assez hermétique, intellectualisée à l'excès.
L'absence de simplicité dans l'histoire d'amour, ou de sexe, boursoufle un peu le propos. Pourtant le héros s'appelle Marcel. Si des amants veulent se surprendre, ils ne préparent pas leurs futures étreintes aussi laborieusement, avec autant de documentation, le calendrier dans une main et le fouet dans l'autre.
Je me suis bien amusé malgré tout et je félicite le(s) auteur(s).

   zenobi   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le style est enlevé, plaisant, l'angle d'attaque, piquant.
(Il m'a semblé qu'il i y avait un petit "bug" temporel lors du passage "pendant ce temps, B.B . etc.")
La fin m'a grandement déçu, un vrai Cupidon en lieu et place de ce Persée qu'on devine bien vite m'aurait peut-être davantage convaincu.

   Sybelhe   
25/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le texte fonctionne bien. La recherche de plaisirs toujours différents nous éloigne vraiment de toute la mièvrerie normalement associée au thème de la rencontre charnelle. J'aime beaucoup l'absence de sentimentalité entre les personnes. Elle n' a pas lieu d'être. L'évocation de l'ortie me laisse songeuse mais non surprise. Par contre la fin me déçoit. Voulue ou non cette lointaine référence à Cupidon peut-être, me parait peu crédible.

   Anonyme   
25/2/2012
Marcel a baisé trois heures... Bien. Marcel a appelé maman. Bon. Marcel a recouru à "dame nature". Pourquoi pas? Marcel fait appel aux Saints. Ah bon? pas encore rassuré le bonhomme? Eh non! Il lui faut Sophie et ses seins siliconés, et un Persée pour mourrir ou souffrir ou aimer. Pauvre Marcel!

   MonsieurF   
26/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je suis déçu par ce texte qui commence bien puis s'éternise.

Le début est vif, enjoué, drôle, il évite la vulgarité, le côté grivois lourd que ce genre d'histoire pourrait déclencher. Il y a une belle utilisation de la langue, de jolies trouvailles : "ces allumés de l'épectase" par exemple.
L'idée de la découverte de la vie des Saints et aussi une bonne chose.

Mais la suite se traine en longueur. Ce n'est pas prévisible en soi, mais ça devient de moins en moins original, le style parallèlement s'en ressent avec une rythme plus lourd, moins enjoué, et j'ai fini par m'ennuyer.

C'est je crois l'écueil de ce genre de textes basés sur le renouvellement de la situation initiale: il faut beaucoup de rythme, de vivacité pour arriver à garder l'esprit du lecteur.
Là c'est dommage mais ça ne marche plus.

Un texte donc un peu long qui s’essouffle mais avec une très bonne idée de départ.

   caillouq   
17/3/2012
(ce comm que je ne peux pas enlever est le résidu du gag désopilant qui consiste à commenter -brièvement- un texte auquel j'ai participé, afin de brouiller les pistes des -trop clairvoyants- leveurs d'anonymat ...)

Re-re-edit : j'en profite pour signaler remerciements et petite discussion là: http://www.oniris.be/forum/dans-les-formes-de-l-amour-je-demande-le-quadrilatere-t15242s0.html

   Margone_Muse   
5/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bravo aux deux auteurs pour avoir relevé le défit, pas évident du tout.
Le thème de l'escalade est sympathique, assez plaisant à suivre. Quatre rendez-vous, c'est le bon chiffre : ni trop long, ni pas assez.
Les démarches de Marcel sont déjantées et ce n'est pas déplaisant, bonne créativité des auteurs qui n'ont pas lésigné sur la fantaisie.
Mais c'est surtout l'écriture que j'ai apprécié, très vive. Beaucoup d'expressions m'ont fait sourire ("lying ovation", "hésitant d'une colline à l'autre", et bien d'autres non relevées...).
Pour les points négatifs :
Les petits encarts au sujet de Béatrice sont insignifiants au final, sans incidence sur le récit, je n'ai pas bien saisi. Soit on en parlait un peu plus, soit pas du tout. Là, c'est extrêmement peu et ça s'intègre mal au récit du coup, comme un intrus, d'autant que les pensées de Marcel suffisent largement à se faire une idée sur le personnage.
Et la fin, elle se laisse voir venir quand même. Après, dès que Persée tire ses flèches, ça ne traine pas et c'est un bon point, c'est vrai.
L'ensemble est cohérent, plutôt bien géré.
Encore toutes mes félicitations.
Margone

   Selenim   
19/3/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Malgré une écriture singulière, le texte accumule trop d’écueils pour vraiment l'emporter.

Les éléments positifs de ce récit : une écriture qui a de la personnalité et un rythme maitrisé. Cette belle plume m'a maintes fois charmé. Cruelle, impertinente, racée, voyeuse, cynique. Je me suis plusieurs fois délecté de certaines phrases ou idées. Il y a là un style, une identité, c'est indéniable, surtout pour la première partie de l'histoire.

Concours oblige, le duo d'auteurs n'a pas su effacer suffisamment la charnière entre les deux parties. Si la première est plus jubilatoire, plus libre, la deuxième se concentre sur l'intrigue et la chute.

La débauche et le vice laisse place à une simple vengeance. Je me suis retrouvé à lire la fin d'une histoire dont je n'avais pas lu le début.

Malgré tout, le texte est très plaisant à lire. Avec une intrigue plus cohérente et une vraie homogénéité, ce texte aurait pu s'orner de plusieurs plumes.

Selenim


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