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Policier/Noir/Thriller
Flupke : Spirale infernale dans un pays de rêve
 Publié le 15/02/11  -  20 commentaires  -  10560 caractères  -  175 lectures    Autres textes du même auteur

Violences policières et abus de pouvoir lors des gardes à vues. Récit légèrement romancé mais basé sur des faits réels facilement vérifiables (archives mp3 de France Inter, Daniel Mermet, émission "Là-bas si j'y suis").


Spirale infernale dans un pays de rêve



« Je vis dans un pays de rêve

Parmi les chiens, la rage aux lèvres

Qui va me mordre ou m’embrasser ?

Je vis dans un pays d’amour

Tous les matins au petit jour

Le service d’ordre est renforcé »


Jeanne Cherhal



J’adore écouter « Pays de rêve ». En boucle.


Mais comment fait-elle pour transformer un sujet abject en une chanson si délicieuse ? (J’imaginais dans mon inculture que « Sunday Bloody Sunday » de U2 figurait la seule transmutation possible de plomb en or). Jeanne m’envoûte avec sa voix magique au moment du refrain. Mais, au fait, cette sirène a-t-elle vraiment subi une telle humiliation ? Ce « je » narratif est-il le « elle » de la chanteuse ? « Homme blessé n’a pas sommeil ». La victime de ces agissements barbares est-elle un homme ? Il faut que j’en aie le cœur net.


Sur le site Web de la créative souris, je clique sur l’album, puis sur le titre de la chanson. Les paroles défilent vers le haut. À la fin - ô joie ! -, un paragraphe en rouge offre la source d’inspiration de mon alchimiste. Je retrouve les détails de l’incident sur la toile. « Oh my dog ! Mais quelle horreur ! », noté-je dans mon journal numérique.


Je téléphone à Paul et Sophie. Ils ont tous deux proposé de me donner leur avis sur mon dernier scribouillage. Avec Natacha, ma charmante poupée, nous traversons l’Arnette et les rejoignons dans un restaurant du centre-ville. Un repas sobre autour d’un cassoulet pour nous, les goinfres, et un chou Romanesco aux anchois, pour la svelte Sophie, toujours soucieuse de son régime.


Une carafe d’eau et un pichet de vin pour nous quatre.


Paul lit mon texte en souriant. Il me demande quel registre je vise. Anticipation, polar ? Et pourquoi ces faux-noms de marques ? Science-fiction. Univers onirique. OK. Mais, je mentionne un sandwich tartiné à la « Vache qui crie » dans cette nouvelle, alors que le Roqueflair cogne plus fort sur les narines, non ? Quel public ciblé-je ? J’avais anticipé ce genre de questions. Je lui explique en détail qu’abstraction faite du goût, la « Vache qui crie » est plus intéressante pour l’image qu’elle véhicule et donc plus appropriée pour orienter le récit dans la catégorie science-fiction. Sophie, férue de mathématiques fractales approuve le choix du fromage, mais objecte que mon texte est trop réaliste pour de la SF. Après le dessert, Natacha demande l’addition avec son accent russe, si sexy. Il est déjà 22 h 30.


Nous sortons de bonne humeur, bras dessus, bras dessous. Plutôt qu'un taxi, nous optons pour une petite demi-heure de marche digestive. Paul me raconte une de ses histoires sans queue ni tête, à la Pierre Dac, et, bon public, j’éclate de rire, juste au moment où une fourgonnette de police stoppe à notre hauteur. Le conducteur nous regarde méchamment, et me sentant interpellé je lui dis : « Pas de souci, on s’amuse, tout va bien ». Il me répond en écho sur un ton sec qu’il n’est pas ici pour s’amuser. Il sort, claque la portière et vient vers moi en courant. Son collègue le rejoint et demande à Paul ses papiers, pendant que le chauffeur me tord le bras et me plaque au sol. Je commence à recevoir des coups de matraque puis des coups de pied dans la tête. Natacha appelle au secours, Sophie leur hurle d’arrêter. Mais - « Agent zélé n’a pas d’oreille » - les policiers continuent d’évacuer leur stress avant de nous passer les menottes.


Nos fluides corporels s'expriment. Normal, ils sont conçus pour s’écouler. C’est leur destin.


Des gouttes de transpiration perlent sur le front de mon gardien enragé.


Mon nez saigne et mes arcades sourcilières ont éclaté.


Ma poupée pleure.


L’agent bave.


Les gardiens de la paix nous embarquent, comme de vulgaires faux-monnayeurs, plantant nos compagnes traumatisées en pleine rue.


Pendant le transport, les injures crépitent sur nos tympans. J’essaie de me raisonner, en insistant sur la subjectivité d’un tel harcèlement moral, sur la spiritualité limitée de ces deux créatures. Je me force à imaginer que ces mots devraient glisser comme la pluie, mais rien n’y fait. Ils me blessent. Si ces qualificatifs émanaient de voyous ou d’une bande de fêtards en goguette, cela m’affecterait moins. Mais de la part de représentants de l’ordre, cela me dérange beaucoup. Ils semblent souffrir du syndrome d’une immunité définitivement acquise par le port de l’uniforme. Je sens mes références s’effondrer. J’imagine le trauma des survivants d’un tremblement de terre. Ceux qui ont vu la terre s’ouvrir sous leurs pieds, celles qui ont vu la terre se soulever. Je suis désorienté, désenchanté.


Arrivés au poste, nous nous retrouvons dans une grande cellule commune de dégrisement. Deux femmes et un homme se trouvent déjà derrière les barreaux. On nous menotte au radiateur.


Plus tard, les policiers reviennent, nous détachent, et nous ordonnent de nous déshabiller. Je refuse. Je reçois la pointe d’une matraque entre les côtes. Paul me regarde les yeux crispés et secoue la tête tout en déboutonnant sa chemise. J’ai l’impression qu’il me suggère d’obtempérer. Je m’exécute. Ils observent notre nudité. De cette manière, ils n’auront pas à procéder à une fouille trop serrée. La bonne excuse. Les fonctionnaires nous font tourner comme des mannequins, afin de nous examiner sous toutes les coutures, en nous vomissant leurs rires moqueurs.


Pourquoi une telle humiliation ? Manquent-ils à ce point de confiance en eux-mêmes pour compenser ainsi, en abusant de leur autorité ? Cette griserie est-elle saine ? Éduquent-ils leurs enfants en les dégradant ? L’absence d’automodération induit-elle une ivresse du pouvoir comme chez les empereurs de la Rome décadente ?


Après cette fouille visuelle, Paul et moi sommes jetés dans une cellule d’isolation, chacun de notre côté. Lors de la relève de l’équipe de nuit, nous recevons une nouvelle bordée d’injures. Des nouvelles casquettes défilent devant le hublot. Un policier me traite de « sale tapeur de flics ». Son crachat s’écrase sur la vitre. Qu’ont-ils encore inventé à notre encontre ? Nous n’avons fait que recevoir des coups, nous n’en avons jamais donné. Doivent-ils justifier notre traitement en affabulant ? Ont-ils besoin de ce genre de parapluie pour se protéger ? Le pot de fer contre le pot de terre.


J’ai basculé dans un univers kafkaïen. Je me remémore certaines lectures lors de mes études littéraires. Le grand Franz réussissait à instiller en moi un malaise. Sa fiction pourtant invraisemblable m’oppressait. Mais ici, en apnée de ma dignité, plutôt qu’une boule dans la gorge, c’est surtout le sentiment d’être à cheval sur deux univers qui me gêne. L’univers réel d’où je viens, et cet autre univers parallèle, absurde, où je suis acteur autant que spectateur. En scène, dans un show qui n’est pas le mien. Nul besoin de lunettes 3D ou de payer pour obtenir une bonne place. J’attends. Je prie de manière païenne, pour que cela finisse. Dans ma mémoire sonore, j’entends les échos caverneux des rires du strip-tease forcé.


Vers onze heures du matin, le rideau tombe enfin. On nous libère. Dehors, nous récupérons notre dignité. Arrivé à la maison je retrouve ma poupée moscovite, les yeux cernés. Elle se jette dans mes bras en pleurant. Puis je me dirige vers la salle de bain, pour contempler mon portrait abîmé, dans le miroir central. Je rabats à angle droit les deux miroirs latéraux afin de constater les dégâts sur la partie arrière de mon crâne. Moins grave que je ne l'imaginais. Je désinfecte tant bien que mal, mais les jeux de miroirs se réfléchissant ainsi à l'infini me donnent le tournis. J'ai la nausée.


***


En racontant autour de nous cette mésaventure, nous avons reçu des échos d’autres connaissances ayant eu maille à partir avec ce même policier, le chauffeur du véhicule, qui nous a « interpellés ».


Le commissariat de notre petite ville si tranquille est sur la sellette. Réduction de personnel ? Fermeture ? Je me demande si certains n’en viennent pas à provoquer les incidents pour augmenter le nombre de gardes à vue. Pour faire du chiffre, pour se justifier, pour sauver leur place, pour que le serpent se morde la queue, etc. De quelle manière décide-t-on d’un renforcement des effectifs ? Quels arguments sont avancés lors de la préparation d’un budget ? Paul pense que je suis un grand sensible, que je simplifie trop, que j’omets des paramètres et que de toute manière, la complexité de notre société ne peut se résoudre par des équations du premier degré, qu’il s’agissait juste de deux agents à part. Il dit que dans tout échantillon de la population, il y aura toujours une moitié possédant un Q.I. supérieur à la moyenne et une autre moitié dotée d’un Q.I. inférieur à la moyenne. C’est mathématique. C'est la loi des nombres. Moi, je suis contre les généralisations. Je ne puis croire que tous les gardiens de la paix se comportent ainsi. D’être tombés sur eux, c’était peut-être un vrai coup de malchance, comme cette crotte de pigeon sur le coin de la figure, le jour de ma communion solennelle.


Je Googueulise mon calvaire. J'apprends effaré que ma nièce de treize ans s'engageant à vélo dans une rue à contresens pourrait être détenue en garde à vue pendant vingt-quatre heures. Selon le bon vouloir de n'importe quelle casquette. Tant pis pour l'examen raté. C'est légal, tout à fait normal. 580 000 gardes à vue officielles par an, dans mon pays d'amour. Plus d'une chance sur cent d'y passer. Je me découvre une naïveté que j'ignorais. Je suis devenu une goutte d'eau ajoutée aux statistiques.


***


L’eau de l’Arnette a coulé sous les ponts depuis ce maudit dimanche. Les cauchemars récurrents se sont espacés. Je sursaute moins quand j’entends une sirène de police. Aujourd’hui, France Inter va diffuser mon interview.


Je demande à Paul comment vont réagir les auditeurs. Il rigole et suggère qu’il y aura autant d’auditrices que d’auditeurs, et qu’une artiste sera peut-être choquée en entendant le reportage. Il prophétise même qu’elle composera à ce sujet une chanson qu’écoutera en boucle un obscur scribouillard en mal d’inspiration qui exploitera l’incident en le narrant à sa manière et qu'il se fera à son tour rouer de coups, qu'un autre reprendra le flambeau, racontera son histoire, etc., etc., etc. Ad nauseam.


Quand je pense à la tête que fera ce pauvre type, quand il se fera tabasser sans s’y attendre... Enfin, c’est malheureux, mais probablement nécessaire dans ce pays de rêve, afin d’assurer la pérennité de cette spirale infernale.



 
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   Anonyme   
27/1/2011
 a aimé ce texte 
Pas
D'un point de vue écriture c'est un texte bien maitrisé. Il y a un vrai rythme, les mots semblent choisis soigneusement et sont clairs.
La mise en abyme est intérressante aussi.

Bref, c'est un bon texte techniquement.

Mais je suis plus dubitatif sur le fond. Quel est l'idée? Dénoncer un abus policier? Pourquoi pas. Quoique c'est peut être passer au dessus du travail de l'IGS non?
Critiquer le système policier à la française?
Oui mais...C'est la France patrie des droits de l'Homme pas le Brésil ou la Tchétchénie me semble t'il ...Et comme partout il y a des brebis galeuses...Derrière le policier il y a un homme.

Bref, je ne sais pas trop quoi penser sur la finalité, mais il ya un gout de malaise devant lidée...

   costic   
30/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Nouvelle grave, questions importantes, mise en relief de l’abus de pouvoir. Un texte éprouvant qui nous réveille de notre torpeur. Notre pays de rêve n’est pas un pays de cocagne, note vie prospère et insouciante cache des dessous peu ragoutant. Oui, certains éduquent leurs enfants en les dégradant. Oui, il faut rester vigilant.
Oui, nous avons des privilèges que d’autres paient. Non le monde n’est pas un Eldorado. La dénonciation de cet état de fait me semble très bien posée. Restent les questions, que faire ? Je suis assez fidèle à là-bas si j’y suis, mais je reste parfois sur ma faim. La complexité de l’humanité est effrayante, le repli est une tentation, l’espoir exige beaucoup d’efforts.

   Coline-Dé   
11/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui sent le vrai.
Qui pourrait être vrai.
Qui pose beaucoup de questions.
Qui n'apporte aucune réponse ( je fais mon instit et j'attribue un gros bon point !)
Mais je suis fichtrement embêtée pour le juger littérairement parlant : il est bien écrit, très efficace, sans emphase, sans pathos, avec juste ce qu'il faut de petits détails " saignants" (bon, je sors ...)
Dans quelle catégorie le placer ? Je ne sais pas. Trop de réflexions et de questions pour être une nouvelle. Pas assez de théorie(s) pour être essai philosophique.
Témoignage ? Témoignage lui irait bien. Mais ce genre ne figure pas sur le site.
Commenter sur Oniris consiste aussi à mettre en rapport les textes que nous lisons avec ceux déjà publiés ( comme toute évaluation, il est question de voir quelle place ce texte pourrait prendre dans le corpus déjà publié)
Et j'avoue être démunie. J'ai beaucoup aimé cette façon intelligente de provoquer chez le lecteur intérêt et indignation. Ce texte secoue sans chercher à manipuler ( ou alors si habilement que c'en est un plaisir !)
Mais je ne sais vraiment pas comment lui rendre justice.

   jaimme   
11/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaucoup aimé le début qui place le lecteur (surtout le lecteur/auteur) dans la peau de l'auditeur/lecteur/narrateur.
Le petit pouvoir obtenu montre du doigt les hommes petits.
J'écoutais récemment Daniel Mermez parler de violences policières, de gazage par un gendarme. J'ai vu la vidéo et j'en ai frémi. Mermez comme ce narrateur ne placent pas tous les policiers dans le même sac. Le pouvoir doit être sous surveillance. Et la surveillance de la surveillance... c'est nous. Nos choix. Nos idées majoritaires.
Cette nouvelle est bien écrite. La fin est un peu trop didactique, mais bon... J'ai aimé. Pour le fond et la forme.

   Pascal31   
15/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En lisant les premières lignes, je me demandais vraiment où l'auteur voulait nous amener... Le témoignage authentique (même si romancé) qui suit m'a abasourdi : la violence des policiers arrive tellement vite, juste sur une petite remarque même pas agressive, que ça en est à peine croyable.
Difficile de "classer" cette nouvelle et surtout, d'en tirer une quelconque conclusion. J'ai reçu ce témoignage brut en pleine tronche. Il m'a bien secoué. Le but est atteint.

   widjet   
15/2/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Je n'aime pas.

Pas tant en soi le parti pris qui n'engage que l'auteur. Je n'ai rien contre les pamphlets (car c'en est un, Flupke n'oppose aucun contre poids et la charge contre la police est sans nuance aucune), mais en revanche, j'attendais un peu plus de finesse dans cette critique grossière. Le problème c'est que cette absence de finesse ne me fait pas réflechir sur le fond, je rejète d'entrée la forme. C'est donc sans appel, si ça voulait m'interpeller (même si je ne découvre pas "les bavures" pour autant), c'est foiré.
Tout est mal amené. La réaction du flic excessive oui, mais surtout non progressive, j'aurai préféré une montée en puissance du genre le rire du gars est mal interprété par le flic qui le prend comme une foutage de gueule. Ici, non. C'est un rire "non ciblé" qui provoque la réaction policière. Je ne dis pas que cela ne peut pas arriver, je dis juste que c'est trop épais pour moi. Ensuite le gars répond gentiment et le flic lui coure après. Non, désolé j'y crois pas. Trop soudain tout ça comme ce passage a tabac, trop gratuit (il aurait fallu a minima que le type fasse une reflexion taquine etc...).

De plus, l'auteur en rajoute dans la bestialité ("l'agent bave"..."vomissant leurs rires moqueurs" etc...). Ou est passé la touche corrosive et incisive ?

Cette surenchère me surprend de la plume pourtant fine de l'auteur. L'impact n'aura pas souffert d'un angle de vue (et d'attaque) plus judicieux, je pense. Maintenant, j'imagine que le caractère frontal et "bête et méchant" est volontaire afin de montrer sans équivoque que la police a aussi (et c'est incontestable) son lot d'abrutis.

Quelques phrases m'interpellent : "Dehors, nous récupérons notre dignité". Faux. Ils reprennent leur liberté oui, leur honneur est déjà piétiné au vue de ce qu'ils ont déjà subi. Je suis également gêné par cette abondance de questions (ça donne un côté exagérement candide du personnage, genre l'humaniste qui découvre la cruauté et l'injustice dans ce bas monde, une fois encore c'est trop excessif et trop martelé et ça nuit à l'intention) et cet humour presque déplacé ("ce "Nul besoin de lunettes 3D " ne s'imposait vraiment pas. Maintenir la tête du lecteur hors de l'eau par un peu de légèreté n'est pas toujours une bonne décision).

Enfin ce dernier passage "Il prophétise même qu’elle composera à ce sujet une chanson qu’écoutera en boucle un obscur scribouillard en mal d’inspiration qui exploitera l’incident en le narrant à sa manière et qu'il se fera à son tour rouer de coups, qu'un autre reprendra le flambeau, racontera son histoire, etc., etc., etc. Ad nauseam." enfonce le clou et donne un caracère presque fataliste et "acquis" (du genre ça arrivera forcément à tous les prochains quidams).

Définitivement grossier dans le traitement.
Allez je finis sur une bonne note : cette phrase "« Sunday Bloody Sunday » de U2 figurait la seule transmutation possible de plomb en or" qui rappelle l'esprit aiguisé de notre Flupke ici hélas passé à la trappe (sujet trop émotionnel donc traitement impulsif ? Seul l'auteur peut le dire).

Encore une fois, je ne conteste pas le fait que ce soit un pamphlet (et donc forcément par définition partial), c'est juste le traitement que je regrette.


W

   misumena   
15/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, Flupke,

Petite chronologie de ma lecture :
1) je googueulise Jeanne Cherhal, pays d'amour.
2) Je cherche sur le site "charade"
3) Je cherche sur son Myspace
4) Je cherche sur Youtube. Le son est pourri. Ça me gâche l'audition.
5) Je ne trouve pas le paragraphe en rouge.
6) Je peste (pour me calmer, un petit lien, s'il vous plaît, Flupke)
7) j'essaie de vous imaginer avec votre galure d'Indiana Jones et une Natacha, ça sonne pas mal.
8) Je lis la nouvelle, faut pas croire.

Avis mitigé pour moi. Je comprends aisément que lorsqu'on est victime d'une telle "aventure", le récit en soit si prégnant qu'il mène, même sans le vouloir, à une généralisation. Je suis une auditrice de Mermet, et je me dis qu'il faut qu'un type comme ça ait sa place sur les ondes, même s'il m'énerve souvent. Il faut, bien entendu, dénoncer tous les abus. Mais tout de même, comme l'ont dit d'autres commentateurs, nous sommes en France, et pour avoir vécu dans un pays totalitaire, je connais ma chance d'être Française.
Et c'est pour cela que votre conclusion est, pour moi, exagérée. Je la ressens comme (ne prenez pas ce que je vais écrire pour un jugement personnel à votre encontre, surtout, loin de moi cette idée) malhonnête.
Sur la forme, quelques remarques :
- trop de questions pour moi. Peut-être auriez-vous pu évoquer les interrogations du narrateur d'une autre manière.
- "ils inspectent notre nudité" : à ce moment du texte, je trouve la tournure trop soft ;
- une cellule d'isolation : :D (vous allez bien trouver ce qui cloche !)
J'aime bien la mise en abyme annoncée par la "Vache qui crie"... J'aime toujours autant, dans vos textes, cet aspect malin qui balade le lecteur, l'air de rien.

   Anonyme   
15/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah mon cher Flupke, quelle histoire ! Au fait, fiction flupkéienne ou télé-réalité ? Je penche pour la fiction...
Cela dit, belle écriture comme d'hab., petit rectificatif à apporter concernant la cellulle " d'isolation". Désolation aurait mieux convenu mais isolement ce n'est pas mal non plus...
Pour le reste, et bien oui ça peut arriver à n'importe lequel d'entre nous... Suffit de tomber sur le "mauvais con", chef de surcroît et de service ce jour là et tu deviens le "héros" du scénario si bien décrit ici... Gardons-nous pourtant de faire l'amalgame, ce que tu ne fais pas j'en conviens !
Tout ceci donne à réfléchir, d'où l'intérêt de ce texte... Merci Flupke en te souhaitant un prompt rétablissement ! Alex

   Menvussa   
15/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Flupke,

Je l'ai lu deux fois ton texte. J'avais glissé dans la spirale ne sachant plus très bien si le narrateur devait acteur involontaire ou ne faisait que nous relater ce qu'il découvrait sur le net.

Finalement, c'est cela la spirale infernale. On passe d'une réalité à l'autre sans traverser de frontière tangible.

C'est plutôt bien réussi.

Et le doute persiste ce qui fait qu'une fois le récit terminé on en vient à se demander si on ne va pas à son tour faire ce genre d'expérience.

Bref! Un texte qui résonne comme une paire de claque.

Elle est où la réalité ? La vraie ?

Au plaisir de te lire

   toc-art   
15/2/2011
Bonjour,

j'ai eu du mal avec ce texte, comme souvent, avec les textes présentés comme issus de la réalité, comme si cela dédouanait l'auteur de faire l'effort de convaincre le lecteur, comme si l'estampille "vu à la télé" ou "lu dans le journal" devait suffire.

bon, déjà, je suis pas fan de jeanne cherhal, j'avais bien aimé le petit voisin, mais après j'ai décroché. ceci dit, ça n'a rien à voir, je vous le concède.

Plaisanterie mise à part, quelque chose me gêne dans la construction du récit en "spirale", partant de la chanson de la demoiselle pour y revenir. C'est amusant mais du coup, les interrogations par trop naïves du narrateur ne se justifient plus, son esprit sagace étant déjà alerté par l'écoute de la chansonnette de la dame, non ? Je pense qu'une référence à la chanson aurait été bienvenue au cours même du récit, et non seulement à la fin, le narrateur aurait dû à mon sens nous faire part de son effroi à se retrouver dans une situation du même type que celle décrite par la chanteuse.

Mais même en dehors de ça, la façon de réagir du narrateur, pendant et même après l'incident, ne m'a pas convaincu. Bien trop spectateur de son propre calvaire. Et les questions qu'il se pose ou les réflexions qu’il fait me paraissent trop "philosophiques" dans l'urgence de la situation. Celle-ci notamment « Mais de la part de représentants des forces de l’ordre, cela me dérange beaucoup. » Je ne suis pas convaincu qu’en de telles circonstances, on voit les choses d’une façon aussi posée. Ou bien s’agit-il d’humour. Mais la candeur du narrateur, que j’imagine fausse (sinon, il est vraiment benêt quand même), me paraît sortir le récit du réalisme pur et brut pour en faire un élément de démonstration sur les dérives sécuritaires. Après tout, pourquoi pas. Mais je pense que le récit perd du coup toute puissance d’évocation et me paraît, à moi en tout cas, plutôt contre-productif.

Par ailleurs, les paragraphes mettant en scène le repas et les questionnements sur la catégorisation d’un récit du narrateur ne me semblent pas très intéressants et semblent posés là pour faire un clin d’œil (un brin racoleur à mon sens) aux membres du site. Mais là, j’avoue que les références me manquent. S’agit-il d’une nouvelle déjà publiée sur le site ? Je pense que l’auteur voulait ainsi donner chair à ses personnages, les rendre vivants, mais le procédé me semble maladroit.

Sur la forme, le récit se tient, même si certaines phrases pourraient être plus simples. J’ai noté une virgule manquante ici :

« Sophie, férue de mathématiques fractales approuve le choix du fromage, mais… » / il manque une virgule après fractales.

Et ici : « Des nouvelles casquettes défilent devant le hublot. » / j’aurais mis « de nouvelles… »

Bonne continuation.

   shanne   
16/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Le titre m'a fait sourire, tiens, une spirale infernale dans un pays de rêve... je veux lire et je ne suis pas déçue.
Une nouvelle bien écrite, une présentation soignée et surtout qui peut faire réfléchir sur la transformation de l'homme avec le pouvoir, et, je dirais même sur le rôle de cet uniforme qui peut donner tout pouvoir.
Un grand merci à vous

   Anonyme   
17/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai dû me reprendre à deux fois pour lire jusqu'au bout. Le style m'a rebuté, enfin plutôt l'impression que le narrateur en fait "trop", en étale trop avec un vocabulaire limite pédant parfois...
Maintenant, le contenu m'intéresse. ca ne me dérange pas du tout qu'on aborde le sujet des violences policières, qui existent en France, n'en déplaisent à certain. Il faut peut-être avoir fait un tour en garde-à-vue pour le savoir...
Mais voilà, à cause de ce personnage, limite pédant, qui en devient désagréable et antipathique ( à mes yeux en tout cas) dès le début, j'ai pas accroché une seconde. J'ai ressenti aucune empathie pour le personnage. la violence de la situation ne m'a pas atteinte. Pourtant, j'y suis p'tre plus sensible que d'autres...
Et je pense que c'est à cause de cette façon de narrer les choses : pleine d'étalage de confiture, de questionnements amusés. Ça colle pas avec le sujet...
Ensuite, l'altercation est pas rendue de façon très réaliste, on ne sent pas la provocation des policiers, l'engrenage qui se met en route dans ce genre de situation : un prétexte futile, une remarque d'un coté, une réponse un peu plus haute de l'autre, l'escalade jusqu'à l'emploi de la violence physique. là, ça fait de but en blanc. C'est p'tre ressenti ainsi par les gens qui ont témoigné... mais ça ne se passe pas comme ça. Je parle d'expérience...
Donc voilà, malheureusement j'ai pas accroché à cause de ce narrateur qui en fait des tonnes, étale sa science alors qu'il raconte un évènement violent qui a dû le bousculer un peu quand même... Pour moi, ça colle pas. La mayonnaise prend pas. Dommage, le sujet s'y prêtait.
C'est très subjectif bien sur sur le fond, sur la forme, j'ai pas grand chose à redire ( ah si, on donne un coup de couteau entre les cotes, mais la matraque je doute qu'elle ait la place de s'y glisser ! Sur les côtes ou dans les côtes plutôt), si ce n'est ce décalage de ton par rapport à l'évènement rapporté, qui n'est pas crédible. Je comprends la volonté à travers ce décalage, mais le trop est souvent l'ennemi du bien.

   wancyrs   
18/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Si je comprend bien, l'idée de cette spirale c'est : écouter une chanson, chercher la cause des mots prononcés, se faire tabasser et enfermer, sortir et raconter son histoire qu'une autre victime écoutera et se fera traiter de la sorte aussi, ainsi de suite ? Pas mal, mais je trouve que la période d'incarcération est très survolée dans le récit, et que les détails qui devaient permettre d'identifier l'outrage sont maigres, en dehors du fait que le narrateur dit avoir été insulté.

L'écriture reste néanmoins belle.

   styx   
19/2/2011
Je n'ai pas pas noté car je ne sais pas quelle note attribuer ... Le texte m'a dérangé. Pas le style mais l'histoire vraiment que je n'ai pas trouvée crédible du tout. Je ne sais pas si c'est arrivé à l'auteur ou pas. Si c'est le cas, il a peut-être besoin de digérer le truc un peu plus avant de l'écrire. Si c'est arrivé à une autre personne (faits relatés) ou si c'est inventé alors je comprends mieux ...

   Lunar-K   
19/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Personnellement, je n'ai pas du tout été gêné par l'exagération de la répression policière. Ça me fait penser à du Boris Vian qui lui aussi avait tendance à rendre ses flicards plus grossiers et violents qu'ils ne le sont vraiment (je pense notamment à ses "Chaussettes à clous").
D'ailleurs, pour rester dans la comparaison, je trouve le style de cette nouvelle très vianesque lui aussi. De très nombreux jeux de mots, qui n'hésitent pas à flirter avec la lourdeur, sans jamais basculer.
Je trouve juste dommage que le narrateur se fasse si souvent moralisateur. A mon avis, ce texte aurait été plus percutant sans de telles prises de position. En présentant simplement l'histoire comme quelque chose de tout à fait banal, je crois que le message serait beaucoup plus fort. Mais ce n'est qu'une impression toute personnelle...

   victhis0   
20/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
non, je marche pas.
c'est un poil décousu, le flic pas assez décrit, le tramatisme finalement un peu trop léger.
J'ai aimé le style im-pe-cable d'une excellente plume d'oniris, mais je t'ai connu plus "compact" dans tes récits où la SF du début n'a rien à faire là (l vache qui crie, c'est rigolo mais décalé sur le ton et le sujet).
Beaucoup aimé les questions issues du problème, très justes.
Et puis je prends mon pied en te corrigeant uen faute de français : on n'ecrit pas basé sur (la base ne peut s'employer que pour situer un lieu, ex : une école basée à Bruxelles) mais fondé sur. Na !

   Anonyme   
20/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bounjour Flupke
Un point commun avec le narrateur : la grande sympathie pour jeanne Cherhal... C'est avec un grand plaisir que j'ai lu votre texte, un brin moralisant... Je l'ai pris comme un récit plein d'ironie avec une écriture qui flirte du côté de la fantaisie comme souvent chez vous. Comme dans un rêve éveillé, loin de la noirceur relevée par d'autres commentateurs. Alors prions tous ensemble, de manière païenne (sic) pour que l'on puisse encore vous lire.
Amicalement.
JB

   DouglasLejeune   
2/3/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Desole, mais je ne vois pas l'interet, en dehors de faire un pamphlet anti-police, sur lequel on peut discuter dans tous les sens, mais ce n'est pas ce qu'on cherche en lisant une nouvelle. S'il doit y avoir une these, elle passera d'autant plus qu'elle sera enrobee dans une belle histoire.

   littlej   
2/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le début commence très mal, à mon sens. Il y a un problème de focalisation : le narrateur s’exprime au « je » narratif, et le temps est au présent. Or, il y a focalisation externe : « je clique sur l’album, puis sur le titre de la chanson » ; ce qui est illogique. On ne devrait avoir qu’une « vue » sur les pensées et les sentiments du narrateur ; comme ici : « Il faut que j’en aie le cœur net. »

Pour la suite, puisque c’est visiblement un récit retranscrit à l’écrit (si j’ai bien compris, et je l’espère, parce que sinon tout le texte tombe à l’eau…), ça marche.
Les « coups de pied dans la tête » sonnent d'une manière comique, je trouve (ce n’était pas l’effet recherché je crois). Pourquoi ? Parce qu’ils sont rendus presque anodins : « je reçois des coups de pieds » et voilà. Un adjectif comme « violents » ou autre aurait communiqué une douleur au lecteur.

Le truc des phrases qui deviennent de plus en plus courtes est trop voyant. Pourquoi ne pas les avoir mis dans un seul paragraphe ?

« Pendant le transport, les injures crépitent sur nos tympans. » J’arrive pas à m’imaginer des injures crépiter… Désolé.

"Pourquoi une telle humiliation ? Manquent-ils à ce point de confiance en eux-mêmes pour compenser ainsi, en abusant de leur autorité ? Cette griserie est-elle saine ? Éduquent-ils leurs enfants en les dégradant ? L’absence d’automodération induit-elle une ivresse du pouvoir comme chez les empereurs de la Rome décadente ?
5 questions à la chaîne, ça fait un peu lourd. Mais c’est pas grave ; ça retranscrit la rage contenue du narrateur.

La fin du récit de cette fameuse mésaventure est excellente ; elle indique la technique d’écriture qu’a utilisé l’auteur, à savoir la mise en abyme, cette « spirale infernale ». D’autres indices sont distillés au fil du texte : « la Vache qui crie » ; « le serpent qui se mort la queue »… il y en a d’autre ?

« Je suis devenu une goutte d'eau ajoutée aux statistiques. » Déjà entendu, non ?

J’aime beaucoup les textes et les films avec des mises en abyme ; ça donne véritablement le tournis, et j’adore ça. Ce procédé donne une originalité à un thème qui, si il eût été traité de façon « journalistique », aurait beaucoup moins bien passé, car là, même si on adhère pas à la critique de l’auteur, on trouve tout de même sans compte en tant que lecteur.
C’est pas mal.

j

   Bidis   
27/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai lu ce texte d'une traite, avec plaisir et intérêt. J'aime l'humour subtil de Flupke, par exemple quand il parle de la "spiritualité limitée" des pandores mis en scène. L'écriture est vivante et agréable. Bref j'ai passé un bon petit moment et c'est ce que je recherche quand je me mets à lire.
De plus, j'adore le genre "serpent qui se mord la queue".
Enfin, le fond n'a provoqué chez moi aucune critique.
La seule chose, c'est le "bloody sunday".
Wikipédia : "Bloody Sunday (français : dimanche sanglant, irlandais : Domhnach na Fola, parfois anglais : Bogside Massacre, français : Massacre du Bogside) est une expression anglaise désignant les événements du dimanche 30 janvier 1972 dans le Bogside à Derry en Irlande du Nord, où quatorze manifestants pacifiques furent tués par des tirs de l'armée britannique."
Comme j'avais vu le film tiré de cet événement, c'était à cela que je m'attendais.


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