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Aventure/Epopée
hersen : Chasseurs de primes
 Publié le 10/06/18  -  18 commentaires  -  8613 caractères  -  117 lectures    Autres textes du même auteur

L'imaginaire...


Chasseurs de primes


On n’entendait plus que le galop des chevaux lancés dans une course folle. Ils étaient trois et de la poussière se formait dans leur sillage. L’air était si sec que les cavaliers avaient noué un foulard couvrant leur nez et leur bouche. Dans cette chevauchée, les chapeaux dansaient dans leur dos, incapables de rester en place. Les cavaliers étaient concentrés car à cette vitesse il faut tout anticiper. Ils faisaient corps avec leurs montures qui déjà étaient couvertes de sueur. La traque se révélait plus compliquée que prévu. Et puis, surtout, le ciel commençait à rougeoyer. Le jour prendrait fin bientôt et alors plus question de chasse au voleur. Jim, le premier, ralentit. Tom et Joe l’imitèrent.


— Bon, les gars, on n’arrivera à rien aujourd’hui, il faut bivouaquer ici.

— Oui, dit Joe, ici c’est un bon endroit, il y a de l’herbe pour les chevaux.


Les bêtes, maintenant déchargées de leur cavalier et de leur selle, restaient là, sans bouger, parcourues de tremblements leur secouant les flancs.


— Quand même, les gars, on les pousse trop, les chevaux. Tant pis pour Bobby-la-Balafre et la récompense, moi, je ne veux pas perdre mon cheval.


C’était toujours Tom le plus raisonnable du groupe.


— Et puis quoi, continua-t-il en posant la bouilloire sur le feu que Jim venait d’allumer, on ne va pas aller comme ça à l’ouest jusqu’à la fin des temps. Si ça se trouve, le Bobby, ça fait longtemps qu’on l’a dépassé !


— Tu vas pas remettre ça, on en a déjà parlé ce matin. Avec toi, c’est toujours la même chose, tu vas jamais au bout.


Jim était le moins patient des trois. Il s’affairait autour du feu, il intervenait rarement quand la discussion se transformait en querelle. Lui, ce qu’il aimait, c’était être sur son cheval, galoper vers l’ouest ou ailleurs et il s’en foutait pas mal de Bobby. Joe avait sorti des fontes de quoi faire un repas non pas copieux, mais suffisamment nourrissant pour se remettre de la journée. L’ambiance, un peu tendue, se relâcha. C’était le miracle à chaque dispute, indéfiniment renouvelé : toujours ils se réconciliaient. Le ciel maintenant illuminait les roches, l’herbe et on était si bien dans ce silence que Jim tendit une perche à Joe.


— Dis-donc, ton cheval, c’est quand même le plus rapide !


L’ami comprenait le message.


— Oui, enfin, les trois sont bons. Sinon, pourquoi se casser le cul à aller à l’ouest, toujours à l’ouest ?


Il avait raison. Ils allaient toujours dans la même direction. Au bout du compte, ils n’étaient que des chasseurs de primes attirés par l’argent.


— Moi, quand je serai riche, j’achèterai un ranch et j’aurai une femme. Et puis aussi un troupeau de vaches. Eh, les gars, vous viendrez m’aider pour marquer le bétail ?


Tom, allongé à même le sol avec ses mains croisées derrière la tête, souriait à son projet. Le soleil couchant, le bivouac, au fond, c’est ça qu’ils aimaient bien. Ils avaient le temps, encore et encore, de se gonfler de rêves, de s’imaginer une vie dure, merveilleuse, dans laquelle la fatigue ne serait jamais prise en compte. Leur imagination, par contre, travaillait ferme. Cela dit, Bobby-la-Balafre, c’était le prétexte idéal. Ils savaient tous les trois que ce ne serait pas facile, qu’il faudrait ruser. Au bout du compte, une vraiment bonne affaire puisque cela supposerait des bivouacs, beaucoup de bivouacs et autant de couchers de soleil. La dernière fois, c’était Willy-le-Teigneux. Les trois amis en avaient bavé et ils y avaient passé du temps à le débusquer ! Pourquoi s'étaient-ils acharnés ? Ce sont des mystères qu’ils ne cherchaient jamais à percer. Ils étaient bien trop occupés à remplir leur fontes d'un peu nourriture et leurs gourdes d'eau claire, ainsi qu'à rouler l’éternelle vieille couverture. Une fois, même, ils avaient oublié la bouilloire. Ils avaient dû revenir. C’est sans doute la seule fois où ils chevauchèrent vers l’est. Un bon souvenir malgré tout, mais c’était seulement à cause d’un oubli. Tom tout à coup sursauta.


— Dites, les gars, vous avez pas entendu comme un raclement ? On dirait quelqu’un qui rampe.


Chacun se tut, tendant l’oreille. Ils étaient figés dans une position incongrue, n’osant bouger de peur de couvrir le bruit venant des buissons. Les trois chasseurs de primes pensaient, bien sûr, au plus grand danger après la soif, la piqûre de serpent, et la mort d’un cheval : les Indiens. Même si à chaque fois, malins comme ils étaient, ils arrivaient à faire ami-ami avec eux ; ils avaient toujours quelque cadeau enfoui dans les fontes, de ces choses inutiles que l’on oublie jusqu’à ce qu’elles semblent être de la plus grande importance. On trouvait un peu de tout, au gré des chevauchées. Une fois, ce fut même une voiture miniature rouge qui régla un différend qui semblait pourtant insoluble. Les buissons frémirent plus fort. Non, ce n’était pas un serpent, ils sont beaucoup plus discrets. Ni un Indien non plus, chacun des trois en était persuadé, un seul regard entre eux suffisait à échanger leurs impressions. Un Indien ne serait pas seul, il aurait aussi un cheval, que l’on verrait. Et puis la dernière fois, ses deux plumes dépassaient du feuillage, c’est ce qui l’avait trahi et les trois lui étaient tombés dessus, supérieurs en nombre avec en plus l’effet de surprise de leur côté. Ils lui avaient fait si peur qu’il s’était débattu comme un beau diable et s’était enfui. Les trois chasseurs de primes en avaient ri longtemps ! Mais l’heure n’était pas à la distraction. Ils étaient sur le point de sauter tous en même temps sur le buisson, après avoir échangé un regard, lorsqu’un « aïe ! » retentit. C’est que le buisson était épineux. Ce point, d’ailleurs, les avait empêchés de sauter dans le massif dès le début. La crainte aussi de tout écraser, mais ils aimaient mieux ne jamais évoquer ce détail. Jim allait prendre la parole, risquant le tout pour le tout, lorsque surgit un visage tout barbouillé du sang provenant d’une éraflure sur la joue.


— Titou !


La colère circula plus vite que les ta-ta-ti du morse dans un fil électrique !


— Mais qu’est-ce que tu fais là, t’es encore à nous épier et à vouloir tout rapporter ! On veut pas jouer avec toi, la dernière fois t’as dit à l’Indien que…


Ah, là, Titou s’est fâché, lui qui pensait avoir fait preuve de grande ruse dont la finesse serait reconnue par les cavaliers pour enfin entrer dans leur cercle.


— Avec vous, c’est toujours pareil, je peux jamais jouer à faire du cheval ni à avoir les sous de la prime. Je vais le dire à papa que vous galopez toujours en écrasant les parterres. Et puis vous laissez toujours les papiers des biscuits du goûter partout à traîner, et puis Willy et Bobby, ils existent pas et puis le bivouac, ça se fait la nuit et puis dans le jardin, y a pas de serpent.


Et le voilà qui tourne le dos et s’en va dans la maison. Jim, Tom et Joe étaient sonnés. Un gamin venait de cracher sur leur rêve. Ça faisait comme si c’était tout sale, maintenant. Tiens, c’était comme s’ils s’étaient acharnés à écrabouiller la voiture rouge de Jim, qu’il avait finalement reprise à l’Indien. Y avait plus rien. Joe tira de sa fonte une banane et commença à manger, du bout des dents, l’appétit avait disparu. Les deux autres, les bras ballants, n’avaient sans doute pas encore totalement réalisé l’ampleur du désastre : on venait de leur balancer à la figure qu’il n’y avait pas de cheval, pas de bivouac, pas de prime. Pas de coucher de soleil. Le coup était trop rude. Ils se sont tous les trois assis par terre, silencieux, lorsque Jim, avec un enjouement forcé dans la voix, dit à Tom :


— Eh, surveille les chevaux.

— Ça va, laisse tomber, déclara Tom, c’est foutu.


Ils pensaient bien être au fond du trou. Qu’est-ce qu’ils allaient se raconter maintenant que tous les trois savaient concrètement qu’ils avaient passé tout l’été sur des chevaux de vent, des gourdes vides et des Indiens sans plume. Et la prime ? Quand à chaque fois ils comptaient les sous, qu’ils partageaient le plus équitablement possible et qu’ils les mettaient négligemment dans leur poche, avec la certitude d’être riches, si riches. Joe grommela que Titou, c’était la saleté de frère de Jim, que sans lui rien ne serait arrivé. Tiens, en parlant de lui, le voilà justement qui déboule, sautillant et chantonnant :


— Papa il a dit qu’être à l’ouest ça veut dire être un peu zinzin, être un peu zinzin, la la la.


Et le voilà parti en riant aux éclats. La journée était décidément trop rude pour les cavaliers. C’est Joe qui a eu l’idée :


— Jim, t'as quoi comme jeux vidéo ? demanda-t-il plein d’espoir.


 
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   plumette   
13/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'étais avec Jim, Tom et Joe au bivouac, je m'attendais à voir surgir Bobby-La-Balafre du buisson d'épineux, je n'ai pas vu le basculement arriver.Voilà donc un de vos objectifs atteint!

le style fluide, précis, descriptif m'a entraînée dans l'aventure, j'ai eu des images de western, j'atais prête pour la chevauchée vers l' ouest et patatras.... mais je n'en veux pas à l'auteur qui a su me transporter dans un autre temps et un autre lieu. J'ai bien trouvé que la petite voiture rouge donnée à l'indien était un peu incongrue dans ce décor mais je n'ai pas tilté pour autant.
Ce que je trouve assez fort c'est d'arriver à faire éprouver au lecteur la déception ressentie par les trois protagonnistes au moment où le jeu se casse la figure.

Un très bon moment de lecture !

Plumette

   Jean-Claude   
15/5/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

On sent dès le départ que ça ne va pas être "vrai" (la continuelle chevauchée vers l'Ouest) mais on n'anticipe pas quel réel va s'imposer.

Le gros pavé central gagnerait à être mis en page, d'autant plus que c'est un peu confus.
L'irruption de Titou, dans ce gros pavé, n'est pas très claire.

C'est formulé comme s'ils avaient vraiment oublié qu'ils jouaient : "Qu’est-ce qu’ils allaient se raconter maintenant que tous les trois savaient concrètement"
Est-ce volontaire ? Si oui, cet aspect n'est pas assez développé.

La fin, une histoire de gosse, normale.

Sympa malgré tout.

Au plaisir de vous (re)lire
JC

   Lulu   
10/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour hersen,

J'ai adoré parcourir cette nouvelle que j'ai trouvée à la fois bien écrite et palpitante… Plus on avance, plus on a envie de connaître la suite, tout en savourant la phrase qu'on est en train de lire…

J'ai aimé les détails du récit qui nous font entrer dans le décor que j'ai trouvé fort vivant. Ainsi, par exemple les deux premières phrases de la nouvelle qui m'ont fait tout de suite fait vibrer, et fait comprendre que j'allais passer un bon moment… et je n'ai pas été déçue ! J'ai vu les cavaliers, la poussière, et les chevaux, plus tard, tremblants… tout tout tout…, y compris cette plume qui avait antérieurement dépassé des herbes… On est littéralement transporté dans un décor différent de ce que nous voyons au quotidien, et l'imaginaire est, de ce fait, autant le tien que le nôtre, sans nous douter, durant longtemps qu'il y a un jeu derrière tout ça…

Je l'ai dit plus haut, j'ai aimé l'écriture. Je l'ai trouvée si fluide ! J'ai vraiment adoré sa simplicité, et même les couleurs sur lesquelles tu ne développes pas forcément, mais qui affleurent avec ce moment de coucher de soleil ! Puis, la poésie des mots, avec des expressions anodines, mais belles, comme "chevaux de vent"...

Bon, je n'ai pas de remarques négatives à exprimer, ayant été fort emballée par le récit, tant dans la forme que dans le fond.

Au plaisir de te relire.

   Palrider   
10/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J’adore les westerns, j’y ai cru au bivouac, au buisson épineux, à la poussière...le retournement est réussi, on ne le voit pas venir, le style est agréablement fluide, bravo...

   BlaseSaintLuc   
10/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah les enfants , il suffit de les écouter pour remplir sa besace d'histoires extraordinaires, les chevaliers, les Jedi's et autres super héros , sont leurs fonds de récits récurents , et le western bien évidemment , donc puiser de ce côté-là , pour une petite nouvelle bien rafraichissante, c'était du tout cuit , mission accomplie par Hersen.


J'ai bien aimé ce début dans le fictionnelle et par le biais de titou le retour à la réalité, réalité entrevue, un peu avant, grâce à l'indice.

"Une fois, ce fut même une voiture miniature rouge qui régla un différend qui semblait pourtant insoluble."'

Hersen est soit un fin observateur, soit encore un enfant dans son cœur, naturaliste de l'enfance, merci pour ce moment.

   in-flight   
10/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
En première lecture (EL), je me suis fait surprendre ("bousculer") par le twist du milieu de la nouvelle. C'est audacieux car ce genre de procédé peut complétement anéantir une histoire: en deuxième lecture, non surpris mais également non bousculé, je me suis dit que ce récit de gamins était somme toute sympathique, qu'il faisait écho dans le cœur de beaucoup d'adultes (qui parfois préfèrent être dans la peau des Indiens ;)

Je ne sais pas si je vais trop loin dans mon interprétation, mais la dernière phrase semble vouloir expliquer que lorsqu'on bride l'imagination des gosses, ces derniers vont se tourner vers de la fiction "clé-en-main", servie sur écran. Cette remarque est intéressante, mais dans ce cas (si c'est vraiment ton intention), il est assez déroutant que cette prise de conscience ("Ça va, laisse tomber, déclara Tom, c’est foutu.") se fasse via l'intervention de Titou, qui semble plus jeune (moins intégré en tout cas) que les autres.
En même temps, quoi de plus honteux que de se faire reprendre, de se faire "bâcher" par celui qu'on exclu car on ne le croyait pas à la hauteur de l'enjeu (l'en-jeu).
J'aurais finalement bien vu l'intervention d'un adulte qui dit aux gamins que tout ça c'est des conneries et du coup les gamins se tournent vers les jeux vidéos en répliquant à l'adulte "t'avais raison, ça c'est mieux". Et l'adulte de constater son propre échec devant les yeux des gosses rougis par les pixels... ;-)

Remarques:

"Ah, là, Titou s’est fâché, " --> l'emploi d'une onomatopée de la part du narrateur rompt avec la neutralité du style.

   jfmoods   
10/6/2018
I) Le mythe de l'Ouest

1) Le souffle des grands espaces

Obsédés par leur traque (titre : "Chasseurs de primes"), les cavaliers traversent à toute allure la plaine ("le galop des chevaux lancés dans une course folle", "Ils faisaient corps avec leurs montures", "Les bêtes, maintenant déchargées de leur cavalier et de leur selle, restaient là, sans bouger, parcourues de tremblements leur secouant les flancs"), dans une relation privilégiée avec la nature ("il faut bivouaquer").

2) L'idéal du western

L'un des trois compères, porté par la puissance du mythe, tire des plans sur la comète, dressant le traditionnel inventaire du cow-boy établi, de l'homme parti de rien ("Moi, quand je serai riche, j’achèterai un ranch et j’aurai une femme. Et puis aussi un troupeau de vaches. Eh, les gars, vous viendrez m’aider pour marquer le bétail ?", "Tom, allongé à même le sol avec ses mains croisées derrière la tête, souriait à son projet").

II) L'écroulement du fantasme

1) Des indices annonciateurs

Certains passages ne manquent pas de troubler le lecteur sur le véritable enjeu du texte ("on ne va pas aller comme ça à l’ouest jusqu’à la fin des temps", "il s’en foutait pas mal de Bobby", "Ils avaient le temps, encore et encore, de se gonfler de rêves, de s’imaginer une vie dure, merveilleuse, dans laquelle la fatigue ne serait jamais prise en compte. Leur imagination, par contre, travaillait ferme", "une voiture miniature rouge").

2) Un briseur de rêves

Le surgissement impromptu du petit frère fait exploser en plein vol le mythe ("- Mais qu’est-ce que tu fais là, t’es encore à nous épier et à vouloir tout rapporter ! On veut pas jouer avec toi, la dernière fois t’as dit à l’Indien que…", "et puis Willy et Bobby, ils existent pas et puis le bivouac, ça se fait la nuit et puis dans le jardin, y a pas de serpent", "Papa il a dit qu’être à l’ouest ça veut dire être un peu zinzin, être un peu zinzin, la la la").

Merci pour ce partage !

   GillesP   
10/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,
Je me suis douté assez rapidement qu'il ne s'agissait pas d'une véritable histoire de cow-boy. Peut-être parce que ce n'est pas le genre de texte que tu écris d'habitude, peut-être aussi parce que les clichés s'accumulent au fil de la lecture (la chevauchée, le bivouac, les chasseurs de prime, les serpent et, bien sûr, les inévitables indiens). Je me suis dit: il est peu probable que l'auteure ne se soit pas aperçue qu'elle était en train d'enfiler les poncifs les uns aux autres comme les enfants les perles avant la fête des mères… Des enfants: mais bien sûr. À quoi jouaient les enfants dans l'ère préhistorique qui était la mienne, c'est-à-dire avant les smartphones, tablettes et jeux vidéo? Aux cow-boys et aux indiens. Je n'ai donc pas été surpris par la chute, que je trouve d'ailleurs un peu longue. Elle aurait été plus efficace, à mon sens, si tu t'étais arrêtée lorsque le frère "tourne le dos et s'en va dans la maison".

Mince, je relis ce que je viens d'écrire et me dis que je donne l'impression que je n'ai pas aimé ta nouvelle, alors que ce n'est pas du tout le cas. Oui, j'ai deviné assez vite le fin mot de l'histoire, mais j'en ai d'autant plus apprécié l'humour, en réalité. D'ailleurs, je ne suis pas persuadé que ton but ait été de créer une chute totalement imprévisible, sinon tu n'aurais pas placé cette petite voiture rouge aussi vite dans le texte. En effet, là, on ne peut que se dire que ces chasseurs de prime n'en sont décidément pas.
J'ai bien aimé le petit rappel humoristique sur la voiture, à la fin ("la voiture rouge de Jim, qu'il avait finalement reprise à l'indien").

L'écriture est fluide et agréable.

Bref, j'ai beaucoup aimé cette histoire, ce regard, en creux plein de tendresse et d'humanité sur l'enfance, sur cette période où on peut rêver éveillé et faire semblant de croire pleinement à son rêve. Enfin, à condition de ne pas avoir un frère qui gâche tout!

Au plaisir de te relire.
GillesP

   Luz   
10/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir hersen,

J'ai bien aimé ton western. J'étais vraiment à fond dedans, sauf que je me disais qu'ils n'étaient pas très malins les chasseurs de prime d'aller toujours vers l'ouest ; Bobby-la-Balafre aurait pu virer au nord-ouest ou tout simplement traverser le Rio Grande.
Et puis donc, la surprise : le jeu des enfants. C'est vraiment très bien amené. L'écriture est fluide et très entrainante.
Merci pour cette lecture qui me rappelle mes jeux d'enfant avec mes cousins-cousines.

Luz

   Pepito   
10/6/2018
Yoho Hersen !

Bon, j'avoue, tu m'a filé la trouille. Quand j'ai vu la kriture ânonner de la sorte, j'me suis dis :
- Là, p'tit, laHersen (ça c'est pour le son) l'a forcé sur l'whisky, pour sûr !
Puis Titou est venu nous sauver de la gueule de bois.
J'ai pensé aussi au "Shérif est en prison", me manquait que le péage. ;-)
Les rabats-joie n'étant pas qu'urbi, tu finiras déplumée, dommage. En même temps, si t'avais pas choisi le camps des cow-boy, hein...

Merci pour cette lecture bien sympatoche !

   Louison   
10/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Au début de ma lecture, je me suis dit que c'était une drôle d'idée de nous faire le coup du Western, c'est un peu démodé,et les dialogues ne me paraissaient pas assez ... couillus ; et puis voilà Titou qui arrive et je me suis revue enfant dans mes jeux fabuleux, montée sur mon Appaloosa imaginaire et bien sûr tout s'éclaire.

Merci pour ce joli moment de lecture, j'aurai bien aimé que le jeu vidéo n'apparaisse pas à la fin, mais c'est le choix de l'auteur.

   Ananas   
12/6/2018
Holà hersen.

Le thème de ta nouvelle, le procédé d'écriture et le déroulement narratif sont cohérents dans l'ensemble, même si d'emblée je suis perturbée par la narration.

En début de lecture, on pense à une volonté de faire simple. Une volonté adulte, un rien surréaliste, mais le langage est soutenu, le vocabulaire assez varié, et pourtant, l'ensemble reste assez hésitant, assez basique (comme les dialogues, qui s'expliquent d'eux-mêmes)...

Du coup le twist me perturbe, un rien deus ex machina quand même pour le coup : la narration renvoie vers des ados, voire des adultes, les réflexions et autres mots pointus utilisés me semblent du coup en décalage total avec la logique de l'histoire. On croit pas vraiment à une narration enfantine, surtout pas en bas âge comme ça semble être le cas (on a pas à faire à des prépubères, on est plus dans les 7, 8 ans pour les plus grands je pense, mais je peux me fourvoyer).

Bref, j'ai pas "cru" à la narration, du coup l'effet de manche Titou ne m'a pas surprise ni dans un sens ni dans l'autre. J'ai fait : ah.
Par contre je la trouve logique, si on poursuit l'idée de l'immersion totale dans l'imaginaire... mais alors les dialogues auraient du suivre... pour que le twist soit vraiment efficace et que tout soit finalement très cohérent... peut-être en instillant de ci-de là quelques pistes surréalistes enfantines (un cheval vert ou un truc décalé de temps en temps : des nids de souris ou des brelans de frites, je sais pas...)? Un peu dans le genre de "on ne va pas aller comme ça à l'ouest jusqu'à la fin des temps..." ce tiret de dialogue tient du génie !

Par contre l'histoire, et le choix de déroulement narratif donc m'ont plus. Je trouve le thème excellent même si je trouve le dernier point de dialogue trop pessimiste. Vu le récit, du début, je m'imagine mal les chasseurs de prime d'un coup devenir des gamers acharnés. Pour avoir un Chasseur de prime à domicile, je verrais plus un autre jeu, avec des choses plus terres à terres ou un dessin... enfin quelque chose qui restait positif et dans la lignée de l'élan du reste.

Ah, et j'aime bien le personnage de Titou dans cette optique par contre. Je le trouve super crédible, et je trouve que Jim, le pauvre, était dans le ton par contre.

Quoi qu'il en soit, ta nouvelle ne laisse pas indifférent.
Elle se lit facilement, sans prise de tête et pour le moment, mon plaisir de lecteur se situant là, j'ai passé un moment de lecture agréable, merci beaucoup pour ça. Et pour l'envie de te commenter qui accompagne le plaisir !

A bientôt ;)

   Donaldo75   
18/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

Je me suis laissé prendre au jeu, comme les trois enfants, alors que quelques signes (du genre l'Indien qui se fait attraper parce que ses plumes dépassent des herbes, quand même c'est gros, j'aurais du le voir) indiquaient que ce n'était pas la réalité.


Et en plus, ces enfants sont mignons, ils y croient encore un peu, ou essaient du moins de rester dans leur monde imaginaire où les chasseurs de primes côtoient des Indiens, des serpents, des bandits le tout dans une folle chevauchée.

La blague sur "être à l'ouest" est savoureuse. C'est bien une réflexion d'enfant.


Bravo !

Don

   hersen   
18/6/2018

   Cat   
20/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai suivi l'histoire de nos trois cow-boys en herbe, le sourire aux lèvres. Il y a quelque chose d'espiègle dans la narration, et puis aussi une certaine douceur qui fait que l'on comprend vite que ce ne sont pas des hommes en vrai. Cette façon de s'obstiner à aller vers l'Ouest tout court, sans but précis, par exemple...

Si tu rajoutes à cela que j'avais lu une fois ou une autre qu'il s'agissait d'enfants – malgré toute ma bonne volonté de ne rien lire avant d'avoir commenté, promis-juré - je n'ai pas été surprise finalement.

Ce qui m'étonne davantage c'est leur grande déception une fois Titou leur mettant les pieds dans le plat "Jim, Tom et Joe étaient sonnés. Un gamin venait de cracher sur leur rêve. ". Je ne suis pas persuadée, du moins dans mes souvenirs, que les enfants jouent en oubliant la réalité. Il me semble qu'on ne la perd jamais de vue, on sait très bien faire la part entre le vrai et le ''pour de faux'' quand on est môme.

Mais cela n'enlève rien à ton écriture toujours aussi agréable.

J'ai bien aimé la virée dans l'avant-hier, les fontes bien garnies.

A te relire, hersen.
Merci

Cat

   papipoete   
26/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour hersen
Le suspense est habilement maintenu autour de ces chasseurs de prime, traquant Bobby la balafre, jusqu'à ce bruit dans le buisson, qui fait tomber le charme de ces cow-boys en culotte courte !
Cela nous renvoie au temps où internet et les vidéo n'existaient pas ; quand les gentils avaient la peau blanche et les méchants des plumes sur un visage coloré !
La découverte du petit frère, écorché dans les épines, est rigolote et touchante à la fois, tout comme la monnaie d'échange avec l'indien ( la voiture rouge de Jim ) !
Bravo !

   Vilmon   
10/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jolie mise en scène. Moi aussi je soupçonnais Bobby, mais la petite voiture rouge a semé le doute : quelque chose cloche...
Une belle approche avec tout juste de description pour se mettre dans l'ambiance. Ça me rappelle mes propres grandes aventures d'enfance ! :-) J'ai bien aimé le rythme et bravo pour avoir bien géré le dialogue à trois.

   izabouille   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai adoré! La chute est magnifique, on ne s'y attend pas du tout. Il y a juste quelques lourdeurs dans votre texte, mais elles ne sont pas dérangeantes. Comme par exemple, mais (c'est mon avis et il est très humble) : "Ils faisaient corps avec leurs montures qui déjà étaient couvertes de sueur", supprimer le "qui" et le "étaient", ça donnerait "Ils faisaient corps avec leurs montures déjà couvertes de sueur", ou encore "Ils étaient figés dans une position incongrue, n’osant bouger de peur de couvrir le bruit venant des buissons." supprimer le "n'osant bouger" car s'ils sont figés, on suppose qu'ils n'osent pas bouger. ça fait un peu répétition. Supprimer aussi quelques "et" ou des "et puis". Votre texte serait aéré et n'en serait, mais ça n'engage que moi, que plus agréable à lire.
Merci pour ce bon moment de lecture


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