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Réalisme/Historique
hersen : GrosJeanJean [concours]
 Publié le 22/02/16  -  21 commentaires  -  8259 caractères  -  159 lectures    Autres textes du même auteur

Mon papy, il m'a demandé : « Alors, Antoine, tu as une amoureuse, à l'école ? » Comme je trouve que c'est très très personnel comme sujet, j'ai préféré lui écrire l'histoire de comment c'est arrivé. Mais attention, c'est une histoire où il y a de la violence et du sexe, mais aussi de l'amour. J'espère que ça va pas lui faire peur. (L'histoire est pas que pour mon papy, vous pouvez la lire aussi.)


GrosJeanJean [concours]


Ce texte est une participation au concours n°20 : Larcin Valentin ! (informations sur ce concours).




La maîtresse, elle nous a dit ce matin-là : « Aujourd'hui c'est la Saint-Valentin. L'amour est une très belle chose, vous comprendrez quand vous serez plus grands, mais je ne veux pas de cartes pendant la classe. La récréation, c'est fait pour ça. Je ne le redirai pas. »


Notre maîtresse, elle est comme ça. On dirait que des fois, elle se force pour dire des choses qu'elle pense pas. Mais en général, on l'aime bien quand même. J'aurais bien voulu qu'en plus elle dise à partir de quelle classe on sera capable de comprendre la Saint-Valentin. Un peu comme les divisions à deux chiffres, tout le monde sait que si t'es pas capable au CE2, t'es mort pour passer en CM1.


C'est pour vous dire que GrosJeanJean, il prenait des risques. Mais pour ça, il craint personne. Il dit tout le temps que son grand-père, il est bûcheron et que la cognée, dans la famille, on sait ce que c'est. Des trucs comme ça, moi ça me fout les jetons. Une famille où tout le monde sait ce que c'est que la cognée, ça doit pas être facile tous les jours.


Alors quand il a fait passer une carte à Nénette, tous ceux qui l'avaient lue en chemin ont eu comme un coup : ça allait chauffer. C'est génial, on s'est tous dit. Des trucs comme ça, c'est comme quand on est au cinéma ; on regarde tout ce qui se passe, on en perd pas une miette. On n'a rien à faire et on est bien occupé à suivre l'histoire.


Nénette, elle est gentille, si on veut, mais elle est surtout jolie. Moi, des fois, quand je la regarde, je me dis un petit peu que le paradis avec des étoiles, ça doit être comme ça. Mais elle est amoureuse de Dédé.


Silence de mort dans la classe. On écoutait pas ce que disait la maîtresse, mais on a tous vu que Nénette, elle a fait non de la tête, après avoir lu la carte. Elle a eu du mérite passeque Lucien Duval, je peux pas trop le piffer, il avait mis son chewing-gum dedans. Quand elle a bien vu que GrosJeanJean la regardait, elle a fait (exprès, j'en suis à peu près sûr) un petit signe de la main à Dédé. Ce qui m'a donné de la sueur, c'est qu'en plus, après le petit signe, elle a souri à GrosJeanJean comme j'aurais pas du tout aimé qu'elle me sourie. Un peu comme fait papa quand le voisin vient se plaindre du bruit de la tondeuse.


Puis ça a été l'heure de la récréation. J'étais sûr que ça allait chauffer rouge !


Nénette, elle était en train de parler à Dédé. Dédé, je l'aime bien, ni plus ni moins. Il fait tous ses devoirs, mais il fait rire personne non plus ; il fait jamais de blagues. Franchement, je comprends pas comment une fille peut être amoureuse de lui.


Ils se méfiaient pas ; y a GrosJeanJean qu'a déboulé, il a même poussé des petits, et ça, c'est interdit par le règlement de l'école, mais la maîtresse, elle a rien vu. La maîtresse, aujourd'hui, elle a pas l'air d'être trop là. On dirait qu'elle pense à autre chose.


Et tout de suite, il s'est mis bien devant Dédé et il a dit :


– Ton grand-père, y fait quoi comme métier ?


Juste ça. Pas en parlant fort, mais net, bien net. Peut-être pour que Dédé ne se fasse pas d'idées.

Pfuittt, on avait tous chaud, dans la cour, même si ça caillait pas mal. Et moi, ben j'aurais pas du tout aimé que GrosJeanJean il s'occupe de ce que fait mon grand-père. (Il est libraire. C'est lui qui me dit que mes histoires elles sont drôlement intéressantes. Mais j'espère que celle-là, elle va pas lui faire trop peur.)


– On est tous différents et nos grands-pères ne sont pas là pour qu'on fasse la même chose qu'eux.


Dédé, à ce moment-là, avait encore l'air sûr de lui.


C'est juste après que ça a commencé à se gâter. Car alors, GrosJeanJean s'est approché, doucement, en prenant bien son temps pour que tout le monde le voie et là, paf, un coup de poing dans le nez. Le sang a tout de suite giclé, c'était super gore. Quand c'est à la télé, maman veut pas que je regarde. Alors là, c'est vous dire si j'étais fin heureux. Mais je m'approchais pas trop quand même passeque maintenant, GrosJeanJean était carrément sur Dédé et il lui donnait plein de coups.


Nous, on connaît GrosJeanJean. Quand il est pas content, il est pas content du tout. Et c'est surtout très triste pour Dédé, passequ'il est pas costaud comme GrosJeanJean. Et ça va vous faire peur, si je vous dis que GrosJeanJean, si on l'appelle deux fois Jean c'est qu'il est drôlement gros qu'on dirait que quand il tape, ils sont deux à vous cogner dessus.


Alors quand Dédé il a été bien ratatiné, y a la maîtresse qu'est arrivée en courant. Moi, je trouvais que c'était un peu tard, mais j'étais bien content quand même passeque pendant que tout le monde s'occupait à se paniquer, eh ben moi, j'ai donné ma carte de Saint-Valentin à Nénette. Et pis je peux vous le dire, elle était drôlement bien contente, elle m'a fait un gros bisou.


Moi, j'aime bien la Saint-Valentin. J'ai demandé à Nénette si elle voulait pas qu'on se marie ; elle a dit que non, elle attendait d'abord de voir comment Dédé il allait se récupérer. Fallait pas trop parier dessus mais je voulais pas lui dire. J'espérais qu'il allait pas trop se remettre avant la fin de la récré.


Et aussi, quand elle m'a dit non, j'ai eu un petit peu envie de pleurer. Mais pas longtemps passeque j'ai eu une idée : je lui ai demandé si elle voulait bien me montrer sa culotte. Et comme elle a dit oui, eh ben j'étais drôlement content.


Mais j'ai quand même fait très attention de savoir où était GrosJeanJean, même s'il était bien occupé à ce moment-là.


On a été un peu plus loin, de toute façon tout le monde était autour de la maîtresse et Dédé et GrosJeanJean. La bagarre m'intéressait plus tellement.


Dans un coin sous le préau, Nénette m'a alors montré un petit bout de sa culotte. Mais comme il faisait froid, elle a pas voulu enlever son pantalon. Moi, je la comprenais. Alors on s'est mis d'accord : elle m'a montré un bout de l'élastique, qui était rose, et elle a décrit les dessins (que je pouvais pas voir, puisqu'elle avait son pantalon). Des Hello Kitty, elle m'a dit. Sur le coup, j'ai pas été trop fan, ça fait quand même vraiment truc de filles, des Hello Kitty. Mais j'ai réfléchi : après tout, je lui ai demandé de voir sa culotte parce qu'elle est une fille. Alors c'est logique qu'elle me montre une culotte de fille. La maîtresse, elle dit toujours qu'il faut être logique.


Puis on est revenus vers les autres et là, devinez quoi ? Nénette elle se précipite vers Dédé, qui était maintenant debout et avait du sang sur son anorak et elle lui a pris la main. J'ai rien compris !


GrosJeanJean, lui, j'ai pensé qu'il devra appeler son grand-père. Je savais pas s'il allait pouvoir s'en sortir tout seul avec la maîtresse, elle avait pas l'air contente.


J'étais là, à rien faire, à me dire qu'on avait eu une chouette récré, quand quelqu'un me tapote le dos. Et c'était qui, à votre avis ? Eh ben c'était Lisa. Et vous savez quoi ? Eh ben elle avait une carte de Saint-Valentin pour moi. Je savais pas quoi dire, c'est dommage passeque Lisa, c'est bien plus que les étoiles de Nénette. Lisa, c'est un grand soleil tout beau. Alors je lui ai fait un bisou. Et je lui ai pas demandé de voir sa culotte, passeque c'était pas important. L'important, c'était qu'elle me donne la main.


La maîtresse, elle dit toujours qu'une bonne histoire doit avoir une fin bien claire pour qu'on comprenne l'idée de celui qui écrit. Et qu'il faut faire très attention au dernier mot qui va donner de la force à l'histoire.


Alors, je dirais que la Saint-Valentin, c'est pas toujours gagné d'avance. Mais moi, j'ai pas à me plaindre : j'ai pas eu de sang sur mon blouson, ma mère a été contente (quand elle a su toute l'histoire de ce jour-là à l'école), et j'ai bien vu que je me débrouille drôlement bien avec les filles. Mais que surtout, et là, je vous fais de la prévention comme quand la Croix-Rouge elle vient à l'école, il faut jamais oublier que la Saint-Valentin, c'est aussi du danger.


______________________________________________

Ce texte a été publié avec des mots protégés par PTS.


 
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   vendularge   
7/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Alors, j'aime beaucoup cette histoire qui m'a fait sourire du début à la fin, c'est trop mignon..;)

Un petit bémol pour:

"On est tous différents et nos grands-pères ne sont pas là pour qu'on fasse la même chose qu'eux."

qui dans le contexte linguistique est plutôt une phrase mature.

Rafraîchissant, bien que les scènes de sexe soient un peu osées....;))

Un grand merci, bravo

   Jano   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Surprenant de placer la Saint-Valentin dans une cour d'école. Du coup l'aspect "gore" est limité, un nez en sang et c'est tout. Pas d'angoisse ni de tension dramatique. C'est mon seul reproche, sinon l'histoire est bien rédigée dans le ton d'enfants de cet âge. Ça sonne plutôt juste.

   Anonyme   
12/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une bien belle histoire que vous nous contez là. Une Saint-Valentin dans une cour d'école, c'est peu banal. Je trouve les scènes et les propos très justes, sans cliché. Le tout est joliment écrit, vraiment, et j'ai passé un bon moment, alors merci.

Wall-E

   macaron   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il fallait y penser! Une très bonne idée cette St-Valentin chez nos mioches. C'est drôle, tendre, on tremble un peu... si si, et puis le style est impeccable et donne à l'histoire toute sa fraîcheur. Beaucoup aimé.

   Bidis   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’avais déjà observé qu’Hersen a souvent un humour délicieux. Dans ce texte-ci, elle nous régale.
Mention spéciale pour « … qu'elle me sourie. Un peu comme fait papa quand le voisin vient se plaindre du bruit de la tondeuse. » : je trouve que c’est assez difficile à trouver, de bonnes comparaisons. Donc, ici, j’applaudis.
Et du "gore" en cour de récré, il fallait y penser.

   Pepito   
22/2/2016
Bonjour Hersen,

Forme : difficile d'imiter le langage d'enfant, j'ai déjà fait le test.
"je trouve que c'est très très personnel comme sujet"
"règlement de l'école"
"nos grands-pères ne sont pas là pour qu'on fasse la même chose qu'eux"
...
Donc, quelques écarts, mais vous vous en sortez bien.

Fond : mimi comme tout
"Mais pas longtemps passeque j'ai eu une idée : je lui ai demandé si elle voulait bien me montrer sa culotte." ha, l'amour, l'amour... toujours l'amour ! ;=)
"passeque c'était pas important. L'important, c'était qu'elle me donne la main." ha, l'amour, l'amour... toujours l'amour ! ;=(

Bon, j'ai serré les fesses avec l’ancêtre "bûcheron", je voyais vraiment arriver du gôôôre... ouf ! Juste une bagarre d'enfant. Curieux que la Maman ait été contente de "l'histoire", cela reste quand même une bagarre.

Merci pour la lecture.

Pepito

   Robot   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà une histoire genre bédé TITEUF (et ce n'est pas péjoratif dans mon esprit.) Description d'un monde enfantin avec ses questions et ses visions. Je n'ai pas perdu une miette de ce récit durant lequel je n'ai pas trouvé de longueurs comme il sied à une nouvelle.
C'est une lecture sympa.

   alvinabec   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hersen,
Les réflexions enfantines, c'est sans doute un des exercices littéraires les plus ardus et je dois dire que vous passez le 'test' haut la main.

Au fil de ma lecture j'ai relevé des trouvailles intéressantes comme 'comprendre la St Valentin...comme les divisions à deux chiffres' espiègle; 'le sourire comme celui de Papa', mordant;'on avait tous chaud même si ça caillait', coulant; 'Jeanjean...tellement gros', image nature...

La chute est juste très drôle.

Une interrogation: 'la maîtresse...pense à autre chose', j'ai cru à une pierre d'attente...et puis rien ne vient de ce côté-là.

Un bémol: 'je me dis un petit peu que le paradis...' m'a semblé au-dessus du langage employé par Antoine.

A vous lire...

   veldar   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen

Trop mignon. Et tendre. J'en ai repris trois fois rien que pour le plaisir.
Il y a des moments où je me suis dit que certaines formulations ne pouvaient pas avoir été pensées ou écrites par un p'tit gars du CE2 mais depuis que j'ai lu "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" je m'interdis ce genre de remarques. Ces petits personnages sont vraiment trop chou et vous avez du talent puisque deux ou trois traits de crayon vous ont suffit à bien dégager les personnalités. C'est joli, personne n'a été oublié, tout le monde à sa silhouette. Yapuka les remplir de couleur.
Enchanté par cette lecture.
Merci

   Vincendix   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une histoire qui m’a fait remonter le temps de plusieurs décennies, je crois qu’un tel fait-divers dans la cour d’une école aurait, maintenant, la une du quotidien local avec un titre accrocheur, genre : « la violence n’attend pas le nombre des années ».

J’en ai connu des pifs saignants à la récré, y compris le mien, parfois suite à une simple pichenette, les garçons sont prédisposés aux épistaxis.

Quant à Nenette, elle n’était pas généreuse, découvrant une trop faible partie de sa petite culotte, par contre quel grand cœur !

Quelques petites maladresses narratives mais je juge sur l’ensemble et j’ai apprécié.

   Automnale   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme c’est mignon ! On s’y croirait ! Mais attention à GrosJeanJean ! Son grand-père, il est bûcheron, quand même ! Et la cognée, dans sa famille, on sait ce que c’est !

Tout commence donc par la carte que GrosJeanJean a, en classe, fait passer à Nénette… Nénette qui est amoureuse de Dédé… Alors, après avoir lu la carte de GrosJeanJean, elle a fait « non » de la tête… Même que Lucien Duval avait mis exprès son chewing-gum sur la carte… Quant à la maîtresse, ce jour de la Saint-Valentin, elle semblait avoir la tête ailleurs… Dans la cour de récréation, Dédé parlait à Nénette, ce qui a déplu à GrosJeanJean… Une terrible bagarre, entre eux deux, a commencé… Ce fut super gore... Antoine a profité de l’occasion pour demander à Nénette de lui montrer sa culotte… Une culotte avec un élastique rose et des dessins « Hello Kitty », un truc de filles ! Ensuite, eh bien Nénette s’est précipitée vers Dédé, et elle lui a pris la main. A n’y rien comprendre… Mais ce n’est pas tout… Lisa, elle, a donné sa carte de Saint-Valentin à Antoine et… lui a pris la main... Quelle journée ! Mais n’oublions jamais que la Saint-Valentin c’est aussi du danger.

Ah oui, c’est vraiment mignon, frais. Les traits des petits personnages sont légers, jamais forcés. Tout est raconté avec infiniment de finesse et de justesse.

Je me permets juste de relever deux infimes détails :
- En incipit, l’auteur (e) indique, au nom du petit Antoine, que l’histoire a été écrite à l’intention de son grand-père… Or l’enfant, d’une part, s’exprime en vouvoyant son grand-père, d’autre part, lui apprend même qu’il est libraire...
- Les parenthèses... Les trouvant superflues (il est libraire. C’est lui qui me dit que… - Quand elle a su toute l’histoire de ce jour-là…), je les enlèverais… Plus exactement, je propose de les enlever.

Passeque… j’ai eu un coup de cœur pour cette histoire tellement rafraîchissante, je la conserve précieusement dans la perspective du podium du concours.

Merci, Hersen, pour ce délicieux et original moment de lecture.

   carbona   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,

Un bon texte vraiment plaisant avec tous les ingrédients : tendresse, action, et surtout humour ! Ce n'est pas souvent qu'on sourit et qu'on rit devant un texte alors là on se régale, un peu à l'image des Titeuf ou du P'tit Spirou, c'est vrai qu'il ne nous manque plus que les illustrations. Mais c'est encore mieux sans car j'adore imaginer la tête de Nénette quand elle reçoit la carte de GrosJeanJean ou encore la tête de GrosJeanJean quand il va trouver Dédé. J'adore aussi la cognée, c'est fort et drôle à la fois.

Je pense que ce texte tire sa force de la vision idéalisée que nous, adultes, nous pouvons nous faire de l'enfance et qui nous (re)plonge avec bonheur dans l'innocence perdue mais surtout rêvée de cette période de notre vie. Car si pour nous c'est amusant, je pense que le Dédé par exemple va s'en souvenir toute sa vie de sa râclée !

Cette scène de théâtre qu'est l'enceinte de l'école est très bien décrite. Dans toutes les classes, on a un GrosJeanJean, une Nénette, un Dédé et un Antoine : chapeau bas pour le profil des personnages qui, en peu de mots, prennent vie.

Et puis ce que j'ai beaucoup aimé dans ce texte, c'est que z'ai pu m'identifier à fond à Nénette, et ça c'est grâce aux petits détails qui construisent les personnages comme la culotte Hello Kitty ;)

Merci pour cette agréable lecture !

   Ananas   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

J'ai beaucoup aimé votre nouvelle, très fraîche, très bien écrite.
Le style colle parfaitement avec le récit, la narration est presque toujours (j'ergote sur quelques phrases déplacées dans le contexte, avec un vocable un rien trop recherché pour ce petit rejeton, mais ma fille dit que l'alcool c'est toxique depuis qu'elle a 2 ans 1/2 donc je peux encore faire l'impasse dessus) en adéquation avec le narrateur, et l'histoire en soi est juste choupi en diable !

Rien trop à en redire, si ce n'est qu'il est agréable de lire ce genre de St Valentin, qui nous rappelle un peu ce qu'est l'essentiel.

La fin, surtout, est assez bien trouvée, mais je me suis régalée du début à la fin !

Merci pour ce joli récit, qui fera peut-être un peu peur à son papy mais qui est effectivement - il a raison - intéressante :)

Bonne chance pour le concours !

   aldenor   
22/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très sympathique. Le monde de l’enfance est bien recréé ; le ton du narrateur est convaincant. Et puis, il y a des trouvailles, qui surprennent et amusent :
« ...comprendre la Saint-Valentin. Un peu comme les divisions à deux chiffres... »
« ...tous ceux qui l'avaient lue en chemin... » : En peu de mots, on imagine le parcours de la carte de main en main, le remue-ménage...
La notion d’un sourire qu’on n’aimerait pas recevoir ! Que Nénette lance à GrosJeanjean « comme fait papa quand le voisin vient se plaindre du bruit de la tondeuse. »
« GrosJeanJean, si on l'appelle deux fois Jean c'est qu'il est drôlement gros qu'on dirait que quand il tape, ils sont deux à vous cogner dessus. »
« J'ai rien compris ! » s’exclame le narrateur quand Nénette prend la main de Dédé. Le lecteur est lui aussi perdu par ces liens qui se nouent et se dénouent entre les protagonistes sans explication. Et c’est bien vu, les motivations sont enfantines, spontanées...
« La maîtresse, elle dit toujours qu'une bonne histoire doit avoir une fin bien claire pour qu'on comprenne l'idée de celui qui écrit. » amène bien le mot de la fin : « la Saint-Valentin, c'est aussi du danger. » !

   melvin   
23/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen
Merci et bravo pour ce texte.
La St Valentin saisie par le regard – pas toujours innocent – de l’enfance dans l’atmosphère acidulée d’une cour de récré. Je me suis laissé emporter par la force évocatrice de votre récit. En vous lisant, des lieux et des visages presque oubliés se sont éveillés … votre nouvelle agit en madeleine au parfum de cannelle et de citron ;=)
J’aime beaucoup, le contraste entre le ressenti des enfants et celui de leur maitresse ; l’intrusion d’une certaine gravité que vous installez, l’air de rien, par petites touches.
Alors, même si quelques - rares - formulations sont un peu soutenues dans la bouche des enfants (de CE2 ?), si les prénoms/surnoms un peu datés (comment ne pas penser à Sempé) ce ne sont que des détails de peu d’importance face à la magie évocatrice de votre récit.

   Pouet   
25/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien
L'écriture est bien sympatoche dans le genre petit Gibus.

Le personnage de GrosJeanJean dans le style brute épaisse est bien campé, on s'imagine parfaitement Nénette en adorable petite peste qui affole les sens des gamins pré-pubères et le narrateur en observateur privilégié qui va trouver son "grand soleil tout beau" en la personne de Lisa...

Sur le fond j'ai trouvé ça tout mignon et en ce sens je me demande si le thème du concours est bien respecté. Car bon dédé se prend une dérouillée mais ça reste un peu soft.

Mais j'ai passé un agréable moment à vous lire et c'est bien là le principal.

   stony   
27/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est mignon tout plein. Faut dire que je suis un très bon client des textes narrés par des enfants.

A la fin, je me suis dit qu'il n'y avait quand même pas grand-chose, dans cette histoire. Et puis non, tiens, y a pas besoin d'en faire des tonnes.

D'ailleurs, je vais vous dire... pour que vous sachiez qu'à un moment, j'ai basculé de la lecture-analyse vers la lecture-implication... J'ai lu "Moi, je trouvais que c'était un peu tard, mais j'étais bien content quand même passeque pendant que tout le monde s'occupait à se paniquer, eh ben moi, j'ai donné ma carte de Saint-Valentin à Nénette." Eh ben, vous savez quoi ? Heu... oh, et puis zut, j'ai pas honte de le dire : je me suis dit "Mais il est complètement con, ce môme, ça va chauffer pour ses fesses, quand le GrosJeanJean aura retrouvé du temps pour s'occuper de lui". Ben oui, je me suis dit ça. Puis, j'ai lu "Et pis je peux vous le dire, elle était drôlement bien contente, elle m'a fait un gros bisou." Là, je me suis dit "Ca va, quoi qu'il arrive, il aura pas fait ça pour des prunes".

J'ai juste été étonné en apprenant que la mère avait apprécié, mais pourquoi pas, je suis pas spécialiste en mères.

Lecture très plaisante, donc.

   Coline-Dé   
3/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Alors là, je ne dirai que deux mots : BRA-VO !
Parce que ce n'est pas facile du tout d'avoir cette justesse de ton et de restituer un parler et des points de vue enfantins avec cette drôlerie !
Dès l'incipit, c'était dans la poche !
Bien sûr, on ne peut pas ne pas penser au Petit Nicolas ( le vrai... enfin, je veux dire celui de la BD ) ! Mais j'avais rarement vu un texte qui aurait mérité d'y figurer avant celui-ci !
L'histoire de la culotte ( de fille !) est délicieuse et la phrase de fin figurera dans mon anthologie personnelle des mots d'enfants :
"Mais que surtout, et là, je vous fais de la prévention comme quand la Croix-Rouge elle vient à l'école, il faut jamais oublier que la Saint-Valentin, c'est aussi du danger."

   hersen   
7/3/2016

   Anonyme   
23/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Difficile exercice que de faire s'exprimer des enfants ! Chapeau de vous y être attelé ! Votre texte m'a fait sourire. Par contre, je n'ai pas ressenti la montée en puissance de la colère de GrosJeanJean, ni la teneur des enjeux pour ces enfants. Et puis je n'ai pas su pourquoi la maitresse était un peu absente ce jour là; cette délicate question est restée en suspend dans ma tête (ce qui pourrait faire l'objet d'une écriture à plusieurs : chacun prend un des personnages de l' histoire d'un autre ... !). Peut-être qu'une histoire en symétrie, ou en miroir, entre vos enfants et leur maîtresse serait captivante ?
De plus, après votre annonce de récit écrit qu'un enfant ferait à son grand-père, j'ai été un peu déroutée car je n'ai pas vu l'aspect récit d'enfant.
La lecture de votre travail m'a plu tout en me laissant sur ma faim. C'est bon signe qu'une lectrice ait envie d'en lire plus, non ?!

   matcauth   
22/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

il y a des choses très bien dans ce texte, comme ces petits traits d'humour, l'ambiance générale qui secoue les souvenirs. Le tout est bien écrit avec toujours cette manière d'aérer le texte afin que les mots diffusent leur contenu avec plus de facilité.

Les remarques du héros me semblent parfois peu justes, comme
"je me dis un petit peu que le paradis avec des étoiles, ça doit être comme ça." Est-ce que les enfants disent ça. Peut-être, mais moi je ne pense pas. Pour moi, quand un enfant écrit une histoire, il y a toujours du rêve et de l'imaginaire, ça part toujours assez loin, il n'y a pas cette maturité.
"On est tous différents et nos grands-pères ne sont pas là pour qu'on fasse la même chose qu'eux"

Donc le point de vue du héros ne colle pas, selon moi.

J'aurais plus vu Dédé s'appeler "GrosJean" car c'est un peu lui le dindon de la farce. Non ?

Un peu de gore à l'école, ça ne fait pas de mal. Mais vous auriez pu pousser loin, plus loin, très loin, du sang partout, en faire des tonnes... non, j'arrête, on va pas encore repartir sur ce sujet !

Je note l'écriture, le rythme, l'histoire, aussi, et les images du passé, très justes. Je regrette finalement que la personne qui écrit l'histoire ne soit pas, à mes yeux, celle qu'il faudrait.


Oniris Copyright © 2007-2017