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Humour/Détente
Jean-Claude : Je hais le métal
 Publié le 30/12/17  -  11 commentaires  -  4727 caractères  -  83 lectures    Autres textes du même auteur

À vos risques et périls...


Je hais le métal


Des roulements de tambour des giboulées aux douces mélodies des ondées, la pluie recèle une infinité de musiques, mais, sur un fond sonore métallisé, elles sont inaudibles. Je hais le métal. Avec cette musique qui vous froisse de la tôle sur les tympans, il est impossible d’entendre la moindre averse. Même un déluge qui martèle le toit de la voiture est noyé dans les riffs de guitare sanglants. Plus de douce mélopée ni de violente symphonie. C’est de la déshumidification sonore.


Pourtant, ce n’est pas pour cette raison que je hais le métal. Je hais le métal depuis qu’il m’a harcelé sur NeckBook. Au début, je ne savais pas pourquoi NeckBook ne cessait de m’informer sur tel ou tel groupe de métal, de me proposer leurs vidéos ou leurs morceaux, de me signaler leurs concerts, et même de me déballer les potins qui vont avec. La goutte de métal qui a fait déborder mon réseau social !


J’ai réfléchi à ce que j’avais bien pu faire. Bien sûr, j’avais accepté de recevoir des fils d’informations personnalisées mais je m’attendais à ce que celles-ci tournent autour de mes centres d’intérêts, éventuellement de mes recherches. Le métal s’est imposé. Je l’ai d’abord toléré mais j’en ai vite eu assez. J’ai réagi. Je me suis désabonné de fils qui me paraissaient suspects. En vain. J’ai donc cherché à comprendre. Et j’ai compris.


Le problème ne venait pas de moi mais de mes amis NeckBook. J’avais beaucoup d’amis. Trop, sûrement. Et un certain nombre d’entre eux aimaient le métal. Malheureusement pour moi. La solution était donc toute trouvée. Il fallait identifier et supprimer ces amis.


Je ne vous l’ai pas dit. L’informatique est mon métier. Oui. Je sais. Je vous vous dis ça comme si je vous disais que la mort est mon métier. En l’occurrence, ce n’est pas tout à fait par hasard. Et je suis opiniâtre, n’en doutez pas.


J’ai passé beaucoup de temps à explorer et à analyser les pages de mes amis NeckBook, même les plus secrètes. J’ai identifié les amis fautifs d’aimer le métal. J’ai d’abord pensé les radier de mes relations mais j’ai réalisé qu’ils resteraient amis de mes amis. Les moteurs de recherche continueraient à les prendre en compte. Il me fallait une solution plus radicale.


J’ai dû me faire un peu aider pour élaborer le bon algorithme mais, une fois qu’il a été au point, j’ai pu remonter les adresses IP de la plupart des coupables et, le plus intéressant, retrouver leurs adresses réelles. Alors, j’ai commencé le ménage.


Comme toujours, le premier pas a été le plus difficile. Le marteau n’est pas des plus élégants mais il est efficace pour défoncer un crâne et il représente une belle métaphore du métal. Quand mon premier ami a ouvert la porte de son appartement, j’ai hésité. C’était un cousin. Il habitait à deux pâtés de maisons de chez moi. Il m’a bêtement regardé lever mon marteau. Il est resté pantois. J’ai failli l’épargner.


Au fur et à mesure, je suis devenu un virtuose du marteau. Pourtant, ma tâche n’a pas été facile car être un ami NeckBook ne signifie pas une proximité géographique. J’ai parcouru la France et une partie de l’Europe. J’ai parié que mes rares amis outre-Atlantique avaient un impact limité.


J’ai eu quelques déboires. Un grand costaud a failli avoir ma peau. J’ai échappé de peu à un contrôle de police. J’ai été poursuivi par les camarades d’une de mes victimes. Et d’autres bricoles. Il m’arrivait souvent de tomber sur plusieurs personnes à une même adresse, une famille ou des colocataires. Alors je patientais, parfois longtemps, jusqu'à ce que ma cible soit isolée. Il n’y a jamais eu de dommage collatéral. J’en suis heureux.


Quand j’en eus fini avec ma liste, quarante-sept personnes exactement, j’ai constaté que les spams relatifs au métal s’espaçaient, que j’en recevais moins. Mais ils ne disparaissaient pas. Par conséquent, je me suis intéressé aux amis de mes amis. Ce nettoyage m’a pris encore plus de temps. J’ai même dû changer de marteau.


Aujourd'hui, je suis tranquille. Plus de métal. Mon compte NeckBook est propre. Enfin presque. Je viens de récolter un autre type de harcèlement. Encore un centre d’intérêt qui ne me concerne pas et que je n’ai pas sollicité. Je hais les moteurs de recherche, si je pouvais… Mais je ne peux pas. Je vais devoir me contenter d’agir sur ceux qui sont à l’origine de cette pollution. C’était peut-être une prémonition, je n’ai pas rangé mon marteau. Il est là, à côté de mon clavier.


Et ce harcèlement ? Figurez-vous que, depuis peu, je ne cesse de recevoir des alertes pour indiquer la publication de nouvelles ou de poèmes, agrémentés d’avis et de commentaires, la création de discussions sur les textes ou l’ajout de messages dans les forums… Je hais la littérature.


 
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   plumette   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Vous auriez tout aussi bien pu faire figurer ce texte dans la catégorie humour.

je tremble à l'idée de recevoir une visite peu amène car fréquentant assidûment un site littéraire de qualité et de renom, je suis sûrement une amie d'amis!

j'ai souri aux mésaventures paradoxales de cet accro aux relations sur internet qui, débordé par le trop plein de sollicitations mal ciblées
n'y va pas par quatre chemins et s'invente ainsi un but dans la vie.

Bienvenue en absurdie!

Plumette

   Tadiou   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
(Lu et commenté en EL)

L’histoire est linéaire et répétitive, d’où une impression de monotonie malgré la faible taille du texte et malgré une écriture vive et enjouée.

Cela me semble abracadabrantesque, de tels carnages mondiaux pour de l’informatique….

On ne sait rien sur ce serial killer. Pourquoi est-il ainsi ? Du coup cela semble gratuit, comme un exercice de style.

La fin me semble un clin d’œil onirisien un peu GROS !!

Désolé, je n’ai pas apprécié. Une autre fois peut-être.

En tout état de cause, merci pour cette lecture et à vous relire.

Tadiou

   Asrya   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je prends les risques.

Une idée originale et sympathique plutôt bien servie par ce texte court. L'écriture est de qualité et j'aurais tendance à en demander davantage du coup.
C'est un poil frustrant de s'arrêter si tôt alors que l'on vous suit avec plaisir et qu'un peu plus d'aventures, d'actions, de rebondissements, de recherches auraient probablement étayés votre nouvelle et lui aurait donné une dimension encore plus grande. Bon, dommage.

Pourquoi le marteau ? Symbolique pour le métal ? Mouais... c'est quand même pas ce qu'il y a de plus rapide ! C'est votre choix mais... ça ne me paraît être le plus efficace.
Qui plus est, on y croit moyennement à toute cette succession de meurtre les uns après les autres ; d'ailleurs pourquoi en arriver à de telles proportions ? J'imagine que pour un informaticien, il y a bien d'autres moyens pour nuire aux adresses IP d'autrui et en finir avec ce harcèlement de métal.
Bon... c'est pour servir l'histoire évidemment mais... j'imagine qu'il y a autre chose de plus raisonné.
Passons.

J'ai passé un agréable moment à vous lire, merci pour cela,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Dans d'autres risques,
Et périls,
Asrya.

   Thimul   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, c'est un peu excessif mais qu'est ce que c'est bien !
L'humour grinçant et cynique de cette histoire me va tout à fait.
Bien évidemment ce n'est pas sans rapport avec le fait que j'adore les histoires de dingues.
La fin sous forme d'une plongée en abîme est également bien trouvée.
Un très agréable moment de lecture.

   Jano   
30/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Ne pas aimer le metal (que je préfère sans accent), c'est possible ça ? Je reconnais qu'on y trouve énormément de daubes mais il y a quand même dans le lot quelques vrais musiciens :-)
Ceci dit, malgré une idée originale, le texte sonne un peu creux. J'ai l'impression qu'il a été vite expédié, à l'image du héros qui distribue ses coups de marteau gratuitement. Ça manque de subtilité, de développement, alors qu'il y avait moyen d'exploiter davantage la représentation des amis envahisseurs. Une dérive des réseaux sociaux qui aurait mérité un traitement plus approfondi, car même au niveau de l'humour le texte ne fait pas vraiment sourire.
Rien à dire sur une bonne écriture.

   Donaldo75   
30/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Jean-Claude,

J'ai beaucoup aimé les excès de ce texte; ils appuient sur de vraies scories de notre société tout en étant gravement rock, voire punk.

Les trouvailles sont nombreuses:
"Neckbook"
"Je vous vous dis ça comme si je vous disais que la mort est mon métier. " où j'ai vu un hommage au fameux roman de Robert Merle.
"
"je ne cesse de recevoir des alertes pour indiquer la publication de nouvelles ou de poèmes, agrémentés d’avis et de commentaires, la création de discussions sur les textes ou l’ajout de messages dans les forums" ... de quoi parles-tu, au fait ?
"Je hais la littérature" ... tu m'étonnes !

C'est relevé, jouissif, court, l'inverse du truc bavard et insipide que je me suis coltiné ce matin.

Bravo !

Donaldo

PS: j'ai écrit ce commentaire en écoutant "If you want blood (you've got it)" du groupe AC-DC, histoire de me mettre dans l'ambiance.

   kreivi   
3/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
" la pluie recèle une infinité de musiques"
J'adore cette introduction à l'histoire. (c'est l'introduction qui donne l'envie ou la désenvie de lire).
Alors j'ai lu. L'écriture porte bien l'histoire comme l'eau va à la mer. J'ai assez aimé.

Je vous conseillerais de frapper votre ordinateur d'un coup de marteau. Cela vous évitera ces cauchemars professionnels.

   Eccar   
10/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
C'est plutôt efficace comme démarche, dites donc. Supprimer ces "amis" virtuels de cette façon ne m'avait pas titillé le bulbe. C'est tellement bien fait votre petite histoire que je ne pense plus ouvrir ma porte à des inconnus; d'ailleurs, j'ai moi-même opté depuis des lustres pour la bonne vieille masse de 2,5kgs, et cela bien avant Internet. "Les amis de mes amis"... si vous voyez ce que je veux dire... personnes ô combien indésirables.
C'est bien écrit. C'est rythmé. C'est drôle. C'est actuel.
J'espère juste que cette idée ne fera pas le tour du Net... Oh, et puis si après tout, le ménage se fera rapidement et ainsi une nouvelle ère pourra commencer. Car le pire de notre civilisation est cette surpopulation humaine, tous nos maux viennent de là. Pollution, surexploitation des ressources et des êtres, réchauffement climatique, paupérisme, famine, mauvaise éducation,...
Je n'y crois pas... Je viens de prendre conscience de cela. Votre nouvelle est une oeuvre de salubrité publique. La solution est là. Alléluia !!

Bravo pour cet éclat de rire matinal et encore merci.

   Jean-Claude   
10/1/2018

   Rincedalle   
12/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Comme certains l'ont dit avant moi, cette nouvelle est assez linéaire mais j'ai pris ce défaut pour une qualité car cela donne une impression de normalité qui plonge le lecteur dans une vérité décalée. Bienvenue en absurdie. C'est la démonstration par l'absurde que les gens peuvent se compliquer la vie. Pourquoi ne pas supprimer son compte Nekbook? Pourquoi utiliser un marteau? Sincèrement, cet ustensile n'est vraiment pas pratique. Pour ma part, j'utilise un piolet traction.

   trevorReznik   
18/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup cette idée de s'attaquer aux problèmes des indésirables virtuels de manière manuelle (je trouve que ça pourrait même être un pitch de roman).
J'ai trouvé le début un peu laborieux : peut-être qu'un intérêt autre que le Metal* aurait été plus inspirant (les posts de chatons) ? Mais à partir du moment où le narrateur commence à jouer du marteau, c'est plutôt amusant. Et j'ai souri au petit clin d'œil final.

* Mais bon, c'est peut-être parce que je suis sensible aux grosses guitares et que je me suis senti personnellement froissé par certaines descriptions :)


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