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Sentimental/Romanesque
rosebud : Marthe et Roger
 Publié le 05/11/12  -  16 commentaires  -  10698 caractères  -  139 lectures    Autres textes du même auteur

Un deuil à retardement.


Marthe et Roger


Marthe était morte. On l’avait enterrée avant-hier.


Marthe et Roger auraient eu quarante ans de vie commune dans deux mois. Mais Marthe était morte. Depuis toujours, il était convenu entre eux qu’il partirait le premier puisque, bien entendu, les hommes partent toujours les premiers et que le tableau génétique de la famille de Roger lui donnait un handicap insurmontable au départ. Les cardiaques chez lui, les centenaires chez elle ; c’était couru d’avance. Et puis, deux mois plus tôt, elle s’était plainte de douleurs dans le dos et le verdict avait été brutal : cancer de l’estomac qui s’était révélé métastasé. Marthe n’avait survécu que quelques semaines.


Roger n’avait jamais envisagé la fin de l’histoire ainsi. Il n’envisageait d’ailleurs pas de fin du tout, puisque dans tous les vieux couples débarrassés du sordide de la jalousie et de l’hystérie de la passion, et ayant patiemment, calmement gagné en sérénité, on cesse de scruter l’avenir avec inquiétude. Il se trouvait « désarçonné » – c’est le mot qui lui venait alors qu’il arpentait les pièces de sa maison et en se demandant par quel bout recommencer.


Il repensait à la collation où il avait rassemblé les proches après l’enterrement, dans le café du village. Il y avait des brioches et du vin blanc. Il se souvenait avoir ri en évoquant de vieux souvenirs avec des cousins qu’il n’avait plus revus depuis des lustres. Son rire avait été assez sonore pour qu’on l’entendît dans toute la salle, ou du moins, il lui avait semblé qu’on n’avait entendu que lui. Et il avait eu honte de sa joie hors de propos ; pourtant sa joie était sincère. Il n’y a finalement qu’une rage de dents pour vous contenir dans la forteresse de la souffrance, pensait-il. Je viens de perdre ma femme et je suis capable de rire au sortir du cimetière.

Cette nuit-là et les suivantes, il perdit le sommeil. Il se réveillait en sursaut une heure après s’être endormi et il lui semblait recouvrer d’un coup sa conscience diurne, comme si son endormissement n’avait duré que le temps d’un battement de paupières. Ce n’était pas l’absence du petit nid chaud creusé par le corps de Marthe dans le lit qui l’alertait subitement. C’était plutôt l’absence d’alerte qui le contrariait. Couché sur le dos, il scrutait le plafond et se demandait pourquoi il n’était pas plus malheureux. « Je suis insoutenablement léger », se disait-il. Il s’en sentait coupable et il se cherchait des noises pendant des heures. Il instruisait son procès à charge sur son indifférence et la sécheresse de son cœur. Il en venait à douter de sa douleur.


Pourtant, le couple qu’il avait formé avec Marthe avait atteint une sorte de perfection qu’il n’est pas si rare d’observer dans les unions, si elles ne se sont pas décomposées avant. Leurs caractères étaient aussi dissemblables que possible – Marthe était extravertie, aimait sortir, aimait recevoir, connaissait tout le monde, était engagée dans plusieurs associations. Elle regardait les séries télévisées les plus niaises avec délectation et voyait l’art et la culture en général avec une espèce de circonspection qui la faisait reculer comme à l’approche d’un danger inconnu. Roger était rétif à tout attroupement autour de quoi que ce fût : fête, mariage, meeting, soirée, cocktail. Il aimait les livres, la solitude et Marthe. Il adorait qu’elle le gourmande en le traitant d’ours mal léché. Avec les années, le modèle de couple accompli lui était apparu comme étant l’affinité entre deux personnes souhaitant vivre ensemble, mais n’ayant aucun point commun, hormis le désir de laisser à l’autre l’autonomie de sa propre conduite, croyant avec foi que cette liberté n’est pas prétexte à libertinage. Cet accord tacite de vie commune leur avait si bien réussi qu’ils étaient toujours restés fidèles l’un à l’autre, et continuaient à se trouver des charmes charnels qu’ils s’étonnaient de se découvrir encore. Parfois, ils se disaient avec orgueil qu’ils avaient eu du talent et ils y trouvaient du contentement.


Roger regrettait vainement de ne pas s’être préparé à cet événement. Mais se prépare-t-on à un deuil comme on prépare sa retraite ? Sa retraite de cadre de l’industrie, il ne l’avait d’ailleurs pas préparée non plus. Il l’avait attendue avec impatience pendant plusieurs années, depuis que les réunions de direction avaient commencé à le lasser : les discussions autour de la stratégie industrielle à adopter, les approximations, les revirements, tout cela lui avait paru de plus en plus insupportable, vain et pour tout dire insignifiant. Il se laissait glisser avec douceur et passivité dans la peau du retraité, confiant dans ce qu’à partir du moment où on lui ficherait enfin la paix, cela suffirait à son bonheur. Il lui était inenvisageable de sortir d’une organisation qui lui pesait, pour entrer dans une autre qu’il se serait forgée lui-même. Mais Marthe s’alarmait : « Tu ne sais rien faire de tes dix doigts, tu n’as jamais pêché un poisson de ta vie, si je ne te sortais pas, tu n’aurais même pas d’ami. Que vas-tu faire de tes journées ? Je te préviens, si tu te mets à boire, je te quitte ! » Et elle l’embrassait dans le cou. Il souriait.


Roger ne s’était pas trompé. Il goûtait sa retraite depuis deux ans avec délectation, sans plan, sans calcul et sans ennui. Il aurait été incapable de dire ce qu’il comptait faire le lendemain et il s’en réjouissait. Ils avaient voyagé un peu, chaque fois que le désir lui en prenait à lui. Marthe était toujours partante ; c’était un des traits de caractère qu’il préférait chez elle : l’insouciance. Ils s’étaient promenés dans des sites paradisiaques : Malaisie, Hawaï, Madagascar, mais aussi dans des endroits beaucoup plus improbables. Roger se souvenait en particulier d’un séjour dans le Derbyshire en octobre, où il était sûr de ne croiser ni un seul touriste, ni un seul rayon de soleil. Il avait choisi cette destination juste pour taquiner Marthe et la mettre à l’épreuve. Elle avait trouvé le voyage charmant, s’amusant de la conduite à gauche, appréciant la cuisine anglaise et ravie du confort des hôtels choisis par Roger.


Quelques semaines après la mort de Marthe, Roger se mit à ranger la maison ; c’est-à-dire à la vider de tous les objets qui ne lui convenaient pas. Il emplit de grands sacs avec tous les bibelots amassés par Marthe. Un de leurs points de discordes récurrentes touchait à une des différences de leur tempérament : Marthe adorait les babioles, les accumuler, s’amusait d’une méridienne qu’elle trouvait mignonne et qu’il trouvait gênante. L’ameublement idéal de Roger consistait en le moins de meubles possible et le moins d’objets dessus et dedans. À l’exception notable des livres. Ils se chicanaient périodiquement, lorsque Roger se mettait à « ranger » des papiers. Marthe le suivait à la trace, allant jusqu’à retirer de la poubelle un catalogue auquel elle tenait. Ces épisodes se concluaient invariablement par une dispute.


Tout en effectuant son présent débarras, il parlait à Marthe comme si elle avait été à ses côtés : « Je sais que tu me pardonnes : ces objets t’appartiennent et ils ne me sont rien, sauf à me rappeler que tu ne seras plus jamais là. Laisse-moi me libérer de ce poids. » Cette manière de petite prière le rassérénait car il imaginait Marthe lui donnant sa bénédiction en même temps que cette bise dans le cou qu’il aimait tant. À la déchetterie il rencontra un ami qui courut vers lui pour lui demander, avec la mine de circonstance, s’il tenait le coup et lui assurant qu’il pouvait compter sur lui en toute occasion. Il en profita pour donner son avis personnel sur la cruauté du deuil (comme si Roger le lui avait demandé) – mais nous tombons tous dans ce travers en ces occasions, pensant que le silence passerait pour de l’indélicatesse. Le plus inconfortable pour Roger, dans cette situation, était de trouver la bonne contenance. Il n’allait tout de même pas tomber en pleurs dans ses bras sous prétexte que cela aurait été convenable, mais il ne pouvait pas se permettre non plus de lui dire en soupirant d’impatience : « Ne t’en fais pas pour moi. Tout va bien. » Il bredouilla quelques mots en remontant dans sa voiture, si bien qu’il n’eut même pas à finir sa phrase dont il avait déjà oublié le début. Pourquoi faut-il que les autres se croient capables, ou contraints de porter une partie de notre fardeau ?


Les semaines passèrent et Roger s’installa calmement dans sa nouvelle vie. Les contingences domestiques ne le contrariaient pas plus qu’auparavant, puisqu’il préparait déjà depuis longtemps la plupart des repas et que faire le ménage lui convenait assez bien. Il dut simplement apprendre à repasser. Ses voisins et ses proches saluaient son courage, son stoïcisme face à l’adversité. On essayait de l’inviter, mais il refusait toujours. On prenait cela pour du chagrin et c’en était effectivement, mais surtout Roger ne se trouvait pas le courage d’affronter les mondanités.


Deux ans plus tard :


Un mardi, passant en voiture devant la meilleure pâtisserie de la ville voisine, Roger décida de s’offrir un mille-feuilles. Il entra dans la boutique où il n’y avait aucun client à cette heure-là et personne au comptoir. Roger contemplait la vitrine et en venait à se demander si finalement, il n’aurait pas préféré un opéra, ou bien un paris-brest. Soudain, la serveuse poussa la porte qui donnait accès au fournil, une main chargée d’un plateau garni d’éclairs au chocolat. L’appel d’air provoqué par l’ouverture de la porte emporta dans la boutique une onctueuse odeur de mokas qu’on venait de sortir du four. La puissante et suave odeur de rhum et d’extrait de café interrompit brusquement la rêverie gourmande de Roger : il avait devant lui le moka de Marthe, ou plutôt Marthe en train de préparer sa pâtisserie favorite. Elle souriait à l’avance du plaisir qu’elle lui faisait à chaque fois. Roger lui demandait d’un ton faussement rogue, mais qui parvenait mal à cacher son envie de rire : « Qu’est-ce que c’est encore que cette horreur que tu nous prépares ? » et elle lui projetait de la farine du bout du doigt à la figure lorsqu’il s’était suffisamment approché. C’était un jeu entre eux, toujours le même et auquel ils aimaient jouer comme les enfants qui connaissent une histoire par cœur et ne veulent pas qu’on en change un mot à la lecture.

Cette odeur de moka qui avait subjugué Roger par surprise lui fit presque perdre conscience. Il dut s’asseoir sur une chaise, l’air hébété. Et il fondit en larmes, pour la première fois depuis la mort de Marthe, les coudes sur les genoux et le front appuyé dans ses mains.

La serveuse se précipita vers lui, les bras ballants et les yeux écarquillés : « Monsieur, monsieur ? »


 
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   socque   
27/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une histoire très touchante, je trouve, et qui sonne vrai. Les personnages me paraissent admirablement campés, je les ai vu vivre. Tout est simple, sans drame, mais j'ai ressenti la cruauté de la vie. Chapeau bas pour avoir traité ce sujet casse-gueule avec autant d'élégance.

   Anonyme   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très bon texte je trouve, sans réelle fausse note. Je m'attendais à une fin comme celle-là, mais elle est très bien amenée, pas "balancée" à la tête du lecteur en tous cas.

Pas de gros défauts, si ce n'est un usage parfois exagéré des adverbes, mais ça n'est pas rédhibitoire non plus.

Bref, je suis sous le charme d'un texte très plaisant.

   Pascal31   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte qui traite sobrement d'un sujet difficile, en évitant de tirer sur la corde sensible.
Si j'ai aimé le style employé et la délicatesse du propos, je dois avouer m'être parfois un peu ennuyé à la lecture (notamment le passage sur la retraite) : la faute probablement à un manque d'empathie envers le personnage principal, pourtant bien campé mais dont je n'ai pu partager la douleur (puisqu'il n'en ressent pas).
Même dans le dernier paragraphe, ce souvenir qui fait enfin tout basculer et confronter l'homme à la réalité de la situation, je ne parviens pas à éprouver d'émotion. En deux ans, j'ai du mal à imaginer que rien d'autre ne soit venu lui rappeler son épouse décédée. Mais il est vrai que parfois, c'est sur un souvenir particulier (et souvent une odeur, en effet) que les sentiments s'exacerbent.
Au rayon chipotages : "... quel bout recommencer. Il repensait...", le deuxième "re" me semble de trop.
"chaque fois que le désir lui en prenait à lui" : j'ai trouvé ça lourd.
"La serveuse se précipita vers lui, les bras ballants et les yeux écarquillés : « Monsieur, monsieur ? »" : se précipiter vers quelqu'un avec les bras ballants, j'ai du mal à visualiser cela. De plus, cette conclusion à l'histoire me semble un chouïa faiblarde.
En résumé, un texte qui se laisse lire aisément et traité intelligemment, mais qui pourtant n'a pas su me convaincre totalement, faute à un manque d'empathie pour le protagoniste principal et une fin qui ne m'a pas emballé.

   brabant   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Rosebud,


Comme vous y allez ! Et moi qui vous croyais dur comme du granit, à cacher et à disposer de vos clefs au point parfois de ne pas les juger nécessaires ("Nouveau-Mexique"), je vous découvre ici un coeur de calcaire ; au fait je vous attendais un peu au tournant des justifications. Raté ! On n'a pas idée de faire des coups pareils ! Tout ici est vu, observé et dit. Soupesé à l'aune de l'âme.

"A la déchetterie il rencontra un ami qui courut vers lui pour lui demander, avec la mine de circonstance, s'il tenait le coup et lui assurant qu'il pouvait compter sur lui en toute occasion./.../Il bredouilla quelques mots en remontant dans sa voiture, si bien qu'il n'eut même pas à finir sa phrase dont il avait déjà oublié le début."

Moka soit celui qui mal y pleure !

"'Roger" !

   Anonyme   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour rosebud. Un texte qui me touche pour des raisons très personnelles. Une tranche de vie commune où, sans tambour ni trompette, s'invite la mort, avec la suite qui en découle. C'est traité sobrement, sans pathos et cette crise de larmes après deux ans de solitude est du domaine du possible. Il faut donner du temps au temps (non, ce n'est pas de moi) pour que la vie reprenne le dessus.
C'est un sujet difficile sur lequel j'ai écrit voilà une dizaine d'années avec les larmes aux yeux.
Pour la forme, j'ai noté quelques lourdeurs tel :"chaque fois que le désir lui en prenait à lui". Rien de grave..
Merci pour cette courte nouvelle profondément humaine.

   doug-pluenn   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Rosebud,

Une histoire touchante, légère et grave à la fois dont j'apprécie beaucoup la fin, toute en pudeur, la scène très juste, réaliste comme il sied.

A l'inverse je goûte moins l'entame du texte, trop "crue" inutilement crue, sans cette délicatesse que le lecteur retrouve dans le texte.

Des petites choses inutiles, des petites longueurs, mais bon, nous en sommes tous là ou presque.

Au bonheur de ce couple, à leur complicité, à leur amour j'y ai cru et le thème de la vieillesse ou du vieillissement est abordé avec clairvoyance. Comme celui de la solitude, peut-être trop brièvement traité.

Au plaisir.

   macaron   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai l'impression que Roger est très vieux alors qu'il vient de quitter la vie active. A part cela, vous êtes une bonne observatrice et tout me semble très juste. Le texte n'est pas ennuyeux, peut-être un peu long mais la chute est inattendue. Un texte bien écrit, agréable à lire.

   Anonyme   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà l’exemple type d’une nouvelle dont le sujet ne m’a pas vraiment emballé, mais que je trouve formidable.
En dessous de 15000 caractères, un bon style et une narration efficace suffisent à m’accrocher. Et ici c’est le cas.
L’auteur sait très bien combiner la narration des évènements avec le recueillement de la pensée. Je lui donne raison d’avoir privilégié l’action plutôt qu’un enfermement des sentiments qui aurait vite tourné à une pseudo introspection analytique, prétentieuse et ennuyeuse, comme on a si souvent l’occasion d’en lire. Son récit est dynamique, et pourtant la conscience des personnages est bien présente. Elle tisse ce fil ténu qui retient encore Roger à Marthe. C’est très bien rendu.
Il sait aussi grâce à son style, donner leur place à des souvenirs somme toute assez banals lorsqu'on n’est pas soi-même impliqué.

J’aime bien toujours m’interroger sur le choix du narrateur. En général, lorsqu’un personnage principal est toujours présent dans le récit, je préfère l’entendre raconter lui-même l’histoire, car il me semble qu’un récit a plus de force lorsqu’il sort des tripes, que lorsqu’il est filtré par un narrateur extérieur.
Par contre ici je rejoins assez le choix de l’auteur. Il lui permet de dynamiser le récit, d’installer une certaine pudeur, de ne pas laisser Roger se diluer dans ses sentiments.

Par contre je suis allergique au narrateur lorsqu’il semble s’adresser aux lecteurs en les prenant à témoin, pour exprimer des généralités ou des clichés :
— « Il en profita pour donner son avis personnel sur la cruauté du deuil (comme si Roger le lui avait demandé) – mais nous tombons tous dans ce travers en ces occasions ».
Ce « mais nous tombons tous dans ce travers en ces occasions » est à mon avis une faiblesse, car il interpelle le lecteur qui n’a rien demandé, et donc le fait sortir momentanément du récit en lui assénant un bon vieux cliché de derrière les fagots, avec lequel en plus il n’est peut-être pas d’accord. Ça peut paraître un détail, mais dans le style tout me semble important à souligner.

Voilà, quelques petites réflexions sur un texte que j’ai trouvé bien maîtrisé et qui laisse pas mal d’espoir à Rosebud pour la suite.

Cordialement.
Ludi

PS : pour moi, BIEN est une note élevée dans mes critères de notation des nouvelles.

   alvinabec   
5/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Rosebud,
Joli sujet que vous traitez avec pudeur et délicate attention.
Qqes faiblesses stylistiques que vous pourrez améliorer sans peine me semble-t-il:
Il y a un "nous" narratif incongru en fin de texte, une surabondance d'adjectifs et d'adverbes au long du récit, des phrases très longues qui peuvent un peu lasser votre lectorat. Vous employez le p.q.parfait dès la deuxième phrase, temps qui alourdit et distancie la lecture, essayez au p.compsé, c'est plus immmédiat et proche pour qui veut vous lire...Tout ceci étant des babioles pour rendre l'histoire plus vivante.
A vous lire...

   MariCe   
6/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Voilà une histoire bien triste, traitée sobrement.
On suit le regard égaré de Roger et ses premières confrontations avec une solitude qu'il recherchait autrefois.
La certitude qu'il ne reverra plus Marthe lui saute au visage quand la serveuse apporte les mokas... mais elle se précipite les bras ballants... j'ai du mal à le visionner..
C'est bien écrit mais il manque pour ma part ce petit quelque chose pour que ce récit me surprenne.

   Pimpette   
6/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Rosebud!
Joli pseudo qui rappelle la dernière image d'un fameux film!

Votre texte est superbe et me touche à plus d'un titre!

Bon sujet traité sans ronds de jambes dans une écriture propre et efficace....j'adore ça!

Je ne louperai pas vos prochains bébés , soyez en certaine!

   aldenor   
6/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Le chagrin peut venir à retardement. Il a besoin de murir. Dans certains cas. C’est subtil mais je peux très bien l’imaginer. La société ne l’admet cependant pas, qui a besoin de réactions stéréotypées.
Le thème, si je l’ai bien interprété, n’est pas pleinement assumé. Pourquoi dire qu’« Il en venait à douter de sa douleur. » (Il ne l’éprouvait, ne la manifestait pas encore. Plus tôt il se demande « pourquoi il n’est pas plus malheureux », ce qui est légitime, mais il n y a pas place au doute, il ne souffre pas outre mesure, il le sait.) ou « On prenait cela pour du chagrin et c’en était effectivement... » (Ce n’en était pas encore) ?
Le passage sur Roger allant à la retraite me semble à côté du sujet, j’aurais préféré rester sur les relations du couple, et l’œil des « autres ».

   Bidis   
8/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La chute de ce texte, par ailleurs écrit de façon agréablement vivante et simple, est tout simplement superbe, en ce qu’elle éclaire soudain tout ce que l’on vient de lire et donne à réfléchir.

Je me permets néanmoins de relever quelques petites choses :
- « Il s’en sentait coupable et il se cherchait des noises… » : j’enlèverais le second « il »
- « Pourtant, le couple qu’il avait formé... » jusqu’à « … et ils y trouvaient du contentement. » : peut-être y aurait-il moyen de raconter cela plus succinctement avec quelques images très parlantes et plus courtes.
- « Un de leurs points de discordes récurrentes… » : je trouverais mieux de dire « leurs points récurrents de discordes », cela montrerait mieux qu’ils ne se disputent que chaque fois pour les mêmes raisons, sinon on a l’impression qu’ils se disputent tout le temps (discordes récurrentes)
- Quand le personnage rencontre un ami à la déchetterie, j’aurais préféré un dialogue qui montre l’indélicatesse de ce dernier au lieu d’expliquer la chose.
- Au lieu de « Deux ans plus tard », j’aurais préféré « Deux ans passèrent » et mieux séparé cette finale du texte précédent (trois petites étoiles ou autres signes consacrés).

   Anonyme   
10/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est le premier texte pour lequel je donne mon avis ici et je m'excuse d'avance pour la non-pertinence de mes commentaires.

Je trouve cette nouvelle très juste dans l'émotion. Les personnages ont une vraie consistance. Et la prise de position quand à la gestion du deuil et le désarroi qu'on peut ressentir face à nos propres réactions et sentiments.

Vraiment j'ai beaucoup aimé. Et puis c'est souvent la mémoire olfactive qui fait tout remonter à la surface, en tout cas ça se vérifie pour moi.

   Anonyme   
14/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Rosebud,
J'ai trouvé votre nouvelle tout à fait plaisante.
Je pense que tout à été dit dans les commentaires précédents, aussi n'ajouterai-je simplement que je ne me suis personnellement pas ennuyée au cours de ma lecture. Je pense qu'il est intéressant d'ajouter quelques détails sans utilité particulière pour l'histoire afin de "donner de la consistance" au récit.
Bonne continuation, et merci pour le plaisir que j'ai eu à vous lire.

   Corbac   
29/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le sujet du deuil n’est pas nouveau, bien traité, il reste toutefois plaisant à lire. C’est le cas ici, et c’est ce qui explique le bon moment passé devant cette nouvelle. J’aime les détails que l’auteur donne sur la vie du couple, des choses simples mais bien exploitées – je pense à la farine sur la fin notamment – qui rendent le tout bien vivant.

Pour la forme, j’avoue avoir à plusieurs reprises été ennuyé – et pourtant, je suis d’habitude tolérant là dessus. Je donne quelques exemples, l’auteur jugera si mes remarques lui paraissent fondées ou non…

- "Son rire avait été assez sonore pour qu’on l’entendit dans toute la salle, ou du moins, il lui avait semblé qu’on n’avait entendu que lui". Le « du moins » me semble mal adapté ici.

- "Et il avait eu honte de sa joie hors de propos. Pourtant sa joie était sincère." Le deuxième « joie » alourdit l’ensemble.

"Mais se prépare-t-on à un deuil comme on prépare sa retraite ? Sa retraite de cadre à l’industrie, il ne l’avait d’ailleurs pas préparé non plus." La transition m’a fait grincer des dents.

"Ils avaient voyagé un peu, chaque fois que le désir lui en prenait à lui…" Le « à lui » à la fin est en trop.

Ces erreurs se corrigent généralement assez vite. La sensibilité et la délicatesse dont fait preuve l’auteur compense d’ailleurs largement ces défauts. Au plaisir de vous relire.


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