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Poésie en prose
aldenor : Ailleurs
 Publié le 09/05/13  -  20 commentaires  -  1699 caractères  -  267 lectures    Autres textes du même auteur

Poème en un bloc.


Ailleurs



Sur un rocking-chair devant notre vie la main en visière comme un capitaine qui aurait égaré sa casquette tu apercevras par-delà les mornes parois du réel l’ailleurs où nous étions et tu me diras le voilà en éclatant de rire à en montrer un rang entier de tes dents baroques et presque rien de tes yeux écureuils et quand je le verrai à mon tour en pensant c’est bizarre cet ailleurs clignote car je n’aurai pas eu la présence d’esprit de hocher la tête à contresens du rocking-chair tu me diras tu ne comptes pas bientôt passer à la ligne mais non écoute je préfère les raccords invisibles écoute le concerto de Scriabine le surplus d’âme de ses vingt-quatre ans oh ma farceuse ma rêveuse mon loup des steppes Hermann Hesse se prélassait sur ta table de chevet l’Évangile selon saint Matthieu de Pasolini passait au Roxy et tu revenais du festival d’Avignon où tout le monde dansait nu quand j’ai suivi le dos de tes jambes brunes sous ta courte jupe bleue au sage plissage rue de l’École des lettres le matin du jour des temps où nous sommes sortis par la brèche du rêve vers cet ailleurs qui tout là-bas clignote maintenant va savoir pourquoi et duquel le réel nous a ramenés par la peau du cou mais écoute c’est de bonne guerre le réel a horreur des ailleurs et des rêveurs nul n’aime sa propre négation oh ma sphinge au profil immémorial fille de la mer soyeuse droite sur ton rocking-chair la main en visière devant notre vie un perroquet à l’épaule multicolore comme des parapluies de touristes japonais écoute la fanfare de Water Music et Händel tomber à l’eau plouf avec son épuisette en voulant repêcher de la Tamise la casquette du capitaine partons tant que tout le monde a le dos tourné


 
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   socque   
22/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce poème qui m'a entraînée dans un voyage bizarre mais où j'ai pu trouver une logique interne, une "sous-jacence" pas inédite quant au fond, loin de là, mais agréablement déclinée.

"en pensant c’est bizarre cet ailleurs clignote car je n’aurai pas eu la présence d’esprit de hocher la tête à contresens du rocking-chair" : j'adore !
"partons tant que tout le monde a le dos tourné" : ça aussi.
"tu me diras tu ne comptes pas bientôt passer à la ligne" : ça non ; je ne vois pas l'intérêt d'une mise en abyme dans ce plaisant délire, pour moi la banalité fait son irruption "regardez c'est un poème".

   troupi   
27/4/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Bizarre, étrange, surprenant. Poétique ? Je n'en suis pas certain, où alors une forme que j'ai du mal à appréhender. L'incipit m'avait prévenu mais j'ai voulu vérifier : je n'ai pas été déçu, un bloc vraiment, mais un peu indigeste. Une ponctuation m'aurait permis de ne pas trop me perdre dans ce dédale mais je suppose que ce n'est pas le genre de ce style d'écriture.

   Marite   
9/5/2013
J'ai pu lire ... jusqu'au bout mais la ponctuation m'a manqué, pour "respirer" et prendre la pleine mesure des mots. Si j'entendais une voix me dire ce long paragraphe en un souffle, je crois que malgré moi je dirais : "attends ... respire ..." pour que je puisse aussi respirer. Bon, ceci est très subjectif bien entendu.

   brabant   
9/5/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Aldénor,


Et hop revoilà la main en visière et l'on retrouve la casquette, je n'aurais pas incipité "Poème en un bloc" mais '''Poème en une meule de moulin qui s'envole sur les grains du souvenir pour les moudre en une farine d'ambroisie" tant il y a accord parfait dans ce texte fusionnel où à aucun moment je ne me suis perdu. On a là le fil d'un soixante-dix-huit tours au moment où le fil s'arrête et se suspend mais où le vinyle indélébile continue de vibrer.

Coup de coeur !


EDITION : Com rédigé sans avoir pris connaissance des autres auparavant comme je procède dans 90/100 des cas. Lol :)

   pieralun   
9/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pourquoi sans ponctuation?

Quelques références poétiques m'ont convaincu que, parfois, les vers pouvaient s'abolir de la ponctuation, mais dans ce texte prosaïque.....je ne comprend pas.

J'ai bataillé et c'est lumineux! Quel dommage ! mais quelle belle inspiration!

   rosebud   
9/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aimerais bien la connaître cette sphinge. Il doit faire bon vivre avec.
Voilà d'abord ce que m'inspire cette longue phrase amoureuse dont je ressens si bien ce que je voudrais qu'elle me dise: l'amour ressemble à ces petits riens qui ne valent rien et qui s'incrustent comme le grain de sable de l'huître qui en fait sa perle. Les petites choses qui ne s'évaporent pas comme cette main en visière, la jupe trop courte, Hesse, Pasolini ou Haendel à ce moment-là, dans ces circonstances-là, pas ailleurs, ni autrement.
Le fil conducteur de la casquette de marin est par ailleurs très bien trouvé et Haendel muni d'une épuisette, vous ne trouverez ça nulle part ailleurs.
C'est très beau - ça sent la sérénité.

   leni   
10/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis revenu plusieurs fois sur ce poème et je me suis laissé emmener par l'eau qui coule d'une claire fontaine Elle coule comme les jours de la vie Comme la foule qui traine et nous emmène... à deux.. Elle nous laisse accrocher des images ...la casquette du capitaine..cet ailleurs qui clignote..ce perroquet sur l'épaule..L'épuisette"à casquette" C'est relaxant dans un rocking-chair...quand les pensées se bousculent aux portillons des neurones dans un désordre apparent Le rocking-chair pourrait être le divan d'un psy...Va savoir...Merci aldenor Leni

   TheDreamer   
11/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Ce qui surprend à la lecture, c'est l'absence de ponctuation ! Elle est ailleurs...

Ce qui surprend, c'est le choix de certaines oeuvres musicales, littéraires, cinématographiques. Pourquoi celles-ci et pas d'autres ? Y-a-t-il une connexion émotionnelle, artistique entre chacune ?

Il y a quelque chose d'attirant dans votre écriture. Quelque chose de la nostalgie... sans doute pour celà que je l'ai aimée...

   David   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aldenor,

J'aime bien la fin, son petit air de blague mais le rire est dès le début avec "le voilà !", le point d'exclamation serait "en éclatant de rire", c'est bien un modèle du genre pour les points d'exclamation :)

C'est cela qui est drôle aussi, la ponctuation semble "écrite" au lieu d'apparaitre avec ses signes communs, mais il y a aussi la scène loufoque :

"Sur un rocking-chair devant notre vie la main en visière comme un capitaine qui aurait égaré sa casquette"

"sur ton rocking-chair la main en visière devant notre vie un perroquet à l’épaule multicolore comme des parapluies de touristes japonais écoute la fanfare de Water Music et Händel tomber à l’eau plouf avec son épuisette en voulant repêcher de la Tamise la casquette du capitaine"

Je ne vais pas traquer la métaphore mais son balancement m'a bien plu.

   fugace   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Superbe!
Le manque de ponctuation ne m'a pas génée, ça se lit comme un bon verre d'eau fraîche par grosse chaleur.
"Le matin du jour des temps où nous sommes sortis par la brêche du rêve vers cet ailleurs... Le réel a horreur des ailleurs et des rêveurs".
C'est beau, ça fait un bien fou!
Merci beaucoup.
Fugace.

   Anonyme   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aldenor,

Vous ne le savez peut-être pas mais je vous le dis quand même : je milite pour la suppression de la ponctuation. Alors vous pensez, non seulement je ne vais pas vous jeter la pierre, mais je vais même vous aider à la porter, car on en entend ici, des dealers de la ponctuation qui veulent nous shooter avec leur seringues de virgules, de points, et de tirets. Bravo Aldenor, continuez à écrire aussi bien.

Bon, c’est vrai qu’on n’a pas l’habitude du bloc horizontal en poésie, parce qu’en littérature c’est relativement répandu (Ulysse – Last exit to Brooklyn – L’automne du patriarche-, pour ce qui me revient tout de suite). Et je ne vous cache pas, malgré tout, que pour l’instant je préfère encore le bloc vertical. Je crois que la poésie a besoin de respirer, d'isoler des mots ou des groupes de mots pour les mettre en valeur. Elle a besoin que l'auteur nous révèle sa pensée par un ordonnancement de ses mots. La poésie moderne est une forme en mouvement. Elle n'est pas qu'une narration linéaire dépourvue de volumes.
D’ailleurs votre poème fonctionne remarquablement bien en allant plus souvent à la ligne. Vous avez prospecté une autre voie que j’aime beaucoup, même si j’ai peur qu’elle devienne un peu fastidieuse sur plus long. A voir.

En tout cas j’ai été très séduit.

Cordialement
Ludi

   Fortesque   
14/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Idée fort embarrassante tout de même que de s'évertuer à figer la poésie, à l'emprisonner dans une concrétion où les désirs d'un être humain, capitaine au long cours de sa vie, se cristalliseraient en un bloc bien compact. Et surtout, voilà un procédé pour le moins artificiel, aux consonances industrielles, qui voudrait nous convertir à la consommation de blocs oniriques tous calibrés, croustillants à souhait et si fondants dedans après cuisson aux micro-ondes cérébrales. Des bâtonnets de poésie surgelée pour lesquels un certain Capitaine Iglo ne se formaliserait pas plus que cela, d'autant que le caractère par trop terre à terre de ses prestations publicitaires aura brisé définitivement ses envies de prendre le large sur son vieux rafiot. Or il semble, à lire le texte, que ce loup de mer au coeur d'or se prenne à rêver d'un ailleurs où la pêche à la ligne serait de mise et ramènerait des nourritures bien vivantes dans ses filets, de celles qui attendrissent la chair des poèmes. Ce que l'auteur réussit à partager merveilleusement, reconnaissons-le, malgré un gros problème de packaging. Son capitaine est sur la brèche où il joue à colin-maillard avec lui-même, puis passé son quart il file à l'anglaise pour échapper au réel trop castrateur, laissant sur le pont l'équipage éberlué. Il jette ainsi sa casquette par-dessus bord pour accoster les rivages fluctuants d'un ailleurs où le dandinement du rocking-chair ne se confondra plus avec le roulis nauséeux du navire congélateur. Cet îlot poétique qu'il gagne a pourtant des interstices, des pores, des fissures qu'insinuent virgules et points-virgules manquants. Sous la croûte congelée des mots, l'imaginaire du lecteur ponctue l'océan du texte. ( Merde alors ! Faut vraiment que j'arrête Oniris avant de devenir gâteux )

   Buldo   
15/5/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois avant de pouvoir lire comme je pense que j'aimerais lire ce poème. Et je pense qu'à chacune de mes nouvelles relectures je trouverai le texte encore meilleur, plus emportant, plus envoûtant.

Mais l'absence de ponctuation m'a tout d'abord perdu dans cette balade, rythmée d'appel et de musicalité. Heureusement, toutefois, que le désir de vouloir donner une appréciation qui soit plus adaptée au texte m'a forcé à m'y replonger et à y découvrir quelques belles images, quelque beau voyage ! J'aurais sinon manqué quelque chose.

Pour la partie extérieure au texte "tu me diras tu ne comptes pas bientôt passer à la ligne mais non écoute je préfère les raccords invisibles", elle me laisse un peu perplexe : d'un côté, elle me fait faire une pause, mais d'un autre, j'ai envie de continuer à me replonger, à retourner dans le texte, et la reprise de "écoute" bien que me semblant artificielle au début m'attire en fait particulièrement finalement.

Dommage quand même d'avoir dû "me forcer", sinon, la balade aurait été vraiment plus plaisante ! (l'appréciation n'est donc pas portée par mes dernières lectures (volontaires !), mais sur l'ensemble de mes lectures, et je ne peux faire abstraction d'avoir été rebuté au début...)

Merci du partage !

   Rainbow   
29/5/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Habituellement je hais l'absence de ponctuation dans la prose, mais vous en jouez avec merveille sans que cela ne gène vraiment la lecture.
Vous nous menez à la limite de quelque chose d'innommable, et c'est beau, à en crever le cœur.

Rien à ajouter ou à soustraire. Un poème violence qu'il ne reste qu'à apprécier encore.

Merci !

   RB   
29/4/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"partons tant que tout le monde a le dos tourné"...

Merveilleux texte que je découvre au hasard de votre présence sur le site, affichée en bas à gauche.

Revenez vite avec d'autres proses de cet acabit, cette fluidité, ce "je prends tout ce qui passe" dans les images, "je les mets bout à bout" mais je reste dans une belle cohérence, une création d'un univers qui se tient...

Bravo et surtout merci !

   Lulu   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aldenor,

je découvre ce texte avec grand plaisir... Les images, et les personnages sont là, bien vivants, et tout cela est riche.

Je n'ai pas eu le sentiment de lire un bloc, mais bien un ensemble ponctué par l'humeur de votre locuteur. Avec le rocking-chair, on est déjà d'emblée transportés vers un ailleurs, loin de nos climats tempérés, en tout cas, ce fut mon impression.

Votre poème est riche d'impressions humaines, et pour cela, je trouve que c'est un texte fort. Et, contrairement aux apparences, du fait du manque de ponctuation, ce n'est pas un texte lourd, mais bien léger, aérien, qui navigue dans les pensées.

   Anonyme   
25/8/2016
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
L'incipit dit "Poème en un bloc", en effet, c'est tout à fait l'impression que cela m'a suggéré au cours de mes lectures "laborieuses", un tas de mots placés les uns à la suite des autres, ils expriment bien sûr quelque chose, mais ce n'est pas vraiment inaccessible, par l'aspect de se phrasé.

J'ai à plusieurs reprises, perdu le fil, et j'ai finalement renoncé, c'est franchement une lecture bien trop pénible. L'effet de masse s'impose, persiste, souligné par un rendu visuel à la limite du pénible. Le manque de point de repères perturbe, le souffle se fait haletant, en recherche d'un rythme perpétuellement. Dans cette imbrication de mots, il y a comme une nécessité de s'imposer à lire et relire ce texte, non pour le plaisir mais pour arriver à le "déchiffrer", pour accéder à l'histoire du récit ainsi narré.

   placebo   
25/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est possible que j'aie lu ce poème il y a longtemps. D'accord avec socque à propos de la ligne/des accords.

Pas de soucis vraiment pour la lecture, il y a des propositions, il y a un souffle, et le mien s'est accéléré à partir de "oh ma farceuse ma rêveuse mon loup des steppes", et on rentre vraiment dans une évocation de souvenirs, de la jeunesse, du temps mis en abime, j'ai trouvé ça très beau, pudique émotionnellement comme je l'aime.

Je suis passé au-delà de plein de références par contre.

   letho   
9/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
j'ai commencé la lecture de ce texte et je l'ai fini dans un état de stupéfaction...Non ! mais que c'est beau . Dans ce poème, j'adore tout le monde, la fille, le capitaine, le poète, les écrivains, les musiciens, Avignon, la Tamise, un voyage en imaginaire qui vaut plus que le détour.
Voyez comme la poésie invite à la poésie...certains commentaires deviennent à leur tour des poèmes
C'est lumineux et plein de chaleur humaine

   Asrya   
13/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est un parti pris d'écrire votre poème de manière horizontal, d'un bloc comme vous dites.
Je ne dis pas non à l'idée, je m'y suis plongé, mais... je trouve que le rendu n'est pas au rendez-vous.

La lecture n'est pas simple et je pense que l'écrire de manière verticale, même si chaque ligne aurait été longue, aurait permis au lecture de marquer des respirations de manière plus habile, des pauses, des instants plus privilégiés avec les mots qui permettent de marquer l'accent sur le message que vous souhaitiez faire passer.

Car en soi, votre histoire est belle, tendre, intéressante ; on y plonge aisément et on aimerait y replonger si ce "bloc" n'en était pas un et qu'il nous invitait à coucher avec (j'aime que les mots m'invitent sous la couette).

Ce qui me gène en réalité, c'est davantage le fond qui ne correspond ou qui ne sert pas la forme que vous avez choisi. Au final, j'ai l'impression qu'il ne s'agit que d'un prétexte pour faire original, mais que le texte que vous nous livrez n'y gagne aucun intérêt.
Du coup... je suis mitigé.

J'ai apprécié votre écriture, votre style, mais je ne suis pas certain d'avoir saisi le message que vous souhaitiez passer avec cette présentation.

Une autre fois j'espère,

Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.


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