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Poésie néo-classique
Curwwod : Châteaubriant, le 22 octobre 1941
 Publié le 15/02/19  -  21 commentaires  -  750 caractères  -  313 lectures    Autres textes du même auteur

À l'esprit de sacrifice, à la jeunesse.


Châteaubriant, le 22 octobre 1941



Quelques mots, une lettre, une dernière lettre
Pour dire tout l'amour que je portais aux miens
Et mes espoirs forgés dont il ne reste rien,
Puisque est venu le temps, déjà, de disparaître.

Les aveux de désir que j'eusse aimé voir naître
Au fond de grands yeux clairs que la pudeur retient,
Les livres refermés de ces auteurs anciens
Que je pensais avoir tout le temps de connaître.

Hélas, mon camarade, il nous faut donc mourir
Et ne plus voir au ciel les nuages courir
Sur le bronze doré du feuillage d'automne.

Ce qu'il faut de courage en cet ultime instant
Sous l’œil noir des fusils et que l'ordre résonne :
La mort, la mort abjecte, à juste dix-sept ans...


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Corto   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ce poème écrit à la mémoire des otages fusillés ce jour-là est émouvant. C'est comme une lettre d'adieu à son pays, sa famille, à la terre et à la condition humaine.
Respect.

   STEPHANIE90   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Votre poème aurait fait sensation pour le dernier concourt Onirien, je trouve qu'il relate avec délicatesse toute l'ignominie de la guerre et des espoirs perdus !
Un joli sonnet avec deux petites imperfections de mon avis. Au vers 4 "puisque est" au lieu de puisqu' est m'interpelle. D'autant qu'il n'y a pas la virgule après puisque pour marqué la pause.
"Hélas, mon camarade, il nous faut donc mourir
Et ne plus voir au ciel les nuages courir" m'ont touché en plein cœur, j'aurai presque pleurer si. Malheureusement la suite "sur le bronze..." m'a presque fait rire, ce qui je pense n'était point votre intention première. J'ai réussi à garder mon sérieux pour rester dans le contexte tragique de cette histoire.

Dans l'attente de relire votre texte.

   Miguel   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il me semble qu'il y a un poème de René-Guy Cadou sur ces fusillés. Mais cela n'interdit pas bien sûr de leur rente encore hommage. On pourra dire que cela sent sa lettre de Guy Moquet, son Aragon de "L'Affiche rouge", etc, etc : n'empêche que le pathétique fonctionne une fois de plus, et l'empathie avec ces jeunes héros dont certains peut-être vivraient encore. Le texte comporte quelques maladresses techniques, mais le souffle y est.

   leni   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
AMI Curwwod
Fusillé
Ton texte d'une simplicité remarquable m'inspire le respect et le silence

Je note par principe AMITIES

LENI

   BlaseSaintLuc   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
On ne se lasse pas de la lire cette dernière lettre , dommage que Stéphanie ait mis le doigt sur ce bronze, je ne vois plus que lui en relisant , mais point de distraction , c'est beau comme les funérailles du capitaine des pompiers . Respect aux morts, à la vie, à la jeunesse volée, bravo.

   Hananke   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

Un bon sonnet néo qui relate un épisode toujours difficile
de la stupidité de la guerre.
Je préfère les tercets aux quatrains de par leur construction, déjà, où l'on trouve deux fois le mot temps.
Les 2 derniers vers du premier tercet sont superbes.

Oui, un bon sonnet néo où les quatrains n'emportent pas mon adhésion sans que je ne sache vraiment pourquoi.
Peut-être le passage de l'amour aux livres dans le second
est-il trop du coq à l'âne ?

   Robot   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui sans pathos vient nous rappeler en poésie un évènement de notre histoire. Ce n'est pas tant l'héroïsme qui est souligné ici mais le regret de ce qui ne pourra pas être vécu.

   papipoete   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Curwwod
Vos écritures se font rares, mais pour la bonne raison de soigner vos vers, tel un cep qui donnera un fameux nectar !
Sous le commandement d'un " courageux " gradé, le soldat qui avait sûrement tort, va mourir, pour l'exemple...des fois que sa FAUTE donne des idées au reste du bataillon ! Et dans une ultime lettre, il dit tout son amour qu'aux siens, plus jamais il ne prouvera .
NB un des morts que la honte sur lui, interdit de figurer gravé sur le monument patriotique ! Heureusement, il s'en trouvera que la Nation réhabilitera...
Pour tous ceux aujourd'hui en France, que la guerre ne fait pas trembler ( car ils ne l'ont pas connue ), il serait bon que de tels écrits si pathétiques, viennent à passer sous leurs yeux !
C'est fort et si bien écrit ( le second tercet en particulier )
Au 4e vers, j'ai un doute sur la tournure ( puisque/est ) ne serait-ce pas plutôt " puisqu'est " j'hésite
Le " classique " n'est pas loin ( singulier/pluriel )
édit ; je n'ai pas lu avec l'attention nécessaire le titre, Chateaubriant, qui évoque cet assassinat collectif des 27 otages français par les nazis ! Mais, " mon " interprétation peut coller aux basques de ces officiers français, qui eux aussi assassinèrent des innocents ! Aussi, avec mes excuses, je maintiens mon commentaire .

   PIZZICATO   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'accent n'est pas mis, ici, sur les horribles machinations, crimes inqualifiables perprétés sur des gens listés, mais la résignation à accepter une mort si précoce ; une mort gratuite...

De forts jolis vers pour exprimer cet état d'âme.
Une poésie poignante.

Je le redis, Curwood, une des plus belles plumes de Oniris !

   Davide   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Curwwod,

On avait parlé de Guy Môquet au lycée, en 2009, je devais être en Terminale. Nous avions lu quelques lettres... Au collège, c'était Anne Franck, et plus tard, j'ai découvert la vie de Sophie Scholl (avec la magnifique chanson-hommage "La rose blanche" de Mickey 3D).
Je n'ai jamais été très fort en histoire, mais toutes ces vies brisées par la guerre et la folie humaine ne peuvent que nous toucher.
Ce sonnet à la mémoire de ceux et celles qui ont été tués, à la mémoire de leur courage et de leur humanité (Guy Môquet n'avait effectivement que 17 ans !) est empreint de pudeur et de sensibilité. C'est bien écrit, sans accroc, avec un dernier vers très fort.

Merci pour ce partage,

Davide

   TheDreamer   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici l'évènement ayant donné lieu au fait que relate ce sonnet néo-classique - https://fr.wikipedia.org/wiki/Représailles_après_la_mort_de_Karl_Hotz

Que dire ? "L'affiche rouge" de Aragon évidemment en résonance de vos propres mots et les mots sont si peu face à la cruauté des faits. Vous prenez le parti des sentiments dans un poème tout en finesse pour dire sans emphase l'affreuse et injuste douleur de la perte.

   senglar   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Curwwood,


On n'ose pas dire que les vers de ce sonnet coulent de source, non sans une certaine délectation, quand on en sait la fin - titre oblige -.

On se sent solidaire et on s'identifie aux centres d'intérêt et d'émotion passion, on a été cet homme jeune avide d'avenir, d'amour et de savoir, d'atermoiements et de livres ; on a été cet être d'avenir de tout assoiffé. Ah ne pas mourir avant connu, ne pas mourir avant d'avoir appris tout ça... Il y a tant à connaître... ne pas mourir encore !

Pourquoi faut-il mourir à dix-sept ans ? Dire que le nazi s'en voyait vivre mille et que l'hydre hitlérienne régna moins longtemps sur le monde que Paille au nez.


"Mourir pour des idées" chantait Brassens.

Merci pour ce devoir de mémoire !


senglar

   Luz   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Curwwod,

Texte sublime d'émotion et d'apparente simplicité. Les 2 premières strophes, en particulier, sont magnifiques.
Pas facile d'écrire un poème sur les fusillés ; celui-ci me rappelle "L'affiche rouge" d'Aragon, superbement mis en musique par Ferré.
Bravo !

Luz

   VictorO   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème poignant. Bref comme la vie de son narrateur. Tout est dit en l'espace de ce sonnet sur le sort cruel de ces jeunes garçons, avec beaucoup de lucidité : leur vie aurait été vaste, mais elle leur a été volée.

   Mokhtar   
16/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La maîtrise technique, ici, n’est pas à démontrer chez l’auteur qui depuis longtemps a fait ses preuves sur le site. Les mots coulent sans qu’on sente la moindre concession aux contraintes formelles. Et les deux pluriels à la rime, défis au classement « classique », me font ici penser que c’est la règle, et non l’auteur, qui est fautive.
Petite réserve, le « bronze doré » ne me semble pas, chromatiquement parlant, le plus approprié pour suggérer les roux des feuilles d’automne. Mais ce n’est qu’une peccadille. L e « Puisque est… » me semble tout a fait correct, en orthographe comme en métrique, l’apostrophe n’étant pas de rigueur devant un verbe, et l’élision du E muet pour éviter l’hiatus étant la règle en poésie.

Ce qui me gêne un peu dans ce sonnet, c’est le changement d’identité du narrateur pour le tiercet final. Dans les trois premières strophes, c’est le supplicié qui s’exprime. Dans la dernière, c’est l’auteur, et cela fait une rupture de ton que je ressens comme préjudiciable à la « petite musique » rythmée du sonnet.

Sur ce thème, j’aurais bien vu un traitement avec le souffle de Lamartine ou Hugo, déroulant de bons alexandrins bien sentis, avec un peu d’emphase, et exprimant l’iniquité du destin du malheureux Guy Môquet, et exaltant son sens du devoir et du sacrifice.

Ou bien, en restant sur la forme du sonnet, laisser s’exprimer le jeune homme, fleur coupée au printemps, sous une forme plus légère, plutôt onirique, évoquant les beautés de la vie qu’il n’aura pas connues. Et là, les « yeux bleus », les merveilles de l’art et la littérature auraient eu toute leur place.

Cela dit, traiter de ce thème en se démarquant des œuvres existantes est une véritable gageure.

   Donaldo75   
16/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Curwwod,

Un rapide passage pour te dire que j'ai trouvé ce poème franchement réussi, ce qui ne m'étonne pas au niveau de la forme parce que tu es un des garants de la forme classique et néoclassique sur ce site, mais reste quand même un sacré effort au vu du thème, pas des plus faciles.

Ouf, j'ai fini ! Cette phrase est longue, je sais.

Bravo !

Donaldo

   Jostan   
16/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le thème, la musique des mots, me paraissent familiers. Le choc, sans doute.

Rimbaud parmi nous..........
Je condamne l'auteur, pour ainsi me démontrer que jamais, je ne parviendrai à composer un texte de cette splendeur.
Je sais : "On n'est pas sérieux quand on a---- du talent".
Mais je pense "fondés" quand vous dites "forgés". (vengeance).
Pour noter, je dirai "beaucoup", en pensant "énormément". Mais comment l'amateur peut-il noter l'expert ?

   sympa   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème émouvant, une dernière lettre que nul ne devrait écrire...
Bien à vous

   emilia   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans cet esprit d’une jeunesse sacrifiée par la guerre, le thème de la dernière lettre que l’on souhaite adresser aux siens est d’autant plus sensible, émouvant, ainsi que révoltant lorsque l’on imagine le ressenti de la famille face à cette souffrance insurmontable et cette « mort abjecte » en représailles pour des actes commis par d’autres, mais en adoptant une attitude héroïque, solidaire et courageuse de « camarades » face à la mort… ; merci à vous de nous faire partager ce devoir de mémoire pour honorer ce jeune héros de 17 ans…

   Curwwod   
18/2/2019

   Gouelan   
13/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
La lettre de Guy Moquet est lue par les élèves du lycée Guy Moquet de Châteaubriant, tout près de chez moi. Mes enfants la connaissent bien.
un bel hommage.
Merci.


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