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Poésie classique
Damy : Marguerite
 Publié le 30/10/12  -  11 commentaires  -  1403 caractères  -  265 lectures    Autres textes du même auteur

« Dieu aide toujours aux fous, aux amoureux et aux ivrognes. »
Marguerite de Navarre – L’Heptaméron


Marguerite



Ermite, vieille et lasse, en mon château des Landes
Je rêve aux amours enfantins.
Le palais de mon roi déployait ses guirlandes,
J’excellais aux arts byzantins.

Un duc, courtoisement, d’un lai
Jouait en embrassant mes lèvres si gourmandes !
J’aime Ronsard et du Bellay,
Ermite, vieille et lasse, en mon château des Landes.

François de Rabelais provoquait la morale,
Que j’aimais ses vers libertins !
Je vais prier la Vierge en noble cathédrale,
Je rêve aux amours enfantins.

Doux madrigal et fier rondeau
Grisaient mes cavaliers ; volaient les houppelandes
D’amour, derrière le rideau.
Le palais de mon roi déployait ses guirlandes.

Panurge consulta Sibylle la voyante
Qui se fâcha de nos festins.
Je me mariai donc, j’étais bonne croyante.
J’excellais aux jeux byzantins.

Ma Navarre, suis sûre, où cette langue d’Oc
Enchantera les belles femmes,
Rayonnera partout, de Toulouse au Médoc.
– Poète, fils, où sont mes flammes ?

– Vos marguerites* sont fanées.


* Marguerite de Navarre (1492 - 1549), sœur de François 1er, était une femme de grande culture. Elle écrivit notamment
« La Marguerite des Marguerites », plaidoyer contre l’intolérance et livre précurseur du féminisme et des droits de la femme.


 
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   domi   
17/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une jolie forme avec ses vers qui reviennent, les vers plus courts, et un très joli style pour ce portrait délicieusement contrasté :
" Ermite veille et lasse... " / "Que j'aimais ses vers libertins!"
la dualité des temps, présent et passé (peut-être voulu ou peut-être des difficultés techniques ?) m'interpelle, sans me gêner outre mesure..
au final j'aime beaucoup.

   Miguel   
17/10/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Les poèmes biographiques ont quelque chose d'incongru, comme si la poésie n'était pas faite pour raconter des vies.
"Ermite" et "en mon château" (entourée d'une armée de domestiques) me paraissent un peu contradictoires, et on a là toute la panoplie du XVI siècle, tous les lieux communs (sans oublier le libertinage, passage obligé), pêle-mêle, un peu en bric-à-brac.
Je ne vois pas trop ce que la Vierge vient faire à côté des amours enfantins et des "jeux byzantins". Je comprends bien qu'il y a va-et-vient du présent au passé mais présentés tels quels, les deux se heurtent d'une manière esthétiquement peu satisfaisante.
Je crois reconnaître, dans cette reprise des vers du premier quatrain, une forme fixe dont le nom m'échappe, et qui prend ici un caractère un peu forcé.
Rabelais s'est sans doute essayé aux vers, comme tous les écrivains, mais si l'on veut l'évoquer de manière significative et représentative de son siècle, c'est de sa prose immortelle qu'il convient de parler.
Tout cela me semble relever de l'exercice de style et revêt un aspect scolaire un peu sclérosant.

   Marite   
30/10/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est surtout la forme de ce poème qui a captivé mon attention. Le thème m'a laissée indifférente.
Cette présentation particulière m'intéresse. Chaque vers de la première strophe repris en finale des quatre strophes suivantes j'aime mais du coup, je trouve la dernière strophe superflue ... ceci est très subjectif bien sûr.
Cette forme porte-t-elle un nom en poésie classique ?
D'autre part j'ai remarqué dans ce vers : " Je rêve aux amours enfantins." ce que l'on appelle hiatus je crois avec - je rêve aux - est-ce autorisé dans les autres formes classiques que le sonnet ?
Je remercie cependant Damy de m'avoir fait découvrir cette forme classique qui est bien plaisante je trouve.

   Pimpette   
30/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte très doux à mon coeur, tout du long, sans que je sache bien dire si c'est le fond ou la forme qui me séduit tant et me réjouit!

On est en poésie tout du long, sans aucune restriction et la grande Marguerite, il y a belle, serait fière, je pressens de notre camarade...

"Ermite, vieille et lasse, en mon château des Landes
Je rêve aux amours enfantins."

C'est-ti-pas beau ça Madame?

   CharlesVerbaud   
30/10/2012
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Une forme proche du rondeau parfait de Marot, mais qui n'en est pas un. Vous auriez pu faire coïncider la forme et le propos, tout l'art de la poésie est là. L'alexandrin est anachronique pour cette époque, le grand vers étant encore le décasyllabe.

Autre anachronisme : le grand poète protégé de Marguerite de Navarre, c'est Clément Marot qui fut à son service, "donné" à elle par François 1er. Et c'est encore Clément Marot qui loua cette grande reine. Le pauvre est oublié ici, au profit de Ronsard et du Bellay, de la génération suivante.

Chaque strophe contient deux phrases, marquées d'un point aux deuxième et quatrième vers. Ce poème est donc constitué d'une succession de distiques. Sauf pour la dernière strophe.

François Rabelais n'était pas noble, le de de François DE Rabelais du vers 9 est une cheville pour le compte. D'autre part, à ma connaissance, il est plus réputé pour ses livres que ses vers, si tant est qu'il en ait jamais écrit. Libertins est un autre anachronisme, ce sont les philosophes des Lumières tels que Diderot, quelques siècles plus tard. Rabelais était humaniste.

Pourquoi arts byzantins ? Byzance était tombée depuis longtemps sous François 1er.

Il a fallu bien sûr imiter la langue ancienne, sans doute plus par difficulté du vers que par volonté, car ce n'est pas uniforme "en noble cathédrale", "volaient les houppelandes", "Ma Navarre, suis sure".

Houppelandes rime avec guirlandes, certes, mais cet habit du Moyen Âge n'est plus de mode au début de la Renaissance.

Les phrases sont parfois en décalage avec les vers, ce qui brouille le rythme, déjà perturbé par l'alternance de mètres différents :

Doux madrigal et fier rondeau
Grisaient mes cavaliers ; volaient les houppelandes
D’amour, derrière le rideau.

qui serait plus correct rythmiquement, sans les rejets

Doux madrigal et fier rondeau Grisaient mes cavaliers ;
volaient les houppelandes D’amour, derrière le rideau.

En soi l'alternance de deux mètres est intéressante, mais on sent par la structure des quatrains, des phrases et du rythme, que vous vous êtes battu avec.

Enfin, pour la vérité historique
Un duc, courtoisement, d’un lai
Jouait en embrassant mes lèvres si gourmandes !

L'amour courtois, pratiqué encore à l'époque, consistait à réciter des poèmes, à se plaindre de la cruauté de sa belle qui se refusait, à badiner. Mais le passage à l'acte ne se faisait pas, respect, vertu, différence de rang oblige.
Et quand on sait que Marguerite de Navarre, toute sœur de roi et reine qu'elle fut, a été souvent violée par des gens de sa cour, ce passage détonne encore plus. Ce baiser, le veut-elle vraiment, est-il seulement envisageable ?

Bref...
Entre anachronismes, problèmes de langue et de rythme, je n'ai pas aimé ce poème.

   stellamaris   
30/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Contrairement à Charles, je n'ai pas lu ce poème en historien ; je me suis laissé bercer par ce rythme, ces répétitions, ce va et vient entre le passé et le présent... Et je n'ai pas boudé mon plaisir. De la belle, très belle poésie, à déguster sans modération !

Avec toute mon amitié.

   brabant   
30/10/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Damy,


Ce poème m'a interrogé à plusieurs reprises :

- "amours enfantins", j'aurais plutôt cherché du côté de 'jouvenceaux/jouvencelles' (enfantin = infantile).
- mais j'ai aimé "arts byzantins" qui m'a évoqué un art de manier les secrets, les intrigues (ici amoureuses) avec leurs chausse-trappes et leurs jeux ( "arts/jeux").
- pas trop aimé "ermite" pour une 'courtisane' du temps jadis, retirée ou non.
- ni "provoquait la morale", j'aurais cherché quelque chose dans le sens de 'niquait la morale' (pas 'niquait' hein ! lol).
- j'aurais mis '''Maître Alcofribas''' plutôt que "François de Rabelais" qui publiait sous son pseudo. Oui, je sais, les syllabes pour faire 12...
- une "cathédrale" est forcément "noble".. ?...
- j'ai adoré la cinquième strophe !
"Panurge consulta Sybille la voyante
Qui se fâcha de nos festins.
Je me mariai[s ? sais pas. Sniff !) donc, j'étais bonne croyante.
J'excellais aux jeux byzantins."

Ce poème a été pour moi une invite à revisiter, plutôt agréablement, Marguerite de Navarre même si à mon âge je préfère le médoc aux marguerites. Il est vrai qu'avoir l'un et l'autre est un plaisir qui ne se boude pas...

Merci Damy !

   Fortesque   
1/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai vraiment kiffé ce poème, même si d'aucuns prétendent à juste titre que ces vers de nourrisson des Muses sont perfectibles. N'étant qu'un pauvre rimailleur, j'ai zyeuté le truc avec délice, effeuillant la marguerite en question jusqu'au dernier pétale, me réjouissant que le sort fasse coïncider ce plaisir avec la plus haute qualité qui se puisse. Ce parfum de fin'amor qui s'exhale a éveillé en moi des souvenirs plaisants qui valent tous les prix d'excellence. En parfait dilettante qui ne voit pas les imperfections qu'on leur prête, j'aurais presque trouvé ces vers moins charmants si les conseils avisés de plus savant que nous ne me rappelaient aussi qu'à défaut d'une mariée plus belle, on ne chipoterait pas pour autant sur la nuit de noces.

   Damy   
31/10/2012

   Titato   
31/10/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai beaucoup goûté, en ce poème, la musique, alors les vers qui reviennent, la ponctuation, offrent, à la lecture, une mélodie qui pépie, et qui se sirote.

Le "je" donne de l'actualité, de la présence, et la sensation musicale en est accentuée.

Sur le fond, ça reste, pour moi, une personnalité à découvrir et lors, il me fut très plaisant de l'approcher, et par une approche poétique.

Ensuite, ce poème reste "un tableau", une présentation d'un quelqu'un et d'idées, lors, cela fait un peu "carcan", évidemment, dur d'en sortir, mais je pense que ce poème a été composé à cette fin-là, et lors, c'est réussi.

Amicalement

   Cristale   
14/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je comprends que l'auteur ait privilégié l'aspect poétique dans sa narration sur l'exil de Marguerite de Navarre.

Un exercice de style fort bien mené qui met en valeur la beauté des principes de cette femme qui se voulait vertueuse malgré ses déconvenue à la cour.

"Vos marguerites sont fanées"

Voulez-vous dire que les féministes et le féminisme dont Marguerite était "précurseure", n'existent plus ?

En tant que femme je n'en ressens pas la nécessité dans nos mondes occidentalisés, les femmes se sont bien libérées et continuent de l'être dans leur indépendance, mais elles peuvent dire merci, à elle et tant d'autres d'avoir appuyé sur le starter, ce qui était courageux à l'époque .

J'aime ce texte où l'affection de l'auteur pour le personnage, en s'octroyant sa voix et les pensées qu'il lui attribue avec son propre lyrisme, et son attachement à la description fidèle des lieux est communicative et touchante.

S'il n'est pas historien, Damy est poète avant tout, à mon humble avis, et cela me convient.


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