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Poésie libre
Damy : Mélopée des amours défendues
 Publié le 03/06/26  -  8 commentaires  -  1789 caractères  -  111 lectures    Autres textes du même auteur

La musique des amours volatiles.


Mélopée des amours défendues




Je ne sais pourquoi
j’attends
à l’orée de mes nuits
sur vos lèvres de fruit
un sourire
éclatant
l’éclair de vos yeux mauves
et le vent léger
de vos caresses sauves
de moi.

Un retour impromptu
comme un doux lied d’autrefois

sur mon piano d’ébène
où ne joue qu’un éphèbe
sur de tristes mélopées
Le vôtre était de bois de rose
Vous minaudiez en quelques pauses
d’une blanche nue
ou d’une noire jalouse

Je ne sais pourquoi
j’espère
le parfum éthéré de l’hiver
de vos yeux de givre
et de vos doigts de neige
vos seins lourds des flocons de ma bouche
et vos reins frémissants

J’espère
un halo bleu d’une lumière d’ange
aréoles étranges
lacs irisés des avers de mes cimes
mouillure de mes rimes

Vous dansiez effrontée
orgueilleuse
des mouvements de feu
langueur voluptueuse du ventre
où j’étais pendu
J’ai perdu
l’oubli de vos hanches

Mon anche
crispée entre mes lèvres de fou
fait geindre le hautbois
de larmes croches
Mon archet
sous des iambes écorchés
effleure la viole de vos ïambes

Votre bouche faisait des clins d’œil

On eût dit
un cyclamen pourpre d’extase
d’un empereur une topaze
un désir violent de Bohème
ou le cœur sanglant d’un poème

C’est loin autrefois

Revenez-moi
J’aurais pour vous quelque regret

Frissonnez-moi
Je vous baiserais en secret

Nous goûterions d’un vin nouveau
La part des anges au caveau
De nos âmes perdues
Nos amours défendues

et

déchirez-moi…


 
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   Cyrill   
22/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
C’est un beau poème finalement. Je l’ai trouvé un peu chargé de prime abord. Peu ponctué, il semble flotter au dessus des souvenirs douloureux et l’absurdité de l’attente.
Le champ lexical de la musique est tenu et les images sont originales, les tournures aussi. L’érotisme est à fleur de peau, tout oriental. La mélancolie en exsude.
Sa configuration au centre de la page et sa longueur évoquent une chute lente. Il y a une violence très contenue, une tension qui va croissant jusqu’à « Frissonnez-moi », puis « déchirez-moi… ».
J’ai pensé à « Madame Hayat » de Ahmet Altan, une belle histoire d’amour et d’initiation à la liberté, entre une femme voluptueuse et un jeune étudiant dans la Turquie d’aujourd’hui.

   Donaldo75   
22/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J’aime bien ce poème qui déploie une intensité sensible et touche immédiatement le lecteur. L’imaginaire musical, très présent, lui donne une couleur singulière et crée une atmosphère presque tactile. La première strophe, en particulier, m’a beaucoup plu. Elle ouvre le texte avec une douceur vibrante. Dans l’ensemble, j’ai senti une plume habitée, attentive aux images et aux résonances. C’est un très beau travail, porté par une vraie sensibilité.

Bravo !

   Provencao   
3/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Damy,

Un charme irrésistiblement fort et doux à la fois en vos vers.

Mon préféré :
"Je ne sais pourquoi
j’attends "

Ce vers porte et apporte une confidence que J'accueille avec beaucoup de respect.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Passant75   
3/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Le poème se distingue par une écriture riche et travaillée, où le lyrisme amoureux se déploie dans une dimension musicale et sensorielle. La fusion entre le vocabulaire de la musique et celui du corps crée une atmosphère sensuelle et nostalgique. La musicalité du texte, portée par les répétitions et les sonorités, donne une impression de chant continu.

Les images sont souvent belles et évocatrices, notamment celles liées à la lumière, au froid ou au vin, qui renforcent la dimension de souvenir et de manque. Le poème réussit à construire une vraie cohérence esthétique, entre passion amoureuse et univers artistique.

Malgré une accumulation de métaphores et d’effets qui peuvent, par moments, alourdir la lecture, l’émotion reste constante et maintient l’intérêt du lecteur. La chute « déchirez-moi » constitue un basculement fort qui rompt d’un seul coup avec le lyrisme pour révéler une passion extrême, presque douloureuse, où le désir amoureux devient autant une quête qu’une blessure.

   Myndie   
3/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Damy,
Jeu musical et jeu de séduction, instruments symbolisés, incarnés, contraste des images :
entre la froideur hivernale,
« le parfum éthéré de l’hiver
de vos yeux de givre
et de vos doigts de neige »
et le feu charnel
«  vos seins lourds des flocons de ma bouche
et vos reins frémissants »
«  Vous dansiez effrontée
orgueilleuse
des mouvements de feu
langueur voluptueuse du ventre »
votre poème est une symphonie des sens. Il exprime l'attraction physique , le désir brut, la sexualité dans ce qu'elle a de plus concret et palpable. L'érotisme est musical et la musique charnelle, avec des éclats de sensualité brûlante.
Le titre est explicite, c'est aussi une longue plainte qui aborde le thème de la rupture, et mêle le souvenir d'une passion passée, la nostalgie amoureuse et la douleur de l'absence. Mais, par la force de son évocation, la grâce de ses clairs-obscurs et la volupté de ses couleurs, ("cyclamen, pourpre d’extase", "cœur sanglant d’un poème", "piano d'ébène") ce thème touche au sublime.
Le poème s'achève sur un véritable cri d'extase , « déchirez-moi », expression d'une profonde déchirure émotionnelle qui révèle le consentement du poète à la souffrance pourvu que la passion renaisse.
Cette « mélopée »  est magnifique.

   BlaseSaintLuc   
3/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Magnifique, il y a de ces poèmes qui postulent, dès qu'on en fait la lecture, à de hautes destinées ; ça se sent, ça se sait, la musique coule mélodieuse dans le fond d'oreilles aux anges.

J'aime à lire ce genre de texte, grand texte avec du futur dans les anthologies, et oui, cela m'a plu à ce point, merci !

J'aime la fantaisie, le décor des instruments, la suavité, la partition,ce côté "vin des amants"

   Cristale   
3/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Quel plaisir de vous retrouver ici cher Damy, et avec quelle poésie !

Votre écriture n'a rien perdu de sa finesse, les images sont de toute beauté.
Un souffle d'absence, une mémoire qui cherche un visage perdu, votre musique pleure ce que les mots n'osent plus dire.

La sensualité qui émane de ces vers est aussi légère que puissante.
J'aime toutes les strophes sans pouvoir en choisir l'une plus que l'autre.

Pas d'analyse de ma part, je ne suis pas assez douée pour cela, mais l'ensemble de votre poème me touche infiniment.

Merci de votre retour avec une si jolie composition.

   LeChevalier   
3/6/2026
Voici un texte rempli de musique et d'associations étranges de mots et d'images. J'ai bien aimé « la part des anges ». Le tout dernier mot m'a fait penser à Orphée, déchiré par les bacchantes. Je voudrais bien savoir pourquoi « ïambes » apparaît deux fois avec différentes quantités de points sur le i.


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