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Poésie contemporaine
David : Triste et Seule
 Publié le 01/06/18  -  18 commentaires  -  747 caractères  -  295 lectures    Autres textes du même auteur

Comme Tristan et Yseult.


Triste et Seule



Triste était très trash, tranchant, trouble, étranglé,
Sang-mêlé d'un naufrage, une rupture, un crime,
Un total abandon ; contre tous il s'escrime
À disparaître en vain de ce monde, sanglé.

Sanglant sur sa poitrine un espoir épinglé
Promettait le néant du tréfonds d'un abîme
Où se dissoudre enfin d'une retraite ultime
En homme simplement plutôt qu'être cinglé.

Seule assassine et saigne et strie et sarcle et scie,
Elle fait des bouquets d'os blancs qu'elle associe
Aux viscères, puis baigne et noie avec du sang.

C'est son sort acharné, changer le ton des voiles
Du blanc au noir, renaître un néant des étoiles
De sa propre torture et s'en faire un étang.


 
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   BlaseSaintLuc   
22/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
magnifique, que c'est beau, c'est noir, ça envergue de ventôse, pour la sonorité il y a des spécialistes qui expliqueront mieux que moi
"Triste était très trash, tranchant, trouble, étranglé," et
" Seule, assassine et saigne et strie et sarcle et scie.
Mais moi, j'aime , oh oui, c'est bien dans une veine néo classique ,très bien apprivoisée .

   papipoete   
3/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour David
Triste n'eut pas bonne idée de prendre pour moitié " Seule " ; lui qui n'est que bon à rien ( à ce qu'ils disent ) vient de rien et ne profite de rien et ne songe plus qu'à ne plus exister ! Mais sa marâtre ne l'entend pas ainsi, et Seule s'emploiera à torturer comme un kapo, juste au bord de la mort, et jouira encore longtemps du malheur de Triste !
NB dans toute histoire, il y a le méchant et le gentil ... qui finit toujours par gagner ! mais ici, la " méchante " a la main et ne la perdra jamais !
Ceci est mon interprétation cher Poète, et m'éloigne peut-être à cent lieues de votre sujet !
" sanglé/sanglant " put trouver un synonyme ?
Sinon, je vois des phrases de haut ramage et des images très implicites !
je ne vois pas le pourquoi de la forme " contemporaine " ?
édit ; LenineBosquet fut plus perspicace que moi ! en effet, le 1er vers mesure 11 pieds, ce qui répond à ma remarque plus haut !

   Hananke   
1/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un bon sonnet dont le principal intérêt est la musique et le jeu
des mots.
Le reste m'est assez impénétrable comme souvent avec l'auteur.
On dirait par endroit les mots d'un médecin légiste mais
je n'irai pas plus loin.

   Hiraeth   
1/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Tristan et Yseult en mode gothique et sociopathe...

J'aime bien la composition du poème, les quatrains dédiés à Triste et les tercets à Seule, comme deux portraits juxtaposés et isolés. Le mystère de l'identité de ces deux personnages et de leur relation (si relation il y a ; en tout cas ils sont liés au moins indirectement par le glauque, la violence et le morbide) demeure, et c'est bien comme ça. Même si je ne sais pas trop quoi en faire et qu'elle est tout sauf évidente dans ce texte (sans l'exergue, personne n'y aurait pensé), j'aime bien la comparaison avec Tristan et Yseult. Dans leur conte comme dans ce sonnet, on a un homme et une femme qui connaissent des sensations intenses, mais aveugles et destructrices ; de plus ils les vivent, pour ainsi dire, séparés l'un de l'autre, chacun étant pris dans son propre rêve ou cauchemar.

Je préfère les quatrains aux tercets, plus confus et qui relèvent un peu trop à mon goût de l'horreur facile et du délire surréaliste et gothique pour le simple effet ; Triste paraît plus humain que Seule, on a plus de sympathie pour lui et il garde en plus une certaine dose de mystère.

Le jeu des allitérations, assonances et paronomases est agréable, quoiqu'un peu excessif. Idem pour la recherche des rimes riches, qui font parfois un peu forcées. "Sanglé", par exemple, même si l'on imagine une sorte de motard avec veste en cuir et tout le tralala, et que le mot se justifie ensuite par la reprise avec "Sanglant"... Mais ça reste un peu maladroit je trouve. Certaines images ne me plaisent pas trop non plus, notamment "espoir épinglé" : coller un mot abstrait à un mot concret, c'est une recette poétique connue, mais là j'ai du mal à me représenter le désir de mort de Triste. Porte-t-il le logo du PSG en se baladant dans les rues de Marseille ?

"du tréfonds d'un abîme" : l'hémistiche ici n'est là que pour la rime, on pourrait l'enlever et ça ne changerait rien au sens.

"changer le ton des voiles du blanc au noir", ça me fait penser à l'histoire de Thésée, image très classique qui ne se marie pas très bien avec l'image beaucoup plus bizarre qui suit. Mais "les étoiles de sa propre torture", ça ne me parle pas du tout, je ne vois pas le lien entre les étoiles et la torture. Et puis l'étang... Les derniers tercets sont beaucoup trop surchargés en images. Dommage.

   Raoul   
1/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Joli travail sur les assonances, les associations qui vont du son au sens… On pourrait parler de Romantisme aussi (ce goût - cette croyance - d'être unique), mâtiné de gore - tic ? -
J'aime assez cet exercice de style, mais peut-être à lire en autrement, en moins balisé.
Pas inintéressant. Merci pour cette lecture qui joue au sonnet.

   Eclaircie   
2/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour David,

Un jeu de son, pour ce "Tristan et Iseult" revu de manière très moderne, réussi.
Un mythe revisité de façon très originale.
Certaines expressions surprennent ainsi :
"plutôt qu'être cinglé."
"Du blanc au noir, renaître un néant des étoiles",
soit par le vocabulaire, soit par la syntaxe, cependant sans rompre l'harmonie globale.
Je suis toujours admirative de la liberté d'expression que certains auteurs prennent dans des formes plutôt classique.
Il me semble que c'est plus intéressant ainsi, plutôt que de traiter de manière moins inventive et inédite un sujet éternel.

Merci pour le partage.

   Donaldo75   
2/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour David,

"Triste était très trash, tranchant, trouble, étranglé,"
Ce premier vers m'a donné la tendance non corrigée des variations saisonnières, de ce poème que je trouve sombre et presque gothique, sépulcral. Le format du sonnet est bien choisi; la rime en "ime" accentue l'impression funèbre laissée par l'ensemble.

"Seule assassine et saigne et strie et sarcle et scie,
Encore une force dans la sonorité employée; c'est appréciable de jouer aussi sur la musicalité, comme dans le premier vers.

Bravo !

Donaldo

   LenineBosquet   
2/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour, j'aime bien ce sonnet, pour l'originalité du thème et de son traitement. C'est moderne, beaucoup de jeux d'altérations, parfois peut-être un peu trop, avec reprise de mots en début de vers ( sanglé - sanglant ). Ça fait du bien de lire ici ce genre de poème même si parfois certaines choses m'echappent.
Pour la forme contemporaine, j'ai l'impression que c'est dû au premier vers qui à mon sens ne fait que 11 syllabes.

   fugu   
2/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un Tristan et Iseult revisité ? Non je ne le pense pas. Une base, oui.
J'aime plutôt l'idée de deux êtres torturés qui chacun dans son coin (quatrins/tercets) ont beau jouer leurs vices respectifs, donnent finalement l'air de gens qui cherchent une sérénité.
Et pourquoi pas une communion. C'est ce que laisse à penser ce poème qui ne cherche au fond qu'à réunir Triste et Seule;
Ne serait-ce que par un jeu de sonorités mutuels.

   Anonyme   
2/6/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Je me suis attardé plusieurs jours de suite, voulant prendre du recul et modérer ma première impression.

Rien n'y fera, votre poème me laisse à distance. Je suis sans doute hermétique à une certaine formulation poétique, je la perçois comme étrangement démesurée. Je bloque littéralement, les mots me deviennent indifférents.

Ce "Triste et Seule" est bien loin de m'avoir persuadé, l'émotion semble rendue inaccessible par un phrasé détaché, insensible.

   Eki   
3/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Inspiration mythique, conte d'horreur, fait d'hiver,
Jeux de mots/maux, liberté de ton, les mots rebondissent, fusent, se font écho...
C'est original, tranchant, vif !
Eki pas perdue dans ce dédale

   nelson   
3/6/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
j'ai bien aimé la forme du poème, mais je n'ai pas vraiment compris le fond, ce que voulait vraiment dire chaque vers, à part que ça parle de tristesse. les vers ne me paraissent pas très clairs.

   Robot   
6/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Les vers allitérés scandent avec force ce texte à l'oralité. Un texte à dire pour en trouver la puissance d'évocation.
Vous expliquer pourquoi ce texte me parle ? Je ne sais pas ! Il y a parfois des récits qui touchent au coeur sans qu'il soit nécessaire d'en trouver la raison.

   BlCTD   
13/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Magnifique poème pourtant écrit avec des mots durs. Une sincérité qui tranche dans le texte, cru, et on se laisse emporter par le rythme des mots.
Merci

   David   
16/6/2018
Quelques mots par ici !

   Lulu   
16/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
David,

Je n'avais pas lu ce poème attentivement jusqu'à aujourd'hui, et grâce à votre éclaircissement apporté en forum, j'ai pensé que j'étais passée à côté de quelque chose…

Et quelle merveille en le lisant, enfin !

Ce texte, je l'ai abordé silencieusement, mais le premier vers avec sa belle allitération en [t] m'a donné envie de le lire autrement ; alors, pour mieux en saisir les sonorités, je l'ai lu à haute voix.

Le sonnet est si bien structuré au niveau de ces sonorités qui le rendent si musical. Faire rimer "étranglé" et "sanglé" et faire le choix d'en faire des rimes embrassées dans un sonnet me semble tout sauf original… Bravo !

Je n'ai pas tout saisi, comme ce mot "crime" que j'ai trouvé d'abord étonnant, mais le "total abandon", ou l'expression "disparaître en vain" m'ont permis de mieux saisir le passage.

Seule étant assassine, ce serait elle la coupable…

Les deux tercets sont magnifiques… mais comme tout le poème, en fait.

Ce qui m'a le plus séduite, c'est le travail fourni sur la présentation des deux protagonistes, Triste, et Seule. Le jeu des allitérations est à saluer, car il est beau en soi, et permet de décliner des débuts de portraits. Il est, pour moi, comme une clé ; celle qui peut ouvrir vers l'extérieur ces deux-là qui, ensemble peuvent tant s'aimer que se détruire. Il est aussi une ouverture sur la poésie que chante ce sonnet.

Plus je relis ce poème, plus j'ai le sentiment que c'est à la fois sombre et lumineux…

   Pouet   
27/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

Par hasard sur ceci et ne suis pas déçu.

Moi les jeux d'assonance, ça me cuir chevelu.

Sur la forme seul le "sanglé/sanglant" m'a un poil fait trister.

Puits si, le "tréfonds d'un abîme" m'a un peu fait clicher.

Alors je ne pense pas avoir percé le mystère de Triste et Seule, mais bon pourquoi pas Triste dans un hôpital psychiatrique et Seule son infirmière même si elle fait plus penser à un légiste. Mais bon Seule est peut-être artiste peintre et Triste militaire après tout...

Une certaine virtuoviscosité au final.

En tout cas bien noir et assez réjouissant.

   Lariviere   
27/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"C'est son sort acharné, changer le ton des voiles
Du blanc au noir, renaître un néant des étoiles
De sa propre torture et s'en faire un étang."

Je remercie Pouet d'avoir permis la résurgence de cette petite pépite davidienne... ;)

Bonjour David,

Bel hommage à l'histoire "trash" de Yseult et Tristan et à leurs "romances amoureuses", assez surprenantes d'ailleurs dans la légende, par la modernité "fauve" de leur "idylle", un amour torturé, très tourmenté, la faute aux filtres magiques et à leurs charmes redoutables, bien entendu... ;)

J'ai aimé ce poème parce que la forme très rigide en terme de prosodie, comme souvent chez David, n'étouffe pas l'originalité de l'écriture, bien au contraire, ni ne réduit le traitement du thème, par paresse (ou autre), pour satisfaire de façon creuse à la chasteté métrique. En clair, la forme très rigide ne rigidifie pas le fond, bien au contraire, il ne le caricature pas, ni ne l'enferme, et en fait, il le renforce, le rend actuel, même dans sa complexité...

C'est juste une performance.

Merci et bravo à lui...


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