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Poésie libre
hersen : Exil sans ode
 Publié le 13/01/21  -  17 commentaires  -  797 caractères  -  201 lectures    Autres textes du même auteur


Exil sans ode



fil tendu de rien
à rien
les souvenirs effilochés
n’ont de brillant que la lumière d’un crocus caché
à l’ombre d’un pot en débris

une chemise rouillée
à carreaux
sèche indéfiniment pendue
se reflète dans le miroir terne
d’une vitre opaque en cassure

se raidit dans le froid des nuits
se délite dans la chaleur des étés

la vie s’est arrêtée
a buté sur un seuil trop pauvre

oubliant le vêtement
ils sont partis
refaire ailleurs une vie
sur des terres
au crocus improbable

l’espoir rend fou
qui laisse s’abandonner
une fleur
une chemise

et pourtant

dans l’ocre de la ruine
au creux d’un nid de verdure
terre vivante encore


 
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   Queribus   
3/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un poème sur le dur problème de l'exil traité de façon très originale sous une forme moderne. Curieusement j'ai trouvé à vos mots un enchainement logique dans leur forme irrégulière. Malgré l’apparence "libérée", je suis certain que votre écrit a demandé un gros travail d'écriture; de plus, ce type de rédaction laisse une très grand latitude pour interpréter le fonds chacun à sa propre manière.

En conclusion, j'émets un avis favorable sur votre poème.

Bonne année à vous et au prochain texte.

   socque   
3/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Jolie trouvaille, pour moi, cette deuxième strophe où la chemise et la vitre se reflètent l'une l'autre : la chemise rouillée comme j'imagine le chambranle de la fenêtre, la vitre opaque comme la chemise... Un effet subtil.

Dans l'ensemble j'ai bien aimé cet aperçu d'un coin de monde totalement oublié, vos vers me l'ont donné à voir avec efficacité et simplicité. Deux réserves :
1) "improbable", le crocus ? Ça fait "parler comme à la télé", pour moi, comme une interview de théâtreux qui plastronne ;
2) pour ma part, je regrette la précision de la cause de l'abandon du fil, l'espoir qui a conduit à l'exil, j'eusse préféré que l'instant restât suspendu immobile et arbitraire. Votre choix, bien sûr.

   ANIMAL   
3/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très joli poème d'ambiance sur le thème de l'exil et surtout de ceux qui restent, objet ou plante, dans un décor d'abandon. Les vers courts sont adaptés au sujet.

On visualise comme un tableau, une nature morte, une ville fantôme de décor de western, cet endroit respirant la pauvreté, avec ce fil d'étendage, ce pot cassé où survit un crocus, cette chemise battant au vent, oubliée dans la débâcle.

Peu de mots ont suffi à l'auteur pour exprimer l'espoir d'une vie meilleure pour ceux qui sont partis, et le lent délitement des jours pour ceux qui restent. J'ai relevé entre autres :

"fil tendu de rien
à rien"

"la vie s’est arrêtée
a buté sur un seuil trop pauvre"

Et pourtant elle continue car le socle, la terre, est toujours là.

Un poème bourré d'émotion sous des dehors austères.

en EL

   fugace   
5/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cette ode à un exil m'a complètement saisie.
A partir d'une chemise et d'un crocus, on ressent l'abandon irrémédiable d'un lieu où des vies, sans doute heureuses, sont passées.
L'introduction: "Fil tendu de rien à rien" évoque tout le désespoir de ce seuil trop pauvre.
"L'espoir rend fou qui laisse s'abandonner une fleur une chemise" est très fort.
Et derrière la folie de cet abandon, la terre encore vivante dans l'ocre de la ruine.
C'est pour moi une très belle poésie.
Merci.

   Luz   
6/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai bien aimé ce poème sur le départ, l'exil, l'espoir d'une autre vie.
J'ai juste buter sur :
"fil tendu de rien
à rien".
Je ne vois pas comment un fil, s'il est tendu, peut être accroché entre rien et rien... Mais je dois avoir l'esprit trop terre à terre ou alors quelque chose m’échappe ce qui est tout à fait probable.

Merci.

Luz

   papipoete   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour hersen
Fallait-il qu'ils soient malheureux, pour partir comme cela, en oubliant jusqu'à leurs habits, à sécher pour longtemps, à ne jamais ramasser... et pourtant ici il y a encore de la vie...
NB " il y a les mots pour le dire " comme ce fil invisible, tendu entre rien et rien, que l'on peut rompre puisqu'à rien n'est tenu !
Il y a encore de la vie dans cette bicoque, mais elle y est si misérable, qu'elle ne peut qu'être meilleure ailleurs...
des lambeaux d'existence, des pans de chemises usées, et même un crocus qui semble dire " à boire ! " nous retiennent par leur pauvre image.

   Robot   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les mots et la composition, tout en subtilité littéraire, retracent bien au travers des choses abandonnées et des ressentis le sentiment de perte mais également d'espoir - peut être vain - de l'exilé.

   apierre   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

Peu de moyens,beaucoup d'émotions.Un poème court que je trouve très réussi .Avec juste quelques images ,il va à l'essentiel !
Merci pour la lecture.

   Edgard   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,
Poème qui permet de créer des images. On se représente facilement ce tableau en aquarelle automnale. Beaucoup de finesse. Ce que je préfère dans ce texte ce sont les vers les plus simples, les plus directs.
« Un fil tendu de rien
à rien » bien sûr… Avant que sait-on ? Après que sait-on ? C’est le « hors cadre » qui situe le tableau, en plein au milieu du temps ainsi figé. Ça laisse l’imaginaire se déployer, et c’est dans ces deux riens suggérés que se trouve presque tout….
« dans l’ocre de la ruine
au creux d’un nid de verdure
terre vivante encore » Voilà, c’est fait en quelques mots tout est dit sans rien expliquer... poésie !
Ce que j’aime un peu moins :
« n’ont de brillant que la lumière… »
« l’espoir rend fou qui laisse s’abandonner… »
C’est un peu moins la spontanéité des passages cités plus haut. Je parle de la forme, parce que l’idée est belle et le crocus parle de lui-même, on va vers l’automne, il reste un lumière, toute petite qui est celle de la fleur, souvent discrète…mais qui est la lumière de la vie et qui a tout laissé sur place.
Il reste quelque chose de ce poème, est c’est aussi beau à découvrir qu’à relire.

   Absolue   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce ne sont pas tant les mots utilisés que l'ensemble qui me touche.
Le crocus et la chemise sont les "éléments phares" de ce poème.
Espoir et mélancolie mêlés.
D'ailleurs,
"dans l’ocre de la ruine
au creux d’un nid de verdure
terre vivante encore"

   Angieblue   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle ode à la nature qui sans cesse se renouvèle et reprend vie même dans l'abandon et le délabrement le plus total.

J'aime beaucoup cette atmosphère de néant et d'abandon où flotte une "chemise rouillée" et un "crocus".

Le décor est bien posé, c'est visuel avec le champ lexical du linge qui pend, et la première image est très forte: "fil tendu de rien à rien".

J'ai préféré la première partie jusqu'à "seuil trop pauvre".

Pour la suite, j'aurais préféré qu'il y ait un mystère sur pourquoi cet abandon pour laisser libre cours à mon imagination...peut-être une fin de l'humanité...

A la fin, je n'ai pas bien compris "au creux d'un nid de verdure/ terre vivante encore". ça me semble redondant.

J'aurais plutôt vu une image parlant de la floraison du crocus "sur l'ocre de la ruine" malgré l'abandon de la main humaine...

Mais l'atmosphère est bien rendue et l'on visualise très bien cette scène d'abandon.

   Arsinor   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Une jolie image toute terne. La syntaxe contemporaine. Le meilleur est pour moi la vie qui s'arrête à un seuil trop pauvre. L'émigration ne suit pas les émigrés, c'est une maison abandonnée : peut-être que des plus pauvres encore en profiteront.

   emilia   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La narratrice compose un tableau expressif qui, dès le titre, impacte par son jeu de langage ce rapprochement implicite entre exil et exode au préfixe commun significatif et qui invite au constat très visuel d’une « vie arrêtée/suspendue », avec le détail poignant d’un vêtement « effiloché » par le temps et soumis à ses aléas, dans une langue épurée (sans ode…) qui renforce le message contenu dans le dernier vers « terre vivante encore » et cette note d’espoir laissée par une petite fleur cachée qui apporte sa lumière et appelle à relire cette belle image du début sublimée par deux couleurs témoignant que, malgré la « ruine », la vie perdure, même dans sa fragilité…

   Cristale   
14/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'art d'extraire du rien, de l'absence, du vide une ambiance de vie peuplée de souvenirs, de présences...il reste malgré tout la chaleur d'un foyer qui envahit le froid de l'inertie des choses en suspens.
Ca sent la misère, la lessive croupie trop longtemps, la maison abandonnée, la terre retournée et retournée, et pourtant le crocus continue de fleurir. Des ombres ont pris le chemin de l'exil. La misère comme une longue traîne de mariée qui s'effiloche sur les sentiers de l'espoir.
Par contre, à ta place hersen, j'arrangerais...j'éviterais...je corrigerais...je mettrais....heu ben non, rien, je peux même pas faire ma ch...euse, je suis incapable d'écrire en libre comme tu le fais, c'est pô juste :))
Cristale

   Pouet   
14/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Slt,

un bien beau texte que voici.

Un peu comme une "nature morte" cherchant la fuite, tressaillement de l'espoir englué dans l'attente.

J'ai tout aimé je crois dans ce texte -tonalité et résonance- qui se lit et se relit sous l'angle de l'éternel recommencement, à la lueur vacillante d'une flamme terne.

Bravo.

   Ombhre   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

J'ai beaucoup aimé cette très belle nature - presque - morte, emplie de nostalgie, de poésie, de tendresse. Comme dans un tableau, la lecture se fixe d' un mot à l'autre, d'une belle image à l'autre : "une chemise rouillée", "une vitre opaque en cassure", "dans l'ocre de la ruine"...
Bravo pour cette peinture des espoirs et désespoirs humains, et de ce qui reste quand la vie est partie. Cette vie qui subsiste pourtant comme le souligne très bien le dernier vers.

Donc pour faire bref: chapeau !

Ombhre

   hersen   
17/1/2021


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