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Poésie classique
inconnu1 : Un lieu paisible
 Publié le 20/05/22  -  26 commentaires  -  1264 caractères  -  420 lectures    Autres textes du même auteur

Il me reste à le trouver.


Un lieu paisible



Il doit être un endroit bordé d'une colline
Où s'aiguisent au vent des pins majestueux,
Un endroit vallonné qui médite et s'incline
Sur un petit ruisseau s’évasant dans un creux.

Il doit être un village aux odeurs occitanes,
Blotti contre une église et ses lourds contreforts,
Où la fontaine glousse au milieu des platanes
Ombrageant d'un dais vert les monuments aux morts…

Un chemin tortueux qui se cabre et rechigne
À se laisser mener au sommet du coteau,
Qui musarde au soleil et se perd dans la vigne,
Avant de revenir écorcher le plateau.

Là, surplombant l’adret, se tient une chapelle,
Sur son socle en granit, une croix peinte en blanc.
Autour n’est que rocaille… à part un coin rebelle,
Un carré de verdure étendu sur son flanc.

C’est ici qu’un matin, à même l’herbe sèche,
Aux premiers cris d’un merle, il faudra me coucher,
Et planter un cyprès, fin comme une flammèche,
Sur ma chapelle ardente, en guise de clocher.

Et je resterai là, dans mon écrin de terre
À contempler les morts et compter les vivants.
Le temps sera plus court dans un lieu moins austère,
Car le jour s’en ira puis viendront les suivants.


 
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   Lebarde   
22/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
OUPS!!

"Ce lieu paisible", s'il vous "reste à le trouver", vous l'avez à coup sûr superbement créé et décrit dans ce somptueux poème.

Les poésies classiques sont tellement rares que quand une est proposée, je me précipite et alors là..... quelle merveille! Je savoure du premier au dernier vers.

Le sujet certes souvent évoqué, est tellement élégamment traité, l'atmosphère bucolique si agréable et délicate, les images d'une rare beauté, les rimes d'une grande richesse (majestueux/creux, rechigne/vigne, sèche/flammèche.....) que je suis enthousiasmé.

Pas d'erreur de prosodie, des alexandrins délicieusement fluides, une poésie reposante, une écriture remarquable de finesse : je suis subjugué et sans voix.

Permettez moi de relever, parmi d'autres, les passages qui m'ont le plus touché:

"Un endroit vallonné qui médite et s'incline
Sur un petit ruisseau s’évasant dans un creux"

ou
"Où la fontaine glousse au milieu des platanes
Ombrageant d'un dais vert les monuments aux morts …"

ou encore
"Là, surplombant l’adret, se tient une chapelle,
Sur son socle en granit, une croix peinte en blanc.
Autour n’est que rocaille… à part un coin rebelle,
Un carré de verdure étendu sur son flanc.…"

.....En fait je devrais tout citer.

Bravo pour cette magnifique poésie, un chef d'œuvre du genre qui fait honneur à son (sa) auteur(e), au sommet de son art.
Probablement l'un des plus beauté poème que j'ai eu l'occasion de lire ici.

Merci

En EL
Lebarde sous le charme .

   Queribus   
23/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La (très) bonne surprise du matin. Sur la forme, j’ai beaucoup cherché mais impossible de trouver la moindre faute de prosodie, on sent que vous avez du métier(seule petite remarque les deux A: A se laisser mener, A contempler, doivent comporter un accent puisque c'est dorénavant possible avec les traitements de texte).

Le fonds, bien que très classique, est traité de façon très émouvante et avec une très grande simplicité qui renforce la qualité de l'écriture. Un poème que les enfants pourraient apprendre à l'école comme récitation (mais l'exercice se pratique-t-il encore?)

Vous l'aurez compris, je n'ai que du bien à dire de ma lecture et j'attends le prochain écrit de cette qualité.

Bien à vous.

   papipoete   
25/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
classique
" la mort, t'as pas autre chose à discuter ? " combien n'y songent pas à ce moment, où il vaut mieux que tout soit prêt, toutes les cases cochées
Et l'auteur ne fait pas qu'y songer ; il sait exactement ce qu'il veut, pour reposer en paix ; ne reste qu'à le trouver !
NB comme le ferait un riche nabab, à la recherche d'un endroit imprenable pour établir sa villa, le héros cherche, furette au près d'une colline où coule un paisible ruisseau. ça y est, il l'a trouvé dans cette nature occitane ; il sera bien à contempler les morts, et compter les vivants !
la 4e strophe, où l'on découvre le futur havre de paix, est mon passage préféré, mais j'aime bien le 7e vers...
Les alexandrins parfaitement classiques, semblent couler si naturellement ; je suis sûr qu'un aveugle les écoutant, pourrait en dessiner le moindre contour... dans sa tête !
papipoète

   poldutor   
26/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour
Je ne crois pas me tromper en pensant reconnaître un Onirien féru de classicisme!
Quelle merveilleuse poésie, de vrais accents hugoliens et le souvenir de : demain dès l'aube...
D'abord la présentation du lieu : la fraicheur, la sérénité, le ruisseau, les "odeurs occitanes", les vignes.
puis
la chapelle, le calvaire, et ;
"C’est ici qu’un matin, à même l’herbe sèche,
Aux premiers cris d’un merle, il faudra me coucher,
Et planter un cyprès, fin comme une flammèche,
Sur ma chapelle ardente, en guise de clocher."
là on rejoint Hugo

Poème parfaitement classique, de la belle ouvrage!
Magnifique!
Cordialement
poldutor

   Miguel   
28/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Il semble d'abord que l'auteur cherche un lieu où vivre paisible; j'allais lui conseiller Castelnau-de-Guers, (Hérault, arrondissement de Béziers) qui correspond à ce qu'il cherche. Mais non : il cherche le lieu de sa sépulture; d'habitude on le connaît d'avance. Si l'on attend, pour chercher, que notre poète ait rendu le dernier soupir, il faudra d'abord bien l'embaumer. Mais je le rassure : il y a à Castelnau-de-Guers un cimetière qui donne sur la plus belles garrigue du monde. Les chapelles ne sont pas loin.
Le ton élégiaque et bucolique du poème ne manque pas de charme .

   GiL   
29/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D’habitude j’ai tendance à éviter les descriptions champêtres. Pourtant celle-ci m’a accroché : elle me raconte un songe qui prend consistance et vie au fur et à mesure de son évocation. Ce songe est une quête ; j’ai eu l’impression d’un film pris d’un d’un appareil volant qui, depuis un petit village occitan, s’envolerait, suivrait le sentier qui monte au plateau où il s’arrêterait pour me montrer l’aboutissement de cette quête : le lieu dont rêve le narrateur pour son repos éternel. C’est présenté avec beaucoup de vitalité, avec un réalisme qui a emporté mon adhésion. Les vers classiques sont sans défaut et les rimes sans banalité, parfois inattendues. Bref, j’ai bien aimé ; à ceci près que, pour moi, le dernier quatrain est superflu.
Bien à vous,
GiL en EL

   AnnaPanizzi   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un poème bucolique à la belle musique des mots. C'est vraiment très bien décrit !

Bravo à l'auteur pour ce voyage en terre inconnue pour moi, je ne connais pas le Sud et ses plaisirs.

Anna

   Cristale   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Inconnu connu désormais,

Votre voix poétique m'a guidée sur les sentiers de vos mots aux sons mélodieux d'une symphonie magistralement interprétée.
Un beau moment d'extase à lire vos lignes et suivre vos rimes jusqu'aux vallons de vos rêveries mélancoliques.

Je suis heureuse de constater l'aboutissement de vos travaux et ne peux que vous encourager à poursuivre votre cheminement poétique.

Bravo bravo bravo ! et merci.

Cristale

   hersen   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour inconnu1,

Je viens de lire un très beau poème, et qui prend une résonnance encore plus vive si on garde en tête la phrase de présentation.
Alors peut-être l'auteur l'a-t-il déjà, cet endroit, dans un coin de sa tête ce qui n'empêche pas de continuer la quête.
Un endroit comme ça, ça existe.

La lecture est d'une grande fluidité, on se laisse bercer par cet endroit fictif, et on est prêt à prendre "ce chemin tortueux qui se cabre et rechigne à se laisser mener jusqu'en haut du coteau" un chemin caprin à n'en pas douter.

Je vois que ce lieu magique "serait" en Occitanie. Cela apporte une note de sons, de couleurs et d'odeur, puisque la lieu est nommé. Rien ne manque, il est des hameaux dont le carillon du clocher de la chapelle s'entend à des kms, à saute-mouton par-dessus les collines.

La fontaine glousse, heureuse bavarde qui en a encore à raconter, toute pleine d'eau pure qu'elle est !

Bon, j'arrête, j'ai adoré, un grand merci pour cette lecture, décrire si poétiquement donne une autre dimension aux images.

   Donaldo75   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, inconnu1

Encore un poème que je lis et que j’apprécie sans savoir comment l’analyser tellement il coule de manière fluide à la lecture ; la forme classique lui sied bien et il la sert à merveille. Je reste toujours admiratif de cette maitrise de la prosodie et du rythme ainsi que de la capacité à déployer cette dimension poétique qui rend le thème autrement magnifique que son signifiant stricto-sensu ; je ne sais pas si cette phrase est claire mais c’est la seule que j’ai trouvé pour expliquer pourquoi un rocker comme moi aime la musique classique quand elle l’emmène ailleurs, là où il n’irait probablement pas en temps normal.

C’est grave, docteur ?

Bravo et encore bravissimo maestro.

   Anje   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne sais pourquoi, le titre m'a immédiatement envoyé dans Le cimetière marin de Paul Valéry. Puis la colline, les pins aiguisés au vent... et l'eau de la fontaine du ruisseau qui remplace la mer. Mais je suis bien dans un cimetière, un écrin de terre où l'on contemple les morts.

De très beaux quatrains aux alexandrins parfaits, aucune répétition de rime sur les douze que compte ce poème, l'oreille se réjouit comme d'un gazouillis matinal. Et passe la lecture comme un souffle paisible.

Et le mien, il sera où mon lieu paisible ? Merci de pousser ma réflexion de si belle façon.

   Ascar   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est admirablement bien écrit. Au fil de la lecture, les éléments décrits et l'ambiance suggérée finissent par pixéliser une image douce et paisible dans mon esprit.
La formulation " il doit être" m'a un peu gêné et pourrait être remplacée par :

J'imagine l'endroit...
J'y devine un village...

Par ailleurs, il me semble qu'il y a une contradiction de couleur entre "un carré de verdure" donc vert et "l'herbe sèche" donc jaunit.

Lecture très agréable au demeurant

   Vincente   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Après l'attirante invitation de l'exergue et la simplicité "paisible" du titre, viennent ces trois premières strophes délicieuses. La "paix" y ondule dans de très belles images bucoliques, l'on se réjouit d'être entré dans cette évocation bien sympathique.

Dans les deux suivantes, où apparaît incidemment la raison de la destination envisagée ("il faudra me coucher" – "Sur ma chapelle ardente…"), la qualité délicate de l'écriture continue son avance lente, attentive et soucieuse – le narrateur s'avoue peu pressé, et désireux de ne pas oublier d'apprécier, de savourer, de préparer sa fin à l'horizon lointain.

J'ai été déçu par la dernière qui révèle une chute qui m'a semblé pour le poème fatale… Avec ce dernier vers d'une platitude "profonde" ; avec l'avant-dernier assez discutable (c'est bien une vue de vivant qui se fabrique le leurre de s'imaginer mort appréciant un paysage physique, même pas son souvenir… et cette notion de "temps court" confronté à l'éternité…??) pour ne pas dire artificieux ; l'antépénultième tout aussi peu soutenable, comptable… mais pourquoi un tel dénombrement ? Je suis resté aussi assez peu convaincu par le convenu "écrin de terre".
Dommage ça avait si bien commencé autour de ces beaux quatrains au service de cette jolie approche… d'une fin.

   Vero   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Inconnu1

Cette description d'un lieu paisible qu'il vous reste à trouver en ferait rêver plus d'un en parcourant les très beaux premiers quatrains.
Les 3 suivants, d'aussi bonne facture que les précédents, renvoient le lecteur au désir du narrateur : trouver un lieu paisible pour le repos éternel.
Que cette volonté soit respectée, mais le plus tard possible.
L'ensemble de cette poésie m'a beaucoup plu, tant par les images que par la fluidité, la douceur et la beauté des alexandrins.
Bravo et merci.

   Polza   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Outre le thème développé de bien belle manière à mon goût, j’ai apprécié le rythme de ce poème. Il m’a par endroit fait penser à « Le dormeur du val » de Rimbaud (pas celui qui casse la gueule aux niakoués, l’autre !). Peut-être un carré de verdure m’a légèrement influencé en me faisant penser à un trou de verdure.

Plus sérieusement, on me dirait tiens lis-moi ça, c’est le texte d’un auteur poétique renommé, que je ne remettrais pas la parole de mon interlocuteur en doute.

Cela m’a semblé fluide, rythmé, poétique, pastoral comme une symphonie…
Les images sont simples, je m’imagine chaque scène sans avoir à me torturer l’esprit pour savoir de quoi veut parler le narrateur/la narratrice. C’est simple redis-je, mais j’ai trouvé tout cela sensible et poétique à la fois.

« Là, surplombant l’adret, se tient une chapelle,
Sur son socle en granit, une croix peinte en blanc. » J’ai trouvé la transition presque trop brutale entre « Il doit être un endroit » et « se tient une chapelle » qui n’émet plus aucun doute en devenant une certitude.


« Le temps sera plus court dans un lieu moins austère » J’ai personnellement une sainte horreur qu’on me dise que j’aurais dû écrire tel mot à la place de celui-ci, je préfère qu’on m’oriente jusqu’à ce que je trouve moi-même, néanmoins, quand il s’agit d’un rien du tout qui n’influe pas sur l’idée générale, cela ne me gêne pas tant que ça. Aussi, j’espère que vous ne m’en voudrez pas si je vous dis qu’à la place de « un lieu » j’aurais aimé lire « ce lieu », je trouve que ça évoquerait l’idée que le lieu paisible fut enfin potentiellement trouvé et que c’était bel et bien ce lieu qui était recherché et aucun autre au monde…

J’aime beaucoup presque passionnément en tenant compte des quelques remarques qui ne sont qu’un ressenti de ma part.

   Quidonc   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il s'en est fallu de peu pour que je me passionne. Tout y est, le thème même si celui-ci est souvent travaillé, le ton apaisant qui vient accompagné la plénitude du vocabulaire utilisé, donc oui allié à un classique parfait ce texte m'a beaucoup séduit.

Sans vouloir donner de conseil, ce qui m'a un peu dérangé, mais c'est tout à fait personnel, c'est la concordance des temps
Les 2 premiers quatrains : « Il doit être un endroit ... » on est dans la recherche d'un endroit particulier et donc on se projette dans le futur
Pour le troisième quatrain j'aurais prolongé l'idée du « il doit être une endroit » en utilisant un terme comme « Quelque part » pour renforcer la recherche du lieu conditionnel par exemple…
Pour le quatrième quatrain, on est clairement dans le présent comme si le narrateur avait tout d'un coup trouvé ce lieu paisible dont il rêve. Pour continuer l'idée de la quête, personnellement j'aurais introduit l'emploi du conditionnel .
Au cinquième, toujours dans le même esprit, j'aurais écrit « là-bas » au lieu de « ici »
Le dernier quatrain revient dans un futur conforme .

Encore bravo pour ce texte que je qualifierai malgré tout de perle.

   Corto   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Cette poésie bucolique a bien des attraits, car la description du lieu recherché est menée de main de maître.
Mais pourquoi donc y mêler la mort ? la mort est un mauvais moment à passer, à moins que ce moment ne soit espéré et/ou provoqué. Auquel cas le lieu de ce qui restera du trépassé n'a que peu d'intérêt.

Une belle mort est plutôt celle qu'on ne regrette pas car elle conclue une vie menée de belle manière. Oui une vie où l'on a cherché l'épanouissement personnel et collectif.

Le sens de ce poème m'apparait donc un peu irréel, rêveur, voire déplacé, mais c'est le choix de l'auteur qui montre ici une belle qualité d'écriture, même s'il n'a pas évité certains clichés comme ce "planter un cyprès" que je crois avoir déjà lu quelques dizaines de fois...

   Vert-de-Gris   
20/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je passe pour applaudir simplement ce beau rythme que vous façonnez !
Les images sont limpides, la maitrise est là !

C'est beau ! Que dire de plus ? :-)

Au plaisir de vous écouter de nouveau !

   pieralun   
21/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique poème !

Des mots simples, des vers visuels, sensuels, où l’œil se pose et l’âme se repose.
Le troisième quatrain m’a particulièrement séduit, mais tout est beau dans ce texte de très très grande qualité.
Bravo !!

   Ornicar   
21/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour cher Inconnu,

Magnifique, admirable.
Votre poésie, remarquable de tenue et de simplicité joue sur tous les registres : elle parle à mon coeur ( l'émotion ), comble mon esprit (l'intellect), charme enfin l'esthète.

A la première lecture :

Trois premières strophes. Je me laisse volontiers bercer par le cadre enchanteur. C'est parti pour une ballade comme je les aime, dans un décor que j'apprécie et connais bien ( le Midi, la petite ou moyenne montagne )

Ma strophe préférée : la troisième avec cette personnification du chemin "tortueux qui se cabre et rechigne" car dans la réalité c'est bien le modeste piéton qui se cabre et rechigne. Et je ressens très bien la chaleur harassante d'un milieu de journée, sous une lumière crue, dans un décor austère et minéral.
Très à mon goût également, le choix de ce verbe "écorcher" qui traduit bien la rudesse du plateau "surplombant l'adret".

Puis vient la quatrième strophe. Et "là", comme vous l'écrivez au commencement, arrive ce dernier mot du premier vers : "chapelle". Mon cerveau passe en mode alerte puis... se calme. Allons mon vieux, des p'tites chapelles mignonnes comme tout, c'est pas ce qui manque en ces lieux ! me dis-je.

Cinquième strophe. Patatras ! Mon pressentiment avait vu juste. J'ai même droit à la cérémonie dès les premières lueurs de l'aube ( "les premiers cris des merles" ) puisque le narrateur se voit couché en terre à l'heure où d'ordinaire on dort encore, l'on se lève.
Cérémonie émouvante de simplicité, discrète ( l'heure matinale ) avec ce jeune et frêle cyprès dont je me demande s'il passera l'hiver.

Bien joué ! C'était donc cela le but de la ballade ? Je ne peux m'empêcher de penser immédiatement au "Dormeur du val". Même façon de leurrer le lecteur avnt d'évoquer la mort.
Je ne dois pas être le seul dans ce cas, et je relis alors votre texte.

A la relecture :

Bon sang, mais c'est bien sûr ! Tout était déjà inscrit dans le paysage sous la forme de discrets avertissements. Plusieurs allusions au poème de Rimbaud émaillent votre poème comme un hommage. Hommage aux poètes disparus ( le thème abordé est un grand classique ), hommage au défunt, hommage au"Dormeur".

Les vers 3 et 4 " un endroit vallonné qui médite et s'incline sur un petit ruisseau s'évasant en creux" me rappellent "le trou de verdure où chante une rivière" et bien sûr " un petit val qui mousse de rayons". Même type de paysage, même atmosphère paisible et tranquille.
D'autant plus qu'à la strophe suivante "la fontaine glousse". J'aime beaucoup le choix de ce verbe, tant par l'image de légèreté qu'il évoque que par sa sonorité liquide qui, pour moi, fait écho au "Dormeur" par un cheminement d'associations : glousse - coule - douce - mousse, fermant ainsi la boucle.
Discrète référence encore à la quatrième strophe : " un carré de verdure étendu sur son flanc" me ramène une fois de plus au "trou de verdure" où le soldat dort "étendu dans l'herbe sous la nue". L'analogie s'arrête là.

Mais d'autres prémices de la marche vers la mort aparaissent, minuscules, ténues mais loin d'être insignifiantes au vers 8 : "les monuments aux morts..." suivis de ces points de suspension, énigmatiques, lourds de sens, mais que seule une relecture permet de repérer. Que font-ils là ? Quelles menaces induisent-ils que je n'ai pas perçues à la première lecture ? Maintenant je pense en deviner la raison.

Après les joies de l'esprit, qu'en est-il du coeur ? Parlons de ce qui me touche à présent.
Avant toute chose, la simplicité du propos. Vous faites preuve à mon sens de beaucoup de finesse et de légèreté au bon sens du terme, dans l'évocation d'un sujet grave, la mort.
Vos mots sont simples, modestes, presque humbles, nous renvoyant ainsi, par-delà tous les artifices dont nous aimons nous entourer, à notre humble condition de simple mortel. Nous renvoyant aussi à l'étymologie du mot ( Humilité - humus - terre ) Adéquation parfaite de la forme et du fond. A cet égard, votre cyprès "fin comme une flammèche, sur ma chapelle ardente, en guise de clocher" est un modèle du genre.
Non seulement le titre ne ment pas, cet endroit est réellement paisible et tranquille, le rythme de vos vers l'est tout autant, mais l'idée même de la mort le devient.
Arrivé à ce terme, je ne peux que saluer la prouesse et m'incliner.

   Pouet   
21/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

un poème très coulant et non dénué de jolies formulations, je retiens pour ma part:

"Où s'aiguisent au vent des pins majestueux,"
"Où la fontaine glousse au milieu des platanes"

Je trouve qu'ici le choix des verbes est opportun dans son originalité.

J'aime aussi l'idée du

"chemin tortueux qui se cabre et rechigne
À se laisser mener au sommet du coteau,"


Il y a des instants plus "classiques" ou "moins inspirés" ou plus "convenus" selon mon goût bien sûr, mais l'ensemble se laisse lire sans encombre.

Une belle fluidité sur fond de nostalgie bucolique anticipée.

   Myo   
22/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Cher Inconnu 1,

Une fois de plus vos mots m'enchantent et sont pour moi, la définition même de la poésie, celle qui me parle, celle qui me touche... celle que je rêve d'écrire un jour.
Quand la musique de l'alexandrin, la douceur d'un phrasé se lient à la magie d'images plus belles et justes les unes que les autres, l'émotion s'invite. Il y a dans ces vers un supplément d'âme qui me touche profondément.

MERCI

Myo

   ferrandeix   
23/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Remarquable poème exprimant une douce mélancolie lamartinienne, ce qui n'exclut pas l'originalité des images. Et je trouve se poème tout à fait digne de Lamartine, ce qui n'est pas à mon sens un compliment excessif car je ne crois pas à l'exeptionnalité des poètes consacrés. Des images magnifiques. Belle progression jusqu'à la finale qui conclut logiquement cette méditation vers le repos éternel du poète.

Une cacophonie: (d'un dais: dd) dans un ensemble remarquablement euphonique qui utilise les élisions pour obtenir une harmonie fluide. Bravo.

Passionnément sas aucune hésitation.

   BlaseSaintLuc   
25/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel maîtrise du classique, je vous jalouse !
Bon, le style est donc impeccable, quand est-il du fond ?
Je décortique un à un les indices, il est si beau et si passible ce lieu si bien décrit !
On a envie de le prendre ce chemin, pour contempler le paysage et respirer le vent.
Oui, car pour goûter à la terre, on attendra un peu...
J'ai presque les odeurs de cyprès dans les narines, on devine un sud-ouest, proche des Pyrénées, voir pas loin de la Méditerranée, des collines vers Collioure ?
Ah oui... c'est un secret !


Merci pour la lecture.

   Claudelorin   
25/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très bel écrit. Seul le dernier quatrain me paraît à revoir (pour le sens). Comme nous sommes en Poésie dite classique, il faudrait aussi changer le mot "cyprès" car assonance avec "coucher" et "clocher". Des détails qui n'altèrent en rien la beauté du texte.

   inconnu1   
26/5/2022


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