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Poésie libre
krish : Addis-Abeba
 Publié le 04/11/19  -  11 commentaires  -  1213 caractères  -  172 lectures    Autres textes du même auteur

La capitale de l'Éthiopie.


Addis-Abeba



Dans les paumes des gisants
s’étiole la fleur nouvelle

Vents acidulés des racines d’ensete
matinées sucrées d'eucalyptus
âcres rosées lunaires
déversées à pleine vessie

Les moteurs asthmatiques
pétrissent les noirs nuages de juin
alors que des vies avortées
dans leurs cocons en plastique
s'étiolent autour de Ménélik
comme un soleil fracassé

Et si la pluie les dissolvait ?

L’œil attendri des génitrices
porte les cinq doigts des enfants chiens
à leur bouche
Dociles, ils tendent leurs menottes
instruites
rampent aériens entre les autos
indifférentes

Tout là-haut
les genévriers d’Entoto
attendent la morsure métallique
Flammes écartelées
richesse des fillettes ridées
prosternées
jusqu'à ce que leurs mains s'enracinent
et leurs fagots les crucifient

Dans les artères d'Addis
le sang vigoureux bat dans le cœur de la nuit
de ses talons trop hauts
Cuisses accueillantes des fillettes
fleurs, fanées, flétries
avant même d'éclore
entre les mains des gisants.


 
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   Gouelan   
18/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

Je ne sais pas de quelle façon commenter car j'aime beaucoup. Dans ce cas-là je ne trouve pas toujours mes mots.
Tout est dans ce soleil fracassé, ces fillettes ridées, les cocons en plastique...

Il faudrait disséquer chaque image ou peut-être pas. Il vaut mieux finalement les garder à l’œil du cœur.

Les images sont ciselées, tranchantes, colorées, parfumées, à la fois aériennes et de plomb ; elles dessinent avec un trait d'émotion en gris-bleu. Elles nomment d'une juste nuance la pensée.

Merci pour cet instant de lecture. D'abord le titre, la sonorité de ce mot : Addis Abeba, c'est déjà une invitation poétique.

   papipoete   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour krish
au pays où naissent les roses pour le monde entier, que l'on offrira parfois par kilos entiers dans une suite du Négresco, on vit presque de l'air du temps quand on ne meurt pas du même air vicié... et la misère reine des lieux applique sa loi en Etiopie, et particulièrement dans sa capitale...
NB je ne sais pas interpréter toutes les nuances qui teintent votre texte, mais elles n'ont assurément pas celles de la reine des fleurs...
Cependant les deux dernières strophes sont sans équivoque ; ces fillettes enracinées au sol, à tant s'y courber pour de maigres fagots ; et l'ultime paragraphe montrant " les cuisses accueillantes des filles enfants " perchées sur des talons trop hauts...
J'ai la chance pour moi et mes proches, d'habiter en France...

   BernardG   
4/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir,

Un poème dur....pas si facile d'accès (à lire et à relire !).
J'y ai retrouvé le "rue princesse" à Abidjan et bien des contrées d'Afrique qui amèneraient les petits européens qui chouinent constamment à mieux apprécier la belle France.....

Merci pour le partage


Bernard G.

   troupi   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Depuis hier je tourne autour de ce poème sans savoir par quel côté l'aborder.
Il faut donc se résoudre à donner un avis sans trop comprendre les nombreuses métaphores.
Certaines par contre sont très claires et dénoncent l'exploitation des enfants dans les plus sordides situations.
Pour la forme j'aime la présentation verticale mais la très rare ponctuation n'est pas indispensable.
les phrases courtes et les retours permettent d'apprécier toute la poésie qui se dégage du texte.

   Donaldo75   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Krish,

J'ai beaucoup aimé ce poème. Il possède la force du libre, quand le poète choisit d'évoquer - je n'ai que ce verbe en tête même si je le trouve trop faible au regard de ce que le texte porte - un tel sujet, un thème sous-jacent dont les Occidentaux ont parfois honte mais ne peuvent pas éviter parce que nous sommes tous des humains logés sur la même planète.

"Les moteurs asthmatiques
pétrissent les noirs nuages de juin
alors que des vies avortées
dans leurs cocons en plastique
s'étiolent autour de Ménélik
comme un soleil fracassé"

Cette strophe en est l'emblème. Dès le premier qualificatif, le lecteur est plongé dans la pauvreté des lieux. Il n'y a aucune concession esthétique, pas de volonté d'édulcorer la réalité, de l'habiller de soie, de nous épargner sa tristesse.

C'est fort.
Bravo.

Donaldo

   Robot   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème comme je les apprécie, qui profite de la liberté de rédaction pour une évocation qui, même si on ne connaît pas les lieux, permet d'en éprouver les sensations et les images évocatrices pour que l'esprit y trouve un sentiment de réalité.

   Pouet   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

krish ou le "poète de l'ailleurs" qui nous fait voyager à travers ses vers.

Encore de très belles et dures métaphores qui ne se laissent pas facilement apprivoiser pour certaines, beauté et horreur se mêlant , paysages et humanité morcelée, innocence flétrie et flore urbaine.

J'apprécie toujours autant le style.

   krish   
6/11/2019

   Davide   
6/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour krish,

Ce qui m'a étonné en première lecture, c'est la liberté prise dans la visite de cette ville. Il y a quelque chose d'universel, que l'on trouve dans chaque ville, et puis tout plein de références soignées : les "gisants", "Ménélik" (pas le chanteur !), "Entoto"...

L'œil qui regarde est honnête, globalisant, comme extérieur à tout ce tumulte. Et pourtant, les métaphores employées colorent cette ville - relativement moderne - à leur manière : les nuages noirs figurent le début de la saison des pluies, le soleil (métaphore de l'empereur ?) se fracasse sous les noirceurs quotidiennes, les "cocons de plastique" (préservatif) avortent des "vies" etc.

J'ai bien aimé la strophe sur "Entoto", lieu saint, montagnard et forestier, où subsistent de nombreux monuments religieux. L'image de ces "fillettes" laborieuses est attendrissant.

Je me suis demandé si la répétition du mot "s'étiole" était volontaire, car le parallèle entre le temps qui passe ("s'étiole la fleur nouvelle") et les vies avortées ("s'étiolent autour de Ménélik") a quelque chose d'habile et d'émouvant.

Autre parallèle, particulièrement douloureux celui-ci, puisqu'il s'agit de prostitution, entre la "fleur nouvelle" du début, et les "fillettes / fleurs, fanées, flétries" qui closent le poème.

Les beautés d'une ville, son apparat, et ce qu'il y a derrière, ces noirceurs. Un voyage triste et beau !

   grandin   
6/11/2019
Je ne sais exactement ce que l'auteur a voulu partager. La misère d'un continent, l'horreur d'agissements (je pense "comportements"). Sûrement les deux. Mais dans quel but ? La compassion pour ces peuples, notre culpabilité engagée parce que ce récit se veut reportage et qu'il faut agir puisque l'on sait ?
Peut-être encore le témoignage par la dénonciation des vrais responsables (je pense "coupables") : les parents ! (mais ce serait un tout autre débat).
Pour l'heure ce texte n'a en lui, rien de poétique. Il peut émouvoir sans peine comme peut le faire toute déclaration de drames (de crimes en l’occurrence).
L'horreur de ce "vers", impossible à citer (avant l'antépénultième) me pose question : sont-ce des humains ?
J'aurais préféré ce texte en "nouvelles" avec cet incipit :
"La progéniture du diable".

   BlaseSaintLuc   
9/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un libre totalement maîtrisé, s'il fallait définir la forme, je dirais de lire ce poème.

" Dans les paumes des gisants
S’étiole la fleur nouvelle "

Je ne vais pas recopier le poème, tout est poétique là-dedans, la chose grave est dite sans que l'on sente la moindre lourdeur, l'insoutenable légèreté de la poésie !

Instantané de vie, la peau de l'immondice décortiquée comme une orange.

Merci.


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