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Poésie néo-classique
Mintaka : La toile
 Publié le 07/06/22  -  20 commentaires  -  758 caractères  -  296 lectures    Autres textes du même auteur

Peinture poétique ou inversement…


La toile



Un endroit d’herbes bleues sous un ciel diapré
Traversé d'un ruisseau au courant immobile
Bordé de végétaux qui cherchent, volubiles,
À s'étendre plus loin dans le havre d’un pré.

Le soleil n'est pas haut, juste au-dessus des arbres,
Profilant sur le sol un effet clair-obscur
De taches colorées du mauve au vert azur.
La colline alentour brille comme du marbre.

Un cygne immaculé reflète la lumière,
Et son regard baissé semble être une prière
Adressée à tous ceux qui vivent loin d’ici.
Plus loin dans le sous-bois s'invite une chaumière.

Un homme satisfait devant tant de beauté
S’éloigne de la chaise où il était assis,
Se saisit de sa toile et la met de côté.


 
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   socque   
21/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je salue vraiment la beauté de la description dans les trois premiers quatrains, c'est pas facile pour un poème de m'emporter sur ce genre de sujet. Je crois que les herbes bleues, d'emblée, m'ont décalée ailleurs, et que j'ai apprécié le vocabulaire concret, l'absence d'emphase.
D'un point de vue technique, j'ai l'impression que vous aviez comme objectif d'écrire des vers classiques selon la catégorie onirienne de "Poésie classique" (tout y est, les alexandrins bien coulés, les rimes soignées, la diérèse à di-apré), que le sens à un moment vous a obligé ou obligée à la rime immobile/volubiles et boum, foutu, le poème s'inscrivait dans la catégorie onirienne de "Poésie contemporaine" où vous l'avez en conséquence soumis.

J'arrive ensuite sur la chaumière qui "s'invite" (évocation discrète du sans-gêne humain, elle n'a pas attendu qu'on l'invitât, s'est installée dans le paysage), le peintre qui met de côté sa toile. Un instant je reste perplexe, ne vois pas le rapport, puis je comprends : toute cette beauté face à lui, comment l'homme peut-il espérer la restituer par son œuvre ? C'est curieux, parce que votre poème, de fait, nie sa fonction même en déclarant l'inanité de l'art devant la réalité, alors qu'il vient précisément de faire ouvrage d'art. Je trouve le paradoxe intéressant.

   Vilmon   
27/5/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
Une belle description d’une toile. Et ensuite ? Que veut-on exprimer par cette description ?
L’homme (qui ? Le peintre, l’acheteur, le vendeur, l’auteur de ce poème, l’humanité) est satisfait et plutôt que l’accrocher au mur pour poursuivre à l’admirer ou à le présenter à d’autre, délaisse la toile et passe à autre chose. Il a glissé le doigt sur l’écran tactile et passe rapidement au prochain.

   BlaseSaintLuc   
27/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Pour voir si les couleurs, ont bien pris le maquis."


Il manquait un vers...
Non seulement les couleurs sont bien présentes, mais les odeurs ,le vent ,la rosée, on ressent tout .

"L'herbe bleue pli sous mon aile,et son air est vagabond."
Poétique et champêtre.


BSL en EL

   Donaldo75   
28/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L’exergue résume presque parfaitement mon impression de lecture ; je sais, cette phrase peut sembler en soi assez surréaliste – que veut dire « presque » accolé à « parfaitement » ? je vous le demande – mais c’est la seule que j’ai en mémoire pour introduire un commentaire qui ne va ni être composé ni analytique à tendance cerveau gauche. Le poème ressemble a première vue à un exercice d’atelier d’écriture sur le thème d’un tableau ; le dernier tercet cependant renverse la perspective et du coup le cerveau réconcilie tout ce qu’il a dit avant en comprenant que les deux perspectives sont possibles, celle du peintre et donc du poète comme celle du tableau et donc du sujet. Le peintre peut devenir le sujet à son tour et du coup la perspective change encore et l’exercice d’atelier d’écriture va plus loin que le thème suggéré. Et si ce n’était pas un exercice ? Telle est ma conclusion, avec un bravo à l’auteur.

   AnnaPanizzi   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

J'ai l'impression d'avoir lu l'esquisse d'un poème qui n'était pas abouti. Ou plutôt d'un bricolage, dès l'herbe bleue qui pastiche Rimbaud, voire même d'un puzzle d'idées recyclées pour former un tout qui se délite à la lecture. Le courant d'un ruisseau ne peut être immobile. On a trop vu rimer arbre et marbre et j'ai l'impression qu'il manque un vers à la fin. Bref, une sensation globale assez disparate pour moi, comme quelque chose de tronqué.

Anna

   papipoete   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Mintaka
Nous avons pris soin de nous installer à l'ombre, et pouvons contempler Dame Nature qui s'invite à nos regards émerveillés. Ici, tout est calme et sérénité, et un cygne immaculé semble nous dire " voyez-vous comme c'est beau ici ? "
NB nous étions en bonne compagnie, installé près du peintre dont la palette a rendu sur toile, d'exquises couleurs... du mauve au vert azur ! Si un pinceau à senteurs exista, nul doute qu'en plus des yeux, nous régalâmes nos sens devant notre Terre ici sublimée !
Chaque vers rutile, aussi ne puis-je en choisir particulièrement un !
Un hiatus et des singuliers/pluriels, autorisés en néo, ne nuisent pas à ce joli poème !
Je pense à ce râleur en forum, qui disait que sur ONIRIS, il y avait tant de médiocrité... vos lignes en sont un brillant démenti !

   Vincent   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Ayant moi-même peint sur le sujet

je suis aux regrets de vous dire que je ne retrouve aucunes sensations de ce rendez-vous intime que j'ai ressenties dans l'action

Il faut savoir que cette action est un choc émotionnel comparable aux ébats amoureux

et c'est ce que je reproche globalement à la littérature c'est de noircir des pages sur de l'inconnu la mort l'amour la folie la vieillesse et aussi la peinture etc etc etc

mais comme je ne vous en veux pas personnellement et que je trouve votre texte bien écrit je vous donnerais une bonne note

   Cat   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Eh bien, oui, devant la magnificence de la nature, parfois l'on voudrait rester là, bouche-bée, juste à s'émerveiller, en même temps qu'une partie de soi aimerait figer pour l'éternité l'instant de grâce.

Si le peintre, lui, a choisi de mettre de côté sa toile.
Le poète n'a pas pu résister à nous faire partager l'instant poétique qui s'est posé sur une autre sorte de toile.

Dans votre poème, Mintaka, l'impressionnisme est saisissant tant l'esthétique d'une réalité époustouflante est rendue avec une précision d'orfèvre. J'adore l'entame « Un endroit d'herbes bleues... » qui m'embarque aussitôt...

Je suis en admiration pour les artistes qui poétisent avec autant de brio devant une œuvre d'Art. En l'occurrence, ici, la plus belle des œuvres, celle de Dame Nature.

Vous rendez à merveille les émotions que l'on peut ressentir au pied d'un tel tableau. Vos mots coulent avec une fluidité très agréable, on en oublierait presque le travail que cela a dû représenter en amont.

Je me suis retrouvée au côté de l'artiste, pleinement satisfaite devant autant de beauté.

Bravo !
Et merci pour le partage.

   Cyrill   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’aime bien ce poème qui pour moi se termine sur une interrogation : l’homme a-t-il mis la toile de côté parce que le paysage en lui-même est plus beau que sa représentation, ou a-t-il lui même créé le paysage, qui donc s’émancipe et n’a plus besoin de toile ? Grande question et je ne sais choisir.
Avant ce tercet unique qui fait son petit effet, je lis des vers calmes et bien ciselés qui invitent à la contemplation et à l’intériorisation. Je me sens imprégné de cette description.

   poldutor   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Mintika
Que voilà un beau poème bucolique qui sent bon les près.
Ce lieu paisible que contemple un seul humain invite au recueil.
De bien beaux vers, surtout les deux premiers quatrains :
"Un endroit d’herbes bleues sous un ciel diapré
Traversé d'un ruisseau au courant immobile
Bordé de végétaux qui cherchent, volubiles,
À s'étendre plus loin dans le havre d’un pré.

"Le soleil n'est pas haut, juste au-dessus des arbres,
Profilant sur le sol un effet clair-obscur
De taches colorées du mauve au vert azur.
La colline alentour brille comme du marbre."

J'ai moins aimé l'apparition du cygne, si ce n'est pour insister sur le calme du lieu.

Votre dernière strophe en trois vers m'a un peu désarçonné.
Mais ce ne sont que détails.

Cordialement.
poldutor

   Eskisse   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Mintaka,

J'ai lu votre poème sans avoir retenu le titre si bien que son habileté selon moi réside dans le fait qu'on ne sait pas si ce qui est décrit dans les trois premiers quatrains correspond au regard du peintre sur la nature ou au regard du peintre et du lecteur sur la toile. Cette ambigüité est entretenue par la mention du "clair-obscur" au vers 6. Et le vers " un homme satisfait devant tant de beauté " ne permet pas de trancher.
De ce fait, j'ai apprécié l'effet de surprise créé par la présence du peintre. Et pour moi, il met la toile de côté parce qu'elle lui est chère...

   Polza   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La fin de votre poème m’a fait penser à ce film que j’aime particulièrement avec Ben Stiller et Sean Penn, The secret life of Walter Milty (La vie rêvée de Walter pour le titre en français).

Dans le film Sean Penn est un photographe chevronné du magazine Life et est en Afghanistan ou Pakistan, je ne me souviens plus trop, afin d’essayer de photographier une panthère des neiges. Mais quand enfin il l’aperçoit durant quelques secondes, il ne la prend pas en photo, préférant garder cet instant rien que pour lui pour le savourer pleinement « Quand je savoure un moment, juste pour moi, moi tout seul, j’aime pas trop être distrait par l’appareil. Je préfère rester dedans… »

Désolé pour cette longue introduction, mais votre homme satisfait devant tant de beauté qui saisit sa toile et la met de côté m’a rappelé cette image.


J’ai apprécié cette toile dans son ensemble, avec quelques « petites bavures » de-ci de-là en ce qui me concerne.
« d’un ruisseau au » eau au peu élégant à mes oreilles.
« du mauve au vert azur » Je me suis demandé s’il y avait un clin d’œil caché à Van Gogh et Auvers-sur-Oise puisque l’on parle peinture. Dans un premier temps, « du mauve au ve » m’a quelque peu gêné, puis à force de le prononcer « au vert azur » j’ai trouvé cela de plus en plus fluide et musical, comme quoi il ne faut pas toujours se fier à sa première impression.

« Un cygne immaculé reflète la lumière » Je n’ai pas ressenti pleinement cette image, je me suis dit que bien d’autres choses qu’un cygne pouvaient refléter la lumière, aussi immaculé fût-il.

« Et son regard baissé semble être une prière… » Idem, si je comprends l’idée, j’ai eu du mal avec ce passage, le fait que le regard baissé puisse sembler être une prière, c’est comme s’il me manquait des mots pour apprécier l’image (en même temps avec 12 pieds, pas évident de synthétiser). Le troisième quatrain n’est pas mon passage préféré du coup.

Puis arrive ce tercet qui vient conclure parfaitement ce poème, c’est si simple et si poétique à la fois me suis-je dit.

En tout cas, j’espère que l’homme reprendra bientôt son chevalet ses pinceaux et sa toile afin de nous délivrer la suite de ce bien joli tableau.

   inconnu1   
7/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une ambiance bucolique, tout en douceur et légèreté. Il n'est pas besoin de dire le choses mais de les suggérer, l'imagination fait le reste.

Personnellement, j'y vois le travail du peintre, un peu comme dans Cézanne peint...

Merci du partage

   GiL   
8/6/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Finalement j’aime bien ce poème. En général je ne suis pas très sensible au « champêtre »… Mais là, dès la première lecture, plusieurs aspects m’ont séduit : le caractère impressionniste de la description ; la simplicité des phrases et des termes employés ; le second degré introduit par le tercet final ; l ‘ambiguïté du dernier vers. Si bien qu’à la seconde lecture je me suis demandé si la description se rapportait au paysage ou au tableau (cf. le « courant immobile »).
Dans le registre néo, les alexandrins sont fluides et les rimes agréables. J’ai tiqué sur la diérèse du premier vers, un peu incongrue dans ce registre. Je n’ai pas été convaincu par le « regard baissé » du cygne. À part ces deux points mineurs, pour moi tout s’enchaîne harmonieusement.
Enfin je me suis fait la remarque suivante : si la chaumière ne s’était pas invitée dans le décor, nous aurions eu droit à un (presque) sonnet néoclassique.
Merci du partage.

   Provencao   
8/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Mintaka,

"Un cygne immaculé reflète la lumière,
Et son regard baissé semble être une prière
Adressée à tous ceux qui vivent loin d’ici.
Plus loin dans le sous-bois s'invite une chaumière."

C'est ce quatrain qui m'a littéralement emportée: comme un enfant qui jette des pierres dans l’eau pour y reconnaître, à travers les ondulations, l’image de lui-même....vous avez su vous et nous offrir cette "prière ".


Quand l'art s'invite.....c'est juste délicieux!


Au plaisir de vous lire
Cordialement

   pieralun   
8/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mintaka,

J’ai beaucoup aimé ce poème, le repos, les couleurs, le silence qui émergent de cette description.
J’aime le premier vers et ce « di-a-pré », ensuite, comment un courant peut-il être perçu immobile ? et « volubile » entre virgules semble être là pour la rime.
J’adore le second quatrain, le premier vers est un modèle de poésie, puis les couleurs et leurs reflets sont superbes.
Le cygne…..bof…. mais le douzième vers est très poétique.
Le tercet de fin est également un modèle de poésie pour moi, par sa simplicité, sa chute explicative, et le dernier vers, tout court, limpide et sans la moindre emphase.

   Miguel   
8/6/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De la belle poésie, bucolique, à l'antique ; de la lumière et des couleurs, des images de nature superbes, et tout cela rendu par des vers fluides et mélodieux ; tout est harmonie. Le tercet final me semble un peu plus faible : L'article indéfini "un", de "un homme", ne me semble pas trop convenir ; l'adjectif "satisfait" est faible, par rapport à ce que le lecteur lui-même ressent; on es plus que satisfait, on est subjugué, transporté, etc. Et le dernier vers est un peu décevant, avec ce "met de côté" très prosaïque. Mais l'essentiel, la peinture, que le poète fait et que le peintre ne fait pas, est une absolue réussite.

   roi   
8/6/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Mintaka,

Je crois qu'Oniris ne permet pas de publier de poème sans titre (chose assez curieuse puisque c'est l'une des spécificités de la poésie), et c'est la seule raison pour laquelle j'admets le titre proposé, puisqu'il annonce par trop la chute des vers, laquelle serait plus puissante sans augure.
C'est d'ailleurs toute la force de cette chute que de passer d'un trait du splendide au banal, du merveilleux au médiocre.

Ce poème dense propose de bien jolies images, dont la prière du cygne, originale à ma lecture, belle, haute, parmi d'autres grâces plus convenues jouant habilement avec le thème.
Je ne comprends pas bien la nécessité de la chaumière, et regrette fortement qu'il ait fallu à la colline de briller comme du marbre à cause des arbres, et je verrai ma note à la baisse pour cette terrible raison. Avec le temps, on finit par réfléchir à cent fois avant de songer à mettre des arbres en rime ; là, c'est très légèrement lancé.

Bien cordialement,

roi

   Mintaka   
12/6/2022

   Jahel   
3/7/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Mintaka,
Vous avez peint avec des mots simples et parfaitement choisis un tableau agréable à imaginer.
Tout est douceur, calme et tranquillité. Et ce cygne qui semble faire sa prière évoque en mon esprit une sainte image.
Dommage que cet homme anonyme (un peintre?Un poète?) mette ce tableau de côté. Que j'eusse aimé que vous lui réserviez les honneurs de la cimaise. Mais le poète est maître de son oeuvre.
Merci pour cet instant de lecture fort agréable.

Jahel


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