Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Myndie : Babylon Berlin
 Publié le 22/05/26  -  15 commentaires  -  797 caractères  -  215 lectures    Autres textes du même auteur

Tanz auf einem Vulkan
“À la cendre, à la poussière
Mais pas encore, pas maintenant
On renonce à la lumière
Mais pas encore, pas maintenant“
(Zu Asche, Zu Staub)


Babylon Berlin



Le soleil va bientôt s'éteindre sur Berlin.
Hédonisme et chaos, le champagne pétille.
La nuit glisse en bas noirs et longs gants de résille ;
Babylone frétille en frac de camelin.

Hédonisme et chaos, le champagne pétille
Et sous son chapeau claque au reflet masculin,
Marlène se dérobe au souffle du Malin.
Déjà l'orage gronde et la radio nasille.

La nuit glisse en bas noirs et longs gants de résille ;
Le jazz effervescent amorce le déclin
Et scande en rythmes fous un futur sibyllin.
Demain la mort sera juste une peccadille.

Babylone frétille en frac de camelin.
Déjà l'orage gronde et la radio nasille ;
Demain la mort sera juste une peccadille.
Le soleil va bientôt s'éteindre sur Berlin.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Passant75   
5/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
La forme du poème, inspirée de celle du pantoum, présente une structure répétitive qui donne un effet de boucle assez bien réussi. Elle convient bien au sujet en donnant l’impression d’une spirale où la fête se répète tandis que la catastrophe approche.

Le texte peint un Berlin décadent, dominé par « l’hédonisme et le chaos ». Les images sensorielles de champagne, résille et jazz construisent une atmosphère nocturne intense et la référence à Marlène Dietrich renforce l’ancrage historique et ajoute une dimension quasi mythique.

Mais cette ivresse est constamment traversée par des signes de menace, « l’orage gronde », le « souffle du Malin », « Demain la mort ». À cet égard le jeu de mots, « la radio nasille » est particulièrement bien trouvé !

Enfin, le dernier vers qui reprend le premier laisse une impression de fatalité, le cycle est refermé et la boucle est bouclée. La chute de Babylone a marqué la fin d’un empire décadent, la chute annoncée de Berlin prédit celle d’une façon de vivre, elle aussi décadente. Au final, j’ai apprécié ce poème tant pour sa forme que pour son fond, il peint une vision avec une véritable profondeur d’atmosphère.

   Curwwod   
5/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un très beau poème, très inspiré, sous une forme qui s'apparente au pantoum, sur le Berlin des année 30,(Déjà l'orage gronde et la radio nasille. ) avant que les nazis ne parviennent au pouvoir et que l'histoire bascule dans l'horreur. Poème très visuel, l'abondance des images donne de la ville à cette époque la vision décadente d'une recherche éperdue du plaisir (Hédonisme et chaos, le champagne pétille.) personnalisée par l'Ange bleu, la Marlène Dietrich dont chacun se souvient de la scène et de l'affiche la mettant en scène. (Et sous son chapeau claque au reflet masculin,/Marlène se dérobe au souffle du Malin./La nuit glisse en bas noirs et longs gants de résille;). Une évocation très réussie, musicale, d'une époque troublée grâce à une écriture de très bonne tenue.
NB : Marlène s'engagea contre le nazisme dès les années 30 et poursuivit sa carrière aux USA (Marlène se dérobe au souffle du Malin.)

   Ornicar   
5/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Evocation des années folles qui cherchent l'oubli de la défaite et de l'humiliation dans la vie nocturne et trépidante d'un Berlin cosmopolite et interlope. Le programme ? "Hédonisme et chaos". Vivre plutôt que mourir. Vivre à tout prix, jusqu'à l'étourdissement ("Le jazz effervescent"), l'ivresse ("le champagne" qui "pétille"), la débauche - la référence à Babylon(e). Tout plutôt que se souvenir des charniers de 14-18. Hédonisme entre deux chaos.

Le poème est très imagé, visuel, cinématographique. Deux formulations en particulier m'ont littéralement happé puis embarqué. Au point de vouloir déposer un commentaire sans plus attendre.
La première : "La nuit glisse en bas noirs et longs gants de résille". Cette personnification de la nuit berlinoise emporte l'adhésion. Les fantômes de Marlène Dietrich et de l'Ange bleu surgissent et s'imposent dans mon imaginaire sans qu'il soit fait mention à cet endroit de l'actrice et du film.
La deuxième : "Déjà l'orage gronde et la radio nasille". Oui, dans cette première moitié du 20ème siècle, les voix radiophoniques donnent l'impression de parler du nez dans les postes à lampes qui grésillent. Le spectre audio est restreint. Mais au delà de cet aspect strictement technique, inconsciemment, je lis, je vois, j'entends : "naZille". Chronique tragique et avancée - mais poétique ! - d'un autre chaos à venir.

Dans ces deux exemples, on voit combien les mots peuvent aller et nous emmener très loin, au delà de la réalité brute qu'ils expriment. Là s'inscrit pour moi la démarche poétique de l'auteur(e) en dehors de la forme contrainte du poème (un maillet ?) qui, chose rare en ce qui me concerne, ne m'aura nullement gêné. C'est simple, mais avec ce texe, d'autres fantômes que celui de "Marlène" au vers 7 sont venus me visiter : deux ou trois romans de Remarque avec ses héros entre débrouille et combines (je ne sais plus lesquels). Le "souffle du Malin" m'évoque, quant à lui, l'atmosphère poisseuse du film "L'oeuf du serpent".

Le titre ("Babylon" sans "E") m'a intrigué. Une rapide recherche m'apprend qu'il s'agit d'une série télévisée dont l'action se passe dans le Berlin des années 20 et 30. Ca donne envie d'y jeter un oeil. Au final, je trouve que ce poème en quelques mots parvient à saisir l'atmosphère d'une époque, ce moment de bascule où - faut-il le rappeler ? - des urnes ont accouché démocratiquement de la bête immonde.

Ornicar

   BlaseSaintLuc   
6/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
C'est l'aube bleue, mais d'un bleu très foncé, un professeur finiras triste clown (peut-être un songe prémonitoire ?)

1930. Description de l'ambiance est impeccable, le titre aussi.

Je n'ai pas trouvé à quoi le camelin pouvait correspondre , une plante ?
La rime est donc facile, mais c'est pour la bonne cause.

J'aime les répétitions qui offrent un refrain ,c'est comme une complainte, au coin de la rue là-bas, Lily Marlène n'attend plus et sur Berlin coule des cendres.

"Babylone frétille en frac de camelin .
Déjà l'orage gronde et la radio nasille;
Demain la mort sera juste une peccadille.
Le soleil va bientôt s'éteindre sur Berlin."

l'atmosphère est bien là, une certaine atmosphère qui sortit par la porte de derrière semble vouloir revenir...
Pourvu que la seule image que l'on garde soit celle de Marlène !

   Luron   
9/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
La fin d'une république, l'emprise inéluctable d'une dictature dans une ambiance de peur et de désastre annoncé auquel la fête sert d'exutoire sont magnifiquement décrits par une main de maître. Les mots sont très forts, suggestifs, évocateurs : la radio nasille, futur sibyllin. Marlène va s'échapper "au souffle du Malin" en fuyant à Hollywood. On se sent enfermé dans l'inéluctable. La forme avec ses répétitions (pantoum) accentue cet enfermement. Demain Berlin comme Babylone sera détruite.
Les deux derniers vers répétés prennent aux tripes car ils donnent la seule issue annoncée et elle est tragique :
"Demain la mort sera juste une peccadille
Le soleil va bientôt s'éteindre sur Berlin"
Bravo pour cette poignante évocation et cette qualité d'écriture. Ce poème m'a touché.

   LeChevalier   
9/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
(J'expérimente une nouvelle méthode de commentaire qui consiste à construire un lecteur parfait pour le texte. Par conséquent, l'appréciation est nécessairement très aboutie/aime beaucoup. -- LeChevalier en EL)

Cela fait vraiment beaucoup de vers repris. Après avoir schématisé sur un bout de papier, je vois qu'il y a une logique mathématique, je pense donc ce poème plairait surtout aux personnes qui connaissent la forme utilisée et sa motivation (car moi, personnellement, je ne vois pas trop l'intérêt). Idem pour le fond, l'ambiance décrite m'est étrangère, mais si le lecteur est familier avec l'histoire moderne de Berlin, il y retrouverait très probablement des références qui lui procureraient du plaisir (car il y a du plaisir à reconnaître les choses que l'on connaît déjà).

Je crois que ce poème joue avec la nostalgie de ce qu'on n'a pas connu, c'est comme une sorte de machine du temps. L'idée de l'insouciance (« hédonisme », « la mort sera juste une peccadille ») est bien développée. L'idéal pour un lecteur rêveur, qui aime le dépaysement par la lecture et les voyages sans dangers que celle-ci procure.

   Polza   
11/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Si je devais émettre un seul regret à propos de ce pantoum revisité (ou pantoun, pantoum serait apparemment dû à une coquille non corrigée par Victor Hugo dans une longue note du manuscrit de « Les Orientales ».), c’est qu’il soit présenté en poésie néo-classique à cause d’une malheureuse radio qui nasille !

J’admire le travail, car personnellement, je serais bien incapable d’écrire un pantoun comme les puristes l’entendent, le vôtre ne l’est pas, mais l’idée de le transformer à votre sauce me plaît beaucoup, vous reprenez chaque fin de vers au dernier quatrain auquel vous ajoutez le premier vers du premier quatrain comme un pantoun doit se terminer.

La plupart du temps, ils doivent être en octo ou en décasyllabes, mais surtout, il ne suffit pas de respecter les règles prosodiques, il y a aussi un thème (deux thèmes en fait) à suivre. Il faut par demi-quatrains alterner thème descriptif et sentimental !

Enfin bref, assez parler du pantoun et parlons (je suis seul à commenter et je ne m’appelle pas Alain Delon, de toute façon il est mort, ce ne peut donc être moi !) de votre poème.

J’ai trouvé plus que mon compte de poésie dans Babylon Berlin, mais au-delà de la poésie, j’y ai trouvé une grande finesse et une non moins grande intelligence d’écriture, je vous tire mon chapeau…


Je veux dire, je comprends que vous ayez sacrifié la catégorie classique pour la néo-classique, il aurait été vraiment dommage de supprimer « la radio nasille » qui est une formule si brillamment trouvée pour évoquer la monter du nazisme quand tout le monde est insouciant (Tanz auf einem Vulkan). Nasille/Nazi…

« Marlène se dérobe au souffle du Malin. »

j’imagine peut-être à tort que ce passage évoque le film « The Devil Is a Woman » avec Marlène Dietrich…

Dans le titre, Babylon est associé à Berlin, il ne faut pas oublier tout ce que Babylon (la porte du Dieu) représente, notamment dans l’apocalypse…

C’est une poésie que je pourrais essayer d’analyser en profondeur en commettant sûrement quelques erreurs, mais je n’ai vraiment pas envie de cela, j’ai plutôt envie de me laisser porter par votre poésie, par vos mots, votre esprit affûté telle une lame de couteau tranchante comme un rasoir (d’Ockham)…

Je vous félicite vraiment, c’est un poème dont je me souviendrai longtemps et sur lequel je reviendrai de temps en temps, comme dirait Isabelle Nanty, 20 sur 20, vive la France ! (pas celle de Pétain et de son tristement célèbre « travail famille patrie » sous le régime de Vichy !!!)

Polza en EL

   Cyrill   
15/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
« Le soleil va bientôt s'éteindre sur Berlin », et tout le poème semble suspendu à cet instant juste avant la chute. Il mêle le faste des années folles berlinoises à la menace qui approche. Une ville ivre d’exister, nerveuse, excessive, mais dont le destin est scellé, on le sent, et maintenant on le sait. C’est un contraste vraiment réussi, ou alternent tout en s’épousant glamour et catastrophe. La structure circulaire, très musicale, évoque un grand vertige, une danse en spirale qui recommence sans cesse malgré le désastre imminent. Bravo, Je suis ébloui. J’ai eu la sensation de me trouver derrière la caméra. Je ne connais la série que de titre mais je pense que je vais vite me rattraper.

   Lariviere   
15/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé ce poème.

Je le trouve complètement abouti, dans une forme difficile, très impactant.

L'atmosphère du Berlin de l'entre deux guerres et des années 30 est très bien rendue, grâce à des images très belles, très judicieuses et pourtant assez singulières qui sont d'une grande force évocatrice. Sur le déroulé du poème, j'aime le rythme et encore plus la sonorité.

"Babylone frétille en frac de camelin .
Déjà l'orage gronde et la radio nasille;
Demain la mort sera juste une peccadille.
Le soleil va bientôt s'éteindre sur Berlin."

Cette dernière strophe résume parfaitement toutes les qualités de ce texte (mais toutes les strophes sont réussies, du même acabit), entre images et allitérations "nasillarde" qui forcément fait le parallèle avec l'horrible destin tragique qui attend les Allemands, l'Europe et le reste du monde sous le joug du régime nazi.

Sinon, je ne sais pas si c'est intentionnel ou si c'est une incroyable coïncidence, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Alfred Doblin en lisant ce très bon poème.

C'est un de mes écrivains préférés. Si je pense à lui c'est que le thème de ce Berlin des années trente est identique à son plus célèbre roman ("Berlin Alexanderplatz") et que ses deux romans phares se retrouvent dans le titre :

https://www.babelio.com/livres/Dblin-Berlin-Alexanderplatz/9192

https://www.babelio.com/livres/Dblin-Voyage-babylonien/138949

En tous cas, merci beaucoup pour cette belle lecture et bonne continuation !

   Provencao   
22/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie,

J'ai véritablement été sous le charme de votre écrit.

Votre poésie est comme un voile qui drape l’âme en griffonant l’horizon, créant une confusion entre le soleil, la nuit et la mort.
Un chaos engendrant lui-même un souffle sur Berlin.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Chlo   
22/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un poème absolument remarquable, tant dans sa forme où la revisite du pantoum confère un caractère inéluctable à la chute, que dans la puissance des images évoquées. Cette nuit élégante des années folles, personnifiée en bas noirs et résille et qui préfigure le chaos est une impressionnante représentation d'un moment de bascule dans l'histoire, qui rajoute une force politique au propos. Je ne trouve à redire, la perfection est trop rare pour ne pas être soulignée lorsqu'elle s'offre au regard du lecteur. Un immense merci pour cette alerte paradoxalement somptueuse.

   Cristale   
22/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie,

Quel succès bien mérité !
Bon, j'y vais de ma petite bafouille.

Le tempo répétitif assourdit le propos, alourdit la pensée. Ambiance sombre envahissant l’esprit, des images en noir et blanc.
Quelques rayonnements néfastes de cette radio qui nasille me fait pense au film « Lola-Lola », l’ange bleu, Marlène...Berlin, la fuite.

Et de ces vers, qui viennent et reviennent comme un martèlement, émanent le bruit des efforts un peu trop appuyés sur la forme comme des bruits de bottes sur le pavé... Le poème en lui-même semble un enfermement irréversible.

Une rime interne au vers 4 bouscule l'équilibre musical général.
Je chipote. Mais c’est fait exprès, ce détail a son importance. Et un point en moins sur ta note ! Non mais !

Une belle composition pour laquelle mon curseur, tout comme le baromètre aujourd’hui, va placer son aiguille aimantée sur « beau temps ».

   EtienneNorvins   
23/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Tout est déjà dit et l'on commente trop tard... Tant pis : je vais répéter... Bravo pour cette réussite : rien n'est ici "pour faire joli"... Et pourtant tout est clinquant, tout brille, c'est une vénéneuse boule à facettes... Tout est enclos dans le premier quatrain, dont les trois autres ne sont que l'exégèse au scalpel. Entre Pabst et Lang, cabaret du désastre, apocalypse joyeuse, où "résille" appelle irrémédiablement "nasille"... Danse sur un volcan qui est aussi la nôtre : à ce petit détail près - où donc Marlène pourrait-elle espérer aujourd'hui échapper au Malin ?

   GiL   
24/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie,
J’avais rédigé ce commentaire alors que votre poème était en espace lecture mais quand j’ai voulu poster, pffuitt, il avait disparu ! Je me doutais bien qu’il était de votre plume, car qui ici, à part vous, écrit de si belles cyclanelles ? Voici donc mon commentaire :

Ce poème est une pure merveille ! Aussi bien sur le fond que dans la forme.

Le Berlin des années folles s’étourdit dans la fête, aveugle aux années noires qui l’attendent. C’est l’atmosphère de la série Babylon Berlin – que je ne connaissais pas, mais dont je viens de découvrir un extrait, le spectacle de cabaret « Zu Asche, Zu Staub ».

Le premier quatrain nous emmène dans les cabarets berlinois, où coule à flots le champagne dès le coucher du soleil. Le deuxième les fait revivre en invoquant Marlène, (annoncée au quatrain précédent par la belle image de « la nuit en bas noirs et longs gants de résille ») mais se termine sur une note sombre qui présage les évènements à venir (bravo pour « la radio nasille », il fallait le trouver !). Dans le troisième « Le jazz effervescent » (comme le champagne...) n’est plus que l’annonce d’un « futur sibyllin » à la mort omniprésente. Ainsi les quatrains, s’emplissent peu à peu de ce futur noir qui envahit complètement le dernier.

La forme est remarquable : le passage progressif de la fête insouciante au destin sinistre de Berlin se trouve parfaitement exprimé par la cyclanelle ; les vers insouciants du premier quatrain sont repris un à un pour amorcer les quatrains suivants dont les derniers vers se regroupent en un sombre quatrain final. Le vers : « Le soleil va bientôt s'éteindre sur Berlin » qui ne fait qu’annoncer les festivités nocturnes en entrée du poème prend au dernier quatrain un tout autre sens, et constitue une « chute » prophétique et menaçante. Il faut connaître intimement la structure de la cyclanelle pour savoir l’utiliser avec cette maestria. Sans parler de la difficulté supplémentaire de n’utiliser que deux rimes alors qu’habituellement elle en compte quatre.

Mais cet exercice de style – car c’en est un – est totalement invisible sous les images fortes et les vers qui, en s’enchaînant avec naturel, m’ont procuré une réelle émotion.
Bravo ! Merci.

   tome15545   
25/5/2026
Je ne comprends rien à ce très beau poème.
Le champagne aurait un chapeau.
Tant pis pour mon esprit, j'aime la fabrication des images et de la musique de ce poème, au-delà du témoignage qu'il donne d'une époque que je n'ai pas connue. Ce poème me donne envie de danser, fait plutôt rare.


Oniris Copyright © 2007-2025