Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
myndie : Maelström
 Publié le 10/04/18  -  13 commentaires  -  992 caractères  -  288 lectures    Autres textes du même auteur

Et maintenant l'après ?


Maelström



Je voudrais m’enivrer des vapeurs d’alcôve,
musique qui racole,
vierge folle escortée de bémols,
vertige qui se vautre
au feu naissant de la nuit mauve,
dans l’ombre d’un remords ;

je voudrais dériver solitaire
à l’heure vague où l’on perçoit encore,
au dos voûté du ciel,
les pavanes de nues en volutes d’ébène ;

fouler les sillons bruns
dans les brumes confuses et les odeurs du temps,
dans la moiteur confite des fruits pourrissant
et l’ambre des feuilles fanées ;

ou battre le pavé
poisseux de neige fatiguée
qui coule salement aux veines des trottoirs,
et sentir au tempo de mes pas,
comme un cœur en sourdine,
palpiter le pouls de la ville,
si je meurs...

Le sourire lacté de la lune en décrue,
avare et minéral, vole un peu de mon âme ;
si je meurs, y a-t-il un ailleurs ?

Ailleurs, me dit la cendre encore fumante,
erreur…


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   David   
31/3/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Bonsoir,

J'ai eu un sentiment de longueur malgré la brièveté du poème, ça vient de la surcharge des adjectifs à mon avis, les "sourire lacté, neige fatiguée, pavé poisseux, feuilles fanées, moiteur confite, brumes confuses, sillons bruns, volutes d'ébènes, dos vouté, heures vagues, nuit mauve, feu naissant, vierge folles, vapeur d’alcôves) ils peuvent avoir au cas par cas une pertinence, mais leur accumulation fatigue la lecture : ça fait trop de nuances pour trop peu de sens. Le thème est le vague à l'âme et il pourrait être bien de créer un contraste fond/forme, trouver une énergie qui contrebalance la mélancolie. Ça peut être une musique, un vocabulaire, une mise en vers, ou autre.

   Robot   
1/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Texte expressif et imagé, ou l'on ressent le bouleversement des sens, un balancement entre la diversion onirique et l'accroche au réel.

"je voudrais dériver solitaire
à l’heure vague où l’on perçoit encore,
au dos voûté du ciel,
les pavanes de nues en volutes d’ébène ;"
Belle strophe.
Un bon libre

   sourdes   
10/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Myndie,

Après le tourbillon de la vie, des rêves, des désirs, quel est l'après? Votre insistance "je voudrais" donne une accélération à votre expression sensible, richement nourrie à chaque strophe jusqu'à la question simple qui vient comme un dénouement une délivrance, peut-être.

Ce poème qui n'obéit apparemment, me semble-t-il, à aucune règle formelle, je peux me tromper, est parfaitement construit. De cette construction naturelle qui sied si bien à son objet, une pierre précieuse en quelque sorte. Tout d'abord, j'ai été sensible aux traits phonétiques communs du titre et des chutes des 6 premiers vers, OM, OV, OL, AUT, AUV, OR,... qui créent ces variations mélodiques, cette musicalité qui m'ont invité dans votre poème et entraîné dans votre maelström. La quatrième strophe est riche d'allitérations, et des sons qui les accompagnent, pour marier vos pas, au poul de la ville, PA, POI, PO, PAL, PI, POU, comme un rythme final, un cœur qui bas...avant la mort. Ensuite j'ai été sensible à l'appel des sens de chaque strophe, les vapeurs d'ambiance terrestre de la première strophe, les images célestes de la deuxième, les odeurs terrestres de la troisième et le tempo d'un cœur en sourdine, note spirituelle simple que j'ai appréciée.

Après ce parcours, les cinq derniers vers, à l'écriture ciselant matière, couleur, état d'âme, prennent une dimension émouvante, entre lune et cendre fumante:
"Le sourire lacté de la lune en décrue,
avare et minéral, vole un peu de mon âme ;
si je meurs, y a-t-il un ailleurs ?
Ailleurs, me dit la cendre encore fumante,
erreur…"
C'est tout simplement beau.

Quand je relis la citation de Joyce Carol Oates que vous avez mise en signature et la mention selon laquelle votre résidence est entre ciel et terre, je crois mesurer toute la force de votre texte et sans doute un des fruits d'un long chemin intérieur.

Avec émotion et au plaisir de vous relire.

   Anonyme   
10/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne sais où poser mon regard, ni mon ressenti, trop d'images fusent. Cette profusion m'a quelque peu déstabilisé.

J'ai beau vous lire et vous relire, cette impression ne se dissipe pas. cependant votre poème a ce petit quelque chose du fait de ce "je voudrais" et puis survient ce "si je meurs...". Ce sont ces deux axes qui sont importants et autour desquels les autres mots arc-boutent, mais sans réelle conviction, juste comme une envie avant que ...

J'ai trouvé très intéressant ces mots de fin :

" Ailleurs, me dit la cendre encore fumante,
erreur… "

Cela m'interpelle ...

   Lulu   
10/4/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Myndie,

A la première lecture, votre poème m'a semblé être un maelström de sens, ayant eu du mal à me représenter un ensemble cohérent, linéaire ou progressif. J'ai eu le sentiment qu'il s'agissait de plusieurs évocations sans lien vraiment les unes avec les autres, ce qui ne semble pas faux, finalement, mais ne m'a pas permis d'entrer par l'émotion dans votre poème.

J'ai eu, par ailleurs, du mal à voir certaines images. Ainsi, par exemple, "les pavanes de nues en volutes d'ébène"...

J'ai remarqué le jeu des allitérations en V sur les deux premières strophes, cela donnant une certaine allure au poème, mais cela ne me parle pas davantage, n'y trouvant pas de musicalité particulière. Cette allitération ne serait-elle pas trop appuyée ? A la lecture orale, je trouve que c'est un peu particulier, surtout ici (par exemple) : "je voudrais dériver". Un "j'aimerais dériver" aurait peut-être été plus doux, mais je comprends que vous ayez fait le choix de l'anaphore, cette dernière martelant bien le propos.

Ensuite, au-delà des deux premières strophes, je trouve que le texte prend un peu plus son envol. Peut-être est-ce le fait de les avoir commencé par des infinitifs ? Ils sont nettement mis en valeur, et les images développées sont plus claires, il me semble. Le "je" a disparu et cette absence valorise les images et les dernières apparitions du pronom avec un verbe au présent "je meurs"

Enfin, je n'ai pas compris le dernier mot "erreur"..., ni même les deux derniers vers, en fait.

PS : En relecture, je me rends compte que le verbe "vouloir" pour le démarrage de vos deux premières strophes ne me convenait pas car il faisait trop "je voudrais une baguette de pain" ; pas très poétique. Le verbe "aimer", pour signifier la même chose m'aurait mieux convenu. Cela dit, mon ressenti est très relatif, et ai bien conscience de ma subjectivité...

Bonne continuation.

   jfmoods   
11/4/2018
"La nuit
La grande la belle
J'passerai ma vie à côté d'elle" (Michel Jonasz)

C'est entre la tombée du jour ("au feu naissant de la nuit mauve", "à l’heure vague où l’on perçoit encore, / au dos voûté du ciel, / les pavanes de nues en volutes d’ébène", "dans les brumes confuses") et l'approche de l'aube ("Le sourire lacté de la lune en décrue") que se projettent nos désirs (modalisation : "je voudrais" × 2), que s'active le prodigieux tourbillon de nos fantasmagories (titre : "Maelström").

Parmi les rêves qui hantent nos nuits, certains sont adultérins ("vapeurs d’alcôve", "racole", "se vautre", "dans l’ombre d’un remords").

En cet espace du sommeil, mon double déploie ses ailes, trouve à combler ses sens (métaphores : "l’ambre des feuilles fanées", "veines des trottoirs", "le pouls de la ville", comparaison : "comme un cœur en sourdine", verbes à l'infinitif : "m'enivrer", "dériver", "fouler", "battre", "sentir", "palpiter").

Cette nuit, toujours provisoire, anticipe l'autre, la définitive. C'est là que se trouve la félicité, non pas dans la perspective illusoire d'un au-dela.

"L'homme a créé des Dieux, l'inverse tu rigoles,
Croire, c'est aussi fumeux que la ganja" (Serge Gainsbourg)

Merci pour ce partage !

   Pepito   
11/4/2018
Hello Myndie !

Ce qui faut pas faire, venir traîner de ce coté-ci du site, moi. ^^
Deux ki à la première strophe (c'est comme ça qu'on dit ?), ouille ouille ! Puis d'autres encore, pas bon pour mon allergie.
A "fouler les sillons bruns" j'ai d'abord lu "fouiller", t'imagines ma stupeur ! ^^
J'ai beaucoup aimé "la moiteur confite des fruits pourrissant", joli ressenti. Oups !
J'avoue, je n'ai pas tout comprendu, mais la lecture n'était pas désagréable.

A plouche ! ;-)

   LenineBosquet   
12/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
C'est assez rare pour que je le dise mais en vous lisant je me suis dit : tiens, de la poésie ! Franchement, je ne comprends pas tout mais c'est beau et ça me parle à l'âme. J'en demande pas plus. Je crois que dès le premier vers "vapeurs d'alcôve" emporte tout. Merci.

   Pouet   
12/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bjr,

Une lecture matinale de pure poésie, de sensibilité.

La première strophe -d'une grande beauté- m'a happé, c'est toujours un grand plaisir d'entrer ainsi dans un texte. La suite ne m'a pas lâché, j'ai beaucoup beaucoup aimé l'ensemble jusqu'à la fin, énigmatiquement éclairante, dérisoirement essentielle.

L'assemblage des mots, les résonances que cela m'évoque, parfois et modestement dans ma propre écriture, cela m'a parlé et c'est peut-être difficile d'en exprimer objectivement les raisons, mais essayons...

Par exemple, ce n'est pas "sans l'ombre d'un remords", expression toute faite, mais bien "dans l'ombre d'un remords" et cela change tout, j'ai trouvé que, tout simplement, changer le "s" en "d" était assez génial.

Après, de très jolis vers parsèment le poème, je vais en relever deux que j'ai particulièrement apprécié:

"au dos voûté du ciel" (bien plus classe et innovant que la simple voûte céleste)

"Le sourire lacté de la lune en décrue" (mon vers préféré, qui résume bien les sensations du poème: association de l'infini, de l'enfance, de la "marée des cœurs", enfin c'est ce que j'y vois: mariage du ciel et de la terre.)

Voilà, on peut relever les nombreuses allitérations, notamment celles en "v" très présentes, qui reviennent, comme une vérité de l'âme, une victoire sur le temps.

Une histoire de bouleversement, de solitude, de mélancolie, de déception et d'espoir. Une histoire de "malgré tout" parfaitement écrite sans pathos et ô combien poétique. Une sorte de "travail" ludique sur la gravité.

Vous l'aurez compris cette lecture fut pour moi un régal.

   Cat   
13/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un maelström de pensées poignantes et tellement accrochées à la vie, dégoulinantes de tristesse et d'une extraordinaire sensibilité, regardant vers l'arrière en allant vers l'après.

Cet après sur lequel ta raison bute, pourtant tu voudrais tant y croire...

« ou battre le pavé
poisseux de neige fatiguée
qui coule salement aux veines des trottoirs,
et sentir au tempo de mes pas,
comme un cœur en sourdine,
palpiter le pouls de la ville,
si je meurs... »

Après la première strophe qui nous entraîne dans la danse, c'est le passage qui pour moi résume le mieux l'esprit de ce poème. Comme un brassage d'espoir et de résignation.

Un souffle magnifique, qui pénètre au fond de l'âme...

Merci Myndie.


Cat

   Louis   
13/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le poème trouve sa parole dans une tension entre l’exigence du désir et celle de l’esprit ; entre un « je voudrais », poussée du désir, et l’intervention de la pensée, de la raison, de l’esprit qui s’interroge : « si je meurs », et après ? Un ailleurs ? ; entre le désir orienté vers les sens et l’esprit orienté vers le sens.

Le désir pousse la vie vers le vertige sensuel, vers l’ivresse des sensations exaltées : « Je voudrais m’enivrer des vapeurs », vapeurs d’ « alcôve » comme autant d’alcool, effluves des nuits de la fête charnelle en promesse.
Comme un « bateau ivre », en dérive vers la fête rimbaldienne, « je voudrais dériver solitaire » ; comme « la nuit verte aux neiges éblouies », vivre une exaltation des sens, mieux une extase sensible, une « extase matérielle » comme dirait Le Clézio.
Extase à la fois olfactive, auditive, musicale, « musique qui racole », tout autant que « vierge folle », folie par laquelle on n’est plus soi, mais hors de soi, en ex-stase dans ce ravissement par lequel on est pris par les sons et les frissons, les senteurs, les «vapeurs » et aussi les couleurs, « nuit mauve ».

Le désir de vivre l’exaltation des sens, dans le rapprochement des corps, les nuits où chavirent les couples dans les alcôves, se manifeste aussi dans la solitude, « je voudrais dériver solitaire » ; sans autrui, mais dans le rapprochement avec le corps du monde naturel, sous « le dos voûté du ciel », ce corps nu, où les « nues » se pavanent « en volutes d’ébènes » et le long des rides creusées en sur-face terrestre, « sillons bruns dans les brumes confuses » ; ou dans le rapprochement avec le cœur des villes, « sentir au tempo de mes pas / comme un cœur en sourdine / palpiter le pouls de la ville ».

Le désir de vivre pourtant se heurte, en son sein même, hanté par elle, au vieillissement et à la mort qui rôde, mort et « remords ». Dans les « Volutes d’ébènes » en marques du jour qui meurt ; dans « la moiteur confite des fruits pourrissant », dans « l’ambre des feuilles fanées », dans la « neige fatiguée / qui coule salement aux veines des trottoirs ».

Et l’esprit s’interroge : quel sens à cette débauche des sens, s’il faut mourir, s’il faut en finir, si tout meurt ?
« Si je meurs… » : la réflexion inquiète survient quand on veut sentir « battre le pouls de la ville ». La mort n’est-elle pas perte de toute sensibilité ? Tant de sensations, une fête des sens, et après ? « Si je meurs, y a-t-il un ailleurs ? ». Un ailleurs qui donnerait sens, orientation et signification, à ce qui est vécu sous l’impulsion du désir, à ce tourbillon de la vie.

« La cendre encore fumante » des choses consumées, et de la vie brûlée par tous les bouts, répond ex abrupto, à brûle-pourpoint : «ailleurs » est une « erreur ».
Elle ne dit pas qu’il n’y a pas d’ailleurs, mais que la question n’a pas de sens. L’esprit s’égare, en recul par rapport à la vie.

Les sens vivent au présent, il n’y a que le présent, seul réel, qu’un ici un maintenant, un hic un nunc ; seul l’esprit imagine un après, un demain, un futur qui n’est pas. Seul l’esprit introduit les dimensions du temps. Tout est là, dans l’instant éternel.
Entendre Sant-John Perse dans Éloges : « Nous qui mourrons un jour, disons l’homme immortel au foyer de l’instant ».
Écouter enfin la mélodie chantée par Juliette Greco :
« Il n'y a plus d'après
À Saint-Germain-des-Prés
Plus d'après-demain
Plus d'après-midi
Il n'y a qu'aujourd'hui
Quand je te reverrai
À Saint-Germain-des-Prés
Ce n'sera plus toi
Ce n'sera plus moi
Il n'y a plus d'autrefois »

Merci Myndie.

   Ombhre   
13/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème complexe, plein d'images recherchées et travaillées, mais qui m'est resté en partie hermétique. J'admire la plume, mais n'y ai pas trouvé l'envol.

Un relent de "bateau ivre" m'est revenu aux narines, et j'ai pu naviguer un peu avec vous, en particulier sur la 3ème strophe que j'ai beaucoup aimée. La chute est savoureuse... Rêves tant que tu veux, tutoies les étoiles, mais tu redeviendras poussière. Ou cendre. Et après ?

Merci pour la lecture.
Ombhre.

   myndie   
17/4/2018


Oniris Copyright © 2007-2018