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Poésie libre
Passant75 : L'harmonie cachée
 Publié le 26/10/26  -  8 commentaires  -  1128 caractères  -  119 lectures    Autres textes du même auteur

« Il est des nombres que la beauté murmure sans jamais les prononcer. »


L'harmonie cachée



Une fougère rêve
dans le ventre de la terre.

Ses feuilles se déplient,
une à une,
comme des ailes
qui auraient oublié le ciel.

Dans le tournesol,
les graines dessinent
de minuscules galaxies.

Le hasard
porte un masque
de géomètre.

Sur la façade du Parthénon,
les colonnes se dressent
comme une forêt de pierre.

La lumière glisse
entre leurs corps immobiles,
et le marbre respire
dans le silence des siècles.

Les hommes cherchent
le secret des proportions,
un accord mystérieux
entre la pierre et le vivant.

Mais la nature
ne connaît ni règle
ni compas.

Elle invente des spirales,
des courbes, des mondes,
puis les confie au vent.

Une fleur devient temple,
le temple s'ouvre en pétales,
et dans le ciel renversé
les colonnes prennent racine.

La beauté n'a pas de visage,
elle est le mouvement secret
qui relie la pierre à la sève,
la graine aux étoiles,
et le rêve à la matière.


 
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   jf2   
15/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Cette poésie décrivant l’osmose entre le végétal, l’espace et les œuvres humaines est particulièrement plaisante.

De très belles images quasiment à chaque strophe, pour n’en citer que deux :

les colonnes se dressent
comme une forêt de pierre.

les graines dessinent
de minuscules galaxies.

De plus la forme sublime le fond ce qui est plutôt rare.

Mais pourquoi, diantre, avoir convoqué Star Wars pour la dernière strophe dont l’aspect philosophique tranche avec le reste du poème.

Je n’ai pu m’empêcher de penser à la phrase d’Obi-Wan Kenobi :

« La Force est un champ d'énergie créé par tous les êtres vivants. Elle nous entoure et nous pénètre. Elle maintient la galaxie en un tout unique »

A mon sens cette dernière strophe ne s’imposait pas, le poème est suffisamment évocateur par lui-même.

   Ramana   
26/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Magnifique ; comme disait le poète : "La nature est un temple où de vivants piliers...". Vous avez su parfaitement rendre la lecture symbolique de la nature qui se révèle à qui a des yeux pour voir. Et rappelons nous que dans les Mystères de la Grèce antique, on pouvait lire que "Nul n'entre ici s'il n'est géomètre". Bien sûr que le vivant qui constitue notre cadre de vie n'est que l'image des principes qui en sont à la base, ces principes étant d'ailleurs l'équivalent des "idées" platoniciennes.
Même si la nature n'use pas de règles et de compas, on peut néanmoins y trouver des règles mathématiques, et c'est pour cela que les bâtisseurs du Parthénon on pu édifier leur temple selon une parfaite harmonie. Votre poème fait écho à cette harmonie tellement il est superbement construit.

   Provencao   
26/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Passant75,

J'ai beaucoup aimé cette harmonie cachée où la lumière s’accorde à la chimère libre sur le frisson de ce que la nature dépeint.

Ce n’est que sous l’horizon de l’intarissable curiosité de nouveauté qu’affleure la profondeur du détail et des faits.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   BlaseSaintLuc   
26/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Au départ, on ne voit pas où le poète nous emmène, et nous voilà du champ de tournesols aux champs de pierres du Parthénon, drôle de voyage en spirale céleste, géomètre des étoiles et du vent.
Le fond est très poétique, un peu « je te la raconte », mais nous sommes là pour les histoires, donc tout va bien, sauf le titre peut-être, puisque l'harmonie n'est pas cachée du tout, ou alors uniquement pour les *MAGAS, mais c'est une autre histoire.

   Marite   
26/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Magnifique poème qui illustre par sa forme, par la suite des images et des mots, un ensemble si harmonieux qu'aucun heurt n'interrompt le cours de la lecture.
Le passage que je préfère et qui trouve un écho en moi :

" Mais la nature
ne connaît ni règle
ni compas.

Elle invente des spirales,
des courbes, des mondes,
puis les confie au vent."

   vallet   
26/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour

Un poème qui nous propose de superbes images entre cette fougère qui rêve et les minuscules galaxies des tournesols, on n'a que l'embarras du choix. Après cette jolie entrée en matière, l'auteur s'attaque aux créations humaines et là je ne suis pas déçu non plus avec cette forêt de pierres, j'aurais mis un s à pierre,
en comparant les formes de l'humanité à celles de la flore.
Un très beau poème libre.

   Cyrill   
28/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un poème contemplatif qui invite à percevoir la beauté comme un principe vivant reliant toutes choses. Les images sont particulièrement réussies, les graines comme des galaxies, les colonnes comme une forêt de pierre, les métamorphoses entre fleur et temple. Elles donnent au texte une dimension onirique.
« Le hasard / porte un masque / de géomètre » : une belle formule qui résume adroitement la relation entre spontanéité naturelle et ordre géométrique. On pourrait toutefois nuancer le propos selon lequel la nature ignore toute règle, ses formes obéissent aussi à des régularités mathématiques. Mais l’idée est féconde sur le plan poétique.
Une remarque : j’aurais plus volontiers lu ce poème présenté en prose, il me semble que son découpage freine la prise de sens et l’élaboration mentale des images. Merci pour le partage.

   Pussicat   
28/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
"Les hommes cherchent
le secret des proportions,
un accord mystérieux
entre la pierre et le vivant."

Les hommes cherchent, ils ont toujours cherché et chercheront encore, longtemps (inventent l'architecture organique) la clé de la résolution de l’énigme des choses, essoufflés, rincés, ébahis devant tant de beauté, et souffle alors à leurs oreilles la poésie du chant primordial, cette communion, ce qui nous relie tous, il suffit d’ouvrir les yeux, d’écouter, d’ouvrir son cœur son âme à cette simple beauté, à cette géométrie, à cette mathématique, à cette architecture qui « ne connaît ni règle ni compas. », et tout était déjà écrit, dès l’ouverture, « Une fougère rêve dans le ventre de la terre. » pour se clore sur cette strophe : « Elle invente des spirales, des courbes, des mondes, puis les confie au vent. » (votre texte aurait pu se terminer ici d'ailleurs : la fougère, l'un des plus anciens végétaux, n’a ni graine ni fleur, elle se reproduit par ses spores qui volent au vent…), les deux dernières strophes ne sont peut-être pas utiles, mais allez savoir...

Merci, merci, merci, je suis comme un spore, transportée !

A bientôt de vous lire,


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