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Poésie contemporaine
Robot : Je n’ai pas vu le temps courir
 Publié le 28/04/26  -  13 commentaires  -  603 caractères  -  163 lectures    Autres textes du même auteur

« Mais je demande en vain quelques moments encore.
Le temps m'échappe et fuit… »
Alphonse de Lamartine


Je n’ai pas vu le temps courir



Je voudrais capturer l’instant
En le piégeant dans une impasse,
Pour effacer le temps qui passe
Et le réduire à maintenant.

Les jadis meurent incolores,
Passent peu à peu dans l’oubli.

Plus de demain, plus d’aujourd’hui !
Ici s’achèvent les aurores.

Je n’ai pas vu le temps courir,
Mais à ce jour il me rattrape.
Je distingue déjà la trappe
Qui s’apprête à m’anéantir.

Les saisons sont passées si vite,
Il est trop tard pour le remords.

Ses pétales ont fixé mon sort :
J’ai défeuillé la marguerite.


 
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   BlaseSaintLuc   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Éternel sujet que celui du temps qui nous dépasse !
Effeuillons la marguerite, à la fin reste la tige, comme le vertige.
Quelques petites imperfections, mais j'aime le tout car le spleen est en moi.
Fuyant comme un lâche, le temps refuse obstinément d'être pris.

   Passant75   
12/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Comme l’indique le titre, ce poème évoque la fuite du temps et le regret de ne pas l’avoir vu passer. Un sujet déjà abordé par maints et maints auteurs !

Le premier quatrain exprime une volonté de maîtriser le temps, les verbes sont forts, « capturer », « piéger », ce qui traduit un désir de figer l’instant. Mais ce vœu se heurte à l’oubli, illustré par une image efficace, « Les jadis meurent incolores ». La suite est teintée par le fatalisme, le temps « rattrape » le poète qui « distingue déjà la trappe », la fin est proche.

Si l’idée centrale est assez classique, l’écriture est fluide et régulière. J’ai particulièrement apprécié la chute, « Ses pétales ont fixé mon sort / J’ai défeuillé la marguerite ». Cette image suggère un destin déjà scellé. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Brassens qui rêvait d’effeuiller « le chrysanthème / Qu’est la marguerite des morts ».

Au final, même si le texte ne renouvelle pas vraiment un thème assez conventionnel, le poème reste sincère et touchant.

   papipoete   
13/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Contemporain
Il y a plein de moments heureux, que j'aurais bien voulu capter, les remettre au gout du jour, mais hélas le temps passe, va si vite qu'à peine les voilà oubliés !
Dorénavant, je voudrais emmagasiner le présent, pas de lendemain dont la couleur pourrait m'attrister...
- donne-moi le temps... j'apprendrai le temps...
chantait Jennifer ; mais cette trappe prête à anéantir le héros, n'est point " des bras ouverts pour étreindre amoureusement "
NB à part celui qui, s'ennuyant à mourir, " tue le temps " , nous sommes bien nombreux à vouloir mettre l'aiguille de la Grande Horloge sur Pause...avant de basculer dans le néant.
le première strophe qui donne l'illusion d'un grand filet à capturer le temps, est mon passage préféré.
une forme " contemporaine " qui put glisser sur " néo classique ", mais l'avant dernier vers compte 9 pieds !
papipoète

   Provencao   
28/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Robot,

Ce temps qui s'esquive, s'échappe encore et encore....si difficile à cesser et à refondre.

"Les saisons sont passées si vite,
Il est trop tard pour le remords."

Mon passage préféré où l'on se sent dépassé...notre esprit se heurte contre cette irréversibilité du temps avec cette dimension d'éternité...aujourd'hui et pour demain.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Polza   
28/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Votre poème m’a fait penser à deux chansons diamétralement opposées, mais je ne choisis pas toujours ce que je pense !

La première


Le temps qui reste chanté par Serge Reggiani (paroles de Jean-Loup Dabadie)

Combien de temps
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j’y pense, mon cœur bat si fort
Mon pays, c’est la vie
Combien de temps encore ?
Combien ?

Je l’aime tant, le temps qui reste
Je veux rire, courir, pleurer, parler
Et voir, et croire, et boire, danser
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J’n’ai pas fini, j’n’ai pas fini
Voler, chanter, partir, repartir
Souffrir, aimer
Je l’aime tant, le temps qui reste…

Et la deuxième

Je reviens de Mano Solo

J’ai pas vu passer le temps, le vent, les grandes marées
Je suis pas vieux pourtant, je suis fatigué
J’ai pas vu passer le plaisir mais j’en garde des marques qui font
souffrir
c’est pas des trucs qu’on emprisonne, c’est juste là, ça résonne
J’ai pas vu passer le temps, le vent, les grandes marées
Ils ont bien dû gueuler les cormorans mais j’avais le dos tourné
Sur toute une vie dont il n’est rien resté qu’un tatouage obsolète
Sur ma peau délavée et je regarde les néons qui font les cons
Là-bas sur le périph, c’est tout rouge, tout bleu
Je ferme les yeux, j’ai jamais vu du noir si beau…

J’ai beaucoup apprécié votre poème, il dit ce qu’il y a à dire sur le temps qui court en peu de mots, c’est tout son paradoxe et sa force.

« Plus de demain, plus d’aujourd’hui !
Ici s’achèvent les aurores. »

dans ce passage, je n’aurais pas été choqué (bien au contraire) de lire

« Plus de demain, plus d’aujourd’hui !
Ici s’achève mon aurore. »

« Je distingue déjà la trappe
Qui s’apprête à m’anéantir. »

Je distingue déjà la trappe me semble être le vers le plus faible de ce poème…

Très belle image que

« Ses pétales ont fixé mon sort :
J’ai défeuillé la marguerite. »

c’est important la dernière image dans un poème, je ne dis pas que le lecteur que je suis va oublier tout le reste, mais le ou les derniers vers se doivent être percutants et dans votre poème, ils le sont en ce qui me concerne..

   Cristale   
28/4/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Un petit poème nostalgique, au rythme chantant qui se lit comme une ritournelle.
Je ne vois pas l'utilité des quatrains scindés en distiques.

Un thème tristounet à croire que le printemps donne le spleen.
Eh oui, chaque jour approche tout vivant de sa fin.

Alors, comme l'écrivait Lamartine : "Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie"

   marcolev   
28/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Robot,

Tempus fugit.
La forme est agréable et facilement accessible.
Le vers 15 me semble hypermétrique par rapport aux autres est-ce volontaire ?
L'image finale de la marguerite me paraît tout à la fois convenue et décalée par rapport au thème du temps car elle ouvre sur une autre dimension.

Merci de ce beau poème

   Curwwod   
28/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un joli poème mélancolique à souhait mais toujours avec mesure et simplicité. Vous évitez heureusement, sur le sujet de la fuite du temps et du sentiment que tout vous échappe et meurt, un pathos qui semble de plus en plus fréquent en poésie. Votre simplicité dans l'expression comme dans le lexique donne à votre poème une vraie crédibilité qui n'exclut pas de jolies trouvailles :
"Les jadis meurent incolores,/ Plus de demain, plus d’aujourd’hui !/Ici s’achèvent les aurores. / Ses pétales ont fixé mon sort : J’ai défeuillé la marguerite."
Si je puis me permettre je ne suis pas totalement en accord avec ce vers " Les jadis meurent incolores,". Pour moi le souvenir, comme l'oeuvre artistique ou le nom prononcé, est le seul moyens de vaincre l'inévitable fin de l'être. Mais c'est juste une question de perception. L'architecture particulière du poème en octosyllabes relève d'un choix personnel (il aurait pu se composer de 4 quatrains) qui sans être gênant n'apporte rien de plus à ce beau texte.
Edit: effectivement le vers 15 semble compter 9 syllabes à cause du E muet de pétales non élidé devant le S du pluriel qui doit faire liaison avec ont.

   Lariviere   
29/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Robot,

J'ai bien aimé ce poème.

Il est court, il y a une certaine sobriété dans le propos, mais il va à l'essentiel, sans fioritures et ainsi les images et le propos sont évocateurs et pourvu d'impact poétiques. Le rythme colle bien au traitement du thème et à la tonalité d'ensemble de ce constat amer, assez mélancolique, mais qui n'en fait pas des tonnes inutilement. Tout est dit en peu de mots et peu des strophes. Le message passe. Le ressenti est présent.

J'aime particulièrement ces deux vers :

"Plus de demain, plus d’aujourd’hui !
Ici s’achèvent les aurores."

Qui résume bien se poème, sur fond et forme.

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   LeChevalier   
29/4/2026
C'est un petit poème sans ambition, en net contraste avec le sujet traité. Après une citation du poème le plus célèbre de Lamartine, je me suis étonné de ne trouver que quatre quatrains d'octosyllabes. Bien que les vers évoquent des réalités fascinantes (l'oubli, la mort, le refus du regret...), celles-ci sont traitées, à mon sens, de manière très plate, sans aucune élévation, sans aucune emphase. Personnellement, je considère cela comme un défaut quand il s'agit de poésie ; elle devrait nous émerveiller alors qu'ici, c'est un peu l'inverse, une sorte de désenchantement du monde/de la vie.

Ce désenchantement vient déjà de la brièveté des phrases, toutes limitées à deux vers, sauf la toute première. Certaines images sont banales (« j'ai défeuillé la marguerite », « le temps courir... il me rattrape », « le temps passe »), d'autres redondantes (« capturer l'instant ... en le piégeant », « effacer ... réduire »), d'autres encore purement conceptuelles (« les saisons sont passées » : si les saisons étaient évoquées par des images, le poème aurait gagné en ampleur et en profondeur).

   Boutet   
30/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Belle poésie qui exprime en de jolis vers cette lutte contre le temps. On y ressent à la lecture le désir d’immobiliser l’instant, la conscience douloureuse de la fuite du temps et l'ineluctable fin de vie. J'aime beaucoup l'image finale de la marguerite qui semble suggérer un destin définitivement scellé.

   Myndie   
30/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Robot,

comme il a été dit déjà, le thème est universel. Qui ne s'est pas un jour réveillé en prenant conscience que demain est devenu hier ?
Votre poème n'évite pas certains clichés qui le privent de relief ou le rendent un peu suranné :
« le temps qui passe » « le temps courir » « passent peu à peu dans l'oubli ».
Mais sa force est ailleurs :
- dans de jolies trouvailles (comme piéger le temps dans une impasse ou défeuiller la marguerite)
- dans le rythme et la musicalité : le choix de l'octosyllabe évite de « plomber » l'atmosphère aussi radicalement que l'aurait fait l'alexandrin.
Par ailleurs, les allitérations en ss et en p sont très suggestives, qui évoquent autant le glissement inéluctable du temps qu'elles rendent la lecture très fluide.
Et surtout, avec la métaphore de la marguerite défeuillée, la chute du poème, pleine de délicatesse et de nostalgie, est très touchante.
Merci pour cette agréable lecture.

   Robot   
1/5/2026


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