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Poésie contemporaine
Robot : La Maison vide d’Oléron
 Publié le 29/11/14  -  23 commentaires  -  629 caractères  -  478 lectures    Autres textes du même auteur

À la demande de l'auteur de « Ramuntcho » et de « Pêcheur d’Islande », sa sépulture et « la demeure des aïeules » ne sont pas admises au public.


La Maison vide d’Oléron



Sur un seuil gris de poussière
au plein soleil de midi
je ne trouve pas Loti
devant la maison de pierre.

Oléron pleure d’azur.
La « demeure des aïeules »
sieste sous le chèvrefeuille
à l’abri du plus haut mur.

Au touriste qui paresse
Un avis sans grand talent
Révèle négligemment
Qui repose à cette adresse.

Mais les volets sont ferrés
la porte restera close
le rempart couvert de lauzes
gardera les yeux fermés.

Devant la maison de Pierre
à l’ombre qui s’agrandit
lasse d’espérer Loti
meurt une rose trémière.


 
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   Lulu   
16/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai été étonnée de trouver là un poème composé de vers à sept syllabes. C'est assez rare, mais le rythme est bon, agréable, plein de douceur et de discrétion.

J'ai aimé les images colorées ("Oléron pleure d'azur" ; "lasse d'espérer Loti / meurt une rose trémière"). Tout est délicat, plein de discrétion, chargé de silence ("Mais les volets sont ferrés / la porte restera close / le rempart couvert de lauzes / gardera les yeux fermés").

Que de calme et de sérénité, indépendamment du fait que la porte soit définitivement fermée et donc inaccessible.

On retrouve le côté ténébreux de Pêcheur d'Islande, roman que j'aime beaucoup ("Sur un seuil gris de poussière / au plein soleil de midi" ou encore "l'ombre qui s'agrandit"...), mais vous y avez apporté une touche de couleur fort agréable.

   Hananke   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

C'est un petit poème qui se lit avec plaisir genre tableautin
sur une demeure qui se veut être tombeau.
J'aime bien les 2 derniers vers du premier quatrain.
L'emploi du verbe siester est original.
Que dire de plus, peut-être manque-t-il une évocation
de son oeuvre avec quelques quatrains supplémentaires ?

   tib1909   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
je suis d'accord avec Lulu, les vers à sept syllabes rendent très bien. On ressent une certaine sérénité et le calme autarcique qui sied bien à une île.
J'ai beaucoup aimé l'image "Oléron pleure d'azur".
C'est une réussite !

Thibaut.

   jamesbebeart   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Douce nostalgie que l'on relève dans ce poème. Le champ lexical est judicieusement choisi et les heptasyllabes ne sont pas pour rien dans la réussite du texte. Qui se clôt par la mort emblématique de la rose trémière, ô combien familière à cette latitude.

   funambule   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Peut-être nostalgique mais je reçois surtout ce texte comme un paysage, le paysage d'une âme flottant par son absence, envahissant mieux qu'un musé dédié le passant, et reflétant sans doute bien plus ce qu'était l'auteur, mettant en avant le fragile des vies, le diffus de nos traces. Toute cette "modestie" couvre le lecteur, le renvoyant sans doute à des choses bien plus précieuses que la renommée. C'est simplement beau, limpide et d'une telle humilité que m'en voici touché.

   leni   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un poème court Pour le touriste que je suis heureusement qu'il ya un avis Les mots sont choisis et les images sot simples et belles
J'ai aimé
Sieste sous le chèvrefeuille
Le rempart...gardera..
meurt une rose trémière

C'est écrit en toute Sérénité Merci à toi Robot

Salut cordial Leni

   Edgard   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Robot,
« Pour la musique prèfère l’impair »… c’est-y pas Verlaine qu’avait dit ça ?
Vous avez bien eu raison de faire ce choix. Un apport musical incontestable. Il y a bien longtemps que plus personne ne lit Loti.(peut-être…) C’est presque dommage. (Il avait été choisi à l’Académie Française, contre Zola, je crois. Comme quoi…) J’aime aussi qu’il y ait des phrases…une par strophe, c’est aussi cela, je pense, qui fait la fluidité, bien agréable.
Ce petit texte (par la taille) nostalgique , on y entre si facilement ! Pas le moindre effort pour que surgissent les images et les plaisantes impressions, comme un souffle d’air.
J’aime beaucoup les poèmes comme ça, quand la technique s’efface et qu’on a l’impression de facilité.
Le verbe siester m’a un peu arrêté à la première lecture, mais après, non. Pourquoi pas ?
Il est beau votre poème.

   Anonyme   
29/11/2014
Bonjour Robot. Un poème empli de nostalgie, une carte postale un peu défraichie à laquelle les vers heptasyllabiques conviennent parfaitement... Je connaissais la maison de Rochefort, pas celle d'Oléron qui fut plutôt une maison de vacances si j'en crois mes infos... Deux endroits pour nous rappeler Les pêcheurs d'Islande, Ramuntcho et le reste de son œuvre ne seront pas de trop...
Merci pour ce poème auquel, fut un temps, j'aurais accolé un TB+ car il le vaut bien.

   PIZZICATO   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Robot.
Joli poème. Des mots simples mais des mots justes pour croquer le tableau de cette maison qui " gardera les yeux fermés ".
Beau quatrain final ; la rose trémière qui meurt devant cette " maison de pierre " qui fut " la maison de Pierre ".
J'aime beaucoup.

   Marite   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Toujours sensible aux textes qui ravivent le souvenir de personnages ayant laissé une trace de leur passage j'ai aimé cette poésie contemporaine. La simplicité des mots choisis par l'auteur et la régularité du rythme des vers y sont pour beaucoup.
La dernière strophe me séduit particulièrement.

   papipoete   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Robot; comme tu parles bien de cette maison vide, mais pleine de tant de souvenirs littéraires! Les rimes embrassées de chaque quatrain, semblent appuyer le riche passé, appuyer le présent froid comme la pierre, de cette demeure où l'on n'entre pas. Elle est aux admirateurs de Loti, une page de "pêcheurs d'Islande" à se remémorer; aux touristes marchant, une simple pause des pieds. Cette poésie contemporaine écrite en vocabulaire parlant, sans ambages ni fioriture se déroule facilement, telle un illustré! la dernière strophe, ma préférée, résigne le visiteur déçu face à cette maison aux volets désespérément ferrés.

   framato   
29/11/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Robot,

bien souvent, je passe outre la poésie rimée. Elle ne fait souvent rien résonner en moi, parce que j'y trouve un langage "forcé" vers la rime ou des expressions "ampoulées", voire (et c'est pire) une utilisation de mots ampoulés ressemblant à un étalage de culture.

Votre texte aurait pu facilement tomber dans ces travers (en raison du thème et de la forme utilisée), d'autant plus qu'il y est question d'un écrivain "daté"...

Pourtant, à le lire, je n'ai ressenti aucune de mes "réserves" habituelles.

Vous avez réussi à éviter la plupart des écueils du genre : pas de rime forcée, aucune "inversion" artificielle, rien de maniéré dans le langage utilisé. Le texte se lit tout seul, à tel point que la rime s'oublie bien souvent (et ça c'est une sacrée prouesse).

Une poésie à lire comme un instantané de visite (d'une certaine façon, ça m'a fait penser à La Visite (sur la tombe de Brassens) de Maxime Leforestier).

Mon seul regret est que le texte ne dépasse pas le "souvenir photographique" des lieux et que la maison de Pierre aurait été tout aussi belle sans que cela soit celle de Loti. Le seul reproche, en somme, est que le narrateur ne s'implique pas dans sa narration et cela donne au texte (très bien fait, je l'ai dit) un côté trop anecdotique (mais joli).

Mais pour une fois que je prends plaisir à lire une poésie rimée, je tenais à vous en faire part (et à vous en expliquer le pourquoi).

Merci pour cette lecture

édit : l'utilisation de siester, j'ai adoré

   Pimpette   
29/11/2014
Commentaire modéré

   Purana   
30/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Hello Robot,

J'avoue que je ne connais que le "Pêcheur d’Islande" dans la liste des œuvres de Pierre Loti traduites en anglais.
À l'époque, je l'ai trouvé tellement touchant et maintenant, grâce à votre poème, j'ai envie de le relire, cette fois dans la langue de Loti.

Les vers relativement courts et le choix des mots nous offrent un contraste surprenant entre la forme plutôt légère et le thème qui est sobre est solennel. C'est ce que j'aime dans ce style.

Dans la seconde strophe, nous découvrons une belle image, "Oléron pleure d'azur" et un résumé révélateur de l'atmosphère dans laquelle baigne cette île pittoresque.

De nouveau une belle image dans la quatrième strophe.
J'aime beaucoup : "Le rempart couvert de lauzes gardera les yeux fermés".
Puis la mort de cette rose trémière est un moment poétique qui convient très bien dans ce contexte.

Écrire un poème en hommage à quelqu'un que l'on admire mais qui n'est pas un proche, est loin d'être une tâche facile.
Une erreur souvent commise dans ce genre de poésie est d'essayer d'en faire un drame ; ce qui se termine presque toujours par une mise en scène clownesque et pitoyable.
J'admire votre façon de dire ce que vous avez à dire sans prétendre être submergé par des émotions et des sentiments profonds.
Vous avez pris vos distances et c'est très bien ainsi !

Bien à vous,
Purana

   Francis   
30/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une plume très musicale, des vers joliment ciselés, des images bien choisies. Je vous remercie pour cette belle lecture qui évoque mes vacances dans cette île qui "pleure d'azur " et dont j'ai gardé le souvenir des roses trémières.

   Michel64   
30/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup de nostalgie et de charme se dégagent de ce joli poème.

"Mais les volets sont ferrés
la porte restera close
le rempart couvert de lauzes
gardera les yeux fermés."

L'inaccessibilité du lieu le rend mystérieux et c'est peut-être mieux.

Merci Robot pour ce bel écrit.

Au plaisir de vous lire encore.

   Curwwod   
3/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très joli texte hommage qui aborde le personnage de Pierre Loti sous l'angle métaphorique de l'environnement où il vécut et repose.
De très belles images expriment l'émotion avec pudeur de cette recherche des lieux imprégnés d'une existence exceptionnelle.
J'y aime beaucoup d'expressions qui confèrent une douce mélancolie à ce très beau texte, mais privilégie :
"La « demeure des aïeules »
sieste sous le chèvrefeuille

le rempart couvert de lauzes
gardera les yeux fermés.

lasse d’espérer Loti
meurt une rose trémière..."

Bravo et merci

   FABIO   
5/12/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Je dois dire qu ici le sujet m'interpelle peu, je connais Pierre Loti
mais bon...Toutefois les images sont parlantes pour ce qu'a voulu en faire l'auteur et la musicalité aussi, donc respect.

   Robot   
6/12/2014

   fugace   
10/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
D'une apparente simplicité, la construction de ce poème est un superbe mouvement d'horlogerie, harmonieux, fluide.
La maison fermée de Pierre ne nous livre pas ses secrets, mais les sentiments, le ressenti de cette rose trémière qui meurt à l'ombre qui s'agrandit, nous font faire le voyage...
Et quel voyage!
Je crois m'être assise sur ce seuil gris de poussière au soleil de midi.
Voilà. Pour moi la poésie, la vraie, c'est celle-ci: celle qui transporte et fait vivre un ailleurs.

   Anonyme   
30/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La nostalgie a toujours beaucoup d' attrait et c'est un portrait charmant que cette maison qui se meurt d' un coeur brisé car abandonée.
J' ai particulièrement aimé les métaphores qui me rappellent les maisons du sud où j' ai grandi. Il y a définitivement une langueur qui s' attache à ces vielles pierres laissées à elles-mêmes sous le soleil.

   Bidis   
24/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Autant j'ai aimé le dernier quatrain avec "Pierre" et "Loti" et les roses trémières et qui termine ce joli poème en toute nostalgie, autant je n'ai pas aimé, dans la première strophe, le jeu de mot "Loti" et "maison de pierre". C'est pour moi le seul bémol dans un très joli texte qui me donne l'envie de découvrir cet auteur que je n'ai jamais lu.

   luciole   
1/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Poème dont j'ai aimé la jolie musique, simple et évocatrice. Délicate.

   jfmoods   
4/2/2017
Ce poème est composé de cinq quatrains en l'heptasyllabes, à rimes embrassées, riches, suffisantes ou pauvres. Chaque strophe alterne la construction : deux rimes féminines enserrent deux rimes masculines et inversement.

Cette "maison vide d'Oléron" renvoie, comme une sorte de clin d'oeil, aux maisons de Rochefort et de Hendaye. S'il fut l'homme de l'Ailleurs, Loti fut, avant tout, les yeux rivés sur l'océan, un homme de l'Atlantique. Deux allusions au grand voyageur affleurent (groupe nominal : "le seuil de poussière", allégorie : "Oléron pleure d'azur"), tandis qu'un complément circonstanciel de manière à visée humoristique ("sans grand talent") impose, par contraste, la présence d'un auteur prestigieux.

Chacune des maisons de Loti occupe un statut particulier : la maison de Rochefort fut celle du voyageur, celle d'Hendaye accueillit l'homme vieillissant. Si la maison d'Oléron devint son lieu de sépulture (subordonnée relative du vers 12 : "Qui repose à cette adresse"), c'est parce que Loti désira, en quelque sorte, boucler la boucle d'une existence, retrouver, pour dernière demeure, cette résidence de vacances de l'enfance ("la demeure des aïeules") qui fut le terroir de l'histoire familiale. Le poète, à travers un lexique de la claustration (superlatif : "du plus haut mur", "les volets sont ferrés", "la porte restera close", "le rempart couvert de lauzes / gardera les yeux fermés"), dresse non pas l'image d'une tombe toute simple, mais bien celle d'un mausolée inaccessible. La première et la dernière strophe se répondent (holorime : "la maison de pierre", "la maison de Pierre", jeu de gradation : "je ne trouve pas Loti", "lasse d'espérer Loti"). On s'aperçoit surtout que le poète, saisi par l'atmosphère du lieu, s'est recueilli un certain temps sur place (vers 2 : "au plein soleil de midi", vers 18 : "à l'ombre qui s'agrandit"). L'inversion du sujet, qui clôture le poème ("meurt une rose trémière"), est-elle une allusion subtile, lointaine, à la reine Pomaré ? Celle-ci offrit à l'artiste son nom d'écrivain : celui d'une fleur exotique.

Merci pour ce partage !


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