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Poésie libre
Stephane : Gueule d'asphalte
 Publié le 18/01/21  -  15 commentaires  -  1135 caractères  -  179 lectures    Autres textes du même auteur


Gueule d'asphalte



J’ai bouffé les trottoirs comme un chien sa gamelle
Léchant les postillons crachés des langues de putes
La gueule contre l’asphalte à humer mon jet d’eau
Égouttant la mignonne après un lâché d’vannes

J’avais même plus un cent pour m’payer une cervelle
De la pâtée en croûte pour morpions ulcérés
Les gens m’donnaient même pas le reste d’un os à moelle
Préférant leur caniche à une ombre par terre

Tu sais le sol pierreux c’est un plan bien foireux
Mais j’ai pas d’autre plan à me mettre sous la dent
Ni des cartes à puces pour les fentes à distri
Moi les puces elles me rongent à m’écorcher la peau

Tu peux bien m’tendre la main moi j’tai tenu la porte
Je te demande même pas d’me r’mercier tout ton soûl
Même si un sou en poche m’aurait permis d’bouffer
Un croûton bien rassis car c’est toujours ça d’pris

Tu sais ça n’a pas d’prix un sourire sur l’visage
J’en ai pas vu des masses en ces journées d’orages
La vie c’est une connerie quand on n’a plus rien d’autre
Qu’une peine à enfouir au milieu des cartons


 
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   fugace   
4/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est écrit avec une dureté qui correspond tout à fait à la vie dans la rue.
D'entrée, on sait où l'on va: "J'ai bouffé les trottoirs comme un chien sa gamelle".
"Tu sais ça n'a pas d'prix un sourire sur l'visage", "La vie c'est une connerie quand on n'a plus rien d'autre qu'une peine à enfouir au milieu des cartons".
Il y a toute la justesse de ce monde implacable, plein d'indifférence.
J'ai trouvé cette poésie magnifique.

   bipol   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Steph

Votre texte est un grand coup de point

qui réveille bien je trouve ça très beau

et le style est si bien adapté

qu'on se retrouve assis à côté à se gratter

en plus les rangs vont grossir par le temps qui courent

c'est SUPER Merci

   papipoete   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Stephane
Y'a des gens qui prennent un bain de mer à 5 degrés, histoire de se réveiller ; votre texte ressemble à cette brasse en eau froide ; ça remet les neurones en ordre de marche !
" gueule, qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? " ou bien " atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? "
Et le locataire de ce bout d'asphalte, nous en met plein la vue, avec ce sou qu'il méritât d'avoir tenu la porte à son " prochain "
Un sourire, ça n'a pas de prix, alors un petit, ça ne le ferait pas bouffer mais...
NB un poème " coup de poing ", surtout avec cette gouaille connue à notre auteur ! La première strophe, même si elle est loin d'être comique, m'a fait rire ( jaune ) " égouttant la mignonne après un lâcher d'vannes " D'autres vers se font remarquer, comme le huitième avec " préférant leur caniche à une ombre par terre "
C'est rude mais aussi tellement tendre !
j'ai beaucoup aimé ce " Stephane là "

   Cristale   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Diantre ça déménage du verbe ici !
Quel rythme, quel souffle sur un tempo à douze temps, on suit le pauvre bougre dans son cheminement de misère jusqu'à en perdre haleine.
Très très fort , ce texte est une fenêtre ouverte sur le monde des sans-logis que le monde lambda préfère ignorer.

Un style particulier, le style Stéphane qui se distingue dans les colonnes oniriennes. Et c'est pas rien d'avoir du style ^-^

Bravo !

Cristale

   Ombhre   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Stephane,


Après avoir lu votre texte, j'ai eu l'impression d'être monté sur un ring et d'en avoir pris plein la tête. Je ne suis d'ordinaire pas adepte des poèmes utilisant un langage très "parlé" voire relâché. J'ai du mal à y entrer, à le ressentir.

Mais là: respect !

Vous décrivez si bien le ressenti de ces ombres à même le sol que nous ne regardons même plus, que le lecteur ne peut qu'être touché. Chaque quatrain a son âme dans votre texte, le dernier concluant admirablement bien l'ensemble. Et le dernier vers est somptueux.

Merci pour tous ces coups de poing donnés en poésie.

Ombhre.

   Robot   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sur le fond j'apprécie beaucoup l'idée de ce poème. Je suis un peu moins séduit par la réalisation.
Si le réalisme est bienvenu, je trouve la composition parfois difficile à oraliser notamment sur certaines élisions qui, même en voulant simuler un langage populo, me paraissent artificielles comme "m'payer" "m'donnaient" "m'tendre" "l'visage".
Cette dernière passerait mieux à prononcer ainsi (un sourire su' l’visage).

Par contre le vers d'entrée est une belle image.
Tout comme ces deux vers que je trouve excellents de réalisme:
"Ni des cartes à puces pour les fentes à distri
Moi les puces elles me rongent à m’écorcher la peau"

L'esprit du quatrain final est trés bien vu.

   Castelmore   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Stéphane,

Cri, dénonciation, coup de poing ...
La rue, le trottoir que l’on croit réservés aux chiens est aussi le dortoir? le refuge? le dernier abri ? d’une humanité qu’on oublie trop facilement...
Comment ne pas s’émouvoir, s’indigner, se révolter sur ce sujet dont l’actualité ne faiblit pas ?

La forme est pour moi plus discutable;
non pas le point de vue choisi de faire parler un SDF, mais le langage utilisé et les images présentées que je resents comme trop convenus et quelque peu artificiels...
à l’exception du dernier quatrain qui est très très au dessus de ce qui le précède, et conclu par deux vers de toute beauté... et d’un vers sublime de sens et d’émotion poétique.

« Préférant leur caniche à une ombre par terre »

Castelmore

   Edgard   
18/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Stéphane
Je n’avais jamais lu vos texte, ( je suis allé voir « vestiges), c’est dommage, vous n’écrivez pas comme tout le monde, ce qui est appréciable. Votre écriture est libre, elle aurait sans doute pu s’évader du carcan des alexandrins….puisqu’elle se libère déjà de la rime.
Quant à la violence de la rue, la détresse des gens oubliés, les victimes, elles sont bien rendues par le choix des mots et des images. C’est du visuel, caméra au poing (c’est le cas de le dire…)
Les deux dernières strophes sont celles qui me touchent le plus, elles mettent le narrateur en situation, et c’est vraiment très beau. Elles sont tellment fluide que là, les alexandrins vont très bien avec le fond. Ça veut dire, sans l’exprimer explicitement, combien coûte peu la solidarité humaine, et l’immense valeur d’un geste, d’une poignée de main, qui comptent souvent bien plus qu’une pièce (mais les deux c’est encore mieux !)
Lâche pas la plume Stephane !

   wancyrs   
19/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Salut Stéphane,

Il y a un souvenir qui me hante. Il m'a si hanté que j'en ai fait un texte que je ne présenterai peut-être pas sur Oniris. C'est un aveu, l'histoire d'un soir d'hiver à Montréal, un soir où la neige sur les branches scintillaient à en faire pleurer de bonheur. La ville, dans ses lumières et ses projetions de film en noir et blanc sur des murs de bâtiments municipaux, ressemblait à un gigantesque centre commercial ; vous savez ? Ces endroits d'où on ressort toujours émerveillé... Au sorti du métro un sans-abri tenait la porte à cet océan de personnes plongés dans l'écran de leur Iphone, allant leur chemin sans un regard, ni un merci pour ce bienfaiteur qui les dispensait de pousser le lourd battant. Moi aussi je suis passé, gêné, et deux heures plus tard, après mon tour touristique de la place, il était encore là, bloquant de son corps la porte qui menaçait de se refermer, le regard rivé au sol. Avait-il honte ? J'ai cherché son regard pour lui sourire et lui dire merci, mais à aucun moment il ne m'a regardé. Trop lâche pour aller au bout de ma démarche, je suis entré dans la station de métro, mais à 3h30 la nuit, je me suis réveillé, incapable de me rendormir je pensais à cet homme. Votre texte me donne une idée de ce qu'il se disait ; Merci ! J'aime le propos qui colle bien avec le rang social du sans-abri. la musicalité, pour moi, est inégale, mais je me dis que je ne suis pas sur le même tempo que vous, lorsque je lis. Les deux derniers vers me dérangent un peu, je ne peux pas vous dire vraiment pourquoi...

Merci pour le partage !

Wan

   Arsinor   
19/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un horrible bravo pour cette description qui sonne trop juste et qui ne sert à rien. Le rôle de la poésie est ici remplit : révéler. L'absence de ponctuation accentue la blancheur, la brutalité du propos. Le pauvre n'y est pas humilié par un discours lénifiant ni infantilisant, il est homme mais dans la situation de pauvreté. Je suis allé travailler en Inde et j'ai vu beaucoup plus de pauvres qu'en France, mais dans ce pays ils sont structurés, respectés par la religion, ils ont une culture et une sociabilité, ils se lavent et se coiffent savamment. Et sans doute pour des raisons de croyances ils n'ont pas peur de mourir. En France il est terrible d'être pauvre car on dégoûte les autres on est responsable on est un loser voire quelqu'un de révolté, de violent, de dangereux. Le Français se perçoit comme la mesure de toute chose, il a son niveau de vie qui lui assure respect et valeur.
Pas de charité dans votre texte : c'est bien l'homme commun, peu éduqué, dans la situation d'être traité comme un déchet par la société et par les passants. Et ils meurent en hiver. Pour vingt centimes un sou il peut s'acheter une croûte vraiment ?
Heureusement il y a la charité chrétienne, qui reste discrète et ne va jamais à la télévision.

   hersen   
19/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La forme choisie pour un libre, d'une régularité que l'on n'attendrait pas, renforce la désespérance de ce poème, comme pour dire qu'on n'en sortira pas.
Que ça va continuer comme ça encore longtemps.
Il y a dans le vocabulaire ou expression beaucoup de choses qui se rapprochent de l'animal, ainsi que des idées, comme celle de la puce, dédoublée. C'est excellent pour démontrer le regard que peuvent porter les passants sur ce sans-abri.

Merci de la lecture !

   Pouet   
19/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Slt,

j'aime vraiment beaucoup le premier vers, il claque vraiment bien, très inspiré, très fort. Le deuxième me plaît moins avec ses "langues de putes" que je n'arrive pas trop à m'approprier.
Je trouve aussi beaucoup de "force" aux deux derniers vers.

Dans l'ensemble j'ai aimé, mais, même si j'en conçois la "nécessité" de par le thème, j'ai trouvé comme un petit goût de "trop", de "surenchère" qui à mon sens fait perdre de sa "percussion" au texte.

Voilà, que mon avis hein.

   Stephane   
19/1/2021

   ANIMAL   
25/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte poignant sur la misère de la rue, avec des mots qui claquent dur. Je préfère le fond à la forme car certains passages sont un peu trop triviaux ou misérabilistes à mon goût, ce que je trouve réducteur pour les sdf. Le dernier avec qui j'ai parlé était amer mais pas vulgaire. Néanmoins, traiter les extrêmes a le mérite d'attirer l'attention sur le sujet.

Dommage qu'il y ait répétition de "plan" à un vers d'intervalle :
"Tu sais le sol pierreux c’est un plan bien foireux
Mais j’ai pas d’autre plan à me mettre sous la dent"
qui aurait pu par exemple devenir :
"Tu sais le sol pierreux c’est un plan bien foireux
Mais moi j’en ai pas d’autre à me mettre sous la dent"

Mon quatrain préféré est le dernier et je dois dire que malgré mes réserves je trouve ce poème d'ambiance fort réussi.

   Groscoco   
10/2/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime bien la toile de fond et on voit rapidement que la peinture dans ce cas ci donne dans les tons de foncé. Pourtant j'y vois une espèce d'exagération, de réalisme simulé par des affirmations évidentes, presque clichées, voir forcée, soutenues par un champ lexicale un peu prévisible. La quatrième strophe me semble un bon exemple de ce que je veux dire (porte, soûl, soul, poche, crouton rassis). Ces éléments m'ont éloigné de la proposition du texte`

Ceci dit, je trouve la dernière strophe tout à fait sublime.

"Tu sais ça n’a pas d’prix un sourire sur l’visage
J’en ai pas vu des masses en ces journées d’orages
La vie c’est une connerie quand on n’a plus rien d’autre
Qu’une peine à enfouir au milieu des cartons"

Merci de ta contribution Stephane!


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