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Poésie néo-classique
Vincendix : Dans le djebel [Sélection GL]
 Publié le 12/08/18  -  19 commentaires  -  1005 caractères  -  178 lectures    Autres textes du même auteur

Environs du cap de Garde près de Bône, août 1957.


Dans le djebel [Sélection GL]



Assis sur un rocher je rêve de la France,
Dans ce morne décor je suis un étranger,
Pourquoi faut-il subir cette désespérance
Si loin de mon pays en risquant le danger ?

Je suis environné d’une nature hostile
Arbustes rabougris poussant dans les cailloux,
Je voudrais tant marcher sur ma terre fertile,
Oublier cet endroit, ses hommes en courroux.

Mais qui a décidé de me donner une arme,
De m’envoyer ici sans aucun préavis ?
Je n’ai pas le profil pour jouer au gendarme,
Ils devaient ces messieurs prendre au moins mon avis.

Tout là-haut dans le ciel, le soleil se pavane,
C’est le maître absolu, il me brûle la peau,
Là-bas vers l’horizon dans un voile diaphane,
J’aperçois sur la mer un énorme bateau,
J’aimerais le rejoindre et quitter l’Algérie,
Retourner d’où je viens, sortir de ce conflit,
Retrouver mon village et ma douce chérie,
Mes parents, mes amis, mon travail et mon lit.


 
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   Vanessa   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Un tableau très touchant que de lire l'impuissance de ce soldat devant sa situation.
On ressent une immense solitude.
Une intimité partagée avec candeur.
Merci.

   lucilius   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Abstraction faite de quelques fautes (orthographe, conjugaison) à corriger, ce texte écrit avec simplicité et justesse est agréable, hormis les deux derniers vers qu'une longue énumération alourdit.

   papipoete   
31/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
néo-classique
" Monsieur le Président, je vous écris une lettre ... " pourrait être le but du mot que ce soldat écrit ; mais non, tout simplement, il a le coeur en berne alors qu'au ciel le soleil se pavane sur les " gentils " sur les " méchants " . Cette terre d'Afrique où la guerre l'a déposé, est pour lui tellement inospitalière et il songe à " sa " France, son village et sa douce chérie ...
NB la tristesse du troufion est ici bien rendue, et ce mal du pays, de ses aimés, le pourquoi il est là avec son fusil, coule sûrement à l'encre d'un appelé à qui l'on ne demandât pas son avis !
J'aurais tourné le 12e vers d'une autre façon ( c'est mon seul bémol )
des hiatus, des rimes non alternées ( tout ceci est permis en néo-classique ), aussi vois-je cette forme réussie .
papipoète

   sympa   
2/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Vous relatez fort bien la souffrance d'un soldat parti contre son gré combattre en algérie et n'a qu'une hâte, partir rejoindre son pays, sa chère France.
L'écriture est fluide, agréable à lire et le plus important y est : L' émotion !
Bravo et merci .
Sympa.

   eskisse   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Vincendix,

Relatant un exil forcé, votre poème, opposant deux lieux, m'a fait penser à Du Bellay. Sa simplicité fait mouche et transmet la nostalgie et la détresse du soldat.

Certains vers me plaisent plus particulièrement :
" dans ce morne décor je suis un étranger" et
" Là-bas vers l'horizon dans un voile diaphane" .

Merci pour le partage.

   Coeurdeloup   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
La souffrance du soldat parti contre son gré pour la guerre d'Algérie est exprimée avec simplicité, sans tremolos… "Pourquoi faut-il subir cette désespérance Si loin de mon pays en risquant le danger ?"

Je ne commenterai pas la forme mes connaissances en la matière ne sont pas assez "pointues"... mais j'ai pris plaisir à cette lecture qui m'a ramené à cette période où certains de mes amis ont dû eux aussi partir de l'autre côté de la Méditerranée.

   bipol   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

j'ai fait la guerre d'Algérie

dans l'Armée de l'air, je n'ai pas du tout ce genre de souvenirs

on prenait des éclats de rires derrière les bars

on buvait beaucoup on jouait beaucoup au poker

bref c'était plutôt gai

mais je trouve votre texte bien écrit

et vous relatez bien vos impressions

   Hananke   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Une belle et triste évocation poétique d'une histoire sombre du pays.

Comme je vous comprends et notre belle France devait vous manquer.

Mais, au moins, vous êtes revenus, vous, ce qui ne fut pas
le cas de tout les jeunes de cette époque.
J'aime bien le coté utopique par endroit de l'écrit : comme si l'on
demandait aux soldats ce qu'il convient de faire.

Oui, un beau texte, une belle réflexion sur un instant passé.

   leni   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
salut Vincent
un regard en arrière joliment présenté On perçoit la vanité des choses et surtout beaucoup de nostalgie

Mais qui a décidé de me donner une arme,
De m’envoyer ici sans aucun préavis ?

Telle est la question

’aimerais le rejoindre et quitter l’Algérie,
Retourner d’où je viens, sortir de ce conflit,
Retrouver mon village et ma douce chérie,
Mes parents, mes amis, mon travail et mon lit.

J'aime ce dernier vers

BRAVO SAUT AMICAL LENI

   Cristale   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vincent,

Chaque vers souligne le désespoir d'un jeune soldat envoyé loin de chez lui les armes à la main. À l'époque du service militaire obligatoire, les pauvres garçons n'avaient d'autres choix que d'obéir aux ordres et bien souvent de servir de "chair à canons". Ceux qui en sont revenus portent les stigmates à jamais.

Néo-classique, donc pour la technique je ne sais pas trop. Le poème est fluide, très agréable à lire et c'est l'essentiel.

Merci à vous.
Cristale

   Damy   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La colonisation amena à la guerre d'indépendance, effroyable de cruauté. Des autochtones, les harkis, s'engagèrent à nos côtés, il faut voir le sort qu'on leur réserve. Eux aussi doivent rêver à leur patrie.
J'ai vécu en Algérie après la guerre, dans les années 1970, au titre de la coopération technique et j'en suis tombé amoureux: la gentillesse des gens, la beauté des paysages, l'essence mystique du désert.

Merci d'avoir combattu et risqué votre peau pour Elle malgré vous dans ce combat perdu d'avance et qui dura 8 ans. Aurait-il pu être évité ?

Comme je vous comprends:
"Retrouver mon village et ma douce chérie,
Mes parents, mes amis, mon travail et mon lit."

   Robot   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte nous fait bien ressentir la solitude dés le 1er vers
"Assis sur un rocher je rêve de la France,".

Le récit poétise sur l'environnement hostile:
"Arbustes rabougris poussant dans les cailloux,"
"Tout là-haut dans le ciel, le soleil se pavane,
C’est le maître absolu, il me brûle la peau,"

Les vers disent bien à la fois l'incompréhension, l'incertitude et l'impuissance d'un jeune garçon du contingent placé contre son gré dans cette situation.
"Mais qui a décidé de me donner une arme,
De m’envoyer ici sans aucun préavis ?"

Son espérance en forme de souhait aussi exprimée par les beaux vers de la strophe finale.

Je me souviens, j'avais 11 ans. Dans le quartier populaire où tout le monde se connaissait les gendarmes sont venus prévenir une famille de la mort de leur fils. Ils étaient nos voisins. Bien qu'étant enfant, je crois avoir pris conscience ce jour là de ce qu'était l'horreur de la guerre en étant témoin de la souffrance et du désespoir des parents de ce jeune homme et de ses plus jeunes frères et sœurs qui étaient mes amis. D'autant que l'un de mes frères était parti là-bas depuis peu.

Votre poème m'émeut en faisant revenir à la surface ce souvenir tragique. J'ai toujours retenu en mémoire le prénom de la victime: Armand.

   PIZZICATO   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une période angoissante et très difficile pour un grand nombre de jeunes soldats français dont beaucoup ne sont pas revenus.

Avec simplicité et sincérité, l'état d'âme de la situation est bien rendu par l'auteur.

" Mais qui a décidé de me donner une arme,
De m’envoyer ici sans aucun préavis ? ". Ceux d'en haut, les décideurs, ne se sont jamais embarrassés de ce genre de scrupules.
De tous temps, et ça continue..

" Je voudrais tant marcher sur ma terre fertile " Les environs de Bône n'étaient pas qu'une terre aride avec des " arbustes rabougris " ; il y avait aussi des vignes, des orangeraies ...

   izabouille   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
En lisant votre texte, j'ai ressenti la solitude et l'exil. J'ai aussi ressenti le fait d'être là où je n'aurais pas envie d'être, à faire des choses que je n'aurais pas envie de faire. N'ayant pas connu cette guerre, je ne peux qu'imaginer. Votre poésie rend beau un sujet qui ne l'est pas tant que ça, je l'ai vraiment apprécié.
Bravo

   wancyrs   
13/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Vincent,

Une si belle complainte, si on peut dire ! C'est difficile le métier de soldat, et cette complainte le prouve. L'écriture est belle, fluide et simple. On se sent assis sur le rocher avec le soldat et on ressent ce qu'il ressent. Merci !

Wan

   Quidonc   
13/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La guerre d’Algérie. Gros sujet comme toutes les velléités humaines.
Mais sujet traité de main de maître. On ressent toute l’absurdité et l’incompréhension face à la guerre.
L’auteur l’a vécue et on ressent Presque d’une façon matérielle l’hosti lité qui régnait à l’époque. Jusqu’à L’agressivité du soleil.
Très beau travail de mémoire aussi. On doit se souvenir pour ne jamais recommencer.

   Vincendix   
13/8/2018

   Miguel   
20/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le vers 12 manque de grâce. Pour le reste, quand je me rappelle le stress que ce fut d'aller effectuer mon service militaire en temps de paix à cinquante kilomètres de chez moi, je comprends ce que peut ressentir ce soldat d'Algérie (on en a en outre tant de témoignages de proches...) Mais ce soldat prend une dimension universelle et son cri de détresse et de révolte est une dénonciation de la guerre : tout le prix de la vie apparaît dans ce quotidien, dans cet ordinaire dont il rêve à présent.

   Ioledane   
31/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte me touche par sa simplicité ; l'incompréhension et le désarroi sont clairement exprimés, sans affectation.
Les rimes "arme / gendarme" et "préavis / avis" sont discutables ; le reste est plutôt bien composé.
"Tout là-haut dans le ciel, le soleil se pavane" : je trouve ce vers particulièrement poétique, il dénote même un peu par rapport à la tonalité de l'ensemble, mais je trouve cela bienvenu pour éviter la platitude.
Le dernier vers, très 'haché', clôt le poème de manière solide et appropriée.


Oniris Copyright © 2007-2018