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Science-fiction
hersen : Homo courgens
 Publié le 02/02/19  -  25 commentaires  -  7110 caractères  -  117 lectures    Autres textes du même auteur

Paradoxe.


Homo courgens


Tout a commencé par cette loi obligeant chaque famille à planter une courge sur son balcon. Une supra butternut promettant des fruits succulents tandis que son feuillage verdirait et rafraîchirait les terrasses, filtrant le soleil.

La plante, en elle-même, ne présente rien de miraculeux. Tout se tient dans le petit sachet offert pour l'achat d'une potée minuscule. La publicité n'en dit que du bien, explique que pour végétaliser les villes, maintenant trop polluées, il faut de l'action. Et l'action, nous martèle-t-on, doit tout naturellement se tourner vers la nature, le temps presse pour prendre la mesure de l'air irrespirable des villes. Des laboratoires ont enfin trouvé l'additif à ajouter à la plante pour qu'elle pousse, pousse, pousse, sans que les jardiniers du béton n'aient à s'en soucier.


Arrosée à l'eau enrichie de l'additif, la plante transforme rapidement la ville en un îlot de verdure.


« Ça » pousse beaucoup. Vraiment beaucoup. Trop. Les lianes envahissent les murs, les rues, et les habitants vivent sécateur à la main pour empêcher la plante de prendre leur place dans les appartements. L'amour envers cette cucurbitacée décroît rapidement, elle se révèle si envahissante qu'on prend l'habitude de l'appeler « Supra », pour faire court, car elle occupe tout l'espace, dans la ville, dans les conversations, dans les changements auxquels elle oblige les habitants.

Mais la courge ne s'en laisse pas conter et s'étend jusque dans les champs, couvrant les cultures, jusque dans les forêts, étouffant les arbres.


Bientôt, d'une ville à l'autre, la plante coureuse, victorieuse, reste le seul végétal vivant.


Les habitants, une fois passé le premier choc, s'organisent, mais trop tard : les racines monstrueuses ont déjà emprisonné tout ce qui aurait pu être récupérable et beaucoup vivent maintenant sur les toits des immeubles, coupant sans cesse ces maudites lianes.


Il ne reste bientôt plus rien à manger… hormis les butternuts. Les fruits grossissent très vite et de ce point de vue, pas question de restriction. Pour ne pas mourir de faim, on se rabat sur Supra. On ne peut plus descendre des toits en empruntant les escaliers obstrués par des racines, aussi, on se met à tresser la liane séchée pour en faire des hamacs, des couvertures, remplacer tout ce qu'on n'a pas pris la précaution d'emporter avec soi. La feuille jeune est utilisée en cataplasme, surtout pour soigner les coupures dues au sécateur. On boit le jus des fruits, un jus orangé pas si désagréable, au bout du compte. La vie se réorganise autour de la plante.


Homo Courgens est né !


Il doit vivre avec ce paradoxe : prendre soin de la plante qu'il hait davantage de jour en jour.


Bloqués sur les toits des immeubles, les groupes se composent des locataires. Il n'y a guère de possibilités d'aller plus loin, sauf pour quelques casse-cou, ou aventuriers, qui tressent des cordes et s'en servent pour « voyager » d'un point à un autre ; c'est ainsi qu'on apprend que Supra a tout envahi. Le soir à la veillée, on espère toujours que passe un voyageur avec une bonne nouvelle. S'il se présente, on se blottit les uns contre les autres, on brûle quelques morceaux de liane séchée pour se tenir chaud et on l'écoute.


La population prend la mesure de la gravité d'une situation qui n'a jamais été envisagée par les savants, les biologistes, les chercheurs de tout poil : un aventurier un soir raconte qu'il n'existe plus rien sous les lianes poussant en entrelacs serrés, rien de rien dessous. Parce que Supra a tout mangé, tout absorbé par ses racines. Le béton disparu, il ne reste que les terrasses en haut des immeubles, protégées par la taille incessante des sécateurs. Les toits sont posés sur une sorte de canopée et l'enchevêtrement du végétal permet de rendre le tout stable.


La nouvelle épouvantable se transmet rapidement, en même temps que les observations des plus attentifs à l'évolution de la plante : ils remarquent que le vert de la plante pâlit, les fruits à maturité donnent le signe d'une fin de cycle. On travaille dur à récolter tous les fruits restants, qu'il faut quelquefois aller chercher bien loin à l'aide de ponts de cordes. Mais ils seront le salut de la population, en attendant une nouvelle fructification.


La plante ne semble pourtant pas s'y préparer. Elle végète. Les feuilles desséchées ne laissent pas place à d'autres, tendres et vertes. La peur s'installe. Chacun suggère des hypothèses, propose des solutions pour aider la plante.


Entretenir le paradoxe.


On devrait semer des graines ! Mais oui ! Surtout qu'on a déjà essayé des boutures, mais aucune n'a pris. Le travail de titan que d'aller en bas, jusqu'à la terre, pour en rapporter un peu dans un filet tissé a dissuadé les plus valeureux.


Les graines posent un problème : elles ont été presque toutes mangées. Car les habitants, en carence alimentaire, font profit des protéines qu'elles contiennent. On en sauve quelques-unes, que les gens cachaient pour s'assurer d'avoir « de quoi », si jamais la disette s'installait. Une chasse aux cacheurs de courges s'improvise. Les dénonciations fleurissent.


On redescend chercher de la terre, certains membres du groupe ont développé une réelle habileté à se déplacer suspendus aux lianes, et l'on invente une sorte de poulie pour remonter les filets remplis. Une poulie faite d'une boule du végétal.


Enfin, on peut semer. On divise les semences entre plusieurs tribus, afin de ne pas tout perdre en cas d'échec. La surveillance des paniers emplis de terre devient l'activité principale, tandis que le stock de Supra à manger diminue. On en arrive au rationnement.


Les gens ont faim. Très faim. Alors il faut toute une escouade de gardes pour surveiller les paniers contenant les graines en germination.


Le temps paraît très long mais il finit par passer. Un matin, on entend un cri « ça pousse ! » C'est la cohue sur le toit détenteur de cette merveille, les ponts en cordes vibrent et tanguent au passage des habitants en liesse. En effet, une légère protubérance apparaît à la surface de la terre dans le panier. Tout le monde veut voir ce miracle. Un très grand espoir se profile. On n'organise pas de fête car il n'y a plus rien à offrir, mais les conversations reprennent un ton plus léger, plus heureux. Rien qu'une promesse et tout change.


Le lendemain, la protubérance s'accentue, puis la terre se fendille. On devine que quelque chose s'apprête à sortir.


Le troisième jour, la plante pousse, énorme, hideuse, gris terne. Cela ressemble à un champignon. D'heure en heure, les craintes se réalisent : une monstruosité perce la terre des paniers. Un immeuble sort de terre, s'élargissant à mesure qu'il pousse, effrayant avec ses fenêtres béantes semblant regarder la population sidérée.

Un courageux touche la plante-immeuble, incrédule devant une production si inattendue, si déplacée.


Dès qu'il effleure le béton gris, la plante se pulvérise, recouvre les habitants de poussière.


Supra émerge alors de sa léthargie et, par de nouvelles pousses, envahit le corps des hommes.


Les mange.


 
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   izabouille   
12/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bizarre... Je n'ai pas vraiment apprécié cette drôle d'histoire... L'univers décrit aurait sans doute été plus accrocheur s'il y avait eu un personnage à suivre dans ce décor futuriste. C'est plus la description d'un futur étrange qu'une nouvelle... mais ce n'est là que mon avis.

Iza en EL

   Sylvaine   
13/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Texte original, comportant quelques petites négligences d'écriture faciles à corriger (plutôt que "tout se tient dans le petit sachet" je préférerais "tout tient") La progression, de l'anodin au cauchemar absolu, est conduite avec maîtrise, et vous jouez habilement sur l'angoisse que peut facilement provoquer la prolifération anarchique de la vie végétale. Le tout fait écho à des peurs confuses mais bien réelles, surtout celle d'une revanche implacable du monde naturel si malmené par l'Homme.

   Neojamin   
14/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
bonjour,

Alors, il a fallu que je mette de côté tout mon rationalisme pour me laisser emporter par cette histoire. J'y suis parvenu à la seconde lecture.
Le thème me ravit, c'est évident (je fais moi-même pousser des courges et la butternut est ma favorite), l'allégorie aussi... sans chercher plus loin, sans vouloir tout analyser, elle me séduit. Le côté absurde de l'humain qui n'a plus besoin d'être expliqué.
L'écriture m'a paru un poil expédiée... un peu facile par moment... je reste un peu sur ma faim, un peu plus de poésie ne ferait pas de mal.
La fin m'a laissé légèrement dubitatif... j'attendrais les autres commentaires pour comprendre... le coup de l'immeuble va un peu trop loin, pourtant j'ai déjà fait un effort conséquent... mais c'est comme ça, j'ai du mal à m'envoler.
Bon, un moment sympathique en tout cas, gratitude!

   Corto   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il fallait de l'audace pour se lancer dans une telle intrigue. C'est original et plutôt bien écrit.
Mais sur le fond le drame qui se déroule sous nos yeux est effrayant, résumé par cette expression "Homo Courgens est né !"
Voici une fiction que personne n'aura envie de vivre même s'il est amoureux des courges.
L'imagination sert bien ce récit et le final est très bien réussi. Bigre !

   Palrider   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ça m’a bien plu, originalité et audace, je vois cette calamité comme un mondialisme rampant, merci hersen, ça m’a donné envie de manger un velouté de butternut avec un soupçon de noix de muscade.

   Cat   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour hersen,

Une fable jubilatoire qui me rappelle vaguement quelque chose que je touche du doigt. Mais va savoir quoi !... :))

C'est superbement bien écrit. C'est vivant et vivace et l'on suit le développement de la butternut l'eau à la bouche.

La chute, seulement elle, me semble précipitée, même si je saisis le sens donnée à sa "morale". J'aurais aimé qu'en tant qu'auteur tu fasses encore durer le plaisir en décrivant avec maestria les méandres empruntés avant que ne vienne l'heure de manger le corps des hommes.

Ah, et puis ce titre est à tomber : Homo courgens ! Tout un programme.

Bravo et merci


Cat

   Luz   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

Génial ; il fallait trouver l'idée !
Les hommes (Homo courgens) réapprennent à utiliser les lianes, comme les singes...
Avec le réchauffement climatique et la (géo) politique du monde actuel, on se demande si cette nouvelle est dans la bonne catégorie (peut-être "anticipation" plutôt que "fiction"...)
Merci.

Luz

   chVlu   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une bonne nouvelle...
euh pas être pas...
une fausse nouvelle?

La fin des hommes par les hommes.

Ceci étant posé c'est un texte qui m'a plu, en peu de mots un nouveau monde s'installe bien (sans malice ok?).

L'idée je l'ai trouvé riche et bien conduite.
En avançant j'imaginais une fin qui parlerait de résilience, d'adaptation, ces notions étant introduite par l'émergence d'un Homo Courgens.

J'imaginais la biodiversité sauter à la face d'homo Courgens et celui ci devoir trouver les ressources pour devenir Homo Démerdus

Pourtant tu as choisi une chute collapsologique, qui n'est pas ma tasse de thé. Mais on entre là dans un débat autour du fond et plus du texte auquel j'ai trouvé une qualité indéniable.
Il installe bien une ambiance, un décor, une vie sans personnages clairement identifiés.

bravo!

   stony   
2/2/2019
Deux trucs que j’ai pas bien pigés :
1. Les habitants sont coincés sur les toits (sauf quelques casse-cou). Alors, je ne comprends pas comment les gens se blottissent les uns contre les autres pour écouter le passant. Qui sont ces passants ? Les casse-cou ? ;
2. Si on descend des toits pour aller chercher de la terre pour y semer des graines, pourquoi on ne les sèmerait pas directement dans la terre, en bas ? Parce que les lianes ont tout couvert et qu’il n’y a plus assez de lumière ?

« On divise les semences entre plusieurs tribus » : pas mal, le mot « tribu ». Un tout petit mot qui permet de résumer l’état où en est arrivé (revenu) l’humanité.

Pas mal, aussi, ce mélange d’organisation solidaire (« On divise les semences entre plusieurs tribus, afin de ne pas tout perdre en cas d'échec. ») et de méfiance (« il faut toute une escouade de gardes pour surveiller les paniers contenant les graines en germination »). Une peinture de l’organisation sociale humaine, complexe et contradictoire, en peu de mots.

Une sorte de dénonciation de l’agriculture intensive ? Ou, plus généralement, du jeu d’apprenti sorcier de l’Homme avec des choses qu’il ne maîtrise pas ?

Les plantes ont dévoré les immeubles et des immeubles sortent des graines de celles-ci, et les plantes se remettent à pousser pour envahir jusqu’aux corps des hommes et les bouffer. C’est une vision effrayante. Pendant un temps, les hommes ont pu avoir un espoir, mais il était déjà trop tard car le processus était irréversible. Mais était-il vraiment irréversible ? Ça me donne envie de relire pour comprendre où on aurait pu tenter autre chose pour obtenir une fin différente (pas avant les premiers semis, bien sûr, sinon ce ne serait pas du jeu).

Bon, ben, tu vois, j’ai pas mal marché dans ton histoire. C’est à la fois complètement déjanté et suffisamment proche de ce qu’on connait pour s’y retrouver.

Belle imagination.

   senglar   
3/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

Une belle illustration du mythe de l'apprenti sorcier.

Et un joli pied de nez aux écologistes rois. Ce qui n'est pas pour me déplaire. J'ai toujours pensé qu'ils étaient les témoins de Jéhovah du XXI ème siècle mais qu'eux ils avaient mis le pied dans la porte entrebâillée et qu'ils avaient réussi à entrer chez nous.

Bel exemple aussi d'écologie punitive.

Une fin cruelle qui tombe comme un couperet, le fil d'une guillotine après un récit dans un style léger, digeste.

J'ai aimé.

Senglar

   Robot   
3/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Hersen,

Cette nouvelle m'a rappelé par son sujet le scénario d'un épisode de The Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir) dans lequel John Steed (David McNee) et Emma Peel (Diana Rigg) sont confrontés à une plante "La mangeuse d'hommes du Surrey".
Beaucoup de "comics" ont utilisé ce thème également. J'ai retrouvé l'idée dans un ancien numéro de "météor" par exemple.

Je dirais que ton récit linéaire m'apparait comme une fable écologique qui rappelle opportunément que sans respect impératif de la nature, celle-ci se retourne contre la vie si les humains jouent aux apprentis sorciers.

Bon au moins les hommes dans cette société ne devaient pas avoir de problème d'hypertrophie de la prostate puisque les graines de courges sont parait-il souveraines pour traiter cette maladie.

Il m'a manqué juste une précision au début du récit: Pourquoi cette loi obligeant à planter cette courge ? (Lutte contre la famine ?) sans cette info, j'ai passé le début de ma lecture a chercher cette raison dans le récit pensant qu'elle en serait l'objet principal.

Bons moments de lecture cependant à cause des réminiscences citées ci-dessus et que ton texte a provoqué. Allez, j'en reprends une dose.

   vis9vies   
3/2/2019
J'ai pris ce texte comme une fable, une métaphore, un peu comme la pensée unique qu'on laisse pousser, qu'on entretient , qu'on taille, pour qu'elle prenne toute la place.

J'aurais aimé lire une nouvelle de science-fiction, mais pour cela il aurait fallu travailler les liens sous-jacents : les mentalités, les causes à effets, parler un peu plus des réactions individuelles, nous faire entrer dans la vie des gens, leurs luttes, leurs désarrois, leurs rapports à la plante, parce que chacun n'a pas le même rapport avec l'étrange, voire l'étranger.

Un bon synopsis, à développer Pourrait fournir de quoi écrire une novella.

   Pepito   
5/2/2019
Salut Hersen, toujours aussi en "potée" à ce que je vois. ^^

Forme :
"à l'eau enrichie de l'additif"... et pourquoi pas "additionnée d’additif " tant qu’à faire ? Un peu plus, un peu moins... ^^
"dans les changements auxquels elle oblige les habitants. " ... quoi ça y’en a vouloir dire ?
"Bloqués sur les toits des immeubles, les groupes se composent des locataires. " ... on a jeté les proprios en bas ?
"Les habitants, une fois passé le premier choc"... schtung ! Un coup du la vois pas, d'un coup tu la vois pousser.
"Les toits sont posés sur une sorte de canopée" ... un ersatz, un substitut, un succédané... une canopée(lit), quoi.
"Le temps paraît très long mais il finit par passer " ... Haaaaaargh ! Hersen m’a tuer !

Fond : On s’étonnera de voir une plante rampante faire de l’ombre, mais bon, c’est d’la SF, mon bon m’ssieur. Et le "Monde vert" n’est pas moins peuplé d’illogismes de ce genre.

La fin est directement précipitée du haut des immeubles et s'escratche au sol ! Sploutch !

Qui a faim, y met les moyens, c’était ça l’idée ? ;-)

T’auras pas le prix Hugo, mais mon appréciation chaleureuse.
Ben quoi ? C’est déjà ça, non ? ;-))

   CyrilRodriguez   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai aimé le côté absurde qui, d'ailleurs, est actuellement à la mode dans le monde du cinéma et de la télévision. Cependant, comme dit dans un commentaire précédent, je reste sur ma faim (jeu de mot pas drôle), et j'imagine qu'un protagoniste aurait apporté de la profondeur à l'histoire.

   hersen   
5/2/2019

   Donaldo75   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour hersen,

L'idée de base est vraiment excellente. J'en suis venu à me dire que cette civilisation de la courge était finalement plus humaine que la notre car plus rien ne subsiste et que chacun doit revenir à l'essence même de la survie devant une nature plus forte que l'Humanité. En cela, je raisonne peut-être déjà en homo courgens.

Et ce qui est fort, c'est que la crise de la courge ramène le lecteur à ce qu'est l'être humain aujourd'hui, bannissant par la même occasion l'image presque naïve d'une Humanité revenue à sa pureté originale.

La fin est bien vue, même si je trouve sa réalisation un tantinet expédiée; d'ailleurs, le récit est, de manière générale, plus fort au début puis s'essouffle progressivement. C'est le reproche principal que je ferai à cette nouvelle agréable à lire, au style irréprochable.

Merci,

Don

   plumette   
8/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hersen,

j'ai pensé à ce texte hier en savourant un velouté de butternut à la châtaigne, et je suis venue le relire ce matin.
Perplexe à la première lecture, désorientée, je me suis laissée un peu plus laissée faire cette fois-ci, j'ai eu des images de cette canopée portant les terrasses et leurs habitants !
je crois que tu as bien fait d'écrire ce texte au présent, cela lui donne force et actualité.

j'ai bien aimé le déroulement de l'histoire jusqu'à la fin du premier cycle. Après, j'ai trouvé qu'on sortait de la science fiction pour entrer dans le fantastique, un léger glissement de genre, pourquoi pas, mais qui m' a fait perdre de vue la fable écologique.

Plumette

   Pouet   
8/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

Une belle imagination foisonne dans ce texte atypique.

Les courageux courgeux qui finissent par se faire bouffer par leur créature.

Sans trop m'avancer sur le fond, et même si je n'ai pas lu pour le moment les explications de l'auteure en forum, on peut penser à une vengeance de la "nature" même si cette dernière est bourrée "d'additifs", elle se révolte justement contre ces adjuvants "contre-nature". Un renversement, la nature reprenant ses droits sur le béton, l'espèce humaine se détruisant elle-même à coup de conneries, celui qui croit bouffer se fait bouffer: un texte prémonitoire.

Je n'ai rien relevé de particulier concernant l'écriture, écriture qui m'a bien tenu jusqu'au bout. Je crois qu'on dit que "c'est bien écrit" dans ces cas là.

Ah oui, ma grand-mère disait "cougourde" pour désigner la courge, précision qui m'a semblé inévitable d'ajouter.

   Diogene   
11/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Hersen,

J'ai été assez perplexe à la lecture de ce texte, mais je pense que c'est plutôt normal et le but n'était sûrement pas d'écrire quelque chose de conventionnel.

Mais finalement, il y a certaines choses qui me plaisent. J'aime ce petit côté "Hussard sur le toit" dans cet étrange fléau qui s'abat sur des êtres impuissants. J'apprécie également la forme en petit conte étrange.

Par contre, j'aime moins le style enfantin, bien que cela ne soit qu'une question de goût.

Il y a également quelques maladresses dans l'écriture, dans le rythme des phrases et leur construction. Dans le ton aussi.

J'ai noté une difficulté à manier la virgule. Quelques exemples :

"Un aventurier un soir raconte" la lecture serait plus agréable avec "un aventurier, un soir, raconte" ou bien "Un soir, un aventurier raconte..."

"On en sauve quelques-unes, que les gens cachaient pour s'assurer d'avoir « de quoi », si jamais la disette s'installait." La virgule avant "que les gens" est superflue, il en est de même pour celle avant "si jamais"

"On divise les semences entre plusieurs tribus, afin de ne pas tout perdre en cas d'échec." Pareil pour la virgule avant "afin", j’imagine que c'est volontaire, pour donner un ton, un rythme. Mais enfin, ça me fait très bizarre.

Je finirai en disant que j'ai bien aimé, contrairement à ce que pensent certains, le fait que l'on n'ait pas de personnage à suivre en particulier. J'ai adoré Ravages de Barjavel et, bien qu'il y ait un personnage principal, il est très souvent absent et je trouve les longs passages descriptifs de la catastrophe sans que l'on suive un personnage très agréables à lire. J'ai bien apprécié cet aspect-là de votre nouvelle.

Cela dit, je ne voudrais pas paraître arrogant ou suffisant, il ne s'agit pas là de conseils mais de simples opinions et impressions.

Au plaisir de vous relire.

D

   papipoete   
17/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour hersen
Brrrrrr, déjà l'obligation de planter une plante " expérimentale " chez tout habitant, était hasardeux, risqué, mais la suite n'augure rien de bon ; lorsque celle qui devait donner un air respirable, et en plus servir de garde-manger inépuisable se révèle un piège redoutable...
NB jusqu'à la fin, on se dit que les lianes vont enfin s'arrêter de pousser; qu'ensuite les graines ensemencées à grand péril, vont germer et reformer le cycle jardinier et puis...Brrrrrrrr que sort-il du pot !
Quand l'imagination se niche au sein d'une toute petite graine, pour devenir monstre destructeur, l'auteur nous montre qu'il suffit en somme " de faire germer l'idée " et laisser pousser !

   Amelie   
22/2/2019
J'assiste à une phénomène habile : le poison de l'humanité est entretenu par sa victime. Les hommes, envahis par cette plante, se mettent à vouloir en préserver les graines afin de la faire... fructifier. On dirait une leçon métaphorique sur le masochisme !
Une manière de nous montrer à quel point l'homme cherche sans cesse des solutions aux problèmes, oui, mais toujours à court terme. Ou comment l'homme sait mieux détruire que construire, œuvre bien plus complexe à mener.

Je ne sais quelle fut l'intention, s'il y en eut une, pour écrire ce texte. J'y vois l'éternel massacre, par l'homme, de son environnement, donc de lui-même.
Concernant l'écriture, elle est maîtrisée. J'ai vu malgré tout quelques maladresses, aisément récupérables (casse-cou au pluriel devrait être écrit : casse-cous. :-) quelques mots pourraient disparaître et ici ou là, j'ai été interrompue par une ponctuation étrange (mais cela m'est personnel. Exemple : Les habitants, une fois passé le premier choc, s'organisent, mais trop tard.
Suggestion : Une fois passé le premier choc, les habitants s'organisent. Mais trop tard).

Cette histoire m'a rappelé une œuvre cinématographique et théâtrale avec Arditi ("Vivace" : une plante, offerte, prend sa place, toute sa place, puis toute "la" place). Dans cette pièce, un homme, son amour, est la cible, ici, dans "Homo courgens", c'est l'humanité.
Mais dans le film, un homme, unique, est à l'origine du désastre. Le fait d'aborder le registre personnel aide à s'identifier.

Dans ce texte, il faut faire un effort (pas de relation duelle, de dialogue même minimal. Au fond, on ne "sent" pas totalement ce que ressentent les êtres, comment ils s'organisent, réagissent, humainement).
Je ne sais pourquoi, tout en ayant aimé la lecture de cette métaphore, j'aimerais maintenant en lire le développement : les interactions des hommes (ils ne peuvent pas tous se soumettre à cette invasion qui est leur création, cela semble improbable ou alors je comprends que ce monde coure à sa fin !).
Merci Hersen pour cette récréation un peu... terrifiante. :-)

   Iktomi   
5/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Une fable qui commence un peu comme une farce et se termine en drame.
L’idée de départ est bonne et le sujet bien mené mais comme l’a souligné un autre lecteur il est un peu dommage que les planteurs de courge soit réduits à une masse indistincte et anonyme, sans relief et sans visages. Même si l’effet est voulu, il n’est pas très heureux.
Enfin tout cela n’est pas bien grave. Rien que l’idée d’avoir choisi la courge comme instrument ultime d’éradication des bipèdes à station verticale, ça vaut son pesant de clous rouillés.

   Eijihimura   
6/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Amusant. J'ai apprécié la tournure sérieuse et le fond un peu grotesque de cette histoire. J'ai aimé également la fin cependant elle m'a parue un peu trop expéditive. Je comprend l'effet de soudaineté recherché mais peut être qu'un petit peu de détail quand a ces deux trois dernières phrases annonciatrices de la chute. Sur la manière dont la plante se prépare, se meut. J'ai parfaitement réussi a me plonger dans ce texte et a le visualiser a l'exception de la chute ce que je trouve dommage.
J'ai aimé "Les dénonciations fleurissent", cela m'a décrocher un sourire.
Au plaisir de vous (ré)lire, Eiji.

   Arlicartos   
6/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une riche idée assez bien exploitée.

Au moment où j'ai entamé la lecture je pensais qu'il aurait été intéressant de suivre un personnage en particulier dans ce monde dévasté puis plus la nouvelle avançait, plus je voyais l'intérêt du choix que vous avez fait (qui m'a d'ailleurs été confirmé par votre réponse aux commentaires sur le forum). Le fait d'avoir un recul, que le style montre l'avancée et la pousse rapide de la plante est très intéressant.

Je trouve un peu dommage que certaines idées n'ai pas été poussé un peu plus, comme celles des voyageurs, les problèmes sociétaux qu'entraîne le manque de nourriture et donc d'espoir, les maladies dues aux carences, les autres animaux touchés par le phénomène (entre les herbivores qui ne peuvent pas s'en nourrir et les carnivore qui n'ont plus leurs proies)... J'ai bien compris que vous ne vous attardiez sur aucun point si ce n'est l'homme qui évolue pour s'adapter à la plante et l'évolution de la plante et ses effets sur la vie de l'homme, mais je trouve ça un peu dommage car je trouve qu'il y a énormément de bonnes idées dans votre texte.
Je pense cependant que ça a été fait de façon volontaire pour ne pas casser le rythme, mais une critique étant subjective...


Le véritable seul point noir pour moi est la "plante-immeuble" dont je ne comprends pas vraiment l'intérêt. Sans ce morceau là, il n'y aurait pas eu de coupure avec nouvelle plante plus agressive envers l'homme et la fin aurait été la même sans fioriture (ce que vous rondement mené dans le reste de votre texte).

Au niveau vocabulaire et style, je n'ai pas grand chose à redire. C'est à la fois simple assez riche. Votre nouvelle se lit facilement.

En bref, j'ai beaucoup aimé.

   Raoul   
10/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'aime beaucoup les cucurbitacés, les lagenaria et cette fable. Le choix d'observer cette société en mutation à courge forcée d'un peu loin, comme on regarde la société des fourmis ou des abeilles à la loupe, est très bien exploité. On n'entre pas trop dans le détail, mais suffisamment pour comprendre, apprécier, les arcanes de cette écologie arbitraire et envahissante.
Il faut de tout un peu et un peu de tout...
Belle idée que ces explorations, que ces développements artisanaux - que l'art du bambou au musée des Arts Premiers explore à sa façon... :)-
c'est un texte fouillé, et finalement, si ce n'est la réduction de la chronologie, plausible !!! C'est ça qui est bringue.
Le seul petit truc qui me gêne, c'est le "cocon" immeuble, mais visuellement, j'y vois nettement un air de famille avec la vesse de loup.
J'ai beaucoup aimé le tout, je me suis laissé embarquer sans pb. et avec un plaisir de lecture certain.
Je retourne planter mes choux à la mode de chez nous avant que...
Merci pour cette lecture.


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