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Réalisme/Historique
Thimul : Le principe d'isolation
 Publié le 06/03/18  -  13 commentaires  -  6437 caractères  -  101 lectures    Autres textes du même auteur

Il fait froid.


Le principe d'isolation


J’ai froid.

J’ai froid et je vous emmerde.

Tous.

Ma maison est plutôt mal isolée. Faut dire qu’elle est en carton alors question isolation, pas terrible.

Sûr que j’aurais du mal à la revendre si je devais faire un bilan énergétique. Ha ! Ha !

Pourtant de l’isolation j’en ai, et la meilleure qui soit.

Vous savez, je vous regarde pendant que vous m’ignorez en courant faire vos petits achats. Un petit coup d’œil, de temps en temps, franchement, ça ne vous écorcherait pas la gueule.

Quand je pense au fric que certains d'entre vous vont dépenser aujourd'hui et qui me ferait tenir un mois, ça me fait mal au derche.

Et vous savez quoi ? Avant, j’étais comme vous.

Incroyable ça, hein ?

Je me rappelle, un jour, je m’étais pris les pieds dans la jambe d’un clodo gare Saint-Lazare. Il était assis par terre, et tendait la main. J’avais failli m’étaler. Je ne l’avais juste pas vu. Je lui ai gueulé dessus. Il s’en foutait parce que, lui aussi, il était en isolation. Si on m’avait dit qu’un jour, je serais à sa place.

Alors, c’est sûr, j’ai beau jeu maintenant de vous regarder d’en bas avec tout mon mépris. D’autant que, comme la plupart d’entre vous ne me voient même pas, la majorité se contrefout éperdument de mes états d’âme.

Allez, encore un p’tit peu d’isolation !

Doit faire un ou deux degrés et c’est le début de la nuit. Alors, j’ai intérêt à y aller à fond.

Je préfère cent fois avoir faim.

Sentir le froid, je ne connais rien de pire. Je me rappelle, il y a quelque temps, quand je sortais mon clebs après le film, le soir. Des fois, j’avais la flemme de mettre un manteau, alors je sortais en tee-shirt en plein hiver. Je me les caillais grave, et je priais le ciel que mon bâtard se dépêche de trouver un coin où déposer son merdier. Je dansais sur place en m’agrippant les bras avec mes mains pour essayer de garder un peu de chaleur. C’était pénible, mais il y avait un petit côté sympa de savoir que dans pas longtemps, j’allais rentrer au chaud.

Putain, je vous jure que la sensation n’est pas la même quand vous savez que jamais plus vous ne pourrez rentrer au chaud. Le froid, ça devient comme une plaie qui vous mord. Comme un pit’ qui aurait planté ses crocs et qui ne vous lâcherait pas. Faites l’essai un jour, juste un jour, de dormir dehors par moins cinq avec un jean, un pull et un blouson, recroquevillé sur vous-même pour garder un tout petit peu de chaleur, juste un tout petit peu. Et même là vous ne pourrez pas comprendre, car vous saurez que dans quelques heures, ce sera terminé et que vous serez à nouveau près du feu.

Moi, quand j’ai froid, je sais que rien ne va changer ça. Le seul truc qui me reste, c’est l’isolation.

Je vois bien dans le regard de certains d’entre vous, le dégoût que je vous inspire. Je ne suis pas aveugle. Mais, ceux qui me méprisent, je les emmerde.

L’autre jour, une jeune fille m’a souri. Ce n’était pas de l’isolation, mais c’était quand même pas mal. Elle est entrée dans une boulangerie. Je l’avais complètement oubliée parce que j’étais à fond en train de m’isoler, alors, quand elle s’est abaissée vers moi pour me tendre un pain au chocolat, j’ai failli pisser dans mon froc. Elle m’a souri encore une fois et elle est partie. Je ne l’ai jamais revue. Ça devait être une touriste ou une provinciale, bref, une fille qui n’avait pas l’habitude. Les Parisiennes, elles ne te voient même pas. C’est tout juste si elles ne te marchent pas sur les valseuses avec leurs talons aiguilles.

J’ai mis au moins une heure à le bouffer ce pain au chocolat. J’étais incapable de me décider entre le fourrer tout entier dans ma bouche pour avoir tout le goût d’un coup, ou le manger miette par miette pour le faire durer. J’ai fini par l’enfourner en trois bouchées en chialant à moitié. Je devais vraiment avoir l’air con.

Faut que je continue de m’isoler. L’hiver arrive. Chaque fois, je me dis que c’est peut-être le dernier.

Bah non, je tiens toujours.

Avant, j’étais écolo. Tu le crois, ça ? Je militais contre le réchauffement de la planète. Maintenant, le réchauffement, je suis pour. Et je dis à tous les pollueurs du monde : faut pas vous gêner pour moi, les mecs. Allez-y, réchauffez-moi tout ce que vous pouvez, je suis preneur. Même deux degrés, je prends.

Ne vous attendez pas à ce que je vous raconte comment j’en suis arrivé là. D’abord, ça ne vous regarde pas, et puis au final, ça ne vous regarde pas. Ça, c’est des coups à finir classé entre SDF « c’est vraiment pas de bol » et SDF « c’est bien fait pour ta gueule ».

Je n’ai pas envie de me retrouver classé. Moi, tout ce que je veux, c’est de l’isolation.

Vous allez me raconter que ce n’est pas comme ça que je vais m’en sortir et vous avez sûrement raison. Mais je n’en ai rien à foutre. Isolation avant tout.

Au début, j’avais peur de croiser une connaissance. Alors j’ai changé de quartier, histoire de passer incognito. Et puis j’en ai eu marre, et je suis revenu vivre près de chez moi. Au moins, je connais. Dormir dans un coin que tu ne connais pas, c’est hyper craignos.

Il n’y a pas que des types sympas en bas. Y en a des carrément frappés. Leur place, c’est l’HP. Sauf que bizarrement, la plupart sont ici. C’est des coups à te faire massacrer, ou te faire braquer quand t’es complètement isolé.

Bon évidemment je vous vois d’ici, vous allez dire : et les hébergements d’urgence, connard, c’est pas fait pour les chiens ! Tu te les gèlerais moins !

Presque pas faux.

Sauf que les hébergements la nuit, franchement, ça craint aussi, et en plus ils ne te prennent pas si t’as une trop bonne isolation. Et comme moi, je m’isole super rapidement et que j’y ai pris goût, je n’y vais pas souvent dans leurs dortoirs coupe-gorge.

Je n’ai pas récolté des masses ce soir. Deux ou trois euros en tout. Pièces jaunes et pièces rouges.

Putain ! Il y en a un qui m’a filé quarante centimes en pièces de deux et de cinq ! Si je le recroise, je les lui fais bouffer. En plus, il ne m’a même pas regardé ce salopard.

En fait, non, je ne vais pas les garder pour lui faire bouffer. Là, ce que je vais faire, c’est tenter de me lever pour aller me fournir en isolant.

Le premier qui me fait une réflexion, je lui vomis dessus. Je sais, ce n’est pas très correct mais faut pas me faire chier aujourd’hui.

Moi, tout ce que je veux, c’est une bouteille.

Parce qu’on dira ce qu’on voudra, mais l’hiver, faut toujours penser à s’isoler du froid.

Et d’autres choses.


 
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   plumette   
19/2/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Avec la rue, le vocabulaire se dégrade aussi?

Est-il indispensable de prêter au narrateur un tel "champ lexical" ?

je crois que c'est ce qui m'a agacé et m'a empêché d'entrer dans ce récit.

J'ai cru comprendre que le narrateur utilise le deuxième degré avec ce mot isolation qui est aussi pris dans le sens isolement et isolant, l'isolant étant l'alcool.

le ton choisi qui est sur le registre dérision et agressivité est très désabusé, et sans doute reflète-t-il une réalité, mais je n'ai pas été convaincue. Je suis restée à distance.

Bonne continuation


Plumette

   Tadiou   
20/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
(Lu et commenté en EL)

Texte très fort, à l’écriture efficace, bien apte à « frigorifier » ( !) le lecteur devant tant de détresse. Cela me semble tout à fait réaliste.

C’est une longue plainte du début à la fin, sans variations. Mais peut-on s’adonner à des modulations quand on est dans cet état ?

Cela me semble un peu bizarre d’avoir choisi le mot « isolation » à la place du mot « alcool », mais compréhensible tout de même : alcool qui isole du froid et qui isole de soi-même et de la dureté de sa vie en permettant d’oublier…

Habituellement je suis plutôt allergique aux grossièretés dans l’écriture, mais je trouve qu’ici, c’est tout à fait adapté.

Bravo pour ce texte fort, qui sonne vrai et qui ne laisse pas intact.

Le titre est bien choisi : si on pensait à quelque chose de rationnel et de scientifique, eh bien on n’est pas déçu !!!

A vous relire.

Tadiou

   SQUEEN   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai aimé le ton sarcastique, l'écriture est agréable, le sujet n'a pas intimidé l'auteur, le point de vue est bon. Le narrateur ne s'encombre aucunement d'explication, on ne sait rien de l'historique du personnage principal ce qui accentue le côté "ça se passe en bas de chez vous" ou "ça pourrait être vous". C'est intelligent et bien mené. La seule chose qui m'ai quelque peu gêné c'est le terme "isolation", je ne sais pas vraiment l'expliquer, peut-être parce que pour moi ce mot englobe trop de chose, est trop polysémique. Je lui ai préféré "isolant" que vous utilisez aussi, par ailleurs. Merci pour cette lecture. SQUEEN

   Hananke   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

C'est un texte magnifique et je serais tenté de rajouter hélas.
Quand donc prendra-t-on ce problème à bras le corps ?
C'est inadmissible qu'à notre époque où, chez d'autres, tant de richesses sont étalées, que dans notre sois-disant beau pays,
des gens meurent de froid ou de faim.
Bon, je sais que ce texte est fait pour tirer les larmes, mais sa vérité
ne me glace pas, ne me fait pas mal, j'ai dépassé depuis longtemps
le stade de l'indignation pour celui du vomissement.
Cette société du fric et de la consommation, comme ce clochard
me donne envie de gerber.
Et surtout, peut-être, le pire, c'est que je ne vois point d'aurores
poindre à l'horizon.
Nos politiques, fabricants de chômeurs, sont à des années-lumières
de la Vie réelle, de la vraie, de celle de tous les jours.

Le thème n'est pas nouveau mais il doit être martelé sans arrêts.

J'ai bien aimé le parallèle avec le changement climatique,
la grande illusion du moment.

   kreivi   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beau. Triste. Immense.
C'est ce que j'avais écrit en EL mais c'était trop succinct. Alors je le remets ici.
En fait je ne sais pas quoi dire de plus parce que les mots trébuchent souvent les uns sur les autres
et ils ne vont nulle part.
De s'isoler comme ça, s'habiller de cartons et de peau de SDF, il fallait oser.
MErci pour ce moment d'humanité.

   toc-art   
6/3/2018
Bonjour,

je suis désolé mais je n'ai pas du tout aimé ce texte. Je le trouve d'une facilité qui me dérange un peu, pour être franc. On y retrouve tous les clichés sur les sdf et je ne perçois pas, mais c'est peut-être tout personnel, ce n'est pas une accusation, l'humanité et l'empathie qui donneraient à ce texte fabriqué une part d'authentique.

Là, j'ai le sentiment qu'on a choisi un sujet forcément porteur, et sans doute avec les meilleures intentions du monde, mais ce qui en ressort, c'est juste l'envie de faire un petit effet littéraire sur une cause sérieuse. Bien sûr, on peut toujours utiliser les grandes causes humanistes pour faire de la littérature, c'est parfaitement louable, mais ça peut être aussi très casse-gueule. Là, pour moi, on passe à côté de l'essentiel, on choisit un ton, on met en scène une situation de façon artificielle et ça fait pour moi le lien avec les quelques élus qui sont allés se coucher dans la rue une nuit avec une nuée de caméras, des duvets bien chauds et des oreillers tout gonflés et bien propres, pourquoi pas en duvet d'oie, tant qu'on y est, genre d'action que je trouve à vrai dire assez obscène et dénuée de tout sens profond, avec ce jeu de rôle où, sans vraiment la connaître ni en mesurer l'ampleur, on se sert de la détresse de l'autre plus qu'on ne la sert.

Mais bien entendu, ce n'est qu'un sentiment personnel et je ne remets en cause ni l'intention de l'auteur ni son écriture.

   in-flight   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Je me souviens m'être essayé à ce genre de récit et puis j'avais abandonné l'option de me mettre dans la peau d'un SDF. J'avais plutôt opté pour le quidam qui réfléchit à l'acte du don.
La raison de ce choix étant que j'avais peur de tomber dans le panneau du misérabilisme social et que je ne me sentais pas assez "légitime" pour commencer à écrire "je vis dehors..."

Passé ce constat, je ne peux que déplorer la façon dont ce récit relate la tranche de vie de ce "devenu SDF". Je trouve que l'ironie du narrateur n'est pas assez franche, je trouve son ressentiment trop "léger" et au final, il aurait été très intéressant de savoir comment il en est arrivé là, je crois que c'était là l'occasion d'effectuer un constat sur les temps actuels.

Quelques remarques:

Le texte joue sur le double sens du mot "isolation" ("isolement" en anglais). Isolation par carton, isolation par l'alcool. C'est plutôt bien vu et cela me rappelle un titre de Joy division dont le chanteur était un sacré cas d’isolement: https://www.youtube.com/watch?v=-bkcPS3GHQY

"Il y en a un qui m’a filé quarante centimes en pièces de deux et de cinq !" --> remarque intéressante qui ramène à la réflexion sur le don (comment donner? pourquoi donner?)

"la majorité se contrefout éperdument de mes états d’âme" --> la majorité je ne pense pas. C'est simplement une façon d'esquiver une peur de cette situation qui peut arriver à quasiment tout le monde.

" Ça devait être une touriste ou une provinciale, bref, une fille qui n’avait pas l’habitude. Les Parisiennes, elles ne te voient même pas." --> idem, je ne pense pas que les comportements soit si clivants entre Paris et la Province. Entre la campagne et la ville, oui par contre.

"Et vous savez quoi ? Avant, j’étais comme vous. Incroyable ça, hein ?" --> ce genre d'incises me sort du récit.

"Ne vous attendez pas à ce que je vous raconte comment j’en suis arrivé là. D’abord, ça ne vous regarde pas, et puis au final, ça ne vous regarde pas. " --> je ne vois pas l'intérêt de ce passage.+

"Le premier qui me fait une réflexion, je lui vomis dessus. Je sais, ce n’est pas très correct mais faut pas me faire chier aujourd’hui." --> Idem

   Eva-Naissante   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Thimul,

Je ne sais pas qui vous êtes, mais je trouve votre texte choquant. Choquant comme la situation de ces personnes qui vivent ainsi dans le froid. Un texte d'un réalisme frappant, un vocabulaire réaliste, une colère partagée. Une colère qu'il faut entendre, qu'il faut vivre pour la comprendre.
C'est un portrait. Un vrai portrait. Comme une photographie.
Et il me touche au cœur.

Toutefois, le terme d'isolation, s'il constitue le fil rouge de votre récit, est à mon sens, trop présent. Il redonde, de telle sorte qu'il en perd de son intensité.

Concernant le vocabulaire, aussi réaliste soit-il, il empêche sans doute d'entrer dans cet univers, il eut fallu, sans doute, le tempérer, pour atteindre l'objectif probablement recherché : attirer cette attention tant espérée....

Merci,

A vous lire,

Eva-N

   Donaldo75   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Thimul,

Voici un texte "punk" qui me rappelle le "no future" d'antan, sauf que le personnage n'est plus dans la prospective. Il en bave réellement.

La description de l'isolation est particulièrement tranchante; on en prend tous pour notre grade dans notre confort quotidien, nos presque certitudes et notre capacité à ne pas voir les autres quand ça nous dérange. Et c'est la force de ce texte.

Bravo !

Donald

   Palrider   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Super. Texte coup de poing, c’est criant de vérité, c’est drôle, la vulgarité est ici indispensable pour imposer le réalisme, le ressenti du sdf est photographique.

   Hiraeth   
7/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
plumette, que dire alors du style de Céline ? Il n'y a pas que le langage soutenu qui soit digne de littérature. Heureusement !

J'ai bien aimé le texte, qui nous renvoie de manière assez désagréable une violence et un scandale qu'on aimerait ignorer. Quelques images fortes, un bon rythme, un registre juste.

Le froid tue, oui. Et je suppose que certains se laissent volontairement mourir glacé. Pourquoi ? Parce qu'il y a un froid qui tue plus que celui de l'air.

C'est le froid des cœurs humains.

   Velias   
7/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le grand défi sur un tel texte, c’est de ne pas sombrer dans les clichés et le misérabilisme. Vous vous en tirez pas trop mal.
J’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit. Cela est sans doute dû aux aprioris que je peux cultiver sur ce genre d’histoire. Nombreux sont ceux qui s’y essaient et souvent le résultat est médiocre.
La « vulgarité » du protagoniste ne me choque pas. Elle est liée à l’obscène réalité de la vie dans la rue. Je n’aurais pas compris, ni apprécié l’emploi d’un vocabulaire à la Jean d’Ormesson…
Toutefois, la redondance du terme isolant est de mon point de vue, un peu rébarbative. Un anti-gel par ci par là, aurait donné un peu d’air.
Malgré la « galère », le personnage sait garder toute son insolence :
« Ne vous attendez pas à ce que je vous raconte comment j’en suis arrivé là. D’abord, ça ne vous regarde pas, et puis au final, ça ne vous regarde pas. » etc. Ce qui prouve son humanité.
Bref, cela ne vous aura pas échappé, j’ai apprécié votre texte et je remercie votre plume pour l’instant de lecture.

   hersen   
8/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je pense que tout est dit dans le passage où, dans sa vie d'avant, le narrateur sortait le chien en t-shirt en plein hiver . Il se caillait grave, dit-il, mais il savait que dans le quart-d'heure qui suivrait, il serait au chaud.

Et voilà exactement, malgré toute la compassion du monde, ce que je ne pourrais jamais imaginer, que de rester dans la rue et organiser ma vie dans une maison au toit de ciel et aux murs de vents, peu importe la couleur du ciel et la force du vent. c'est quelque chose qui se vit, avec tout ce qu'il faut piocher en soi pour survivre. Et tout ce qu'il faut oublier de soi, je suppose, pour rendre cette vie, jour après jour, supportable; mais l'est-ce jamais ?

Le mot isolation ici fait écho, dans un sens ou dans l'autre, comme un boomerang, entre la température et la société; faut-il s'isoler de la société pour vivre une vie de sdf ou le devient-on parce qu'on était déjà isolé ?

C'est un sujet très difficile à aborder car finalement, qu'est-ce que je peux en dire ? je me contente de lire l'histoire, en supposant que l'auteur en sait plus que moi et que néanmoins, il réussit à me faire un peu partager de cette misère humaine.

merci de cette lecture,

hersen


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