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Poésie en prose
Cat :  Du bruit des gouttes sur la vitre naît la pluie
 Publié le 03/08/21  -  21 commentaires  -  704 caractères  -  1221 lectures    Autres textes du même auteur

Faut-il vraiment chercher à quoi on s'abandonne pour atteindre l'infini ?


Du bruit des gouttes sur la vitre naît la pluie



À l'heure où le crépuscule vient endolorir la ligne d'horizon,
dans les ruines intimes de l'ombre, là où gisent les émotions perdues,
lacet dénoué, le fardeau de la nuit peaufine à l'envi mes rêves,
héros éblouissant l'interlude d'un bonheur clandestin.

Parfois pourtant, sous les paupières de peine closes, rayonne en point de mire un seul arbre.
D'un feuillage singulier il paraît pris au piège des mots dans un silence intact et froid qui prête de dramatiques contours aux songes charriés par l'insomnie.

Plus je rêve, sous la lune et ma lassitude, et moins je sais quels sont mes rêves, ces gouffres absurdes qui éveillent des mystères à leurs confins…


 
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   socque   
19/7/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime le titre de ce poème en prose, et sa dernière phrase.
Le titre pour l'inversion de la cause et de l'effet, à laquelle je trouve un côté solipsiste : c'est le bruit de la pluie sur la vitre qui me fait penser à la pluie, c'est à ce moment que la pluie se met à exister pour moi. J'apprécie le raccourci.
La dernière phrase pour sa mélancolie et le flou du rêve...
je rêve, sous la lune et ma lassitude,
Joli !

Le reste du poème m'apparaît malheureusement déséquilibré, penchant trop à mon goût vers le précieux. Il commence mal pour moi avec ce crépuscule qui endolorit la ligne d'horizon, touchant à mes yeux au ridicule parce que je l'imagine, le crépuscule, en train de filer un gnon ; ça me fait bizarre. Les ruines intimes, les émotions perdues, le fardeau de la nuit qui peaufine à l'envi, non, après le crépuscule boxeur je ne marche pas. L'arbre pris au piège des mots me hérisse plutôt parce que j'ai une tendance à l'allergie quand on parle de mots dans un poème.

Je me rends bien compte que ces réticences me sont propres, par ailleurs vos phrases, je pense, sont bien écrites, soignées, évocatrices. On me demande d'évaluer pour dire comment j'aime, non comment j'estime.

   Queribus   
26/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Votre texte me laisse perplexe. D’un côté, la musique des mots , l'harmonie de l'écriture, sa rigueur notamment au travers de la ponctuation, le tout avec de très belles images poétiques me laisse une impression tout à fait favorable. Ceci dit, je n'en dégage pas une image nette qui "accrocherait d'entrée et plusieurs lectures m'ont été nécessaires. Je pense que votre écrit est de ceux qu'on adore ou qu'on rejette; personnellement, je suis entre les deux.

Bien à vous.

   myndie   
26/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
« A l’heure où le crépuscule vient endolorir l’horizon ». Jolie formule qui plante le décor et laisse entrevoir à quoi s’attendre avec ce poème en prose aux termes précis, justement choisis et passeurs d’émotion.
C’est évident ; vues à travers le prisme du crépuscule, le monde réel fluctue au gré de la sensibilité et l’on devine les choses plus qu’on ne les perçoit.
Vous nous offrez une peinture toute en pastels de votre paysage intime et l’on vous suit volontiers dans cette plongée en soi-même, à la fois questionnement existentiel et bilan des angoisses, comme avide d’y trouver, sinon la paix intérieure, du moins l’apaisement.

J’ai souvent dit combien j’apprécie cette poésie du moment, de la fêlure, et ici d’autant plus que votre texte, débarrassé de tout poncif, instantanément expressif, distille une mélancolie précieuse.
Il faut parfois du courage pour exposer la nudité de ses pensées. J’en ai reçu tout le choc et toute la douceur.

Pour ce partage, merci.

   Pouet   
3/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Slt,

oh... la jolie prose que voici.
Il me semble y humer quelques légères fragrances de l'estimé Christian Bobin.
Devant un bucolique paysage, laisser errer son humeur au hasard d'oniriques butées, de fluides soubresauts de l'esprit.
Réalité inexprimable... Euphorie de l'instant. Délicatesse du désespoir.

Ce lacet dénoué et ce bonheur clandestin laissent à mes yeux une subtile empreinte sur le chemin de l'être.
Peut-être que, dans l'insomnie de la clarté, le soleil ploie-t-il lorsque le coeur se fait vitrail?

   Robot   
3/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belles métaphores et images pour un texte qui semble émaner du profond de l'âme du narrateur.
Le titre en opposition avec la logique me paraît riche de réflexion. Car a bien concevoir, c'est trés souvent lorsqu'on entend les gouttes frapper au carreau que l'on se rend compte qu'il pleut. La métaphore est bien en lien avec cette proposition que j'adore: "sous les paupières de peine close". Ce sont donc les larmes des peines qui réveillent les émotions perdues.
L'arbre des songes entraîne l'inconscient vers le mystère du gouffre absurde des rêves que les mots ne peuvent traduire.

Voilà comment j'ai ressenti profondément ce poème dont la belle écriture ajoute de l'agrément à la lecture.

   Luz   
3/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cat,

J'ai beaucoup aimé ce poème en prose sur le rêve, d'un arbre en particulier - sans doute un arbre-poème que l'on ne peut écrire.
La poésie et sa réflexion intime sont partout présentes. Je relève en particulier "endolorir la ligne d'horizon".
Je me demande si l'avant-dernière ligne n'est pas un peu longue (peut-être faudrait-il une virgule après singulier ?), mais c'est un passage clef de ce texte, sans doute, et sa longueur est voulue.
Bravo !

Luz

   Cristale   
3/8/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Petites pépites poésiquement posées là, que n'avez-vous eu de cesse auparavant d'envahir de vos joliesses l'orbe de mon horizon aux confins de mon penser ?

"le crépuscule vient endolorir la ligne d'horizon,"
"les ruines intimes de l'ombre"
"mes rêves,
héros éblouissant l'interlude d'un bonheur clandestin."
"les paupières de peine closes"
"de dramatiques contours aux songes charriés par l'insomnie."
"Plus je rêve, sous la lune et ma lassitude"


Au final, un vers médaillon comme un solitaire serti des cils de l'auteure tel un regard sur l'infini d'une longue insomnie.

Une critique négative ?
Je cherche et je reviendrai si quelques épines ont la malencontreuse idée de chatouiller mes iris...
...Et non, rien de rien.

   Cyrill   
3/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cat,

Une belle prose, toute en finesse, qui cherche en quelques métaphores délicates à cerner l'intime des nuits, avec son lot de rêves, de songes éveillés.
Avec ses bonheurs et ses inquiétudes, et ce constat d'un mystère qui ne se dévoile pas.
Je me suis senti tout à fait en phase.

   Recanatese   
4/8/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut Cat,

j'ai longtemps cherché une traduction satisfaisante de ce texte de Leopardi (poète qui m'est cher, en témoigne mon pseudo) intitulé "l'Infinito". En vain. J'ai moi-même essayé et m'y suis cassé les dents.
J'ai trouvé dans ton poème la plus belle expression, dans la langue de Molière, de cet Infini, entre mélancolie et plénitude. "Le naufrage m'est doux en cette mer" ( "il naufragar" en vérité, l'italien se permettant cette douce fantaisie de substantiver les infinitifs).
Le titre est splendide: la pluie n'existe que lorsque j'en perçois le son. Magnifique.
Mes passages favoris:
"le crépuscule vient endolorir la ligne d'horizon"
"mes rêves, héros éblouissant l'interlude d'un bonheur clandestin."
"sous la lune et ma lassitude" : c'est ça un "zeugme", nan ? Utiliser cette figure de style pour un effet qui ne soit pas humoristique ça ne se voit pas souvent, chapeau!
J'ai aussi beaucoup aimé la petite réflexion en forme de question rhétorique en introduction au texte, mine de rien!

Merci pour ce pur moment de poésie!

Recanatese

   Lariviere   
4/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"À l'heure où le crépuscule vient endolorir la ligne d'horizon,
dans les ruines intimes de l'ombre, là où gisent les émotions perdues,
lacet dénoué, le fardeau de la nuit peaufine à l'envi mes rêves,
héros éblouissant l'interlude d'un bonheur clandestin."

Saluté Cat

En voilà un beau poème dont la douceur et la qualité des images n'enlève en rien l'aspect réflexif de la chose...

Un bel instantané de ce moment crépusculaire qui tend à pencher vers la nuit noire...

Merci pour cette lecture en espérant te voir plus souvent en publication sur Oniris ;)

   Bellini   
4/8/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Cat,
Quelque peu en retrait volontaire du site, je ne pouvais tout de même pas manquer votre poésie que je découvre.
Si vous le permettez, je vais utiliser pour l’éternité le titre de votre poème (Du bruit des gouttes sur la vitre naît la pluie) pour définir la poésie. Car oui, la poésie ce n’est pas la pluie, c’est le bruit des gouttes sur la vitre. Tant qu’un auteur n’a pas franchi cette étape, il n’est qu’un rimailleur.

Comprendre un poème ce n’est pas forcément broder le panda dont l’auteur semblait avoir semé quelques points sur son canevas. Un poème est un jeu de points à relier dont un nombre variable sont rendus invisibles par l’auteur. Ces points invisibles sont les termes subjectifs (les figures du discours) qui permettent au lecteur de finaliser un tableau cohérent. Cohérent ne veut donc pas dire qu’on va forcément retrouver un panda. Il est tout à fait possible que voir apparaître un serpent offre le même niveau de cohérence syntaxique et sémantique. Ce qui m’est insupportable à moi lecteur, ce n’est pas de ne pas voir le panda, c’est de ne pas voir non plus ni serpent ni colibri, ni rien qui prenne forme.

Ici tout m’est très clair, d’une clarté sans doute personnelle mais bien réelle. J’ai même donné un nom à l’arbre. Car qui n’a pas connu dans ses nuits d’insomnies des forêts peuplées d’un seul arbre ?
Nos paupières ne sont sans doute pas closes des mêmes peines, mon crépuscule n’est pas le vôtre, ma ligne d’horizon n’a pas les mêmes brisures, mais votre poème m’appartient. C’est en cela qu’il est exceptionnel.

Il me tarde de vous relire.
Bellini

   emilia   
4/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dans l’exergue se pose une ambitieuse question : « Faut-il vraiment chercher à quoi on s’abandonne pour atteindre l’infini ? La narratrice évoque au crépuscule un état d’âme douloureux souligné par un lexique sombre « ruines intimes/où gisent les émotions perdues/ (d’un enlacement « dénoué »)/fardeau de la nuit dans l’insomnie causée par la peine et les songes aux contours dramatiques… » avec ce mal être évocateur « pris au piège des mots »/dans « le silence froid » de la solitude que seuls martèlent les bruits des gouttes de pluie sur la vitre (comme des larmes qui s’épanchent peut-être) en contribuant à « l’interlude d’un bonheur clandestin », à travers des rêves conduisant à une impasse « gouffres absurdes et mystérieux »… ; « plus je rêve… et moins je sais… » dans une opposition inversement proportionnelle où le monde apparaît autant infini qu’indéfini et insaisissable…

   Myo   
5/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme l'essentiel du voyage n'est pas le but mais le chemin, l'essentiel du rêve n'est pas l'objet mais son mystère, sa poésie ...
Un état d'âme qui allège quelque peu "le fardeau de la nuit" pour l'habiller d'une lumière douce.

Un joli moment, merci.

   papipoete   
6/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Cat
Ah, qu'il est cruel de s'éveiller d'un songe, où je vivais d'amour et félicité, même le ciel était mon ami... exécutant toutes mes volontés !
Or, ces mêmes nues sur l'horizon semblent me dire " tu ne croyais quand-même pas que c'était vrai ? "
NB parfois, quand le film des songes est voilé, revient une scène à vouloir exister...
Une délicate poésie, reflet de ce que peuvent être nos nuits..

   Cat   
12/8/2021

   Davide   
12/8/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Cat,

Poème évanescent, qui confine à l’indicible, à la frontière impalpable où l’expérience vécue n’a plus les mots, ne trouve plus les mots, pour se dire, se raconter, se partager… Dans ce poème-sanctuaire, lieu refuge où s’inventent sans limite les mots, il m’a semblé effleurer du bout des doigts un secret aussi insaisissable que fascinant !

Au cœur de cette introspection, j’ai pu regretter certains passages, ce "à l’envi" par exemple, locution qui ne s’emploie qu’avec un sujet pluriel, comme synonyme de "à qui mieux mieux" et qui n’a donc aucune raison d’être ici. Pourquoi pas plutôt "à l’envie" ? De même, j’ai trouvé ce "héros éblouissant l’interlude" vraiment grandiloquent et hors de propos tandis que le zeugma "sous la lune et ma lassitude", figure de style que pourtant j’affectionne, m’est apparu un peu trop voyant.

Inversement, j’ai trouvé inspirées certaines images exprimées plus simplement, plus directement, lorsque aucune émotion n’est déviée, ou surjouée, dont "les paupières de peines closes" et, d’ailleurs, l’ensemble de cette deuxième strophe, très visuelle. Ou encore, ce superbe titre, qui invite d'emblée à épurer son regard, à aller au-delà des mots et de la compréhension pour toucher à l’essence même de la poésie, c'est-à-dire – peut-être – "atteindre l’infini"…

   Louis   
16/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le poème évoque le temps des heures métaphoriquement sombres, « à l’heure où le crépuscule vient endolorir la ligne d’horizon », quand la vie semble tendre vers un avenir obscur et triste, quand s’éteignent les lumières de la vie, pour affirmer qu’en ce temps-là, celui d’une réalité funestement assombrie, naissent les songes qui viennent suppléer la lumière défaillante.

Le poème exprime dans la première strophe le temps des rêves lumineux, et leur lieu de naissance.
L’onirique naît dans une terre où une part essentielle de soi semble s’être effondrée, en une dépression ; il naît dans « les ruines intimes de l’ombre », « là où gisent les émotions perdues ».
Là, dans ce champ de ruines, en ce lieu personnel, secret et profond, « intime », là poussent des fleurs lumineuses, en lueurs éblouissantes ( « héros éblouissant ») ; là, par une alchimie merveilleuse, s’édifient des constructions radieuses et claires, s’érigent des rêves ; là, sur les ruines d’une intimité désolée, s’élèvent des châteaux de lumière, le long de voies radieuses où s’ouvrent des horizons de clarté éblouissants.

Ainsi, du fond même de la nuit intérieure, du plus profond de la noirceur, s’élèvent des intermèdes heureux de bonheur, « l’interlude d’un bonheur clandestin ».
Ce « soleil de ma nature », selon l’expression de Baudelaire, se lève de l’autre côté de la nuit intérieure, il donne un jour nouveau, éclaire de nouveaux horizons, mais dans une dimension nouvelle, hors du temps apparemment, et de tout espace, de tout lieu. Ce qui en soi-même est fini, limité, trouve une issue dans une perspective illimitée, vers des avenues infinies.

Le poème, parvenu à ce "bonheur clandestin", se poursuit toutefois par l’expression d’un dépit :
Parfois pourtant, « rayonne en point de mire un seul arbre ».
Un arbre se profile, un arbre rayonnant, un arbre solaire.
Pas une forêt. Un arbre seul, isolé.
Sa représentation, fortement symbolique, est l’image, on le sait bien, de sa propre personne.
Sous « les paupières de peine closes », s’effectue la contemplation de l’image de soi, avec son soleil du dedans, comme un arbre rayonnant.
Mais l’arbre solitaire « paraît pris au piège des mots ».
Pris par les mots, épris de paroles, « son feuillage est singulier », son feuillage de feuilles où les nervures tracent les linéaments d’une écriture.
Et pourtant cet arbre-soi, bien que nervuré de mots, paradoxalement demeure « dans un silence intact et froid ».
Les mots apparaissent dans le poème entre les « rêves » et les «songes » ; et ne réussissent à dire ni les uns ni les autres. Et, malgré une maîtrise croissante du langage, la situation empire : «Plus je rêve… et moins je sais quels sont mes rêves ».
« Piège » des mots, principales "voix" de communications, mais qui se heurtent à un indicible, incapables de dire cette intime et profonde présence à soi, la laissant dans un silence «intact et froid »
L’arbre-moi cherche sa forêt, recherche son bois, et ne réussit jamais à partager son émoi.

Il y a ce « bonheur clandestin » des rêves, et cette déception de ne pouvoir les dire, de ne pouvoir exprimer leur contenu dans les mots du langage, de ne pouvoir ainsi les partager.

Une explication à ce constat est tentée dans la dernière phrase du poème : les rêves sont « des gouffres absurdes qui éveillent des mystères à leurs confins ».
Si les horizons des rêves évoqués apparaissent lumineux, ils n’ouvrent néanmoins aucune voie rationnelle et logique vers laquelle la vie peut s’orienter, ils constituent des « gouffres absurdes », des profondeurs sans fin, mystérieuses et inconnues, insaisissables dans leurs « confins ». Impossible de les nommer, sinon pour dire qu’on ne peut les dire, ils s’avèrent indicibles.

Cette explication se retrouve en écho dans le titre du poème : « Du bruit des gouttes sur la vitre naît la pluie »
Dans l’expérience sensible, seules des gouttes individuelles, quelques gouttes d’eau singulières sont perçues, entendues, frappant une vitre, mais de cette perception, nous faisons naître par l’imagination et l’entendement la pluie et son infinité de gouttes, la pluie imperceptible, l’infini insensible des innombrables filets d’eau qui tombent du ciel.
De même, par analogie, quelques images du rêve en mémoire, ou quelques sensations d’origine oniriques, et naissent des « gouffres absurdes », des profondeurs lumineuses aux confins mystérieux.
Du perçu naît l’imperceptible ; du singulier l’infini et l’illimité, par la médiation de l’esprit.
Ainsi le monde sensible semble ouvrir sur un monde non sensible et le monde temporel sur l’intemporel. Le monde figuratif apparaît comme le tremplin d’un monde infigurable, étrange et nébuleux.

L’auteure du poème semble donc se tenir aux bords des mondes, châteaux de lumières impénétrables ; à la lisière de forêts inaccessibles ; sur le versant vertigineux de profondeurs indicibles ; elle se tient immobile dans l’instant du poème en bordure de chemins inabordables.

   ericboxfrog   
17/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Cat,

Je l'ai lu deux fois, je le lirai bien une troisième fois...
C'est prodigieux! On entre dans le rêve et on rêve.
On passe de la fin de la journée, on voit les paupières qui se referment et on entre dans ce mystérieux voyage, cet arbre pris au piège dans son feuillage semble nous emmêler dans ses branches. C'est l'inconnu, "l'interlude héros", ce n'est vraiment pas un cauchemar. Faut-il savoir quels sont nos rêves ?

Je vais le relire ;)

   Gaspard   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle prose poignante comme une douce élégie! "Et la lune descend sur le temple qui fût"( Debussy- images pour piano ).
Coutumier des songes et de cette double vie onirique, j'apprécie beaucoup les formules que vous inventez pour faire parler l'insomnie. "un seul arbre D'un feuillage singulier" : c'est le froissement de l'être et son mystère jamais éclairci. Merci mille fois pour ces gouttes de pluie.

   BlaseSaintLuc   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
très peu de mots et pourtant…
le rêve d'un arbre dans des nuits clandestines .
un feuillage singulier aux contours pluriel,
les mystères des confins ,sous des lunes provisoires !

et pourtant beaucoup de choses sont dites , sur ces nuit de cristal (ah non pardon de cat °)

   Eki   
15/11/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cat, moi je crois au tourbillon des mots qui vous transporte et vous chavire...
Sensible, fragile, votre plainte douce est une ode à la mélancolie.
J'ai plongé dans ce gouffre poétique et les images étaient belles.

Ici, tout se noue avec délicatesse.


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