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Poésie classique
Concours : Marraine de guerre - À Jean [concours]
 Publié le 02/12/18  -  10 commentaires  -  1153 caractères  -  184 lectures    Autres textes du même auteur

Afin de soutenir le moral des soldats des régions occupées, l'institution des marraines de guerre est créée en janvier 1915 pour apporter du réconfort à ces pauvres garçons par des lettres et des colis réguliers. Des mariages seront cependant célébrés après la guerre entre des soldats et leurs marraines. (Camille Lestienne)


Marraine de guerre - À Jean [concours]



Ce texte est une participation au concours n°26 : Centenaire de l'Armistice 14/18
(informations sur ce concours).





Au soldat Jean Delcourt, combattant pour la France :
Bonjour mon cher filleul, si l’actualité
Ne dit rien des débats, de la persévérance
Du grand maréchal Foch, si nul jour n’est cité,
Bientôt nous fêterons l’heureuse délivrance.

Je pense à vous, là-bas, le sommeil agité
De songes prometteurs, puis j’imagine encore
Votre plaisir d’ouvrir, dans peu d’intimité,
Mes lettres et colis, les clore, et les déclore.

Du ventre des canons un brûlis volatil
S’éloigne avec le vent. Il pleut depuis l’aurore.
Protégez-vous, de grâce évitez tout péril.

Les cloches ont sonné ! La joie… et l’espérance ;
Mes courriers sans écho… j’ai peur. Ainsi soit-il.

À Jean Delcourt, vingt ans, soldat mort pour la France.


 
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   hersen   
2/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime ce poème qui évoque un sujet non traité encore durant ce concours, les marraines de guerre.

Un soutien solidaire dont on a peut-être du mal à imaginer l'impact sur ceux qui recevaient ces lettres et colis, les pieds dans la boue sur fond de mitraille.

Cette forme fixe est ici vraiment adéquate, car on comprend que tout s'effiloche, que les lettres resteront lettres mortes. Elles aussi.

Merci de cette lecture.

   jfmoods   
2/12/2018
Cette gérardine en alexandrins est à rimes croisées, suffisantes et riches, alternativement féminines et masculines, majoritairement consonantiques.

I) Une femme attentionnée

La marraine de guerre soutient avec une tendre constance le soldat au front ("Je pense à vous, là-bas, le sommeil agité / De songes prometteurs", "j’imagine encore / Votre plaisir d’ouvrir, dans peu d’intimité, / Mes lettres et colis").

II) Une échéance proche

Au fil du poème, la perspective d'un armistice se précise ("si nul jour n’est cité, / Bientôt nous fêterons l’heureuse délivrance", "Du ventre des canons un brûlis volatil / S’éloigne avec le vent", "Les cloches ont sonné ! La joie… et l’espérance").

III) Une fin prévisible

La femme, qui redoute le pire pour le conscrit ("Protégez-vous, de grâce évitez tout péril"), doit finalement se rendre à la terrible évidence ("Mes courriers sans écho… j’ai peur. Ainsi soit-il", "Jean Delcourt, vingt ans, soldat mort pour la France").

La gérardine épouse cette fermeture à l'oeuvre.

Merci pour ce partage !

   papipoete   
2/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour
le courrier en soi est déjà attendu, chaque jour à la boîte aux lettres ; mais ici dans les tranchées, la lettre de la " marraine " était comme un épisode de la saga entreprise auprès du soldat ! Ce troufion qui n'avait sûrement plus de famille, attendait pour répondre, et cela lui donnait du courage ! Mais un jour, l'auteure épistolaire ne reçut plus de réponse ...
NB le contenu de cette lettre qui ne verra pas de réponse, est succint mais un mot de plus fut superflu, tout est dit !
les 8e et 9e vers sont mes préférés !
Sous forme de " gérardine ", les alexandrins alignent parfaitement leur allure classique ! ( le premier vers peut se retrouver le dernier, mais il y a 2 possibilités, dont la vôtre )

   Miguel   
2/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un poème bien émouvant dans sa simplicité, que cette évocation de tant d'espoirs cruellement déçus par l'armistice. Le poème s'achève sur la mort du soldat : tout est dit avant, comme si ensuite les mots étaient vains, et impuissants à dire la douleur. Ce silence est plus lyrique et pathétique qu'une élégie.

   PIZZICATO   
2/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le sujet est original.
Une lettre pour redonner l'espoir que cette guerre va finir, et que " l’heureuse délivrance " est proche.
Un langage simple - comme l'est une lettre - une écriture élégante et toute féminine.

De belles images comme :
" le sommeil agité
De songes prometteurs "

" Mes lettres et colis, les clore, et les déclore "

" Du ventre des canons un brûlis volatil
S’éloigne avec le vent "

Une poésie délicate qui m'a beaucoup plu.

   plumette   
2/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très bonne idée de sujet !
De forme à la fois contrainte et simple (dans le choix des mots) ce poème court et percutant m'a touchée.

Plumette

   Francis   
2/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'arrière comme deuxième front où les femmes ont joué un rôle important. La propagande n'effaçait pas l'angoisse des épouses, des mères, des marraines... Cette angoisse est bien suggérée dans votre poème. La lettre est un fil ténu entre la vie et la mort, la tranchée et le foyer dans lequel les combattants rêvent de rentrer. J'ai aimé cette pudeur, cette douceur dans un monde jeté dans la barbarie. Le dernier vers, en écho au premier, confirme une mort annoncée.

   Anje   
4/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup d'émotion. Evoquée ou laissée entre lignes, toujours pudique, elle fait mouche au cœur du lecteur. Il y a eu beaucoup de courriers entre les soldats et leurs marraines mais tous n'auront pas été écrits avec tant de talent. Jean Delcourt a de quoi être ému et fier de sa marraine.

   Bidis   
7/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte tout en douce résignation teintée d'une lumière d'espoir et de mortelle inquiétude.
Le thème est original et il est bien traité.

   Coeurdeloup   
6/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une facette de la guerre qui n'avait pas été traité : celle des marraines de guerre. C'est fait avec beaucoup de délicatesse.

L'espoir et la peur s'entremêlent… Et le dernier vers énonce avec sobriété la mort de ce filleul.


Bien écrit, j'ai aimé.


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