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Poésie classique
Cristale : Braises d'encre
 Publié le 07/04/18  -  22 commentaires  -  1296 caractères  -  396 lectures    Autres textes du même auteur

Trimètre romantique.


Braises d'encre



Ton bateau bleu bien amarré dormait tranquille
Prêt à partir sur l’horizon d’autres hivers,
L’ancre bercée au fond des flots de la presqu’île,
Tout l’océan chantait du vent les jolis vers.

Tu m'attendais tout en rimant auprès de l'âtre,
La liqueur blonde au creux du verre avait l'ambré
De ton regard, reflets ignés, flamme folâtre,
Tu déroulas deux peaux d’ours bruns où j'ai sombré.

Quelle éloquence et quel heureux vocabulaire !
J’en oubliais mes soupirants de près connus
Pour épouser ta poésie épistolaire,
Mon tendre aède énamouré, dieu des mots nus.

Puis, de ta bouche, un long baiser s’en vint éclore
Sur mon sourire illuminant mes yeux ravis ;
Charmeur inné, tu m’envoûtas jusqu’à l’aurore
Où la nuit blanche ombrait les murs de ses lavis.

Je partageais ce grand prélude et, frémissante
Sous les embruns d’un Chardonnet que tu sabras,
J’abandonnais dans ta chaleur mon cœur d’amante,
Corps à ton corps, pour m’endormir entre tes bras.

Ton bateau bleu bien amarré dormait tranquille,
Tu décidas qu’il reste ainsi quelques hivers.
L’encre posée à fleur des flots de la presqu’île,
Tout l’océan clamait aux vents tes plus beaux vers.


 
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   troupi   
27/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour.
Voici un exercice qui doit demander un certain travail mais qui ne se sent pas du tout à la lecture, preuve de la qualité d'écriture.
Pour être romantique ça l'est malgré les alexandrins hachés par le rythme du trimètre et je ne pourrai pas par ce commentaire apporter grand-chose à l'auteur si ce n'est l'assurance de m'avoir fait passer un très agréable moment.
J'aime beaucoup les premier et dernier quatrains qui expriment si bien la capacité de l'amante à retenir son voyageur.
( ancre, encre, mmmm)
Impossible de citer un vers plutôt qu'un autre, ils sont tous si beaux.

   Hananke   
7/4/2018
Bonjour

Le travail est colossal mais qu'en est-il du résultat poétique ?

C'est la première question que l'on doit se poser. L'ensemble ne manque
ni de charme, ni de poésie mais cet assemblage de trimètres obligatoires donne à l'ensemble un style télégraphique qui me dérange.

C'est à la longue, bien monotone, hélas.

D'un avis qui n'engage que moi, bien sûr, c'est l'expression même
d'un corset qui étrangle affreusement le corps du poème et c'est
grandement dommage.
Je pense qu'un même texte énoncé autrement aurait fait un poème magnifique.
La Poésie n'est pas complication ou torture des mots mais simplicité.
Que veux nous prouver l'auteur avec une telle gymnastique ?
Une grande adresse dans le maniement des mots ?
A vouloir trop bien faire, on gâche le résultat.

Pas d'appréciation car cet avis n'engage que moi.

Cristale, revenez à de plus simples formulations même si je vous dis
bravo pour le travail.

   Anonyme   
7/4/2018
Bonjour Cristale... Je cherchais mes mots pour définir ce trimètre que j'ai lu plusieurs fois et Hananke les a posés sur le papier avant moi...
Joli travail classique, c'est évident, mais pour ce qui me concerne cette lecture m'aura laissé de marbre sans que je puisse expliquer vraiment pourquoi...

Pardonnez-moi ma franchise, mais je vous préfère, et de loin, dans l'exercice du sonnet !

Au plaisir de vous lire...

   leni   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bjr CRISTALE

Quel travail de versification superbe IL y a des images subtiles

La liqueur blonde au creux du verre avait l'ambré
De ton regard chapeau!

L’encre posée à fleur des flots de la presqu’île chapeau!

J'ai lu plusieurs fois ton poème mais hélas je n'ai rien ressenti
Le corset poétique l'emporte et rend le texte enjoué sans plus

Je suis désolé En toute sincérité Ma fidèle amitie LENI
je ne note pas

je prends la décision de noter en tenant compte du superbe travail de versification

   Donaldo75   
7/4/2018
Bonjour Cristale,

J'ai lu ce poème à plusieurs reprises, sans avoir pris le temps de commenter, peut-être parce que je n'ai rien ressenti durant ces nombreuses lectures.

Je reconnais le travail d'orfèvre, sur ce trimètre si difficile à mettre en place de manière harmonieuse.

Si je devais comparer la poésie à la musique, je dirais de ton poème qu'il respecte parfaitement les règles de l'harmonie et du contrepoint mais qu'il ne fait pas vibrer la corde sensible de son audience.

C'est bien entendu mon point de vue, celui d'un auteur amateur qui ne possède pas ta science de la prosodie classique mais qui attend d'un poème quelque chose d'autre que la perfection métrique, le respect des règles et conventions j'en passe et des plus complexes.

Pour cette raison, je ne place pas d'appréciation pour un texte que j'ai lu, relu et encore lu, parce qu'il ne m'a pas touché. Les verbes aimer ou apprécier n'ont donc pas de sens dans mon impression de lecture.

   Lulu   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Cristale,

j'ai beaucoup aimé lire ce poème qui s'exprime dans des "braises d'encre"... La relation à l'autre, poète de surcroît, a de quoi faire vibrer, surtout après le premier quatrain que je trouve vraiment très beau et que vous reprenez en écho pour clore votre poème.

Ensuite, j'ai aimé l'ensemble, mais j'ai été surprise par l'emploi de certains mots, comme "vocabulaire" ou "Chardonnet" qui me semblent trop proches d'une certaine réalité, loin du côté rêverie qui court dans le poème. Par rêverie, j'entends poésie, ici. Je trouve que ces termes ne vont pas très bien avec des expressions comme "aède énamouré" ou "l'ambre / De ton regard"...

Mais indépendamment de ces quelques mots particuliers, je trouve que le poème est d'une belle qualité.

Au plaisir de vous relire.

   Robot   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien sûr le trimètre donne le rythme mais je pense que pour une romance ce n'est pas un mauvais choix pour donner à cette apparente monotonie une fluidité assez agréable. C'est d'ailleurs plus évident à la déclamation qui permet de laisser couler les mots avec lenteur.
Je n'oublie pas non plus les images et les métaphores qui enrichissent le texte sans l'alourdir.

"Tu déroulas deux peaux d’ours bruns où j'ai sombré"
Une petite réserve, puisque je parle d'oralité, sur ce vers difficile qui accroche sur peaudoursbruns - surtout que je prononce le s de ours bien que Littré suggère que our est préférable, l'usage le plus courant aujourd'hui c'est de faire entendre le s.

J'ai suivi agréablement le cours de ce texte.

   David   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Cristale,

Le rythme est très bien, comme un roulis des émotions de la narratrice pour son marin au long cours. Les propos ne manquent pas d'originalité mais ce thème est une image d'Épinal de la romance quand même, ça me laisse un sourire, sans ironie, parce que j'apprécie sans céder à toute l'ivresse. Les strophes ont un bel équilibre qui en font une qualité en soi. Il y a cet "ours brun" qui râpe un peu avec beaucoup de consonnes entre les voyelles de ses deux syllabes, la lecture naturelle ne respecterait sans doute pas la métrique.

   Vincendix   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Une forme originale qui convient bien à la romance décrite dans ces vers. J’ose reprendre le 9ème pour résumer mon ressenti « Quelle éloquence et quel heureux vocabulaire ».
Vincent

   papipoete   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Cristale
On attend le poème de notre " maîtresse ", comme on guette la floraison du muguet au printemps ; le voici donc le " Cristale nouveau " ! Il est encore une fois original dans sa forme, un " trimètre " après la " schaltinienne " passée .
Ici, l'héroïne est subjuguée par le " verbe " et l' " encre " de cet amant au regard ambré et ce charme envoûtant à rendre blanche la plus folle des nuits !
NB l'esprit du premier quatrain se retrouve dans le dernier, avec ces subtilités d'allusions tournant autour du talent poétique, que suggère l' "aède enamouré " .
Je ne ferai pas l'offense à notre poétesse, de vérifier la bonne métrique, césures et autres échos, mais avouerai en rosissant un peu, que sa plume n'eut pas mal aux pieds, en marchant si loin ?
le 8e vers me chagrine à la fin ( j'ai sombré ) ; j'aurais mieux vu " je sombrai ", mais bien sûr la rime ne fut plus ...

   PIZZICATO   
7/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Cristale
Mes oreilles de musicien se sont laissé charmer, en lecture à haute voix, par ces vers 3 fois 4 qui confèrent à ce texte une très belle musicalité.
L'écriture est élégante, comme d'habitude, mais pour la narration de cette soirée " auprès de l'âtre " je l'ai trouvée un peu guindée.
Le romantisme en est, de ce fait, un peu étouffé. Avis très personnel, je le précise.

   Eccar   
8/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Je dois dire que je l'adore, moi, ce poème.
Ce premier quatrain est un délice tel ce passage: "tout l'océan chantait du vent les jolis vers".
Il faut dire qu'il est facile de se laisser aller au rythme de ces vers, au près de l'âtre, aux mots d'un amour si bien chanté. L'océan tout proche, les liqueurs au fond des verres, la poésie...
Il se peut que je pose la mienne, d'ancre ( ou d'encre), près de vous et que je me fasse ainsi voyeur de vos instants intimes, chère Cristale.
Magnifique.
A vous relire avec gourmandise.

   plumette   
8/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je pense qu'il y a un petit avantage à ne pas fréquenter la métrique et ses règles , on est comme vierge de tout passé poétique, on peut se laisser bercer par cet élan romantique qui irrigue avec force et talent cet emballement de la poétesse pour un poète et marin.

j'adore le dieu des mots nus ! et suis sensible à ces braises d'encre.

Un bon, très bon moment

Plumette

   sympa   
9/4/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je suis quelque peu mitigé ....
Concernant la forme poétique je n'ai rien à redire, vous maîtrisez parfaitement la poésie classique.
Concernant le fonds, je n'ai pas ressenti d'émotion particulière , dommage.
Avec mes excuses.

   LenineBosquet   
9/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Cristale,
Bon, je qualifierais ce que je lis de romantisme de série z ( la peau d'ours !) et ce n'est, comme vous le savez je crois, vraiment pas mon truc.
Ceci dit je suis baba devant vos trimètres, quel travail, quel talent ! Alors bravo tout de même, ça reste un plaisir de vous lire.

   hersen   
9/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Tu nous a fait le coup de l'âtre, sacrée Cristale ! J'y vois un petit (pour ne pas dire gros) clin d'oeil ce qui bien sûr donne une saveur toute différente. Il manque une certaine envolée que j'ai connue chez toi, je ne sais comment te dire, je ne suis pas absolument touchée, et pourtant, tout est bien en ordre. Un peu de l'âme manque, je crois.
Mais tu sais que je te lirai encore.

   Anje   
10/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Des mots nus que l'on peut habiller de ses rêves, ceux qui s'insinuent dans la lente lecture. C'est beau et même "l'encre posée à fleur des flots" ne m'a pas fait imaginer l'Amoco. Sourire. "L'ancre bercée au fond des flots", elle, m'a doucement balancé et laissé entendre de jolis vers chantés par le vent marin. Sur la peau d'ours, brun ou blanc, je voyais bien la tendresse s'allonger et ce long baiser respirer le bonheur.
Mais l'océan chantait, clamait et ce rythme trois fois quatre rend bien la désillusion. Car il s'agit bien de braises qui s'éteignent.
Si je peux me permettre, Cristale, ne quittez pas votre corset prosodique, vous le portez si charmantement.
Merci.

   EricD   
10/4/2018
On trouve ici des trimètres "hugoliens" à la césure affaiblie (le premier du premier quatrain notamment) mais aussi beaucoup de dodécasyllabes ternaires que je dirais "verlainiens", plus audacieux, dont la césure est effacée, comme le dernier du premier quatrain, par exemple.

Du point de vue de la forme, je dois confesser que l'idée de se contraindre continuellement au rythme ternaire n'est pas des plus heureuses : le trimètre, qui cherche à créer des effets particuliers, à installer des ruptures de rythme, à ruiner la monotonie ronflante de l'alexandrin, doit à mon avis être utilisé avec précaution et avarice.
Le rendre systématique, surtout dans un poème relativement long, consiste à supprimer une monotonie pour en instaurer une autre.
On sent l'exercice imposé, et, pour moi, exercice et poésie s’accordent trop rarement, n'en déplaise aux oulipiens des lieux.

Quant au fond, je le trouve - et c'est tant mieux - très sensible, inspiré et beau.

   Cristale   
10/4/2018

   Cat   
13/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce que j'aime dans la poésie classique c'est lorsque la forme se fait oublier pour que ne subsiste que le rythme de l'histoire.

Comme ici, où elle coule fluide, pareille à l'eau de la source lorsqu'elle me raconte son secret.

La maîtresse de céans, de sa plume aguerrie à l'exercice délicat, ravive ma nostalgie de jours joyeux où l'humeur taquine était à la fête.

Si le défi est relevé avec panache, l'âtre et les peaux d'ours ont le goût de cendres, tièdes encore, mais cendres quand même et les braises d'encres n'y pourront rien changer.

Comprenne qui peut...

Merci Cristale, d'avoir clamé au vent quelques uns de tes beaux vers...


Cat

   Miguel   
28/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'arrive avec un peu de retard, tout a dû être dit ; aussi ne regarderai-je pas les autres commentaires. Chaque vers, chaque strophe de ce poème est une réussite incontestable. Mais à la longue, bien qu'on admire cette virtuosité, le rythme ternaire engendre un peu de monotonie. Ce rythme est fait pour venir, de temps en temps, créer un effet en brisant le rythme habituel. Il n'est pas fait pour incarner la norme. Mais enfin le poème n'en est pas mauvais pour autant,et comme je le disais, présente des qualités incontestables. Peut-être cet exercice du trimètre serait-il plus heureux sur un poème plus court où la monotonie n'aurait pas le temps de s'installer.

   erratum   
1/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, Cristale !

Quelle belle poésie en alexandrins, sensuelle, brodée de mots tendres et charmants, pour une douce soirée suivie d'une nuit
chaude sur peaux d'ours...
On croit se balancer en rythme sur les flots calmes dans ce bateau
ivre d'amour et de Chardonnet...
Amicalement, D.G.


Oniris Copyright © 2007-2018