Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
eskisse : Au-delà des mots
 Publié le 18/04/18  -  10 commentaires  -  839 caractères  -  208 lectures    Autres textes du même auteur

Prière.


Au-delà des mots



Qu’il suffise que ton cœur
Ouvre l’ombre de mes mots
Fasse couler leurs rumeurs
Hors des lignes de ma peau

Que dans l’au-delà des phrases
Me parvienne de tes yeux
L’inespéré qui embrase
Les soleils des plus grands dieux

Que dans l’au-delà des rimes
J’accueille ton héritage
Toi, le fou des grands voyages
Aux escales anonymes

Sois leur vent, leur chant, leurs faces
Sois leur orbe et leur saveur

Sois de l’amour les espaces
Fais le ciel à ta douceur

Tu le sais tu es le sang
Qui viendra noircir mes pages
Éclaireur du fond des âges
Aux faisceaux de cils perçants

Sois l’abîme qui sépare
Le vocable et la douleur.

Sois l’intime qui s’empare
De la danse de mes peurs.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lulu   
30/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai bien aimé parcourir ce poème que j'ai trouvé à la fois simple et beau du fait de cette même simplicité. Les vers sont courts et exprimés dans un lexique facile d'accès, ce qui à mon sens va bien avec l'esprit de la prière.

J'ai particulièrement bien aimé ce passage :
"Toi, le fou des grands voyages
Aux escales anonymes

Sois leur vent, leur chant, leurs faces
Sois leur orbe et leur saveur

Sois de l’amour les espaces
Fais le ciel à ta douceur"

Cela dit, j'ai aussi aimé la fin du poème, laquelle rapporte à soi la prière "Sois l'intime qui s'empare / De la danse de mes peurs"...

Je n'ai pas trouvé ce poème exceptionnel, mais beau et touchant.

Tous mes encouragements.

   Provencao   
3/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Sois l’abime qui sépare
Le vocable et la douleur."

J'ai beaucoup aimé cet arrachement à vous-même, ordonné à l’avenir par l’accusation de l'inespéré qui toujours se dérobe, sans qu’il vous soit jamais possible de vous y dérober.

À partir de la pensée de la trace de l’Autre et de sa mortalité, vous inscrivez votre propre méditation du temps et de l’histoire dans la trace de votre plume et de vos pages..." tu le sais tu es le sang
Qui viendra noircir mes pages
Eclaireur du fond des âges
Aux faisceaux de cils perçants "

Belle vocation, belle dévotion qui paraît être le temps lui-même
Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
5/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
contemporain
que ton coeur ouvre l'ombre de mes mots, et qu'ainsi tu boives mon sang jusqu'à l'ivresse ; je te suivrai quoiqu'il arrive et même au fond d'un abime nous irons ensemble, découvrir cette " mer de béatitude "
NB prière d'amour aux accents liturgiques, à l'attention du " sexe opposé " ; dévotion et adoration pour un être de chair sans nuance !
A part le 1er vers et ses 2 sons " qu'il/que " heurtant l'oreille, tout votre poème est richement paré de couplets " prestation de serment " !
papipoète

   Eva-Naissante   
18/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Je ne sais pas écrire de la poésie...mais que la vôtre est belle,

Lue, elle instille dans l'âme un sentiment d'apaisement, la beauté apaise...

Au plaisir de vous relire,

Eva-N.

   PIZZICATO   
18/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Au-delà des mots ", le panégyrique, en quelque sorte, de l'être aimé.
Des images intéressantes, dont certaines un peu emphatiques (à mon goût).

" Sois l’intime qui s’empare
De la danse de mes peurs. " j'aime bien ces deux derniers vers qui closent cette jolie poésie.

   Anonyme   
18/4/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
D'emblée ce "qu'il que", à la suite d'autres "que" et "qui", ont un peu trop nombreux, ralentissent la fluidité de l'écrit.

De ce fait, il m'a fallu plusieurs lectures pour mieux m'approprier l'expression de vos émotions.

Cette supplique me paraît par certaines phrases un peu dans l'excès " tu le sais tu es le sang ", un petit côté mystique me perturbe un peu.
Je n'ai pas vraiment réussi à être dans l'écoute de cette invocation, je n'ai pas pu aller complètement "Au-delà des mots".


J'aurais aimé un peu plus de laisser-aller.

   sourdes   
18/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Eskisse,

une belle invitation à l'amour et à l'écriture. Le chemin proposé est la création d'un espace commun à deux, un espace pour les corps "hors des lignes de ma peau" de la première strophe, un espace pour les mots et le discours, "l'au-delà des phrases" de la deuxième strophe et un espace pour le voyage au bout des vers poétiques"l'au-delà des rimes" de la troisième strophe. La rencontre peut alors avoir lieu sous forme de partage de sensations, "vent, chant, saveur" de quatrième strophe, "douceur" de la cinquième. De ses sensations partagées naîtra l'encre sanguine de l'écriture à la sixième strophe. C'est à ce moment là de l'union que peuvent s'afficher l'intimité et s'énoncer les attentes.

Des figures de style appropriées suivent ce chemin. Le début répété, insistant de chacune des trois premières strophes, "Qu'il, que, que" peut se rapprocher du souhait, de l'imprécation, de la supplication ce qui se justifie s'agissant d'une "prière". Les débuts des strophes 4/5 et 7/8 "sois", concernent directement l'être aimé, et l'on peut rapprocher ce procédé d'une apostrophe, une adresse, voire une injonction. Enfin la sixième strophe intercalée entre deux "adresses" et qui commence par "tu le sais" permet d'installer l'absent dans le présent. L'absent peut-être réel ou rêvé mais Il devient l'interlocuteur à qui l'auteur s'adresse comme pour établir un dialogue. Ce procédé peut-être rapproché de la confidence.
les strophes de deux vers plus courtes que les autres, introduisent bien une rupture qui renforcent l'injonction, l'apostrophe.

La métrique n'appelle pas d'observation de ma part. la prosodie est agréable.

Je trouve votre poème délicat et construit sur un beau thème de fond.

   eskisse   
22/4/2018

   Louis   
23/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le poème se présente comme une prière, qui exprime, comme c’est le cas le plus souvent, un vœu, un souhait, un désir. Attente de la satisfaction de ce désir, la prière est une espérance.

Qu’est-il espéré ?

L’optatif : « Qu’il suffise… » introduit les conditions par lesquelles une satisfaction sera trouvée, sans qu’autre chose soit nécessaire, un « sans plus ». Mais le souhait porte sur un manque, sur une insuffisance. Ce qui est donc souhaité, c’est que les conditions qui ne suffisent pas habituellement à un contentement puissent enfin suffire ; que les conditions insatisfaisantes puissent devenir suffisantes.
Ces conditions d’un contentement concernent l’absence de l’être aimé, un amour ou peut-être l’Amour personnifié, toujours au loin, toujours parti, un « fou des grands voyages »

Pour se contenter de cette situation de séparation, pour ne pas en souffrir, les mots échangés afin de combler l’absence ne suffisent pas, il faudrait, de plus, conditions nécessaires et suffisantes, un art d’écrire et aussi un art de l’écoute, un art de la lecture et de la réception des écrits, des paroles ; il faudrait pouvoir déceler un au-delà du langage qui accompagne les phrases produites avec art.

La première strophe énonce les premières conditions, celles de la réception des mots d’une correspondance :
« que ton cœur / Ouvre l’ombre de mes mots ».
Ouvrir les mots, plus exactement leur « ombre », leur reflet, leur écho, leur connotation. Ces ombres des mots ne seraient pas de l’ordre du langage, mais constitueraient un au-delà de ce langage, permis cependant par lui. La saisie de cet au-delà du langage, recelé par le langage même, ne se fait pas par la raison ou l’esprit, mais par le « cœur », par la sensibilité, ou par l’intuition.
Il faudrait donc que l’être aimé au loin puisse éprouver toute cette charge sensible que les mots véhiculent avec eux comme une ombre ; qu’il puisse ressentir les émotions dont ils sont porteurs.
L’ « ombre » des mots peut rester close, fermée sur elle-même, dans une obscurité, une opacité, il faudrait pouvoir l’ouvrir, pour que se déploient en toute lumière les sentiments, les émotions qu’elle recèle ; et pour être soi, l’expéditeur des mots, présent à ses côtés, par tout son être sensible.

Il faudrait encore qu’il « fasse couler leur rumeur ». Leur rumeur qui désigne aussi par homophonie : leur humeur. La « rumeur » désigne le bruit de fond de la parole, son bruissement, son murmure, comme un chuchotis, une voix en sourdine, expression d’une humeur, parole de l’au-delà de la parole.
Il faudrait donc une double entente : l’écoute de ce qui se dit explicitement, à haute voix en quelque sorte, et de ce qui s’écoule, de ce qui exsude de soi silencieusement, « Hors des lignes de ma peau ».
Que les mots, les lignes d’écriture, se détachent de soi, de sa «peau», et se communiquent, ou plutôt se déversent, se déposent chez l’allocutaire, distillent en lui tout un état d’âme.

Les mots écrits à celui qui est au loin pourraient suffire, s’ils pouvaient voyager, eux aussi, avec leurs « ombres » et leurs «rumeurs», et surtout être reçus, avec cet au-delà du langage qui les accompagne, par le « cœur » de l’être aimé.

La deuxième strophe énonce une nouvelle condition :
c'est plus qu’une communication qui est nécessaire, c'est une émanation.
« Que dans l’au-delà des phrases / me parviennent de tes yeux »…
Que rayonnent de ses yeux, et « parviennent », malgré la distance, « dans l’au-delà des phrases », « l’inespéré qui embrase / Les soleils des plus grands dieux »
La prière du poème se fait espérance d’un « inespéré du divin ». Paradoxale espérance.
Si une prière exprime un désir, une espérance, elle est aussi essentiellement, dirait le religieux, une façon d’honorer le divin, de lui rendre un culte. « L’inespéré du divin » : c’est ce qui fait la grandeur d’une divinité au-delà de toute espérance que l’on peut mettre en elle : un secours, une aide, une justice rendue. C’est ce qui fait sa dignité, sa beauté, et constitue une pure transcendance. C’est ce qui en lui mérite d’être loué et honoré, sans en attendre quoi que ce soit.
Cet « inespéré » se comprend donc comme l’aura qui se dégage de l’être aimé, ce rayonnement qui parvient de lui, à travers ses mots, comme « au-delà » de ses mots. Justei pouvoir se réjouir de l’existence de cet être solaire, de ce lumineux amour où qu’il soit. Ne rien en attendre, juste savoir que cet astre brille au loin. Pouvoir s’en contenter : espoir d’un « inespéré ».

« Accueillir son héritage » ajoute la troisième strophe. Une réceptivité encore à son « héritage », à ce que lègue son existence, son passage dans la vie, sa fuyante présence, sa constante absence. Plus que des phrases, un legs de « vent » et de « chant », un don de figures, « Sois leurs orbes », leurs « faces » des odyssées qui circonscrivent l’espace d’un amour, à redessiner la carte du tendre au fil doré de ses voyages.
« Sois de l’amour les espaces ».
Plus ainsi de distances séparatrices, pas d’espaces qui feraient un éloignement, mais un contour de l’amour dans toute son extension, mais ce qui dilate l’amour dans la dimension spatiale ; des espaces parcourus comme autant d’étendues de l’amour.

Il est le « fou des grands voyages / Aux escales anonymes ». Semblable au Marin de Gibraltar de Marguerite Duras, il est la figure de l’amour idéal, inaccessible, toujours au loin, dissimulé dans les horizons.

« Tu le sais tu es le sang
Qui viendra noircir mes pages »
La figure idéale de l’être aimé, mais absent, est représentée par l’image métaphorique du sang. Sang d’encre pour noircir les pages. Le sang, ou la vie.
L’absence donne vie aux mots.
Ainsi, quels que soient les mots écrits, ils se référent tous à un être absent, idéalisé, toujours au loin, toujours manquant. Présent en chaque mot, absent en chacun d’eux. Toujours en voyage, toujours fuyant, il est un indicible qui engendre la parole, et que la parole jamais ne peut atteindre. L’absence génère l’écriture, qui cherche à la combler sans jamais y parvenir.

Mais au moins, cela pourrait suffire, que se produise une métamorphose de la dimension spatiale :
« Sois l’abîme qui sépare
Le vocable et la douleur »
Une première métamorphose spatiale était souhaitée, celle qui mue l’espace de séparation en étendue, en dilatation d’amour. Une seconde métamorphose est l’objet de la prière : que l’espace ne sépare plus de l’absent, mais se glisse comme un « abîme » entre le langage et la douleur. Que lui, l’absent, générateur d’absence, générateur de distance, ne soit pas aussi un générateur de souffrance.
L’écart le plus grand, un abîme, est souhaité entre le langage et la douleur, l’écart le plus réduit entre le langage et l’absence

La prière ne demande pas la fin du voyage, une présence "en chair et en os" de l’être aimé qui abolit l’absence.
Elle ne demande pas l’impossible, elle accepte l’éloignement, la distance irréductible, et conçoit la vie du langage, et l’écriture, comme une quête indéfinie d’un idéal indicible.
Elle mise sur diverses variantes de l’au-delà du langage, comme l’ «ombre des mots », ou leur « rumeur», pour s’approcher de cet au-delà du dicible que les mots tentent de représenter sans jamais pourtant le rendre présent, parce que toujours en décalage, en fuite, en « voyage ». La prière reste l'espérance de la fin "inespérée" du voyage.

Merci eskisse

   Eclaircie   
8/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour eskisse,

Je suis assez mitigée concernant votre poème; Le titre est des plus convenus et la première phrase avec ces deux pronoms relatifs n'encouragent pas vraiment à poursuivre.
Cependant au fil de ces quatrains des passages sont beaucoup plus intéressants; ainsi :
"L’inespéré qui embrase"
"Aux faisceaux de cils perçants "
"De la danse de mes peurs."

Globalement sur un sujet difficile à sortir des sentiers battus, l'auteur a de belles envolées.
Merci de ce partage.


Oniris Copyright © 2007-2018