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Poésie libre
Fowltus : Plumes et poids
 Publié le 03/05/18  -  12 commentaires  -  1363 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur


Plumes et poids



aux paroles rases de l'herbe
un arbre a levé les bras au ciel
attrapé un nuage
pour s'en faire une barbe

voilà pourquoi les enfants peinent à trouver le sommeil
gardent un œil ouvert
un œil rond comme la lune
qu'ils glissent sous les lits
déplacent dans les plis des rideaux
et font rouler jusqu'aux fins fonds de leur chambre

derrière la porte tremblante
au bas de l'escalier fatigué de monter la garde
ils se disent que malgré tout quelqu'un veille sur eux
quelqu'un de bon et de sûr
avec des trous de serrure à la place des yeux
des chevaux plein les poches s'il fallait s'enfuir
avec des lampes couchées à ses pieds
prêtes à mordre la première ombre un peu trop pressante
quelqu'un capable d'appeler un chemin d'un coup de sifflet
de venir au secours d'une rivière qui n'a pas pied
d'arrêter une forêt d'un seul geste

ils se disent qu'il est si courageux
que les petits bruits étranges
craquements et grincements
sont ceux de la maison qui le suit aveuglement
la nuit
quand il marche dehors
s'inquiétant de l'éclat des étoiles

alors ils finissent par s'endormir
rassurés
rêvant sous le poids et les plumes d'oies mortes
d'un édredon rouge sang
monté jusqu'à leur cou


 
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   kreivi   
3/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Super super!
on dirait du Magritte en mots.
une suite d'images originales et personnelles,
très réalistes et surréalistes à la fois.
Vraiment j'adore. Avec ce poème je trouve que vous faites avancer la poésie d'un demi pas
une poésie qui marche sur les mains bien sûr.
je la mets dans ma puce. Merci

   Luz   
3/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,

J'aime beaucoup.
Un poème sur les enfants et pour les enfants, où l'on s'émerveille à chaque vers.
Super la rivière qui n'a pas pied, et à la fin les enfants qui se rassurent sous les plumes des oies mortes de l'édredon rouge sang.
Bizarres les enfants ; j'y retournerais bien. Avec votre poésie ce doit être possible.
Merci.

Luz

   papipoete   
3/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonsoir Fowitus
un arbre lève les bras au ciel, pour attraper un nuage qui viendra hanter l'enfant, et l'empêcher de trouver le sommeil ; puis rassuré par la tranquillité de sa maison, finira par s'endormir malgré les craquements bizarres là sous le lit . Même l'édredon rembourré des plumes de l'oie morte pour son confort, lui fera un nimbus douillet pour y trouver ses beaux rêves !
NB une réflexion intéressante sur la nuit qui approche, et déclenche à l'esprit des petits mais aussi des grands, bien des questions ... puis Morphée rend les paupières si lourdes, que tout s'envole ...
Un poème " libre " que j'aurais plutôt vu, écrit en prose .

   PIZZICATO   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A mon avis, de cette poésie on pourrait aisément tirer un petit film d'animation, un peu déjanté et merveilleux.
On pourrait voir, ramené au monde onirique des enfants, " des arbres attraper un nuage ", un oeil rond comme la lune inspecter les plis des rideaux, sous les lits et jusqu'aux fins fonds de leur chambre " etc....
Je ne vais pas tout citer, mais Tout pourrait être mis en images et en son.

Voilà mon avis sur cette poésie que j'ai beaucoup aimée.

   Pouet   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Un poème qui ne cherche pas à faire du beau, un poème qui fait.

Style assez rare et reconnaissable sur le site, du sur réalisme parfaitement distillé.

Nous évoluons ici entre le ludique et le sordide de réjouissante façon.

Quatre premiers vers vraiment accrocheurs et une fin percutante, entre les deux: un songe, ou pas.

   myndie   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fowltus,

voilà un bien joli poème, riche de ses jolies trouvailles qui puisent dans l’imagerie poétique surréaliste.
Cela a déjà été relevé avant moi mais que dire d’autre à la lecture de votre texte dont les expressions ont leur propre souffle, où l’image se joue de la réalité et où les apparences volent en éclat ?
Un air de Prévert, mélangé aux coups de pinceaux de Magritte (comme l’a écrit Kreivi) et voilà une alliance entre la poésie et la peinture, voilà la transgression des mots par l’image et inversement :

« avec des trous de serrure à la place des yeux
et des chevaux plein les poches s’il fallait s’enfuir »
ou
« la rivière qui n’a pas pied ».

merci pour le partage

   Donaldo75   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fowltus,

J'ai beaucoup aimé ce poème et ce depuis l'Espace Lecture (j'ai eu la flemme alors de le commenter).

"aux paroles rases de l'herbe
un arbre a levé les bras au ciel
attrapé un nuage
pour s'en faire une barbe"
A ces vers, je me suis déjà dit que c'était de ta plume.
Eh oui, je reconnais ton style !

"avec des trous de serrure à la place des yeux
des chevaux plein les poches s'il fallait s'enfuir
avec des lampes couchées à ses pieds"
De la poésie psychédélique, comme j'aime.

"alors ils finissent par s'endormir
rassurés
rêvant sous le poids et les plumes d'oies mortes
d'un édredon rouge sang
monté jusqu'à leur cou"
Images à double sens. Terribles.

Bravo !

Donaldo

   BlaseSaintLuc   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Non d'une pipe en bois, dire que j'ai failli passer à coté sans le voir. D'une première lecture distraite, je n'en ai pas vu l'essence enfin les sens, tout de suite. En relisant ce soir, il met alors sauté au visage, comme une étoile au milieu d'un rêve, comme ça l'air de rien, il a fait son effet, puis tout fier est repartis sur le chemin des songes.
J'adore, plus que le chocolat.

   Eclaircie   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fowltus,

Vos poèmes, jamais, ne laissent indifférent celui qui aime rêver, cheminer sur des chemins imprévisibles où la vie toujours palpite, dans la beauté, l'innocence, mais aussi l'angoisse et la menace.

Il me semble que ce poème tarde un peu à prendre son rythme. À la première lecture les deux premiers paragraphes sont moins denses en surprises, moins intenses que la suite.
Suite qui laisse la part belle au surréalisme, mais aussi, en filigrane à toutes les craintes et les espoirs de l'Enfant.
Une poésie qui replace le lecteur face à ses souvenirs et qui met des mots sur des sensations diffuses.

   Gabrielle   
10/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le surréalisme, outil merveilleusement utilisé dans ce texte, permet au poète de proposer une immersion totale dans l'univers enfantin.

Un voyage poétique qui ne laisse pas indifférent...

Merci pour ce partage.

Au plaisir de vous lire.


Gabrielle Michel

   Goelette   
10/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel bonheur de venir naviguer sur vos lignes entre fantaisie, perles poétiques et atmosphere étrange où on vous suit sans hésiter "au secours d'une rivière qui n'a pas pied" sous l'ombre surréaliste de l'arbre qui " a levé les bras au ciel
attrapé un nuage
pour s'en faire une barbe"

C'est bon de rire...à la barbe de la si barbante logique :-))

   Eki   
19/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel bonheur cette lecture !

De suite, vous m'avez embarquée dans votre univers fantasque, touchant, surréaliste...sur la pointe des pieds pour ne rien chahuter, écouter le bruit de vos mots et j'ai vraiment adoré ce moment magique.
Il n'y avait qu'à tendre le coeur et à se laisser surprendre tout simplement.

C'est bien cette perception de la poésie que je recherche !

Vous ouvrez pour nous la porte du merveilleux sur le temps des métamorphoses qu'est la nuit !

Tout devient imaginable : les rêves comme les angoisses.
Un texte qui nous replonge dans les frayeurs enfantines où les cauchemars peuvent surgir du moindre coin d'un placard, du moindre bruit qui déchire la tranquillité.

On peut jouer à se faire peur pour avoir moins peur...aussi !

Jean Giono a dit "Imaginer c'est choisir"

Eki enthousiasmée


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