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Poésie néo-classique
Francois : Soleil couchant
 Publié le 21/06/17  -  15 commentaires  -  786 caractères  -  245 lectures    Autres textes du même auteur


Soleil couchant



J'ai quitté ma maison, mon commerce, ma ville,
Et j'ai marché, sans voir les blessés et les morts,
Et je suis allé loin, très loin, jusqu'à ce port,
Où mouillait un ferry sur le quai, immobile.


J'ai traversé la mer et gravi la montagne,
J'ai parcouru les bois, les garrigues, les champs,
Et j'ai marché, marché, vers le soleil couchant,
Vers l'Europe : Italie, Angleterre, Allemagne !


Je loge dans un camp où nous sommes dix mille ;
Chaque soir, je m'assieds sur la falaise blanche,
Regardant les bateaux qui franchissent la Manche,


Si proches, si nombreux… Les yeux fermés, tranquille,
J'entends sonner Big Ben et vois, dans l'ombre grise,
Se mirer Westminster sur l'eau de la Tamise.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
10/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
néo-classique
Sujet récurent depuis l'exode de ces peuples orientaux vers l'éden britannique ! Mais depuis toujours, les routes ont connu des files d'hommes, femmes et enfants, fuyant la terreur !
NB je comprends que le héros rêve, et voit ce parcours depuis son pays et celui de l'autre côté de la Manche qui lui rendra paix et liberté . Le voyage mêle horreurs et merveilles, et nous marchons puis rêvons avec ce pauvre hère ! J'aime particulièrement le second tercet .
De nombreux hiatus ( permis en néo ), mais je vois la forme choisie respectée .
papipoète

   Donaldo75   
10/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Ce sonnet est bien vu, d'autant plus qu'il traite d'un sujet difficile, et le traduit sans lourdeur, sans pathos, sans discours ou morale.

J'ai bien aimé:
* Le mouvement du premier quatrain, que les verbes marcher, traverser, parcourir, mettent en exergue aussi dans le quatrain suivant
* Les mots signifiants pour localiser l'action, tels que commerce, ville, quai, mer et montagne
* Le dernier vers du second quatrain
* L'aspect contemplatif des deux tercets, une sorte de repos après le mouvement incessant des deux premiers quatrains.

Bravo et merci pour la lecture,

Donaldo

   luciole   
21/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un poème qui coule bien, je trouve. Des vers simples et parlants. Le dernier est excellent.

   Ramana   
21/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Lampedusa, mon frère, qui t'a vendu ?" Insupportable monde où les uns cherchent à profiter de la misère et de l'espoir des autres. Mafias du bas monde en lien avec celles du monde des oligarques, que croyez-vous vraiment gagner si ce n'est votre propre misère morale et spirituelle ?
Calais ! Nous avons un deal avec les anglais pour bloquer les migrant, en échange d'une obscure contrepartie...
Vous mettez en exergue les souffrances de ces hommes auxquels on a fait miroiter une vie meilleure vers l'ouest, c'est une triste réalité que vous exprimez avec justesse.

   PIZZICATO   
21/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une écriture sobre, sans pathos ni larmoiements pour rappeler cette terrible situation pour ceux qui la vivent, qui n'ont pas demandé à la subir...
Mais ils conservent quand même l'espoir et le rêve d'une vie moins noire.

" Si proches, si nombreux… Les yeux fermés, tranquille,
J'entends sonner Big Ben et vois, dans l'ombre grise,
Se mirer Westminster sur l'eau de la Tamise. " un beau tercet.

   Alexandre   
21/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour François... Je ne vais pas m'attarder sur la forme mais pour ma part je trouve que l'entame n'est pas assez "forte".

J'aurais bien vu...

J'ai dû fuir ma maison, mon travail et ma ville,
Puis j'ai marché sans voir les blessés et les morts... etc.

C'est un détail sans importance et, après-coup, la critique est toujours facile.

Se mettre dans la peau d'un migrant n'est pas simple d'autant que les raisons d'être aux portes de l'Europe, et plus souvent de la perfide Albion, sont multiples... Guerres pour beaucoup, misère économique pour tant d'autres... etc.
Ce sonnet englobe tout cela sans tomber dans le pathos et le tercet final résume bien le rêve presque inaccessible de ces populations à la dérive...

Merci pour eux... Un petit rappel de cet immense problème est toujours le bienvenu.

   Marie-Ange   
21/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très belle maitrise du sujet, qui est loin d'être facile. Tout ce que j'avais pu lire jusqu'à présent à ce propos, ne m'avait pas convaincu, il en était bien trop fait.

La sobriété de votre poème lui donne beaucoup de poids, vos mots sont justes et percutants, ils m'ont ému. Il y a de la profondeur dans votre phrasé, au fil de ma lecture, les images se dessinent, la réalité est là, bien "cruelle", être déraciné ...

Le fond autant que la forme m'ont complètement captivé.

   jfmoods   
22/6/2017
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes, majoritairement féminines.

Les deux quatrains relatent, au passé composé, les circonstances dans lesquelles un homme a laissé derrière lui son pays en guerre (gradation : "ma maison, mon commerce, ma ville", complément de manière : "sans voir les blessés et les morts") afin de poursuivre, par voie de mer (groupe verbal avec sujet inversé ("mouillait un ferry", compléments de lieu : "jusqu'à ce port", "sur le quai"), la quête obstinée d'un ailleurs (énumérations : "loin, très loin", "suis allé", "ai traversé... et gravi", "ai parcouru", "la mer et... la montagne", "les bois, les garrigues, les champs", anaphore : "J'ai marché" x 3) situé à l'ouest (compléments de lieu : "vers le soleil couchant", "Vers l'Europe", énumération : "Italie, Angleterre, Allemagne"). La triple occurrence de la conjonction de coordination "Et" appuie, en un effet de relance, sur cet entêtement que rien ne peut freiner. Le pays d'origine n'étant pas mentionné ici, le migrant apparaît comme le porte-parole de tous les hommes déracinés par des conflits et en quête d'une terre promise.

Les deux tercets, au présent de l'habitude, rapportent les conditions de vie précaires (complément de lieu : "dans un camp", nombre impressionnant : "nous sommes dix mille") de cet homme à présent en transit entre la France (élément d'un décor figurant Sangatte : "la falaise blanche") et l'Angleterre (proposition participiale : "Regardant les bateaux qui franchissent la Manche"), bercé par le rêve éveillé de sa destination finale (complément de temps : "Chaque soir", marqueurs d'intensité : "Si proches, si nombreux", complément de manière : "Les yeux fermés", adjectif qualificatif : "tranquille", complément de lieu : "dans l'ombre grise", projection des sens : "J'entends sonner Big Ben", "vois... / Se mirer Westminster sur l'eau de la Tamise").

Merci pour ce partage !

   TheDreamer   
22/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Sonnet néo-classique pour la non-concordance des consonnes sur les rimes masculines des quatrains.

Sujet oh combien douloureux que celui choisi par l'auteur. L'exil et le déracinement de familles dans le but de fuir la guerre et la famine. Que ferions-nous dans la même situation? Nous voudrions aussi mettre à l'abri celles et ceux que nous chérissons, parfois au prix d'exorbitantes pertes humaines.

Rien n'est simple. La responsabilité des gouvernants des pays en cause est primordiale et celle de la communauté internationale l'est tout autant.

Oui, pour la quasi-totalité des migrants l'Angleterre est un eldorado inatteignable et leur espoir se heurte aux frontières de la Manche devant un refus catégorique du Royaume-Uni de les recevoir.

Le poème prend le parti-pris de rester sur l'écume des choses et de décrire le long périple que constitue un voyage épuisant où le but est la survie et où l'humain est balloté sur la mer et parqué comme une marchandise.

   Robot   
25/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème qui exprime de l'espoir par l'intermédiaire de belles images et avec cette vision onirique qui s'impose à l'immigré, cette attente d'une terre promise, Londres, si proche mais tellement difficile à atteindre.
Espérons qu'il ne sera pas déçu !...

   Sebrutus   
25/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème de compassion pour les migrants qui m'a plu et touché. Je me vois regardant l'actualité un soir. J'en ai marre, les récits et les images me blessent, m'émeuvent. Je m'assied à mon bureau puis j'écris et les mots me viennent au fil de l'ancre. Quelques minutes, une relecture, deux vers changent et voici le fruit d'une intuition spontanée provoquée par l'indignation et la compassion.

   Queribus   
26/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un poème comme je les aime: pas de pathos, de grandes envolées pour ne rien dire, des mots simples qui décrivent une situation, hélas, courante, ces temps-ci avec, toutefois, une note d'espoir dans cette Angleterre si proche. De plus, la forme est parfaite; comme quoi, le néo-classique avec ses tolérances loin des formes archaïques figées dans le passé, peut aussi donner d'excellents résultats. J'attends le prochain poème de cette qualité.

Bien à vous.

   Anonyme   
27/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,


Les carcans du sonnet classique ont été brisés pour libérer l'expression du poète.

Ce poème dit les choses d'une manière très sobre, sans affectations, sans lyrisme, ce qui le rend d'autant plus intéressant et émouvant.

Une autre grande qualité du point de vue de la forme : sa fluidité.

En un mot : efficace.

A.

   Mona   
7/7/2017
Commentaire modéré

   virgo34   
12/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai rencontré V.Hugo dans le deuxième quatrain (une longue marche vers l'inconnu) et Monet dans le deuxième tercet (Westminster qui se reflète dans la tamise, tableau bien connu) qui adoucit quelque peu la misère du premier quatrain et du premier tercet. J'ai bien aimé, surtout la référence à Monet.
Sonnet bien construit sur le plan des idées : le départ, le voyage, l'arrivée au but et la sérénité retrouvée.
Quelques dérapages sur la métrique mais c'est de la poésie néo classique, donc...
Ces reproches : uniquement des rimes féminines dans les tercets et des rimes singulier/pluriel (morts/port, champs/couchant).
Conclusion : j'ai aimé et j'ai apprécié que la brutalité des situations soit atténuée par les mots et les sonorités douces.

   virgo34   
12/7/2017
Commentaire modéré

   Miguel   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cette première personne du singulier donne une force particulière au poème dont les images, les verbes, les énumérations créent un sentiment puissant de réalité. On s'identifie au personnage et on mesure le poids et la longueur de ses épreuves. Il y a bien des sites où ce texte pourrait être publié, histoire de faire réfléchir un peu certaines gens. Bravo.


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