Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
FrenchKiss : Mémoires d’un puceau contrarié
 Publié le 11/01/19  -  21 commentaires  -  1511 caractères  -  963 lectures    Autres textes du même auteur


Mémoires d’un puceau contrarié



Un voile de péchés couvrait les filles nues,
La pomme rouge d’Ève où j’ai planté mes dents,
Ma langue avait le goût des caresses perdues.

Chassé de mes désirs je n’étais plus vivant,
Se gaver de vertus sans y verser d’épices…
J’ai caché la mémoire et le bruit de mes vices,
C’était le temps d’autant en emporte le vent.


J’ai défait tant d’amours, tant de lits anonymes,
Quelques mots empressés comme ceux d’un amant
Et le verbe badin de mes feuillets intimes.

Des baisers engourdis au soleil du Levant,
Un sourire, une larme, un frisson, que m’importe,
Et tant pis si le vent, le vent me les emporte,
C’était le temps d’autant en emporte le vent.


Vos doigts dans mes cheveux, comme une balancelle,
Fendaient l’air des flonflons, et vos lèvres de sang
Berçaient d’un vœu mon cœur juteux de mirabelle.

Vous n’étiez que saisons, un caprice de Pan,
Mais j’écoute parfois l’écho de la voix douce
De cette mandragore accrochée à mon pouce,
C’était le temps d’autant en emporte le vent.


Le ciel paraissait fuir sur les ailes des grues,
Je préférais le trèfle au velours des divans,
Vos écrins parfumés sous vos robes écrues.

J’ai laissé plus d’un rêve aux sables de l’estran,
Et payé le bonheur de quelques signatures
Au diable, mais le temps réclame ses fêlures,
C’était le temps d’autant en emporte le vent.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
27/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
contemporain
je me souviens de Vous ; c'était hier, c'était il y a longtemps ; mais tout est si merveilleux à mon coeur, à ma peau... mes doigts se souviennent des vôtres dans mes cheveux, et ma bouche a encore la saveur de la vôtre qui me baisait si langoureusement !
C'était hier, il y a bien longtemps et je revois ce trèfle cueilli à notre couche d'amour, que nous effeuillions à se faire la cour...
NB comme c'est beau ! comme c'est frais ! comme ça fait du bien ce retour au temps des premiers émois ! je ne vois pas de vers à détacher, tant l'ensemble resplendit ! et cette présentation " tercet, quatrain et ainsi de suite " coule comme un joyeux ru !
Vous proposez votre bijou en " contemporain ", mais je vois un NEO-CLASSIQUE parfait ! Peut-être même " classique ", mais cette forme est si redoutable, qu'un brin de coquille caché peut tout ébranler !
papipoète

   Miguel   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour ma part j'appelle cela de la poésie classique, tant par la prosodie que par le contenu, par l'esprit. Voilà en tout cas une forme fixe que je ne connaissais pas et qui ne manque pas d'originalité. Les vers sont très beaux, et les tribulations de ce héros narrées avec un brio, une maestria qui emportent le lecteur après lui. Une très belle lecture.

   fried   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je suis sous le charme de ce poème, c'est un grand plaisir de lecture.
évidement "autant en emporte le vent" évoque bien d'autres choses, guerre de sécession, esclavage et états du sud.
mais oui le vent emportera aussi vos amours et c'est bien dit.

   Zorino   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour FrenchKiss,

Je serai bref car inexpérimenté dans ce domaine (comme vous le savez fort bien, on ne peut être bon partout :-) ).

Je commence juste par le point que je n'ai guère apprécié et que, après lecture, je trouve toujours inapproprié. Le titre. Je ne sais pas....le mot "puceau" a provoqué en moins un sentiment de gêne. Non pas que je sois rigoriste mais sous forme de poésie, il y a des mots qui parfois, heurtent ma sensibilité. Que voulez-vous, c'est ainsi. J'ai d'ailleurs bien failli ne pas vous lire pour ce détail. Mal m'en aurait pris.

Moi qui d'habitude décroche bien souvent lorsqu'un poème va au-delà du sonnet, ici je dois bien vous avouer que je suis resté scotché jusqu'au point final. Votre poème est d'une grande beauté. La musicalité qui en découle s'apparente à une symphonie. Je vous ai lu avec la même intensité que j''aurais lu une lettre d'amour. Je pense que le mettre en musique serait probablement une réussite (encore faut-il que la musique soit à la hauteur). Je pense que même sans en comprendre le sens, on ne peut rester indifférent face à votre création. Bravo, vraiment.

Merci pour ce beau partage
PS : "bref" ai-je écrit en ébauche ? ...pas tant que ça :-)

   Vincente   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que voilà un bel ouvrage, ingénieux et émouvant !
La forme déroule la verve de l'auteur dans la douceur de son tapis rouge. Rouge des contrariétés avouées de ce puceau déclaré, rouge de la chaleur de ses désirs endigués, rouge du plaisir assumé de l'auteur emporté.

J'ai beaucoup aimé l'entame, cette première strophe comme un avant-goût d'un plat affriolant. Ainsi que ce beau vers récurrent comme un refrain, qui souligne ces quatrains alternés "C’était le temps d’autant en emporte le vent.", marquant les temps égarés du "bruit de mes vices". Les tercets se chargeant eux de chanter leurs "réussites".

L'ensemble sous forme de confession d'un pêché bien mignon.

   myndie   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Frenchkiss,

Vous avez réussi l’exploit de me donner envie d’inventer des barbarismes ! Parce que tout ce que j’ai sous la main me semble bien trop faible pour exprimer ce que je ressens, ce qui m’emporte à vous lire ! La passion. Je suis enchantoufflée, stupéhurie, éblouveillée par cette merveille de poème dont le titre ne laisserait e, rien deviner la sensibilté qu’il porte en son coeur. Vous nous avez bien eus !
Un vrai délice de dérouler vos vers du début à la fin sans un seul accroc. Tout est si fluide, si musicalement doux. La forme est travaillée, avec cette anaphore qui rythme le texte et lui donne son élan, et qui traduit en même temps toute la mélancolie et le caractère obsessionnel des pensées du personnage, tournées vers un passé peut-être sublimé… Cela m’évoque la cyclanelle dont je suis adepte.
Et qu’en termes choisis, élégants, raffinés, vous dites bien les choses !
Votre poème est une dentelle fine ; moi je prends tout et vous remercie Frenchkiss

myndie-scarlett

   Cristale   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Tercets alternés avec des quatrains à épiphore (répétition en fin de vers) pareils à deux sonnets (que j'ai osé former en douce) du genre irrégulier qui auraient pratiqué la méthode échangiste et l'union libre.
Je note que chaque séquence tercets/quatrains s'appuie sur l'assonance AN-EN. Certaines finales en écho à ce "vent" des épiphores ne répondent pas aux exigences des règles de prosodie en matière de consonnes équivalentes qui sont "t" ou "d", ce détail empêche la catégorie classique, mais je crois comprendre que l'auteur a choisi d'emblée le contemporain. Donc je laisse ma loupe de côté juste pour apprécier ce bijou de poème doté d'une mise en forme originale.

Le titre d'évidence interpelle et fait montre d'une grande assurance derrière laquelle le narrateur cache sa réserve timide naturelle et son penchant romantique amoureux mais, oh! qu'il ne faut surtout pas dévoiler aux premiers regards des lecteurs : "je suis une homme, je suis un homme, quoi de plus naturel en somme" (dixit M.P)...je me souviens du dernier hémistiche de votre précédent poème^^...Un masque d'Arlequin qui ne me trompe pas car dans la découpe pour les yeux (vos entre-lignes) je vois deux prunelles humides d'émotions, de ces émotions esquissées d'un trait de plume au pastel sensuel retenu.

Vous l'aurez compris, je déteste ce poème. Un dix plumes assurément :)
Le curseur au maxi est réservé pour votre prochain opus classique.

Cristale

   Stephane   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour FrenchKiss,

Vous signez-là un très grand poème. La composition est sublime, la syntaxe parfaite, les vers d'une esthétique fort visuelle, etc... Je ne saurais commenter plus tant cela me paraît inutile.

Un grand bravo !

Stéphane

   PIZZICATO   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Sans aucun doute, la plus belle poésie que j'ai lue de toi, ici.

Le fond et sa façon de l'exprimer avec des vers superbes.
Difficile d'en extraire un de l'ensemble.
J'essaie quand même : " Et payé le bonheur de quelques signatures
Au diable, mais le temps réclame ses fêlures ".

   Corto   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voici un poème devant lequel on voudrait se poser pour y penser encore.
Tout de suite un refrain venu d'un temps si lointain vient obséder la rêverie:
"Dans le vert de ses yeux
Il y avait l'espérance
Un jour je m'en souviens
Elle m'invita sans méfiance"

Sans aucun doute votre poème appelle la musique de cœurs affolés, du temps où "Un voile de péchés couvrait les filles nues,
La pomme rouge d’Ève où j’ai planté mes dents,".
L'émotion des premières amours est superbement rendue "Et tant pis si le vent, le vent me les emporte,
C’était le temps d’autant en emporte le vent."
Tout en étant précises les images sont légères: "Vous n’étiez que saisons, un caprice de Pan".
La pudeur du dernier quatrain accentue encore le sentiment du vécu.
C'est comme un tableau vivant, vu et revu mille fois mais vers lequel on revient avec la promesse d'y revenir encore.
Bravo

   emilia   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une projection bien choisie autour du leitmotiv « D’autant en emporte le vent… », ce classique intemporel digne de tous les superlatifs aux yeux de la critique et auquel votre superbe poème rend indirectement hommage… ; il n’est qu’à lire les « passionnément » qui fleurissent à ses pieds dévoilant, derrière le masque du titre, des sentiments romantiques ardents, au goût « d’épices » séductrices et de tentations du péché… ; le lecteur ne peut que se laisser bercer par ces vers ciselés avec art qui nous emportent ainsi que le vent arborant sa flûte de pan ! Un grand bravo à vous…

   STEPHANIE90   
11/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour frenchkiss,

Bravo, moi qui ne suis pas féru de poésie "classique", vous avez réussi à me la faire aimer. Le choix des mots et la tournure des phrases m'ont emporté malgré moi. J'ai particulièrement aimé "tout" en fait et surtout :
"Chassé de mes désirs je n’étais plus vivant,
Se gaver de vertus sans y verser d’épices…"
Et :
"De cette mandragore accrochée à mon pouce,
C’était le temps d’autant en emporte le vent."

Félicitations !

StéphaNIe

   leni   
12/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour frenchkiss
un grand et beau texte qui est fluide et sonoreTu distiles i'emotion
avec talentJe penche pour un de tes plus beaux textes J’ai défait tant d’amours, tant de lits anonymes,
Quelques mots empressés comme ceux d’un amant
Et le verbe badin de mes feuillets intimes. je cite tes qutre derniers vers sont sont subtils et superbes
J’ai laissé plus d’un rêve aux sables de l’estran,
Et payé le bonheur de quelques signatures
Au diable, mais le temps réclame ses fêlures,
C’était le temps d’autant en emporte le vent


superbe tout dulong MERCI MERCI AMI LENI

   Francis   
12/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Des pétales légers, des souvenirs porcelaines, de la pudeur, de la sensualité comme un doux parfum romantique emporté par le vent. L'ensemble est ciselé, agréable à la lecture. Qu'il est beau ce printemps des premiers émois !

   giclamon   
12/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un feu d’artifice parfaitement maîtrisé.
Tous les volumes des mémoires de Casanova en quelques vers aux images virtuoses.

   pieralun   
13/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
C’est très très beau, musical en diable, fluide rythmé.
Beaucoup de nostalgies au travers du refrain qui pourrait faire l’objet d’une chanson, d’une belle chanson.
Le troisième tercet m’a laissé sans voix, j’aurais aimé en être l’auteur.
Bravo !!!

   Cat   
14/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour FrenchKiss,

J'ai tourné souvent autour de votre poème depuis sa parution, incapable de dire ce trouble qui accompagnait à chaque fois ma lecture. A chaque fois, c'est le titre qui me frappait sur l'épaule ''… d'un puceau contrarié'' avez-vous écrit.

Alors, oui, il y a toute la beauté des premiers émois amoureux et l'empreinte qu'ils laissent dans la mémoire, que vous exprimez avec des images sublimes dans votre poème. Mais il y a aussi en filigrane comme du regret. Celui qui, à mon sens, vient toujours dès que l'on pose le premier pas au Paradis.

Tout nous pousse à découvrir le merveilleux secret, on le veut de toutes ses forces, et dès que c'est fait, on s'aperçoit que l'on s'est fait gruger, le merveilleux ne se trouvait que dans l'attente et le Paradis n'a pas tenu toutes ses promesses. Il habillait la seule imagination et du coup nous laisse bien démuni... Ensuite on s'adapte, c'est certain et votre narrateur a su le faire avec beaucoup de sensibilité et de sensualité à peine dissimulées derrière un écran de pudeur ayant le rose sur le front, ce qui le rend encore plus irrésistible.

Enfin, c'est ainsi que j'ai lu votre poème, et je reste persuadée que c'est cette ''contrariété'', cette ''nostalgie'' qui donne tout son sel et toute sa fougue à cette flopée de superbes images que vous nous envoyez à la figure avec un tel talent.

Le premier tercet est terriblement parlant dans ce sens, je le recopie ici, histoire de m'en délecter encore un peu :

« Un voile de péchés couvrait les filles nues,
La pomme rouge d’Ève où j’ai planté mes dents,
Ma langue avait le goût des caresses perdues. »

Je pourrais citer d'autres vers, mais dans ce cas il faudrait citer presque tout le poème.

Il me tarde de lire vos impressions sur ce point de vue, espérant ne m'être pas trompée.

Merci pour ce texte qui ne m'a pas encore livré tous ses secrets...


Cat

EDIT : oups ! après lecture des commentaires précédents, je constate qu'aucun ne va, ni même un tout petit peu, dans mon sens. Je maintiens cependant mon ressenti. Vous saurez me dire... :))

   Eki   
14/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Surprise, étonnement !

Vous avez voulu défier toutes les blondes probablement...en traversant la porte du temps, d'un autre temps, damoiseau Frenchkiss !

Passé l'amuse-bouche,
vous nous servez un mets de choix avec la belle argenterie, la nappe en organdi et les brassées odorantes de tendres couleurs...

Le rose vous sied très bien, le jupon vaporeux aussi...

De très jolis vers, une langueur douce, une grâce enchantée...

Comme quoi, l'inspiration peut surgir de toute part...

Eki n'aime que la poésie libre mais s'incline...

   FrenchKiss   
16/1/2019

   Raoul   
16/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour ou bonsoir, car il est bien tard...
Beaucoup aimé ce poème. La construction, l'assemblage permettent de le lire dans tous les sens, créant une ambiance très riche, très tendre et sensuelle dont toute mièvrerie est absente. Des images d'une belle fraîcheur aussi, du dynamisme, c'est un poème gorgé de vie loin des poses courantes.
Un vrai plaisir de lecture. Merci !

   Ioledane   
18/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A mon tour de rajouter, un peu tard, mon petit grain de sel … J’ai vu (évidemment) les évaluations ultra-positives, mais je me suis abstenue de lire les autres commentaires pour éviter de me laisser trop influencer.

J’ai du mal à définir précisément ce qui me plaît dans ce poème, sans doute sa fluidité et ses images originales et recherchées sans être trop hermétiques.
De très belles phrases dans ces alexandrins impeccables :
« C’était le temps d’autant en emporte le vent », qui revient en leitmotiv, porte avec grâce son lot de nostalgie et d’amertume.
Le deuxième tercet et le deuxième quatrain sont particulièrement réussis à mes yeux.
J’aime beaucoup également :
« Vous n’étiez que saisons, un caprice de Pan »
« Le ciel paraissait fuir sur les ailes des grues »
« Je préférais le trèfle au velours des divans »
« mais le temps réclame ses fêlures »

Seule la mandragore accrochée au pouce me plaît un peu moins ; et surtout le titre, qui pour moi ne reflète pas la qualité et la grâce de cet écrit.


Oniris Copyright © 2007-2019