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Poésie libre
fugu : Carnage [Sélection GL]
 Publié le 11/09/17  -  26 commentaires  -  900 caractères  -  428 lectures    Autres textes du même auteur

Comptine cruelle.


Carnage [Sélection GL]



C’est une prairie
coincée sous le soleil
où des moutons cucul
sans queue ni tête et
dodus comme des nuages
froufroutent,
lymphatiques...
dans les herbes molles et
onctueuses.

Ça broute.

Mais non loin de là tapi,
un loup reluque alléché
rêvant de faire tache
dans la myriade cotonneuse.
Le salaud en bave déjà
... et il tourne et il vire…

au cauchemar !

Là, ça bêle.

À partir d’ici,
tout devient brouillon.
Le loup cochonne l'harmonie
et comme un dingue
il dézingue à toute berzingue...

Putain ça saigne !


Au petit matin,
le loup repu rote et pète
puis s'éloigne de la ouate
ensanglantée.

Derrière lui,
une petite brebis effarée
flageole dans la brume

dans un silence carabiné.


 
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   Louison   
27/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Je suis revenue plusieurs fois sur cette poésie que j'ai d'abord trouvée "cucul" comme les moutons, puis après relecture, j'ai trouvé qu'il y avait un bon rythme, une drôlerie sympathique et qu'elle méritait de s'y arrêter un moment.
Quelques allitérations intéressantes.

Le "putain ça saigne" mériterait à mon sens, d'être revu pour coller davantage au reste du texte.
"un silence carabiné": je n'ai pas saisi l'image.

Je verrais bien une illustration style BD un peu déjantée avec ce texte.

   rosebud   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C’est bien agréable un poète talentueux qui ne prend pas les choses au sérieux ! Pour changer du Petit Chaperon Rouge, du Loup et l’Agneau et de la Chèvre de Monsieur Seguin, le loup est enfin réhabilité et ces « moutons cuculs sans queue ni tête » sont remis à la place qui devrait rester la leur : celle de la bonne bidoche. « Le Loup tourne et vire … au cauchemar » et « cochonne l’harmonie » . Faut qu’ça saigne ! On en redemande !
Et le plus beau, à l’aube (oserais-je dire à l’heure où rougit la campagne), une rescapée qui flageole « dans un silence carabiné ». C’est magnifique.

   Anonyme   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Commenté en EL :

Bonjour,

Voilà un texte truculent qu'il fallait oser écrire.

A l'origine j'ai cru à un remake rigolard du Dormeur du Val ,— d'ailleurs l'installation du décor n'est pas totalement étrangère à ce poème — mais en fait l'auteur nous emmène vivement dans les chemins de traverses que lui seul connaît où le rire emporte tout. On y croise même les frou-frous d'une drôle de Bohème moutonnière c'est dire qu'ici l'imagination n'est jamais en manque de repère !

Aucun vers n'est attendu, tout est joliment foutraque et j'ai — nous — avons adoré et ri de bon cœur ! (Pardon pour les victimes)


Bravo! Je copie et je garde précieusement au cas où cette belle comptine sanguinolente ne serait pas publiée !

   TheDreamer   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le pseudo est choisi à point (puisqu'ici l'on parle de bidoche) si j'ose dire. Le fugu, ce poisson japonais qui demande 10 ans d'apprentissage pour être préparé sous peine si l'on en ingurgite ne serait-ce que quelques grammes de finir comme les pauvres moutons de la fable.

Fable enlevée et drolatique aux images bien choisies. Le décor de la première strophe inviterait presque à la contemplation rêveuse. - Ce n'est que pour mieux détourner votre intention mes enfants !!!

J'apprécie...

   hersen   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
c'est avoir un grand talent que de pouvoir, avec trois moutons cucul et un loup vu et revu et rebattu et pas abattu pour deux sous, nous offrir un tel poème. c'est clair que mon com ne t'aidera pas, tu penses bien que ce n'est pas pour ça que je l'écris. C'est parce que je veux te lire encore parce que sacré bon sang, comment ça se fait que je ne sache pas écrire moi-même ce que j'aime tant lire chez certains ? :/

Un génie des alpages ?

Un bien grand merci pour ce texte.

hersen

   Arielle   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les moutons froufroutant dans les herbes molles, le loup qui cochonne l'harmonie et dézingue à toute berzingue, l'histoire n'est pas neuve et rappelle même une actualité brûlante... Pourtant tout le génie de l'auteur réside dans cette mise en mots qui nous arracherait un sourire jusque dans les bras d'Irma. Le pouvoir de la poésie c'est ça aussi, savoir trouver la juste distance entre l'image et la réalité pour dédramatiser l'horreur.

   bipol   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
bonjour

j’hésite à vous noter

car ma note ne serait pas bonne du tout

je ne suis pas étonné que ce poème plaise

car nous somme tellement plus intelligents

que les animaux

et bien moi je ne le crois pas

laissons les donc tranquilles

et faisons en sorte de vivre en bonne intelligence

avec eux

nous sommes odieux envers eux

et puis si je vous note car je suis plus cucul qu'un mouton

   Soruf   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Salut,

Tout d'abord assez désorienté par sa forme, j'ai bien aimé ce poème. Il y a des assemblage de mots qui me laissent assez perplexes (moutons cucul, silence carabiné), et d'autres que j'admire (le loup cochonne l'harmonie, la ouate ensanglantée). J'aime bien l'image du troupeau vu comme une sorte de nappe moelleuse.

Il y a du rythme et de la "prise de risque" je trouve, bravo. C'est original. Merci pour ce partage

   Robot   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne me ferai pas cucul au point de prendre ce texte comme une mise en cause du comportement animal.
C'est une comptine qui, comme les fables me paraît aller plus loin que ce qu'elle veut bien révéler au premier degré. J'y vois une métaphore du comportement d'un animal beaucoup plus dangereux pour la création quand il cesse d'être le locataire des lieux et qu'il se comporte en prédateur (y compris de sa propre espèce).

J'y ai vu aussi comme la métaphore d'un viol. Un loup pervers qui laissent une pauvre brebis effarée et flageolante.

J'aime bien le rythme et le côté désinvolte donne étrangement beaucoup de force à la démonstration.

   PIZZICATO   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
En ce qui me concerne je n'ai rien trouvé d'attrayant dans ce texte, même en le prenant au second et troisième degré ; encore moins de le voir qualifier de comptine : << carnage, Le salaud en bave déjà, il dézingue à toute berzingue, le loup repu rote et pète, la ouate ensanglantée >>
Il est vrai que cela apporterait beaucoup aux enfants...

Avis subjectif ? Ben oui ! Et j'assume (sourire)

   Pouet   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Ah ah bien bien tout ça.

Je pense que le loup aurait pitêtre pu s'abstenir de "roter et de péter", (il pourrait se contenter de "flatuler"...) cela m'a un poil gâcher l'ensemble.

Sinon truculent à souhait, original et inventif.

Agréable moment de lecture.

   Bidis   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je trouve ce texte réjouissant et cependant, ça n'a rien de drôle, ni pour les moutons, ni pour la pauvre petite brebis survivante, ni pour le berger que le spectacle qui l'attend rendra bien malheureux... Mais, honte à moi, ça m'a bien fait rire quand même. J'ai même relu.

   luciole   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Rigolard, cynique, ce poème fait très BD.
Un soin particulier est apporté aux diverses assonances et allitérations.
Bien aimé aussi ces homéotéleutes ( non ce n'est pas un gros mot) en -ingue qui rendent la scène très vivante.
Les scansions internes rythment efficacement le poème.
Le tout est assez réjouissant. Il est si bon d'être méchant.

   Ludi   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Fugu,

Je reproche essentiellement à ce texte de confondre ses publics. D’un côté vous annoncez en exergue une comptine. Or pour moi une comptine est une chanson adressée à des enfants, donc un texte rythmé et homogène dans sa structure. S’il s’agit donc d’enfants, oublions le rythme. Les renvois sonores sont en effet assez disgracieux, et j’ai beaucoup de mal à imaginer des enfants interpréter ça en harmonie. Je les vois bien s’amuser avec dingue/dézingue/berzingue, mais un peu moins avec le salaud en bave déjà / le loup repu rote et pète / la ouate ensanglantée, car jamais la maîtresse ne fera chanter ça. Et c’est bien là où le loup blesse, car si vous vous adressez finalement à des adultes, alors là dingue/dézingue/berzingue ne m’emporte pas vraiment. Désolé. Je trouve même ça un peu facile, limite infantilisant, un peu cucul comme tous ces moutons blancs que nous sommes.

Le reste mêle un peu de trivial (le loup repu rote et pète) à une libération artificielle du langage (Putain ça saigne) où pointe parfois un cynisme finalement assez bridé (une petite brebis effarée).
Je garderai toutefois des expressions comme « Le loup cochonne l'harmonie », mais ferai volontiers l’impasse sur « dodus comme des nuages » et pas mal d’autres.

Au final, sous des airs libertaires, ce texte m’apparaît assez convenu. C’est souvent le cas de la poésie libre, qui a finalement autant de mal que la poésie classique à se libérer de ses carcans.

Ludi
agneau effaré

   veldar   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour fugu

Après une bonne douzaine de lectures j'ai enfin pu interpréter "le silence carabiné". Si je transpose et mets un homme armé d'une carabine à la place du loup, votre comptine cruelle passe chez moi comme une lettre à la poste. Je crois bien qu'aucun animal (sauf les chats et les orques) éprouve de la jouissance à tuer or ici votre loup me semble très humain :

reluque alléché,rêvant de faire tache (...)
le salaud en bave déjà (...)
et comme un dingue il dézingue (...)
Putain ça saigne !
Au petit matin,
Le loup repu rote et pète (...)
Dans un silence carabiné.

Si mon interprétation est la bonne tant mieux, sinon je n'adhère pas du tout au contenu de votre comptine.

   papipoete   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonsoir fugu,
dans cette prairie verte où des taches blanches sur pattes broutent, l'assassin aux crocs pointus est à l'affut et sur les moutons " cucul " se jette ... Sur l'herbe que le sang rougit, un survivant, petite brebis effarée ...
NB une comptine ( pour adultes ) aux touches tantôt cruelles, tantôt douces ( dodus comme des nuages ) avec ce loup satyre qui rêve en croquant la chair fraîche, de faire désordre dans la ouate immaculée . La petite brebis épargnée, le loup étant sûrement rassasié, allume une petite lueur de réconfort, mais le tableau est effrayant !
Des formules me surprennent, " prairie/coincée ; silence/carabiné "

   Proseuse   
12/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fugu,

Là, encore, je n' ai pas cherché de second sens au texte et l' ai abordé comme une scène de la nature ... le loup et l' agneau comme on aurait pu aussi parler du lion et de la gazelle ... du renard dans un poulailler enfin, une scène de la vie animal dans ce qu' elle a de plus naturelle et de plus cruelle aussi ! en même temps, je me dis, on ne peut pas demander au loup d' aller chercher son "manger" dans un super marché n' est-ce pas ?
Bon, vu les commentaires un peu partagés, sans doute y avait-il d' autres sens à trouver ... mais, non! celui-ci m' allait bien comme ça et j' ai bien apprécié de vous lire !
Merci de ce partage

   Raoul   
12/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Coup d'œil moderne sur la tradition du loup mangeur de moutonssses, c'est plutôt drôle mais, pour moi, ce n'est pas assez Punk.
La parodie goguenarde sur les blancs moutons de la ferme de Marie Antoinette reste un peu sage, heureusement, ça s'anime dans le sanglant (la partie la plus réjouissante). J'aime bien les outrances du langage et des expressions familières mais pour moi, ça manque d'un peu de scatologie -si on s'adresse aux enfants… - et d'hémoglobine -.
J'apprécie le clin d'œil discret au "Faut que ça saigne" de Boris Vian.
Mais j'aurais oublié quelques [et] pour obtenir "moll-onctueuses" par exemple, ou "… tourne il vire…"
Sinon, oui : sus au panurgique !!

   Alcirion   
13/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fugu,

Une nouvelle fois ton texte m'a bien plu. Tout est dans le rythme et les sonorités, si j'ose dire, comme dans les autres compositions que j'ai lu. C'est précis, bien ordonné, les coupes tombent juste et ça coule bien.

Pour le fond, on attend toujours quelque chose de surprenant et ça fonctionne ici encore. Tu manies une provocation ingénue, sans avoir l'air d'y toucher, qui suscite toujours des réactions épidermiques. Continue, ça marche à tous les coups, et c'est ma foi fort plaisant à lire :)

   FABIO   
13/9/2017
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Il y'a de l'idée et c'est bien raconté .
Il n'y a pour moi nul poésie mais plus un conte.
pas pour moi.bravo pour votre travail

   Brume   
14/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Fugu

Le rythme est alerte, les sonorités s'entrechoquent associées à des images douces comme " dodus comme des nuages "
Bon je ne dis pas que la poésie doit faire que dans le joli mais le "rote et pète " gâche tout.
Le choix de certains vers exprime bien ce carnage avec humour noir " Il dezingue à toute berzingue" ce vers claque par sa force et sa sonorité.

   David   
16/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour fugu,

J'ai pensé à un crépuscule nuageux où seraient imaginé d'abord un troupeau de moutons, ça serait un ciel nuageux de fin d'après midi, puis le loup personnifierait la nuit qui viendrait "cochonne(r) l'harmonie" jusqu'à l'aube, pour offrir une contre lecture des moments du jour les plus célébrés par la poésie, l'aube et le crépuscule, en un "carnage" dont les couleurs il est vraie sont quand même assez sanguines.

   jfmoods   
3/11/2017
L'oxymore de l'entête ("Comptine cruelle") ne laisse planer aucun doute sur le public véritablement visé par cet écrit. Le titre du poème ("Carnage") pointait d'ailleurs, de manière assez explicite, la radicalité du contenu.

Le présentatif initial ("C'est") et la thématique de la clarté ("soleil", "mouton", "nuage") font vaguement penser à l'entame du sonnet "Le dormeur du val" de Rimbaud. Par un effet de contraste saisissant, on va basculer de la blancheur immaculée à l'extrême noirceur.

Dans le présent poème, le caractère spectaculaire du propos est poussé à son paroxysme par l'opposition entre mollesse des uns et frénésie de l'autre ainsi que par la longueur exceptionnelle de la curée ("sous le soleil" / "au petit matin", "dans la brume").

Quelques procédés confèrent une certaine vivacité au récit. On peut notamment mentionner...

- le mélange des niveaux de langue (familier à soutenu)
- les marqueurs spatiaux ("non loin de là", "Là", "ici")
- un jeu allitératif et assonantique assez riche ("cucul / sans queue", "froufroutent, lymphatiques...", "un loup reluque alléché", "comme un dingue il dézingue à toute berzingue...", "repu rote et pète", "s'éloigne de la ouate", "ensanglantée", "petite brebis.... / ... dans la brume", "effarée / flageole")

Merci pour ce partage !

   solo974   
27/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour fugu,
J'ai beaucoup ri en lisant votre texte !
Le ton humoristique adopté, le mélange des niveaux de langue (myriade, harmonie, ouate / putain, rote, pète) contribuent beaucoup à la qualité de cette poésie.
Merci pour ce très bon moment.
Au plaisir,
Solo974

   Ascar   
26/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai adoré ce texte qui, pour moi, fait clairement référence aux carnages humains perpétrés par les djihadistes sur la terre des croisés. Je suis athée et donc atterré voire altéré par cette course à l'horreur qui nous rappelle l'époque sombre de l'inquisition.
Pour en revenir au texte, l'auteur plante le décors en nous présentant une scène ou des moutons incrédules (cucul) apparemment bien nourris (dodus comme des nuages), à la conscience endormie (lymphatiques), sans aucune singularité (sans queue ni tète), installés dans leur confort (herbes molles et onctueuses, prairie) coulent des jours tranquilles (froufroutent) en consommant (ça broute). Pendant que tout ce petit monde vaque à ses occupations ordinaires loin de la faim, de la misère et de la désespérance que d'autres vivent, le loup (djihadiste ? ) vient repaitre sa haine en semant la mort et la panique dans la foule. Une fois l'attentat commis, le loup, satisfait (repu) revendique son forfait (rote et pète) laissant derrière lui un paysage de désolation (brume pour fumée ?) parsemé de victimes (ouate ensanglantée) ou les survivants restent figés dans un état d"hébétement total (brebis effarée flageole). Si mon interprétation est bonne, cette comptine se pleure et ne se chante pas. En tout cas, du bel ouvrage !

   Darques   
28/10/2017
Commentaire modéré

   kreivi   
26/10/2017
Très rigolo. Désacralisant .
Mais je préfère "Le génie de alpages" de F'Murr,


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