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Poésie libre
HadrienM : Le paso doble mutique, I
 Publié le 02/03/17  -  10 commentaires  -  2988 caractères  -  238 lectures    Autres textes du même auteur

La connais-tu, Daphné, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore, ou sous les mûriers blancs,
Sous l’olivier, le myrte, ou les saules tremblants,
Cette chanson d’amour qui toujours recommence !

NERVAL, Daphné in Petits Châteaux de Bohême.

Janvier 2017.


Le paso doble mutique, I



Ce monde — j’écris avec discernement — est le mien ;
Je préfère l’esquisse à la folie — je suis mon égal ;
Un homme blanc choisit les mystères des bons Atrides ;
Il erre avec sa troupe de comédiens infortunés — il s’appelle Oreste.

La scène est la cymbale agrandie…
Trois heures durant.
J’ai depuis quitté Césarée !

Je dois boire une Préparation évangélique.
Je m’en méfie comme d’une chienne endormie.

Monsieur est un poète. Un homme de foi — personne ne le craint ;
C’est un amandier pourri de ses rêves trop forts.

Monsieur aime la nudité — c’est un homme. Un vrai.
Oh ! tu sens le thym !

Les femmes sont des terrestres ; des monstres des côtes italiennes.
Des navires près l’immense soleil marié ;
Des voiles lâches — je suis le dernier des Athéniens.
J’aime mieux le basilic et le souffrant.
Les héros de mers se noient près des femmes. L’incendie des feux ivres.
La fierté du désir m’emplit. Je regagnerai le royaume de Ligure un jour.

Le Roi m’attend.
J’attendrai ma peine capitale ;
J’ai trop joui — je n’ai qu’une seule âme.
L’on sait tous que tu me souffleras dessus. Je disparaîtrai.
Je consens être la nuque des jours heureux, mais tu connais l’histoire visible.

L’interminable maîtresse des heures est la Fille asséchée ;
Elle ne pâlit pas à ma vue mais imagine mes yeux en cachot ;
Elle est terrifiante — je ne puis me résoudre à te quitter.
Je suis un Prince aveugle. Une Fille aussi. L’hostile désir.

Pourquoi veut-on de Poséidon ? Le terrible et impérial jardinier ?

Je veux rejoindre — après minuit — Myre.
J’ai peur, Maîtresse. Tu me préfères sot ;
Tu ignores que je suis l’herbe, la mort imprescriptible ;
Jacob le biblique, — le grossier personnage armé ;
Tu ignores que je suis Narcisse hurlant près du mausolée ;
J’aime les oracles et les brumes mais je fuis le sommeil.

L’unité est une plaisanterie, une odeur de sang, un poème érotique ;
Je n’y crois plus.

L’ordre de silence s’impose.
Les Jalouses ont le visage altier. Je me goinfre de miel.


 
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   Proseuse   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L' écriture est telle qu' il difficile de n' en pas reconnaître l' auteur ( quand on l' a déjà lu , bien sûr!)
D' aucuns diront qu' ils se perdent dans ton poème, c' est vrai qu' il n' est pas simple de te suivre, ceci dit , tu donnes maintes références qui par leurs richesses en font de probables chemins , alors, oui, on n' est pas en terrain conquis loin c' en faut , mais si le poème est "étrange" il n' en est pour autant hermétique, la lecture nous mène à la curiosité, à l' amour, à la sensualité et puis, à l' envie de découvrir cet univers onirique, fantasque et exalté ...Ha! lecteurs, nous sommes, là, dans un pays étranger, mais le pays est beau même si nos habituels points d' appui parfois nous manquent ... il nous faut ici être curieux de ces vers .. l' auteur nous mène avec un certain lyrisme au plus près de ses rêves !
Merci cher Hadrien, parce que je suis bien sûr d' avoir reconnu, ici, ton univers !!

   plumette   
16/2/2017
 a aimé ce texte 
Pas
je ne trouve pas de poésie dans ce texte.

Je ne comprends pas le titre. Le paso doble est une danse, comment peut-elle être qualifiée de mutique? Le I laisse entendre qu'il y aura un II ?

je ne comprends pas l'utilisation de la ponctuation et des majuscules.

je ne vois pas de lien entre cet assemblage de mots et les personnages évoqués, Oreste, Poséïdon, Jacob, Narcisse.
Où l'auteur veut-il en venir avec Les Atrides, Césarée,les Athéniens, Myre.
Pour moi ce mélange est indigeste.

Qui est ce "je" qui s'exprime ? Est-ce Oreste?

Trop de questions pour laisser couler les mots et entendre leur musique.

Et cette fois ci la musique de la langue ne suffit pas à compenser l'hermétisme du propos.

Plumette

   LeopoldPartisan   
2/3/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
voilà un texte pour le moins énigmatique.
Le paso doble, une danse espagnole à 2 temps qui souvent s'arrête lors des corridas lors de la mise à mort.
En lecture du texte on peut justement l'interprêter comme une musique binaire que rythme aisément le 1 et 2 et....Etc...
Lorsque je n'en comprend pas le sens premier, j'ai l'attitude de me laissé porté par les images que sucitent en moi les mots et je ne suis pas décu par ce mélange de poétique phylosophique ainsi que mythologique.

Il ya pas mal de réminicences surréalistes chères à Dali, Bunuel (au travers de son chien andalou, et des films de Jean Cocteau (orphée, la mort d'orphée etc...)

Il y a aussi la superbe accroche par les magnifiques vers de Gérard de Nerval à son sommet.

Vraiment interpellant et passionnant (ma découverte des Atrides) et puis se rythme que nous impose l'auteur fluide et lancinant, c'est à la fois très classe dans la sophistication des mots et dans l'ensemble des idées qui pourront paraître sagrenue en première lecture mais qui me touche vraiment au coeur et à l'âme, m'évoquant par exemple une ville comme Split en Dalmatie croate où un peu comme dans ce texte l'architecture est un conglomérat de strates de différentes époques mais toujours harmonieux.

Aucun des artistes cités, n'aurait rougis des mots ici présentés dont je serait même un peu jaloux tant des idées que de l'agencement des images vraiment maitrisées.

Un nouveau mythe vient de naître sous mes yeux et ce n'est pas Aria fille cadette de Ned Stark qui s'en dédira...

   silvieta   
2/3/2017
 a aimé ce texte 
Pas
J'avais découvert ce titre en GL et dans l'incipit la citation de Gérard de Nerval ( l'un de mes poètes préférés ) s'avérait prometteuse.

Autant dire que quand on lit la suite on tombe de haut. J'ai abandonné à mi-parcours et me suis abstenue de commenter à ce moment là, pour laisser quand même à l'auteur une chance de franchir le barrage du groupe de lecture... Dont acte.

   Brume   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour HadrienM,

J'avais lu votre poème en EL et j'ai bien reconnu votre plume. J'ai essayé d'y mettre un commentaire en vain. J'ai été moins inspirée cette fois. faut dire que vos poèmes ne sont pas simples à appréhender.

Forme: Je retrouve les trop nombreuses ponctuations qui m'avaient déjà heurté dans votre poème "Dante et Virgile".
Une lecture non linéaire au niveau de l’enchaînement des phrases, ce n'est pas un reproche mais ça surprend; et de ce côté là les tirets donnent du sens et en même temps donnent un côté éparpillé.

Fond: En plus d'un trop plein de ponctuations il y a trop d'informations: Oreste, Monsieur, Je, Tu, les navires, les héros des mers, le Roi...
Quand au titre, j'ai du mal à cerner la métaphore avec votre texte que ce soit sur la forme et sur le fond. En même temps, moi et les danses du salon...

"Je" risque de payer ses mœurs légères; c'est l'interprétation que j'en ai fais. Une chose est sûr votre prose est, une fois n'est pas coutume charnelle et pittoresque. Votre écriture est pour moi d'une belle qualité, toujours cette puissance expressive.

   fugu   
3/3/2017
Franchement, je n'ai pas compris grand chose dans ce - paso doble mutique - mais je peux néanmoins admettre qu'il y a ici une plume élégante et une probable érudition.
Je me demande juste à qui ce poème parle vraiment.

   jfmoods   
3/3/2017
L'entête est le premier quatrain d'un sonnet de Nerval dans lequel le poète convoque un monde mythologique.

Ce poème s'inscrit dans un cadre spatial déterminé : celui du bassin méditerranéen (Espagne : "paso doble" du titre, Italie : "royaume de Ligure", Grèce : "le dernier des Athéniens", Turquie : "Myre", Israël : "Césarée"). Les noms propres définissent un contexte résolument antique.

Dans ce poème, il est question d'un dieu ("Poséidon", "terrible et impérial jardinier") et de figures de pouvoir (majuscules : "Le Roi", "un Prince aveugle"). C'est le monde de la tragédie ("les oracles", "la mort imprescriptible", "Les Atrides", toile de fond de pièces d'Eschyle et d’Euripide). On pense à Racine ("Oreste" dans "Andromaque", "Narcisse" dans "Britannicus"). Un jeu troublant d'intertextualité attire également l'attention...

"J'ai depuis quitté Césarée" -> "Je demeurai longtemps errant dans Césarée" ("Bérénice", Acte I, Scène 4)

"Elle ne pâlit pas à ma vue" -> "je pâlis à sa vue" ("Phèdre", Acte I, scène 3)

"Je fuis le sommeil" -> "Enfin, las d'appeler un sommeil qui le fuit" ("Esther", Acte II, scène 1)

Ce monde est gouverné par Éros et Thanatos (oxymore : "l'hostile désir", parallélisme : "une odeur de sang, un poème érotique").

C'est un monde en représentation permanente ("troupe de comédiens infortunés", "La scène"). Est-ce donc un acteur qui s'exprime au fil du poème, épousant tantôt le rôle qu'on lui assigne ("Ce monde... est le mien", "je n'ai qu'une seule âme", "La fierté du désir m’emplit. Je regagnerai le royaume de Ligure un jour."), tantôt le rejetant (métaphore dépréciative désignant le dramaturge : "C’est un amandier pourri de ses rêves trop forts", constat sans appel : "L'unité est une plaisanterie", négation catégorique : "Je n’y crois plus") ? Le "paso doble mutique" du titre est-il le pas de deux silencieux qui régit la relation complexe entre un comédien et le personnage qu'il incarne ?

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
4/3/2017
jfmoods, je vous trouve tout simplement, époustouflant.

Alors que je me creuse les méninges, via wikipédia, pour chercher un rapport entre les uns et les autres, ayant quand même trouvé que Oreste fait partie des Atrides, qu'il a tué son beau-père, et pire, sa mère ( ça me rappelle d'ailleurs un drame familial qui se passe en ce moment à la télé, la disparition du père, de la mère, etc ), vous, vous arrivez tranquillement, mine de rien, comme à votre habitude, et là, vous nous brossez un tableau, non seulement somptueux d'explications, mais d'une simplicité, d'une évidence, et bien à faire pâlir, tiens.
Mais je remarque tout de même, que vous terminez votre commentaire avec des questions, ce qui me rassure sur mon incapacité, à avoir compris où l'auteur voulait en venir.
Merci jfmoods.

Ô soleil de Khâgne, help ! Daignez descendre de votre échelle astral, mon cher Hadrien, pour éclairer de vos rayons irradiants, mon incompétence désolante.
Ô soleil de Khâgne, venez tracer un sillon à travers ce désert immense, afin que je puisse survivre, en suivant la trace de votre connaissance infini.
Ô soleil de Khâgne, désormais je vous nommerais Phéobus, Roi, et prince de la lumière, pour que vos puissiez défendre nos valeurs, et... Merde, je confonds avec Macron moi.
Et pour finir, ô soleil de Khâgne, je serai sur le plage, entre midi et treize heures.

Vous l'aurez compris Hadrien, malgré le plaisir que j'ai eu à vous lire, mon commentaire n'aurait pu émettre que des banalités, si j'en avais fait un.

   hersen   
4/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
En préambule, je dois avouer que j'ai eu la faiblesse, je m'en veux je m'en veux, de n'avoir pu résister à la lecture du com' de jfmoods avant de rédiger le mien.

Une fois de plus, tu offres au lecteur de naviguer dans des délires de rêves (?) solidement ancrés dans un univers littéraire très riche.

Ma première lecture fut la meilleure : connaissant déjà un peu ton univers, je n'ai rien cherché. Je ne trouve rien de plus magnifique en poésie que de tout prendre, inconditionnellement, et de laisser les questions pour plus tard; il en sera toujours bien temps.

Et puis ensuite, parce que quand même il le faut bien, on cherche, on cherche et quelquefois point ne trouvons, mais on s'accroche et une bribe après l'autre on essaie. Et le jeu commence, qui n'a pas de règle et où tout est permis, même à s'éloigner pour mieux s'en rapprocher.

Monde de théâtre, de mythologie, mais avec des incursions bien réelles, terrestres (le thym, le basilic et le souffrant, je ne peux m'empêcher de lire et le safran, j'aime cette évocation de senteurs)
une scène pour un pas de deux, des notes absentes assourdissent la douleur ( ou éteigne l'espoir ?) et...je me goinfre de miel.

Là, je ne sais plus bien.

Tu me donnes du vers à retordre, Hadrien et même si je suis très loin
de ce que tu as voulu dire :

"Je crains votre silence, et non pas vos injures"

merci de cette lecture.

hersen

ps : je crois que je suis complètement à côté, mais je ne peux m'empêcher de lier le miel aux herbes aromatiques méditerranéennes pour un poème qui évoque un Sud tourmenté du tragédien.

   Alcirion   
5/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, du départ, je préfère de loin le monde romain à ce qui semble te captiver, la culture grecque ancienne : nous ne sommes pas fait pour nous entendre ! (lol)

Cette pièce coule bien, j'ai trouvé la composition plus souple, plus légère que sur tes autres textes. Sur le fond, un hermétisme sous une forme classique, on se laisse emporter sans trop s'attacher au sens parce que l'écriture est évocatrice, je pense.

Bien à toi !

   virgo34   
7/9/2017
Commentaire modéré


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