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Poésie néo-classique
Hananke : Les ruminants
 Publié le 12/11/17  -  14 commentaires  -  729 caractères  -  238 lectures    Autres textes du même auteur

Gloire à la race charolaise.


Les ruminants




Septembre par la marche attire à ses vitrines
Le flâneur aspirant aux apparats nouveaux ;
Un soleil alanguit ses rayons estivaux
Sur l'herbage égayé de taches ivoirines.

Qu'ils sont beaux dans les prés mes ruminants paisibles !
Emblèmes du terroir où je suis apparu,
Ils ornent les décors de leur pelage écru,
Offrant à l'horizon des masses impassibles.

Que j'aime leur aplomb devant l'immensité !
De voir tant de puissance et de sérénité
Fait éclore en mon âme une lueur d'envie.

Tournant avec lenteur dans la prison des champs,
Ils vont, le front penché des aubes aux couchants,
Même si l'abattoir est le but de leur vie…


 
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   Queribus   
25/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Tout d'abord, en ce qui concerne la forme classique, deux choses m'interpellent d'entrée:
-vitrines rime bien avec ivoirines mais ces deux mots ne riment pas avec paisibles et impassibles
-nouveaux rime bien avec estivaux mais ne riment pas avec apparu et écru
Ceci dit, la précision de l'écriture et le respect des règles classiques, de l'orthographe, des liaisons forcent le respect.

En ce qui concerne le fonds, le sujet est très original de par sa simplicité et me fait penser à certains poètes du siècle passé (Francis Jammes, Lamartine). Certains vers m'ont quand même interpellé:
-Fait éclore en mon âme une lueur d'envie,
-Même si l'abattoir est le but de leur vie
Tout cela semble paradoxal mais, peut-être est-ce voulu.

En conclusion, votre poème a le charme rétro d'un monde (et d'une écriture ) d'autrefois qui me plait beaucoup et j'ai apprécié l'agréable moment passé à vous lire..

   Miguel   
25/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il pourrait y avoir débat sur la place de ce poème : en classique ou en néo, non parce que le sonnet est irrégulier, mais du fait des rimes féminines "ivoirines-paisibles" qui se touchent ; mais, bon, même Malherbe l'a fait.
On aurait besoin d'un peu d'éclaircissement sur les vitrines de septembre et les apparats nouveaux. Le reste est assez évocateur, et les images, comme les rythmes et sonorités, rendent bien l'atmosphère agreste et montagnarde. La chute implacable nous rapproche de ces paisibles bovins, car le but de notre vie est bien semblable au leur.

   papipoete   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Hananke,
Ils font partie de notre décor, on n'y fait plus attention ; mais revenant des pays chauds, comme nous sommes heureux de revoir enfin, nos ruminants !
NB l'auteur promène son regard sur ces troupeaux, qui avancent aux prés, si lentement qu'on pourrait croire, que c'est pour retarder l'instant où le maquignon montrera le bout de son bâton, et emmènera celui ou celle que l'abattoir attend !
le second tercet lourd de la sentence prononcée, termine ce récit au scénario invariable .
classique parfait

   TheDreamer   
15/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Ordinairement, deux types de sonnets français sont dit « réguliers ». Le sonnet Marotique ABBA ABBA CCD EED et le sonnet Peletier ABBA ABBA CCD EDE.

Hors de ces 2 schémas, il n'y a pas de poésie régulière et un sonnet n'adoptant aucune de ces 2 formes et présentant 4 rimes dans ses quatrains comme celui-ci doit être considéré comme « irrégulier ».

Ici, la forme est ABBA CDDC EEF GGF. Les quatrains sont divisés en 2 fois 2 rimes distinctes et les tercets présentent le schéma classique du sonnet marotique.

Pour ma part, je considère ce sonnet comme néo-classique et y vois une forme (parmi d’autres) que Charles Baudelaire a beaucoup utilisé dans ses Fleurs du Mal.

On retrouve précisément cette forme irrégulière ABBA CDDC EEF GGF dans son poème « À Théodore De Banville » (II) dans les "Apports à la troisième édition" publiée à titre posthume en 1868 (correctif).

Votre choix de thème est assez joli.

J’en apprécie quelques passages :

« Ils ornent les décors de leur pelage écru
Offrant à l’horizon leurs formes impassibles ».

Ici, l’on sent le rapprochement entre le paysage et les bêtes qui l’habitent, comme une touche de couleur et de vie dans un tableau. C’est beau !

« Que j’aime leur aplomb devant l’immensité
De voir tant de puissance et de sérénité ».

C’est vrai. Ils respirent la force et la placidité.

Pour moi, le plus beau passage se situe dans ces 2 vers :

« Tournant avec lenteur dans la prison des champs
Ils vont le front penché des aubes aux couchant ».

Merci !

   Cristale   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Je crois qu'il y a un petit problème d'alternance des rimes m/f d'un quatrain à l'autre.

Mais cela n'enlève rien, hormis la catégorie, à la beauté de votre poème où j'ai ressenti une grande sérénité.

"Ils vont, le front penché des aubes aux couchants"
Ce vers est magnifique !

Des ruminants qui méritaient bien ce regard poétisé

"Emblèmes du terroir où je suis apparu"

Un joli texte dans son ensemble

Au plaisir d'autres lectures.
Cristale

   Vincendix   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,
Une bonne idée d’avoir écrit un poème consacré à ces bovidés tellement appréciés dans nos assiettes. C’est vrai les troupeaux de différentes races font partie du décor de nos régions, et on peut voir des charolais en Lorraine et des salers en Bourgogne. Des animaux un peu frustrés maintenant, ils n’ont pas le temps de regarder les trains passer, les TVG vont trop vite.
Quand ces paisibles bovidés broutent, ils ne doivent pas penser à leur fin tragique, heureusement sinon leur viande ne serait pas tendre, le stress est néfaste parait-il.
Concernant la structure de ce sonnet, je ne suis pas assez qualifié pour juger, pour moi, il correspond à la forme classique.
Vincent

   leni   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
blr Hananke
Etonnant ce sujet Les mots sont de circonstance des masses impassibles Je me revois dans le Valais où j'assistais à un combat de reines ET la future reine était impassible et ses collègues s'écartait pour la laisser passer

et un coup de chapeau en passant
Que j'aime leur aplomb devant l'immensité !
De voir tant de puissance et de sérénité
Fait éclore en mon âme une lueur d'envie.

Bien écrit 8 merci pour ce plaisir Salut cordial LENI

   Robot   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les charolais méritaient bien un sonnet pour les honorer et la plume d'Hananke était de celle qui pouvait le mieux leur rendre cet hommage vache.

Il va falloir un jour ou l'autre que je m'attaque à une ode aux montbéliardes sans lesquelles la fondue au comté ne serait qu'une soupe au fromage sans goût. Pardon pour cet accès (excès) de chauvinisme franc-comtois.

J'ai ressenti un peu comme des réminiscence de Heredia dans ce tableau champêtre d'une versification très agréable et dont les rimes sonnent sans accroc.

"Qu'ils sont beaux dans les prés mes ruminants paisibles !
Emblèmes du terroir où je suis apparu,
Ils ornent les décors de leur pelage écru,
Offrant à l'horizon des masses impassibles."

juste un petit bémol, mais tout petit hein ! Pas de quoi fouetter un bœuf. Le dernier vers: je doute que l'abattoir soit le "but" de leur vie. Les braves bêtes s'en passerait bien de cette destinée que l'homme leur assigne... et si les ruminants avaient le choix...
Une suggestion donc sans vouloir m'imposer, c'est vous le maître de ce sonnet et excusez je vous prie ce qui peu paraître comme une audace de ma part :

"Mais hélas l'abattoir sera leur fin de vie."

Merci pour ce beau texte.

   Alexandre   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Hananke... Peu importe la catégorie, classique ou néo, ce classement étant somme toute arbitraire ! Disons que c'est du classique irrégulier...

Le décor planté, les acteurs en place, j'ai partagé avec toi cette promenade bucolique qui s'achève malheureusement sur un tercet que je trouve un poil cynique par rapport à ce qui précède.

Tournant avec lenteur dans la prison des champs,
Ils vont, le front penché des aubes aux couchants,
Même si l'abattoir est le but de leur vie…

La peine de mort après la prison !

Je sais très bien ( même si je n'en consomme plus) que l'on n'élève pas ces animaux pour la déco mais je pense que les termes "prison" et surtout " le but de leur vie" sont plutôt mal choisis.
Prison est un peu excessif et l'abattoir c'est plutôt le but des prédateurs que nous sommes... que le leur !

   PIZZICATO   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
C'est bien de s'intéresser à ces " ruminants paisibles " dans leur élément naturel plutôt que dans une assiette (pas la mienne).

Des vers que j'ai aimé :
" Un soleil alanguit ses rayons estivaux
Sur l'herbage égayé de taches ivoirines. "

" Ils ornent les décors de leur pelage écru ",

" Ils vont, le front penché des aubes aux couchants "

   Mokhtar   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Peu importe la boite où est rangée ce très sympathique poème. L’essentiel est d’avoir plaisir à en soulever le couvercle.

On y trouve un texte bien calé sur ses pieds (et ses sabots) respectant la métrique et la rime. Ce qui est reposant par les temps qui courent.

L’animal dans son décor bucolique évoque la sérénité et la quiétude. Qui nous font tant envie.
Tourner en rond dans son pré carré, en attendant la fin, il y a de quoi ruminer.

On peut chipoter sur la fin : l’abattoir est plus un sort qu’un but, pour des animaux qui n’en n’ont pas. Bœuf !

   EricD   
17/11/2017
En dépit des deux vers d'ouverture que je trouve un poil tarabiscotés, ce sonnet est d'une belle tenue, il est à la fois simple et fort, et se lit avec un plaisir certain.

   wancyrs   
17/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Je tique un peu sur la chute de votre texte, Hananke. Un hommage à ces amis ruminant ne pouvait-il se terminer comme l'assertion de ce casseur de pierre qui, interrogé sur sa fonction, dit : "Je batis des cathédrales" ? Ces chers ruminants ne nourrissent-ils pas la terre de leurs bouses ? ne nourrissent-ils pas les hommes de leur lait ? J'ai moins aimé. Une autre fois certainement !

Cordialement !

Wan

   Marie-Ange   
21/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je vis dans une très grande ville, lorsque je m'en éloigne
pour aller voir ma fille, j'arpente la campagne où comme vous
le dîtes si bien "ils ornent les décors de leur pelage écru".

A vous lire, je partage votre ressenti, c'est tout à fait cela,
cette impression qui s’imprègne, à les regarder "De voir tant
de puissance et de sérénité".

J'ai aimé beaucoup lire et relire votre poème, tant par la forme,
que par le fond. J'en aime sa profondeur.

Comme en tout il faut garder les pieds sur terre, et votre texte m'a fait passer de la rêverie à la réalité. Je vais en garder
la rêverie plus proche de mon ressenti.


Oniris Copyright © 2007-2017