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Poésie classique
Hananke : Souvenir olfactif
 Publié le 06/01/17  -  17 commentaires  -  918 caractères  -  267 lectures    Autres textes du même auteur

Sur l'air de Mon beau sapin.


Souvenir olfactif



Les senteurs fortes des cyprès
Après la taille et le silence
Agissent comme des engrais
Sur mon semis d'adolescence.

Je me souviens que j'adorais
Me dérober sous la prestance
Du vert navire des forêts,
Un grand sapin, ma préférence.

Exil majestueux et frais,
Oh l'agréable pénitence
De ces instants que je m'offrais
Sous sa ramure en révérence.

J'aimais le vent qui soupirait
Comme un gémissement d'amante
Sur les aiguilles en apprêt
De sa chambre odoriférante.

Et là, sous le couvert discret
De ma thébaîde inspirante,
Je pensais tenir en secret
Un corps de femme consentante…

Ce temps lointain dans un extrait
De souvenirs se réinvente :
"Toi, ma caravelle élégante,
Qu'est devenue en la forêt
Ta brigantine bruissante ?
– Du bois de chauffe ou de charpente ?"


 
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   Donaldo75   
18/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Ce poème est sans prétention, bien construit, avec une fin marrante. Vous avez du bien vous amuser à l'écrire.

J'aime bien les images qu'il véhicule, son insouciance, même si parfois le vocabulaire employé est en décalage avec l'impression de départ, paraissant un peu trop recherché, voire ampoulé.

C'est quand même un bon moment de lecture,

Merci,

Donaldo

   papipoete   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hannanke,
Je me souviens d'un endroit, " thébaïde inspirante ", d'où je me sentais le roi . Au milieu d'un peuple de sapins comme au " garde à vous " autour de moi .
Le vent qui soupirait sous la ramure, portait l'odeur de la résine, des aiguilles sous mon nez en effluves que je sens encore !
Devant ce sapin de Noël artificiel, je songe aux miens d'antan ; que sont-ils devenus, partis en fumée dans une cheminée, chevrons sous tuiles ?
NB un poème écrit tout simplement, en octosyllabes comme je sais faire, mais qui fleure bon dans un " tiroir " de mon espriit

   Anonyme   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Hananke... Comment ne pas songer à la célèbre madeleine de Proust en lisant ce poème parfaitement classique quant à la forme ?
Nous avons tous une odeur, un goût, ou quelque chose d'équivalent qui nous ramène à l'enfance. En ce qui me concerne c'est le parfum des troènes qui jalonnaient les sentiers de mes douze ans.
Tout ceci est joliment dit, j'aime beaucoup ta thébaïde inspirante et la chute qui nous ramène à la réalité...
J'espère que ton beau sapin, roi des forêts, est aujourd'hui charpente après avoir été refuge ...
Un seul bémol, le titre assez peu poétique avec cet "olfactif" qui me dérange un peu.

Tendre poème sans fioritures où perce une certaine nostalgie...
Merci pour cette belle lecture matinale !
Je m'en vais de ce pas arpenter mes chemins de bord de mer où commencent à fleurir les ajoncs d'or si chers aux poètes d'antan...

   Vincendix   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,
Encore un tendre souvenir à partager, l’arbre est un symbole, qu’il soit sapin ou autre, il protège, il rassure, c’est un être vivant.
Le choix d’octosyllabes est judicieux pour un tel sujet, les vers s’accordent harmonieusement.
J’ai une préférence pour les deuxième et troisième quatrains que je peux déjà déclamer sans lire.
J’aime particulièrement « la ramure en révérence » qui correspond parfaitement à la morphologie du sapin (J’en vois un de la fenêtre du bureau, je l’ai planté l’année de naissance d’une de mes petites-filles, il y a 26 ans, il est magnifique… elle aussi)
Merci pour cette bouffée de verdure en ce matin hivernal.
Vincent

   leni   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Nous avons tous en mémoire des souvenirs de nos cinq sens Ils reviennent à la surface et parfois nous surprennent L'évocation que tu nous dresses nous ramène dans cette situation que nous avons
tous connue Elle nous promène dans notre passé BEL écrit
Salut amical Leni

   PIZZICATO   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke
La mémoire olfactive est celle qui est sans doute la plus présente.
Un parfum, une odeur suffisent à nous faire revivre une époque, belle ou sombre.

" Après la taille et le silence
Agissent comme des engrais
Sur mon semis d'adolescence." l'image est originale.

Le thème est ici fort bien transmis.

   Michel64   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nul besoin de fredonner sur l'air de "Mon beau sapin" pour sentir la résine suinter de ces vers.
On a tous dans notre mémoire des lieux et sentiments qu'une simple odeur peut réactiver avec force des années plus tard.
Hélas le temps passe par dessus tout cela et transforme les choses. Seuls restent les souvenirs.

Voilà ce que ce poème réussit à plutôt bien exprimer.
Thébaïde serait mieux avec un tréma, mais pas de quoi baisser mon appréciation.
Au plaisir de vous relire.

   Cristale   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Joli petit poème dont j'ai suivi le rythme cadencé des octosyllabes sur un jeu de rimes "è" "ence" "é" ante" qui, (c'est curieux) m'évoque le mouvement et le bruit des bûcherons sciant des troncs d'arbre.

L'odeur des pins est venue jusqu'à moi quand les images se sont imposées par vos mots.

Un bouquet de fraîcheur qui nous rappelle combien sont précieuses les forêts. Espérons que ces souvenirs lointains soient encore source de découverte et de plaisir pour les nouvelles générations.

La "caravelle élégante" a certainement trouvé une nouvelle vie dans une charpente pour un bon nombre d'années, ce que je lui souhaite car en bois de chauffe la famille pin-sapin fait plutôt des étincelles et peu de chaleur :)

Merci Hananké.

Cristale

   Ioledane   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette nostalgique évocation se décline agréablement sur 2 jeux de rimes très proches, ce qui n'est pas aisé à réaliser.
Après la description des souvenirs, le dernier paragraphe amène quelque chose de différent, à la fois sur la forme (un sizain) et le fond (une question ironico-désabusée, du moins c'est ainsi que je la vois).
L'ensemble est bien mené, certains passages me plaisent cependant un peu moins : "Je me souviens que j'adorais" (pas très gracieux) ; la métaphore filée avec un corps de femme, qui me semble un peu excessive ; ou encore le vers "Qu'est devenue en la forêt", dont je trouve la tournure un peu précieuse et surtout inadéquate, dans la mesure où ce n'est pas "en la forêt" que la "brigantine bruissante" est devenue quoi que ce soit, mais ailleurs (je comprends bien que "en la forêt" représente le lieu où bruissait la brigantine, mais ce n'est pas ce que la phrase paraît exprimer stricto sensu).
Bon je chipote, mais j'ai bien aimé dans l'ensemble.

   plumette   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
j'ai failli passer à côté de cette évocation sensible et fraîche à cause du titre de votre poème.
Vous auriez pu l'appeler "mon beau sapin" à la fois universel dans le type de souvenir ( olfactif) et personnel car il s'agit bien du vôtre, de ce sapin là et pas un autre qui vous ramène votre adolescence.

j'ai bien aimé le rythme imprimé par les octosyllabes.

j'ai apprécié " le vert navire des forêts", "la chambre odoriférante",

et ce quatrain

"Exil majestueux et frais,
Oh l'agréable pénitence
De ces instants que je m'offrais
Sous sa ramure en révérence."

un joli moment de lecture au goût de nostalgie, en hommage à une nature cotoyée dans l'enfance qui nous imprègne pour toute la vie.

Plumette

   Robot   
6/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une odeur, une sensation qui d'un coup rappelle un souvenir un peu oublié. Un texte dont la structure classique donne une impression de simplicité. Le déroulé est plutôt élégant. Même si les rimes ne sont pas d'une grande variété on se laisse prendre avec plaisir par cette évocation.
L'octo me paraît tout a fait adapté à ce poème. (une métrique que j'affectionne aussi beaucoup)
Par contre, je ne suis pas parvenu à mettre l'air de "mon beau sapin" en adéquation avec les vers de ce poème. Mais ça n'a pas d'importance puisque le texte se suffit à lui même.

   lucilius   
7/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le choix octosyllabique de ce poème (à part "ta brigantine bruissante") le fluidifie et en facilite l'imprégnation "les senteurs fortes des cyprès..." Hormis ce couac qui rompt la mesure, la fin est absolument
superbe. C'est simple, compréhensible et élégant.

   archibald   
8/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème nostalgique et bucolique. Les choses sont élégamment dites. Je m'y suis repris à quelques fois pour goûter toutes les saveurs balsamiques de ce plaisant poème.
J'aurais bien aimé, pour la forme, que tout le texte fût sur deux rimes, ce qui est presque le cas. Cela aurait donné une petite touche de sophistication supplémentaire.
Je comprends mal que l'arbre soit comparé à une caravelle.
Ne manque-t-il pas un point d'exclamation après le "Oh" ?
En tout cas, un agréable moment de lecture.

   Francis   
9/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les souvenirs olfactifs sont les plus tenaces et ces senteurs fortes de cyprès ont la couleur de la mélancolie. Le sapin était un refuge, un lieu d'embarcation pour l'adolescent rêveur. Merci pour ce partage.

   mina   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Olfactif mais aussi très visuel dès les premiers vers...du vert , l'odeur du cyprès entêtante , comme un parfum de femme
, celle fantasmée par un adolescent dont tous les sens vibrent ... une fin comme un pied de nez aux rêveries d'adolescence. L'amante a disparu ou vieilli , ne reste que le bois ...enfin c'est mon interprétation .

   HadrienM   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Hananke ou l'Ovide olfactif ? l'hypothèse n'est pas inintéressant !

Le poème est plutôt réussi ; on y perçoit d'intéressantes images et une plaisante écriture.

Se "dérober sous la prestance / Du vert navire des forêts" : l'esthétique convoquée dans le poème ressemble assez à celle du XVIIe siècle. La douceur majestueuse. Racine convoque la tristesse majestueuse dans sa Bérénice, et toi, tu t'attaches, avec de l'intérêt, à rendre la nature plus accessible. Plus évidente.

Le souvenir olfactif est un motif rare dans la littérature. L'écriture est originale.

Compliments !

P.S. L'imbécile que je suis te corrigerait sur l'orthographe du mot thébaïde.

Bien à toi,

   jfmoods   
31/3/2018
Ce poème en octosyllabes est composé de cinq quatrains et d'un sizain à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

Nos sens ont cette fabuleuse capacité à nous rendre à nous-même, à établir la jonction entre le moi d'aujourd'hui et le moi d'hier. Précieuse passerelle qui nous réinvente, réinvestissant soudain la vigueur première de nos désirs !

"Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi." ("Du côté de chez Swann", Marcel Proust)

Merci pour ce partage !


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