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Poésie classique
Miguel : L'Été instruit par l'Hiver
 Publié le 23/06/13  -  11 commentaires  -  1827 caractères  -  179 lectures    Autres textes du même auteur

La raison du plus sot n'est jamais la meilleure.


L'Été instruit par l'Hiver



L'Été splendide et vain raillait le pâle Hiver :
"Que j'ai pitié de vous dont les froides haleines
Glacent le haut des monts et dénudent les plaines,
Blessant tout ce qui vit des morsures de l'air !
Partout où votre souffle passe,
Un silence de mort s'empare de l'espace.
Dans vos stériles jours, avares de soleil,
On voit longtemps languir la terre dépouillée,
Et les bois et les champs, à la face mouillée,
Attendent le retour des grâces en sommeil.
Tandis qu'aux jours de gloire où brille ma lumière,
Les chants de mille oiseaux bercent l'immensité,
Et dans chaque repli des sillons de la terre,
Règnent mon opulence et ma fécondité.
Je donne au genre humain les moissons, les vendanges,
Tandis que vous portez l'image du trépas.
On ne connaît chez vous ni roses, ni mésanges :
Que les ans seraient doux si vous n'existiez pas !"
L'Hiver à la face livide
Ne pipe mot, ne fronce ride :
Il saura bien, à sa façon,
Enrichir l'insolent d'une bonne leçon.
Lorsque revient son tour, la froidure ordinaire
N'endort point le sein de la terre ;
Même au cœur de janvier la vermine y prospère ;
Le ciel n'arrose point la face des guérets ;
Les midis sont brûlants, les soirs à peine frais.
La plante et l'animal, que trompe ce manège,
Ne sont point assoupis sous le drap de la neige,
Et rien ne peut alors goûter ce grand repos
Qui rend avril frais et dispos.
L'Été revint, mais la terre trop sèche
Ne produisit raisin, pomme, abricot, ni pêche ;
Le peu qui vit le jour fit le festin du ver
Épargné par l'Hiver.

Sache honorer la main modeste
Dévouée à d'ingrats travaux :
Sans ses efforts, obscurs mais beaux,
Tu ne saurais faire le reste.


 
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   Ioledane   
10/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voilà une fable pleine d’esprit, et fort joliment réalisée !
La chute et la morale sont sans surprise, mais cependant bien amenées.
Le rythme navigue avec aisance entre les alexandrins et les octosyllabes ; on relèvera également un décasyllabe et un hexasyllabe, malheureusement isolés.

Je ne trouve pas très gracieuse la formulation « Ne produisit raisin, pomme, abricot, ni pêche », pas plus que la sonorité de « Dévouée à » (ou-é-a) ; cet effet traînant pourrait être évité par exemple avec « Dévolue » ou « Consacrée ».

J’aime assez la charnière du poème :
« L'Hiver à la face livide
Ne pipe mot, ne fronce ride ».

Bel incipit, beau développement, belle morale.

   rosebud   
13/6/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Cette gentille fable très moralisatrice ne me semble pas à la hauteur de ses ambitions.
Nulle part je crois (peut-être y a-t-il des exceptions?), La Fontaine ne fait jouer ses animaux à contre-emploi: le lion est féroce, le renard est rusé, le chien servile, le serpent sournois, la fourmi industrieuse, etc. Bien sûr, les animaux parlent, un renard aime le raisin et le corbeau le fromage, mais ce sont des fables, n'est ce pas? Par contre un hiver qui joue à l'été, ça sent l'entourloupe, l'histoire ne tient plus debout et la morale perd toute saveur.
Le style me paraît aussi un peu balourd:
"ne pipe mot, ne fronce ride"
"qui rend avril frais et dispos"
"Le ciel n'arrose point la face des guérets"

   Anonyme   
15/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour ! La Fontaine est me semble t-il de retour et c'est une très bonne nouvelle... Très jolie fable que devraient méditer ceux qui se plaignent de l'hiver. Chaque saison, même la moins aimée, comme chaque main, même la plus modeste, a sa raison d'être !

Très bien vu et fort bien écrit, quelques vers sont vraiment de toute beauté... J'ai beaucoup aimé ! Bravo à l'auteur...

   Mona79   
23/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Eh ! oui ! Pourquoi ne pas faire parler les saisons autant que les animaux ? Tout à son mot à dire dans notre nature si belle et si variée et l'hiver ma foi vaut bien l'été brûlant dont il est si difficile de se préserver. En hiver on se couvre, on se chauffe, mais l'été quel souci pour se garder au frais... Vous avez bien su rendre les méfaits de l'un et les bienfaits de l'autre. Bravo !

   Anonyme   
23/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le père Salomon est passé par là… « Il y a une saison pour tout, un temps pour chaque intention sous les cieux », Ecclésiaste, III,1.
Que certains n’aiment l’eau que dans le pastis et le froid que sous forme de climatisation, la chose est connue — et aucune fable ne les fera changer d’avis. Les dérèglements climatiques, peut-être… C’est davantage aux enfants, pas encore obsédés par la clim et le pastaga, ou bien aux déjà convertis (j’en suis…) que cette lecture plaira.

Je trouve juste la moralité superflue. La leçon était fort bien assenée par ce final :
« Le peu qui vit le jour fit le festin du ver
Épargné par l’hiver. »
Et pan.

En passant, l’été se trompe en gros et en détail : les mésanges font justement partie des oiseaux qui ne migrent pas systématiquement en hiver — pas toutes les espèces, en tout cas :)…

   Folibri   
23/6/2013
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Ces vers font de bons vers oubliés, ils ajoutent matière à toutes les approximations du passé, on les dirait même, de toute leur maladresse, provenus d'un vieux français traduit. Écoutons Vivaldi et jetons ces mauvais vers, qu'ils retournent à la terre ; oublions-les.

   Anonyme   
24/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dommage, Miguel, que le titre nous annonce trop vite la morale.

Les saisons nous changent un peu des animaux de la ferme, de la brousse, et d’ailleurs. On aurait pu aussi laisser leur place aux cousins le Printemps et l’Automne, qui sont quand même les entremetteurs des deux autres. Car la nature est bien faite et ne transforme jamais si vite le feu en glace.

Pour le reste nous avons droit comme il se doit à la leçon de sagesse et de vertu tambourinée dès le titre, ce qui rend la morale un peu trop attendue.
Tout ça dans une versification très riche où les rimes s’en donnent à cœur joie, jouant de toutes les variantes au gré de l’action, et où les vers respirent à un rythme classique autorisé : alexandrins, octosyllabes ou décasyllabes.
Sujet pas très excitant, tant cette brouille paraît n’être qu’une glose entre deux vieux copains qui concourent pour le prix de la plus grande mauvaise foi.

Cordialement
Ludi

   Hananke   
24/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

J'ai horreur de l'hiver mais on ne peut s'en passer.

Cette jolie fable nous le rappelle de bien belle manière.

Bel écrit j'ai bien aimé.

Bien à vous.

Hananké

   merseger   
24/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cher Miguel,

La fable est un exercice difficile, surtout quand on s'attache à lui donner une forme impeccable, ainsi que vous le faîtes. Il faut du souffle et beaucoup de travail pour faire en sorte d'amener une morale de façon aussi logique et au fond humoristique. La richesse du vocabulaire, le choix judicieux de l'argumentation, la richesse de la rime comme la variété expressive du rythme font de votre poème une réussite. Vous me semblez réellement exceller dans ce genre et j'attends votre prochaine publication avec gourmandise.
N'attachez aucune importance aux commentaires vénéneux des (nouveaux et rares, heureusement) Trissotins du Web qui semblent avoir la griffe plus aiguisée que la plume.
Merci pour cette belle lecture.

   jfmoods   
23/3/2018
Cette fable en hexasyllabes, octosyllabes, décasyllabes et alexandrins est composée d'une strophe de 35 vers et d'un quatrain. Les rimes, embrassées, suivies et croisées, sont suffisantes et riches, majoritairement féminines.

Au fil des 18 premiers vers, l'été, personnifié, développe un argumentaire verbeux marqué par le dénigrement de l'hiver (champ lexical de la violence : "Glacent", "dénudent", "Blessant", "morsures de l'air", hyperbole : "tout ce qui vit", complément de lieu : "partout", adjectifs qualificatifs : "stériles", "avares", champ lexical de la destruction : "silence de mort", "image du trépas") et par une auto-satisfaction tapageuse ("aux jours de gloire où brille ma lumière", "Règnent mon opulence et ma fécondité", "Je donne au genre humain les moissons, les vendanges", hyperbole : "Les chants de mille oiseaux").

Les 17 vers suivants développent l'argumentaire silencieux de l'hiver ("Ne pipe mot"). Celui-ci va pour ainsi dire prendre au mot un souhait inconsidérément émis ("Que les ans seraient doux si vous n'existiez pas !"). En se refusant à jouer son rôle traditionnel (abondance des négations : "la froidure ordinaire / N'endort point", "Le ciel n'arrose point", "La plante et l'animal... / Ne sont point assoupis", "rien ne peut alors goûter ce grand repos"), il va mettre en évidence l'importance capitale qui est la sienne dans le cycle de la vie.

Ramenée à l'échelle de l'humanité commune, "L'Été instruit par l'Hiver" laisse entendre que la réussite d'une équipe tient au respect du travail de chacun (métonymie : "la main modeste").

Merci pour ce partage !

   Brume   
23/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel

Magnifique seconde partie! Autant je déteste l'Hiver, autant sa partie m'a transpercé.
La partie Été fait rêver. Mais j'ai été obnubilé par la puissance d'évocation de l'Hiver, qui n'a pas besoin de verbiage pour démontrer la mort des éléments, la famine, dû à son absence. La grande misère.
Et la dernière partie ne s'essouffle pas en puissance ! Une répartie qui cloue le bec !


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