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Poésie classique
Miguel : Plaidoyer pour ma Citroën
 Publié le 30/10/19  -  14 commentaires  -  1375 caractères  -  199 lectures    Autres textes du même auteur

Un peu de lyrisme à propos d'une voiture pleine de charme et de mérite, aujourd'hui recherchée en collection, et attachée pour toujours à l'image d'un certain président français. Mais cet hommage vient de mon coeur et de mon amour pour la voiture elle-même.


Plaidoyer pour ma Citroën



Quoi ! lâcher ma CX ! Ah, non ! Plutôt la mort !
Brisons là, mes amis, je sais bien que j’ai tort,
Que ma vieille voiture a toujours quelque panne
Et que vingt mécanos vivent de cette manne,
Et qu’avec tout l’argent pour ses soins englouti,
J’aurais pu me payer quatre Maserati.
Je ne connais que trop vos justes remontrances ;
Mais vous, que savez-vous de l’extase et des transes
Que donne son volant dès qu’on l’a dans les mains ?
Pour son cœur hydraulique il n’est point de chemins
Qui ne semblent tissés de velours et de soie,
Et quand mon pied rageur la lance sur la voie,
Attelée à cent vingt fiers et fougueux chevaux,
Dans ce magique instant qu’importent ses défauts ?
Plus d’un jeune blanc-bec, qui s’est bien moqué d’elle,
Apprend l’humilité dans son nouveau modèle :
Il presse des deux pieds son accélérateur,
Mais il est tout petit dans mon rétroviseur.
Ma CX a reçu de sa mère déesse
La puissante beauté, le confort, la souplesse,
Et dans ce grand vaisseau l’on ne croit point rouler,
Tant le voyage est doux, mais bien plutôt voler.
Oh ! que jamais mon bras n’ouvre une autre portière,
Que l’objet de mes vœux comble ma vie entière,
Et que le Ciel clément, touché de tant d’amour,
Me garde ma « Citron » jusqu’à mon dernier jour !


 
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   papipoete   
9/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
classique
Aimer ! ah quel verbe ! on le conjugue pour l'être cher, la bête de compagnie, et là une automobile !
Sans doute un, sinon le verbe le plus employé dans la bouche de qui vibre pour cet " autre " !
L'auteur est en amour pour celle, avec qui il roule chaque jour depuis si longtemps, au point de n'en point vouloir changer, jusqu'à ce qu'on interdise la circulation automobile...
NB et l'héroïne fait passer tous ses caprices à son maître ; toute panne ( rarissime sans doute ) sera réparée coûte que coûte !
Je suis " Citroën " comme l'auteur, et la CX ne fut pas pour moi " le modèle " ! Un DS m'eut fait davantage fantasmer, mais ma XANTIA me rendit vraiment heureux durant des années ( et aujourd'hui encore, elle n'a pas vieilli quand on la croise ! )
Je comprend que notre pilote en parle aussi brillamment comme aux 5e et 6e vers...
des alexandrins parfaitement " classiques " ! elle ne se refuse rien votre Citron !
papipoète

   ANIMAL   
12/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte très atypique qui encense un objet moderne, pourquoi pas ? Un cheval vapeur peut en valoir un brouteur.

Non seulement j'ai souri mais j'ai ri en lisant ce bel hommage à une belle mécanique. Eh oui, on peut aimer des objets car certains ont une âme (je ne vais pas paraphraser la célèbre citation).

Ce poème est sans défaut à mes yeux, dans sa forme aussi bien que dans son contenu. Fi des jaloux et des médisants, l'aficionado de la "Citron" les tacle avec finesse et sa puissante machine les laisse loin derrière.

Mes vers préférés parmi cette foison de beaux mots :

"Pour son cœur hydraulique il n’est point de chemins
Qui ne semblent tissés de velours et de soie,"

Ce n'est pas un plaidoyer, c'est un éloge !

en EL

   Michel64   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà qui est plutôt bien dit et avec humour.

J'aurai toutefois préféré une mise en quatrains pour aérer l'ensemble.
De plus, deux vers successifs commençant par "Et que..." et le grand nombre de "que..." un peu partout dépoétisent un peu.

Je ne suis pas sûr que la catégorie classique soit retenue ("Attelée à cent-vingt..." semble ajouter un pied au vers) mais je laisse les spécialistes trancher cela.

Pour le fond, le "pied rageur" et la partie concours de puissance avec le "blanc-bec" me parait un peu dépassée. Mais c'est pas grave, j'ai eu plaisir à lire ce texte bien tourné.

Peut-être un poème lâché un peu tôt ?

Au plaisir de vous relire.

Michel64 (commenté en EL)

Edit: Je me suis trompé , la catégorie "classique" était tout à fait recevable. Je remonte donc un peu mon appréciation.

Bravo Miguel

   Queribus   
16/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La bonne surprise du matin. Voilà un texte qui met de bonne humeur par son humour et sa fraicheur. Votre texte est cour;t il se lit facilement avec des mots simples. mais je pense qu'il a dû demander une très grande rigueur dans son écriture. De plus, il fait preuve d'une parfaite maitrise de la poésie classique. Allier humour et rigueur en respectant toutes ces bonnes vieilles règles que beaucoup dénigrent, voilà un pari que peu de poètes peuvent tenir.

Chapeau l’artiste et faites-nous vite d'autres poèmes de ce tonneau.

   Corto   
17/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Même pour moi qui n'ai eu de cette marque que quelques 2 chevaux asthéniques, je trouve ce poème réjouissant.
Le rythme de l'enthousiasme se trouve à chaque vers, dès le premier qui rendrait jaloux Don Quichotte...

On trouve sous ce rythme classique quelques perles: "Et qu’avec tout l’argent pour ses soins englouti,
J’aurais pu me payer quatre Maserati."

ou: "Pour son cœur hydraulique il n’est point de chemins
Qui ne semblent tissés de velours et de soie".

encore: "Il presse des deux pieds son accélérateur,
Mais il est tout petit dans mon rétroviseur."

Belle image avec "Ma CX a reçu de sa mère déesse
La puissante beauté, le confort, la souplesse".

Le sujet est léger mais vise bien sa cible. Les formulations sont bien ajustées.

Bravo à l'amoureux de son volant d'exception.

   sympa   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une belle" déclaration d'amour" pour votre vieille CX si belle , si confortable que vous ne voudriez pour rien au monde abandonner.
J'ai beaucoup aimé votre plaidoyer écrit avec des vers simples ( idéaux pour le sujet traité) et teintés d'un humour réjouissant et agréable.

Au niveau de la prosodie, elle est respectée et maîtrisée.
J'ai beaucoup aimé ce passage :

"Plus d’un jeune blanc-bec, qui s’est bien moqué d’elle,
Apprend l’humilité dans son nouveau modèle :
Il presse des deux pieds son accélérateur,
Mais il est tout petit dans mon rétroviseur."

Il me rappelle mon enfance quand je me moquais de la 2CV de mon père .
Pourtant, avec le recul, et l'âge aussi, j'aurais adoré en avoir une.

Édit : oups...j'ai confondu DS avec CX , j'ai donc effacé la phrase.

Merci pour ce bon moment passé en votre compagnie et celle de votre CX ( et non "déesse ") !

   Hananke   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Un texte jubilatoire comme je les aime. Une bonne pub aussi pour
une voiture qui marqua son époque mais moins peut-être
que "sa mère déesse".
Quelques expressions que j'aime bien comme :
son coeur hydraulique, sa mère déesse, me garde ma Citron.
Entre autres.
Un texte qui se veut plaidoyer pour une voiture peut être poétique,
nous en avons la confirmation en lisant celui-là.

   Robot   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ma foi, cette CX méritait bien un classique plein de verve et d'humour. Les vers rendent bien la passion qui lie le narrateur à son véhicule de rêve.

"Et dans ce grand vaisseau l’on ne croit point rouler,
Tant le voyage est doux, mais bien plutôt voler."
Si j'ai moins apprécié ces deux vers moins léger dans l'ensemble je me suis retrouvé dans les quatre vers de conclusion.

   Anje   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème en douze temps actionnés par de superbes cylindres en lignes ! Une distribution par chaine inclassable. Une mécanique parfaitement huilée habillée d'un châssis inoubliable de félinité. Magnifique classique superbement conduit qui trouverait sa place dans tous les bons salons auto-rétro.
Bravo !

   Annick   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le poème commence par un cri : "Quoi !" Le premier vers montre un narrateur bien décidé à en découdre avec quiconque voudrait lui faire lâcher sa CX :

"Quoi ! lâcher ma CX ! Ah, non ! Plutôt la mort !"

"Je ne connais que trop vos justes remontrances ;
Mais vous, que savez-vous de l’extase et des transes
Que donne son volant dès qu’on l’a dans les mains ?"

Le ton est donné, passionné, vindicatif, les mots sont à leur paroxysme .
On sait tout de suite à qui on a à faire : un fan(atique) de la CX, fille de l'inénarrable DS dont elle a pris, par atavisme, de nombreuses qualités.

Pas de combat entre la raison et le cœur, c'est ce dernier qui gagne sur tous les plans.
Et le narrateur carrément fou d'amour pour cette voiture personnifiée, au cœur hydraulique, n'en finit pas d'énumérer ses nombreuses qualités.

Le locuteur m'a fait rire car il a des élans de tragédien, un ton emphatique, et emploie des hyperboles à la pelle pour ce destrier...mécanique.

Sa CX, c'est la plus belle, la plus confortable, la plus rapide :

"Plus d’un jeune blanc-bec, qui s’est bien moqué d’elle,
Apprend l’humilité dans son nouveau modèle :
Il presse des deux pieds son accélérateur,
Mais il est tout petit dans mon rétroviseur."

Bref, il l'aime comme au premier jour et la gardera jusqu'à son dernier jour ! C'est la voiture de sa vie !

J'ai beaucoup apprécié ce poème, son traitement, mais je garde un œil distant et en même temps amusé face à ce narrateur fou dingue qui établit une relation affective, passionnée, voire exaltée avec un engin mécanique.

Ha! Ha!

   grandin   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le premier vers me paraît horrible, tant tout le reste est splendide.
L' apologie d'un véhicule. Comment être plus convaincant ? Le narrateur donne les raisons pour lesquelles il est passionné par cette voiture dans un style impeccable.
Je note Beaucoup +++.

   Cristale   
30/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Élégie pour Dame CX
On ne peut reprocher au narrateur son manque de passion: sa plume roule à fond, son réservoir rempli d'une encre Super, elle nous transporte sur sa route poétique sans qu'aucune panne ne vienne dérégler la mécanique.

"Attelée à cent vingt fiers et fougueux chevaux,
Dans ce magique instant qu’importent ses défauts ?"

Il serait dommage de laisser un si beau chassis classique garé dans une marge :)

Bravo et merci Miguel
vous êtes si bon conducteur de vers que pas un seul instant je n'ai mis le pied sur le frein.

   Davide   
31/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel,

Un plaidoyer que j'ai eu plaisir à lire et à relire. Une très belle maîtrise du classique au service d'un partage émouvant, tendre et drôle à la fois, où le second degré n'a de cesse de nous ravir.

Pour le détail, j'aurais mis des points d'interrogation dans le premier vers ("Quoi ? lâcher ma CX ?") et je trouve la tournure de cette expression un peu "lourde" pour évoquer une voiture volante : "mais bien plutôt voler".

Mais quoiqu'il en soit, un très beau poème !

   jfmoods   
3/11/2019
Ce poème, de tonalité comique, se décline en 4 mouvements.

L'entame, ponctuée d'exclamations (vers 1 : "Quoi ! lâcher ma CX ! Ah, non ! Plutôt la mort !") présente le cri du coeur d'un homme pour sa voiture adorée.

Une argumentation se déploie alors en deux temps.

Au fil des vers 2 à 7, le poète reconnaît, devant son entourage, que ce véhicule chéri lui occasionne de somptuaires dépenses (concessions des vers 2 et 7 : "Brisons là, mes amis, je sais bien que j’ai tort", "Je ne connais que trop vos justes remontrances", feu nourri d'hyperboles aux vers 3, 4, 5, 6 : "ma vieille voiture a toujours quelque panne", "vingt mécanos vivent de cette manne", "avec tout l’argent pour ses soins englouti, / J’aurais pu me payer quatre Maserati").

Cette entrée en matière "à charge" lui permet ensuite de se justifier (vers 8 à 22), de mettre en avant les qualités exceptionnelles d'une automobile de souche divine (vers 19-20 : "Ma CX a reçu de sa mère déesse / La puissante beauté, le confort, la souplesse"), source inépuisable de fierté (marqueur temporel du vers 12 : "quand mon pied rageur la lance sur la voie, / Attelée à cent vingt fiers et fougueux chevaux", litote des vers 15-16 : "Plus d’un jeune blanc-bec, qui s’est bien moqué d’elle, / Apprend l’humilité dans son nouveau modèle", construction concessive des vers 17-18 : "Il presse des deux pieds son accélérateur, / Mais il est tout petit dans mon rétroviseur") et dispensatrice d'incomparable félicité (question rhétorique du vers 8-9 : "vous, que savez-vous de l’extase et des transes / Que donne son volant dès qu’on l’a dans les mains ?", négation catégorique des vers 10-11 : "il n’est point de chemins / Qui ne semblent tissés de velours et de soie", marqueur temporel : "Dans ce magique instant", processus rectificatif avalisant la magie à l'oeuvre aux vers 21-22 : "dans ce grand vaisseau l’on ne croit point rouler, [...] mais bien plutôt voler", marqueur d'intensité : "Tant le voyage est doux").

Les 4 derniers vers offrent l'occasion d'une envolée lyrique du plus bel effet comique (exclamatives exaltées à rythme ternaire et ascendant aux vers 23, 24 et 25, négation catégorique du vers 23 : "jamais mon bras n’ouvre une autre portière", périphrase laudative du vers 24 : "l’objet de mes vœux comble ma vie entière", marqueur d'intensité du vers 25 : "touché de tant d’amour", recours à une intercession mystique aux vers 25-26 : "que le Ciel clément [...] / Me garde ma "Citron"", limite temporelle du vers 26 : "jusqu’à mon dernier jour"). Comme à une promise sur l'autel, le poète jure à sa voiture une éternelle fidélité.

Merci pour ce partage !


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