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Poésie contemporaine
Pandelle : L'homonyme à l'amour
 Publié le 21/06/18  -  4 commentaires  -  1500 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Le bleu et le rouge ça fait "blouge"; ça ressemble à "blues" et puis ça ressemble à violet, aussi...


L'homonyme à l'amour



Dans la nuit anthracite, entre résine et gris,
Savamment, je garnis l'œil de ma marseillaise ;
Qu'il me guide sans bruit, de son regard de braise,
Vers son lointain pays sous les wili-wilis.

Son panache m'offrant, comme aux malihinis,
Ce collier que, bientôt, (faut-il que je le taise ?)
À l'eau je jetterai, qu'au pied de la falaise,
Vienne se fracasser l'espoir que je nourris.

Ces mots d'amour torchés, ces étrons dans leurs langes,
Ces traces sur papier, ces terribles louanges,
Qu'emporte le flacon dépourvu de livreur,

Me laissent acculé comme une pauvre bête
N'ayant plus de cerveau mais seulement un cœur
Qui bat dans sa poitrine ainsi que dans sa tête.

Un vieux cheval sabote à présent les pavés.
Sur un tapis d'Alger, ramené de la guerre,
Je me laisse allonger, plaquer le ventre à terre.
Les pays envahis ont le goût des navets !

Un macaque s'enfuit quelques fruits dérobés
Chez un marchand du souk servant une moukère.
Le singe me sourit, m'offre une orange amère
Comme pour me lester aux vergers dévastés.

Quand l'Une m'apparaît, trébuchant des trottoirs,
Apportant l'allumette éclairant nos couloirs.
Tous les plus grands brasiers naissent d'une étincelle.

Quel est donc ce vannier qui fit ce pont d'osier,
Enjambant le néant, où l'on tremble et chancelle
Comme deux bigarreaux sur l'anse d'un panier ?


 
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   Lulu   
21/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'aime bien les mots de présentation du poème. Ils m'ont plus interpellée que le titre qui ne m'a pas vraiment évoqué grand-chose de prime abord.

A la lecture du poème, j'ai d'office été touchée par la musicalité liée aux assonances en [i] de la première strophe. L'ambiance s'y installe déjà, et le mot "panache" qui entame la seconde strophe m'a emportée pour de bon.

Le poème me semble sculpté, travaillé dans le sens positif du terme. Il est sonnet, il est autre chose. Il est tout cela à la fois "Ces mots d'amour torchés" ; "Ces traces de papier" essentiels comme des battements de coeur.
Je n'ai pas trop compris ce que vous vouliez dire par "Les pays envahis ont le goût des navets", mais peut-être est-ce seulement l'impression anodine, la première qui m'est venue à l'esprit. Je trouve toutefois dommage, mais tout dépend de l'accent que l'on a, de faire rimer "pavés" et "navets" (je prononce "navè…).

L'ensemble est vraiment très bien construit, et plaisant à lire.

Bravo Pandelle et au plaisir de vous relire !

PS : Je préfère la première partie à la seconde. Je l'ai en effet trouvée plus chantante, plus musicale, mais je ne doute pas que l'ensemble a été travaillé avec la même attention.

   jfmoods   
22/6/2018
Ce sonnet au carré en alexandrins est à rimes embrassées, suivies et croisées, pauvres, suffisantes et riches, égalitairement réparties entre masculines et féminines, avec glissement assonantique au vers 18.

I) Le portrait d'un homme en bout de course

1) La traversée d'un conflit

L'image du soldat capturé s'impose ("Sur un tapis d'Alger, ramené de la guerre, / Je me laisse allonger, plaquer le ventre à terre"), celle d'un homme usé (périphrase dépréciative le désignant : "Un vieux cheval", constat amer : "Les pays envahis ont le goût des navets").

2) Une fin inéluctable

La mort s'approche (allégorie : "Vienne se fracasser l'espoir que je nourris", métaphores : "aux vergers dévastés", "ce pont d'osier, / Enjambant le néant", comparaison : "où l'on tremble et chancelle / Comme deux bigarreaux sur l'anse d'un panier").

II) L'image d'une femme

1) L'incendie des sens

Le champ lexical du feu ("son regard de braise", "l'allumette", "brasiers", "étincelle") accompagne l'évocation très allusive d'une femme aimée, présentée de manière mystérieuse (métonymie : "l'œil de ma marseillaise", majuscule soulignant le statut électif : "l'Une").

2) Un amour perdu ou imaginaire

Cette relation, profondément discréditée (démonstratifs : "Ces mots d'amour torchés, ces étrons dans leurs langes"), signale une allégorie, forme sans consistance du désir (images du fantasme : "son lointain pays sous les wili-wilis", "le flacon dépourvu de livreur").

Le titre du poème semble être un pied de nez à la chanson de Piaf ("L'hymne à l'amour"), à l'idéal amoureux qu'elle véhicule. "L'homonyme à l'amour" présente l'apparence d'un comblement mais n'est, en définitive, qu'une coquille vide, qu'une parodie triste et grinçante.

Merci pour ce partage !

   sympa   
25/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Je dois vous avouer que je n'ai pas tout compris ( probablement mon manque d'expérience) mais votre poème ( double sonnet ), est bien écrit et se lit agréablement. En plus je ne savais pas que ce sonnet au carré existait. Du coup je me coucherai moins bête !
Merci!

   Eclaircie   
9/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pandelle,

Votre poème mérite vraiment que l'on vienne le lire et le commenter.

Deux sonnets l'un après l'autre ? Est-ce une forme qui a un nom ?
Pas facile pour moi de commenter ce superbe poème, je ne connais pas vraiment le classique, ses variantes néo, contemporaines et n'ai pas saisi toutes les allusions si bien imagées que vous nous offrez.

Je voudrais tout de même saluer votre composition qui si elle présente une forme classique se détache très bien du vocabulaire et dus sujets que trop souvent on lui trouve associée.

Je ne suis pas surprise de votre présentation de ce bon poème, la vidéo que vous avez postée sur le fil se prête si bien à la lecture de votre écrit et à le commenter.

Merci du partage,
Éclaircie


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