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Poésie néo-classique
sympa : Impasse
 Publié le 27/05/18  -  20 commentaires  -  764 caractères  -  298 lectures    Autres textes du même auteur

Un vieil homme désespéré suite au décès de sa femme.


Impasse



Passez votre chemin, chez moi c'est une impasse :
Il n'y a, par ici, qu'une ombre qui trépasse
Les badauds, les curieux, vous n'y verrez plus guère
Qu’une maison hantée par une âme en jachère.

La porte est verrouillée, les contrevents sont clos,
Les poules ne sont plus enfermées dans l’enclos,
Le chien s’en est allé rejoindre sa maîtresse ;
Je ne sais s’il est mort de spleen ou de vieillesse.

Sans elle je ne suis que l’ombre de moi-même,
Un vieillard fatigué, effrayant, le teint blême,
Elle était celle qui faisait battre mon cœur.

Depuis qu’elle n’est plus, il se tord de douleur.
Si vous êtes venus voir l'ami Benjamin,
Le portail est fermé, passez votre chemin.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Provencao   
7/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle touchante et émouvante poésie....
Un bonheur de construction et de vibrations, si je peux me permettre

J' ai apprécié particulièrement ces vers:

"La porte est verrouillée, les contrevents sont clos,
L es poules ne sont plus enfermées dans l’enclos,
Le chien s’en est allé rejoindre sa maîtresse ;
Je ne sais s’il est mort de spleen ou de vieillesse."

où le présent de la vie, le présent du vécu, celui qui possède une épaisseur, n’apparaît plus alors que comme moyen de transvaser le futur dans le passé .

"Passez votre chemin" devient en quelque sorte le garant de l'âme et porteur d'un demain immobile que l'on pourrait appeler l'éternité.....

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Queribus   
15/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un superbe sonnet irrégulier, sur le temps qui passe, la solitude, la vieillesse, la disparition des êtres chers; les sujets sont très classiques mais traités d'une manière émouvante et originale avec de belles images poétiques. Le texte se lit facilement et c'est sa simplicité qui fait son charme.

En résumé, un bon moment passé à vous lire; en attente de nouveaux sonnets de ce type.

Bien à vous.

   Francois   
15/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un sonnet néoclassique émouvant, racontant avec pudeur la détresse et la solitude d'un vieil homme.
Les quatrains sont excellents, notamment le premier, avec cette "maison hantée par une âme en jachère'.
J'aime moins les tercets, qui me semblent plus convenus.

Sur un plan technique, subsistent l'une ou l'autre faute de frappe ou de ponctuation...
Ainsi, les deux premiers vers devraient s'écrire, selon moi :
"Passez votre chemin, chez moi c'est une impasse :
Il n'y a par ici, qu'une ombre qui trépasse."
Ou
"Sans elle, je ne suis que..."
Un peu dommage, mais facile à corriger !

   Hananke   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Un bon texte sur la solitude de l'abandon : elle est partie, je reste seul
dans ma grande maison.
Beaucoup de belles images : impasse, ombre qui trépasse, âme en jachère, etc...
Oui, un bon poème sur une réalité triste.

   Marite   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Depuis le temps que j'attendais ce genre de poème ... celui qui dévoile un état d'âme sans fioriture où le fond et la forme s'accordent pleinement et nous touche en plein coeur. Merci infiniment Sympa.

   Lulu   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Sympa,

Je suis très touchée par ce texte que j'ai trouvé très fluide et émouvant de par son thème.

Les rimes m'ont séduite à partir de la seconde strophe. A la première, "impasse" / "trépasse" m'a semblé un peu lourd, mais sans doute est-ce parce que c'est le début et que vous avez fait le choix de faire des rimes suivies, lesquelles ne sont pas toujours les plus belles à mes yeux.

A la seconde strophe, ce constat dépassé, je me suis laissée prendre par cette solitude mise en perspective, et curieusement j'ai aimé les rimes suivies "maîtresse" / "vieillesse". Ces mots donnant de l'ampleur au poème par petites touches de précisions.

Le réalisme est rendu par la présence des "poules [qui] ne sont plus enfermées dans l'enclos..." etc.

Je trouve ce poème fort simple dans ce qu'il exprime, mais c'est précisément ce qui me touche. Vous ne vous êtes pas efforcé à chercher à faire beau, et c'est précisément ce qui est beau dans ce poème. Il sonne juste.

Sur le thème, je le trouve triste, et si bien formulé pour dire cette réalité que nombre de gens vivent de nos jours. Merci de l'avoir écrit.

Bonne continuation.

   Louison   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau texte, sans fioriture inutile. J'y entends une colère triste.

J'aime particulièrement :
Les badauds, les curieux, vous n'y verrez plus guère
Qu’une maison hantée par une âme en jachère.

   Vincendix   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Triste et cruel mais pourtant tellement vrai, je n'ose penser à ce que je deviendrais dans un tel cas, avec notre maison, notre jardin et mon âme en jachère!
Vincent

   jfmoods   
27/5/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes suivies, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

Je suis un peu dérouté par l'absence de ponctuation en fin de vers 2. Un point ou un point-virgule me semblerait judicieux. J'aurais mis une virgule après "moi", au vers 1, et une autre après "elle", au vers 9.

Le jeu des litotes ("elle n’est plus", "Le chien s’en est allé rejoindre sa maîtresse") marque, par la double absence, la profondeur d'une détresse qui rien ne saurait soulager et que l'adresse à tout visiteur potentiel (écho, à l'impératif, de l'entame et de la chute : "Passez votre chemin", "Les badauds, les curieux, vous n'y verrez", "Si vous êtes venus voir l'ami Benjamin") rend plus déchirante encore.

Les locutions restrictives ("Il n'y a, par ici, qu'une ombre", "vous n'y verrez plus guère / Qu'une maison hantée", "je ne suis que l'ombre"), les métonymies ("une ombre qui trépasse", "une âme en jachère", "l’ombre de moi-même", "le teint blême", "il se tord de douleur") et les périphrases ("Un vieillard fatigué, effrayant", "celle qui faisait battre mon cœur") illustrent l'écrasement inéluctable de la perspective.

Le présentatif ("c'est une impasse") constitue le point d'appui d'un champ lexical de la claustration qui s'éloigne progressivement du centre névralgique du foyer pour mieux souligner l'isolement final du locuteur ("La porte est verrouillée", "les contrevents sont clos", "Les poules ne sont plus enfermées dans l’enclos", "Le portail est fermé").

Allitérations (r, b/p, f/v) et assonances (i, an, ou, in) mettent douloureusement en relief le champ de ruines d'une existence.

Merci pour ce partage !

   papipoete   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour sympa
j'étais persuadé d'avoir commenté votre poème ( le téléphone avec ses panneaux solaires a dû me déranger ! ) , car je me souviens avec précision de vos tristes vers !
Thème intemporel, car même à la préhistoire, un couple désuni par la mort, survivait, vivotait .
<< Dans cette maison, il n'y a plus rien à voir ; il y a bien moi, mais ne vous parlerai pas ; ma voix s'est tue quand le reflet de mon coeur s'est éteint ; je n'ai plus goût à rien ; même mon chien s'en est allé rejoindre ma mie .
Circulez, ya rien à voir ! >>
le 4e vers donne le " la " de cette complainte de Benjamin ( qu'il chante à lui-même, puisqu'il ne veut voir personne ! )
j'aime bien la liaison entre les tercets " elle était celle qui faisait battre mon coeur /depuis qu'elle n'est plus, il se tord de douleur "
" néo-classique " sans faille !

   PIZZICATO   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Parmi les situations qui parcourent une vie, c'est celle qui, indéniablement, est la plus accablante : la disparition de l'âme soeur.
Sans pathos ni larmoiement, elle est relatée ici avec réalisme.

"Si vous êtes venus voir l'ami Benjamin,
Le portail est fermé, passez votre chemin "...

   Recanatese   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
Un thème souvent casse-gueule que vous avez traité avec justesse, sans excès de pathos et pourtant il m'a ému ce sonnet. Je l'ai trouvé "lisible"", dans le sens noble du terme. J'aime beaucoup les quatrains et le dernier tercet. Le premier tercet me semble un peu en dessous. Cela dit, ce "je ne suis plus que l'ombre de moi-même", qui peut sembler un peu convenu, me paraît justifier le passage du "je" au "il" , qui, pour le coup, est tout à fait pertinent.
Merci pour ce partage
Bien à vous
Recanatese

   David   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour sympa,

Il y a un changement dans la dernière strophe, le narrateur semble parler de lui à la troisième personne. L'expression "passez votre chemin" qui ouvre et clôt le poème est elle aussi une étrangeté syntaxique d'ailleurs, faire passer son chemin c'est un peu comme faire avancer un troupeau, ça ne ressemble pas à une expression directe de son propre pas.

La dernière strophe permet aussi de présenter Benjamin, qui semble être le nom du vieillard, comme les badauds, les curieux, les poules, le chien dont il est question à la seconde strophe, ils semblent des personnages de ce chemin qu'il faut passer.

L'atmosphère semble décrire le fantôme encore parmi les vivants de tous ce qui n'est plus pour lui.

   Anonyme   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour sympa ! Votre impasse ne m'a pas laissé insensible. Dommage toutefois que vous n'ayez pas fait l'effort de coller d'un peu plus près à la prosodie classique ( non alternance des rimes, hiatus,métrique ). La catégorie que vous avez choisie ne l'imposait pas mais ces "petits plus" facilitent grandement la lecture.
L'idée de commencer et de terminer votre texte par la même expression... "Passez votre chemin" est intéressante.

Bravo et bonne continuation.

   LylianR   
27/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une évocation simple et touchante.

J'aurais préféré à la place des expressions toute faites comme "l'ombre de moi-même", "se tordre de douleur", d'autres plus personnelles.

La strophe que j'ai préférée :

La porte est verrouillée, les contrevents sont clos,
Les poules ne sont plus enfermées dans l’enclos,
Le chien s’en est allé rejoindre sa maîtresse ;
Je ne sais s’il est mort de spleen ou de vieillesse.

   Hiraeth   
28/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème maîtrisé techniquement et agréable à lire, même s'il ne brille pas par son originalité.

Seul bémol : la confusion des pronoms "je" et "il" à la fin est assez perturbante.

   wancyrs   
28/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà un classique qui me touche ! L’emotion dame le pion au rigide de la métrique. Merci !

Wan

   Cristale   
28/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Non, je ne passerai pas mon chemin. Bien déterminée à franchir le seuil d'une si belle poésie, voici l'auteur obligé d'ouvrir le portail de ses mots pour accepter mes compliments les plus sincères.

L'un meurt, l'autre se meurt tels ces magnifiques oiseaux nommés "inséparables".

"Sans elle je ne suis que l’ombre de moi-même,
Un vieillard fatigué, effrayant, le teint blême,
Elle était celle qui faisait battre mon cœur."

Je reste sous le charme d'une écriture fluide et imagée, bien qu'un peu plus de soin concernant la prosodie, l'élision des "e" muets" principalement, aurait complété mon plaisir de lecture. À ce niveau de maîtrise ce ne serait pas une grande difficulté pour l'auteur.

C'est très bien, bravo et merci Sympa.
Cristale

   Eclaircie   
29/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour sympa,

Je ne suis pas une très grande adepte de l'écriture plutôt classique, tant il est difficile d'être original après des siècles de pratique.
Cependant, je vous lis, et j'avoue que l'ensemble a retenu mon attention par l'harmonie entre le fond et la forme. Aussi bien par le vocabulaire que par les situations :
Bien peu de "contrevents, de poulaillers, de maisons hantées, d'enclos" sont légion de nos jours.
On ne "trépasse" plus guère.
Un détail : "Il se tord de douleur" placé avant l'évocation de "Benjamin" ne me semble pas habile ou alors, il aurait fallu une seule virgule à la fin de ce vers. (Et l'emploi de l'expression n'est pas dans le courant du poème plutôt statique).

   Anonyme   
6/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Votre écrit s'inscrit dans la mémoire, car il m'est très parlant.

L'âge avançant peu à peu un isolement volontaire ou pas s'installe pour différentes raisons. Le vôtre est très poignant.

Le titre "Impasse" exprime tout à fait cette impression, le lecteur en découvre toute sa force dans vos propos posés avec justesse et sans maladresse.

L'absence de ce "Elle", se ressent et marque profondément de son empreinte la teneur de vos mots, "Qu'une maison hantée par une âme en jachère", "Sans elle je ne suis que l'ombre de moi-même", dernière citation de votre phrasé qui accentue la détresse immense de celui qui reste.

La tournure de votre dernière strophe m'a interpellé de bien belle manière, elle a fait mouche :

" Depuis qu’elle n’est plus, il se tord de douleur.
Si vous êtes venus voir l'ami Benjamin,
Le portail est fermé, passez votre chemin. "


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