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Réalisme/Historique
PierrickBatello : Lily Bostridge [Sélection GL]
 Publié le 21/08/17  -  11 commentaires  -  15540 caractères  -  80 lectures    Autres textes du même auteur

Chaque année, le patriarche Frank Brightmore raconte en détail la vie tumultueuse de Lily Bostridge sous l’œil médusé de sa famille admirative.


Lily Bostridge [Sélection GL]


Chaque année, c'était le même rituel. Après un déjeuner de 1er novembre passablement arrosé, la famille Brightmore réunie au complet descendait en se courbant l'étroit escalier de pierre bleue usé par les générations précédentes. L'odeur de moisissures de la cave mêlée à celle des vapeurs d'alcool fouettait leur mémoire olfactive et ressuscitait les spectres de l'arbre généalogique. Les plus jeunes qui étaient admis dans le saint des saints pour la première fois observaient un silence religieux, entre dégoût et admiration. Le gravier étalé sur le sol en terre battue crissait sous leurs pas. Au milieu de la cave aux murs noircis par les champignons, trônait l'alambic de l'amiral Brightmore. On amena la jarre et l'alambic déversa son torrent annuel de calvados. Aucune parole n'était tolérée avant que fût goûté le divin nectar. Douze verres en cristal de Bohème furent posés sur le tonneau en chêne bicentenaire frappé du sceau de la distillerie Brightmore. Le patriarche, Frank Brightmore, goûta la première lampée. Ses narines s'entrouvrirent, ses yeux s'écarquillèrent, il déglutit, s'ébroua un bref instant et attendit encore que l'alcool eût livré ses dernières secousses avant de livrer son verdict. « Une grande année ! » Les apôtres de la gnôle engloutirent à leur tour un peu de ce grand cru sous l'œil fier du patriarche.

Frank était un brillant docteur en astronomie. Il avait parcouru la planète pour observer les astres grâce aux meilleurs télescopes. Ses voyages incessants lui permirent également de conquérir plus d'une trentaine de maîtresses qui lui valurent trois mariages, sept enfants, vingt-deux petits enfants, un trou noir de dettes et assez d'emmerdements pour une année-lumière. Son unique loisir était de s'adonner chaque année à la distillation des pommes récoltées dans le verger familial. La distillerie avait arrêté ses activités quarante ans auparavant, quand la tradition du pousse-café était tombée en désuétude dans le pays.


– Allez Frank, raconte-nous encore l'histoire de Lily Bostridge !

– D'accord, mais il me faut un coup de pousse pour me souvenir !


Sous le regard réprobateur des femmes, on servit une nouvelle tournée de calvados fabrication maison. Frank se pinça l'os du nez entre le pouce et l'index droit, il prit une grande respiration et de l'autre main avala cul sec la gnôle. Car il s'agissait bien de gnôle. Malgré le cérémonial et les airs grandiloquents qu'il prenait, Frank n'avait pas hérité du talent de son grand-père dans l'art délicat de la distillation. Son calvados « grande année » lorgnait plutôt vers un antirouille dont quelques gouttes auraient suffi à décaper l'épave du Titanic. Quand chacun eut vidé son verre en évitant la grimace offensante, Frank ordonna aux enfants de remonter à l'étage. Les hommes tenaient leur femme dans leurs bras pour les préserver du froid humide. Frank alluma alors une lampe à huile qu'il déposa sur le tonneau et éteignit l'affreux éclairage au néon. À la lueur orange et virevoltante de la flamme, Frank commença son récit…


Lily Bostridge est née un soir de quatre juillet. Quand elle est était petite, l'assistante sociale lui répétait sans cesse : « Tu vois, c'est pour toi les feux d'artifice. C'est ta mère qui t'envoie un signe depuis le ciel ! » Lily y a eu cru longtemps jusqu'à ce que sa maîtresse d'école lui lance un après-midi de déprime : « Quand on est mort, on est mort. Point barre. » Lily fut très triste d'apprendre cette vérité crue. Lily avait sept ans, elle sortit de l'enfance bien plus tôt qu'il ne le faut. Elle n'a pas eu le temps de développer sa naïveté. Un an plus tard, elle sut que personne n'est innocent en ce monde : elle venait d'apprendre que sa mère était vivante et qu'elle avait accouché sous X.

Lily passa une enfance recroquevillée à se chanter des mélodies imaginaires. Elle s'entraîna au karaté et à quinze ans était ceinture noire deuxième dan. Son premier baiser, elle le ponctua d'un mawashi geri dans le visage éberlué du garçon. Elle ne voulait pas de cet amour qui, immanquablement, finirait usé ou trompé. Elle fit des études de philosophie qu'elle arrêta six mois avant son terme alors qu'elle réussissait brillamment. Le soir, elle chantait dans un club des bas-fonds de Londres : The Getaway. La directrice de l'établissement tomba directement amoureuse d'elle et Lily découvrit les joies et les peines d'être aimée par une femme. Henriane, douze ans de plus qu'elle, lui apprit à aimer l'enivrement et l'exubérance. Pour la première fois dans sa vie, Lily eut un fou rire.

Durant trois ans, sept mois et dix-huit jours, Lily aima Henriane. Henriane ne la trompa qu'un seul soir, une passade, un égarement insignifiant. Lily, inflexible, revêtit sa carapace, quitta Henriane et partit s'installer en Irlande, à Belfast. Elle se perdit dans des beuveries de taverne à coucher avec des partenaires de tous bords dont elle ignorait volontairement le nom. Un soir, alors qu'elle entamait à tue-tête « God fuck the queen » les seins à l'air et les deux pieds sur le comptoir, un producteur la fit descendre et lui fit signer un contrat exclusif de trois ans pour son label de musique rock.

Lily commença par des tournées régionales en Irlande avec un groupe exclusivement féminin dont elle baisa chaque membre. Le groupe se dispersa le temps d'un demi-tube qui arriva jusqu'aux oreilles de la première radio londonienne. Diffusé en boucle, le titre la propulsa au rang de starlette underground. Son producteur la persuada de chanter une reprise de David Bowie. En chantant « Life on Mars » dans une version indie-pop avec un orchestre symphonique, elle passa du statut de star underground à vedette ringarde de télévision. Après avoir été gavée d'interviews sirupeuses, elle mit un terme à sa carrière naissante en déclarant au JT de 18 h sur la BBC One que Lady Diana aurait été beaucoup plus heureuse avec elle dans son lit qu'avec le Prince Charles.

À l'âge où certains essaient de créer une vie de famille, Lily se retrouvait seule, sans emploi et sans économies. C'est en lisant Nietzsche qu'elle eut une révélation. « Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt de le laisser en vie. » Ainsi, elle décida de laisser une chance à l'amour, aussi imparfait soit-il. Elle rencontra Marco, un Espagnol émigré en Angleterre juste avant que le général Franco ne meure. Marco a toujours pensé qu'il avait rencontré Lily en l'empêchant de se suicider. Pour ne pas rouvrir une plaie ouverte, ils n'en parlèrent jamais. Pourtant, ce soir-là, Lily s'était seulement penchée par-dessus la rambarde du Tower Bridge pour décocher quelques crachats bien sentis sur un bateau-mouche rempli de touristes chinois. Malgré les déboires que son caractère lui occasionnait, Lily n'avait jamais pensé au suicide comme solution pour une vie meilleure.

Marco travailla six mois sur des chantiers de construction. Lily était serveuse et de temps à autre, elle chantait encore pour les rares habitués qui l'avaient reconnue. Ils s'installèrent dans une chambre louée à madame Willshire dans une banlieue de Londres. Marco abandonna les chantiers et rendit de nombreux services à madame Willshire, dont celui de lui fournir chaque semaine sa dose d'héroïne en contrepartie du logement. Lors d'une violente manifestation pour les droits civiques, Marco voulut protéger Lily des coups que la police s'apprêtait à faire pleuvoir sur le corps à demi dénudé de Lily. Il mourut d'un hématome cérébral trois jours plus tard. Lily était devenue l'égérie du mouvement de contestation de la population noire féministe. Une photo de son torse arborant fièrement « Black beauty » trônait en première page du magasine Times. Oui, Lily était noire.

Lily sombra un temps dans la dépression. Madame Willshire prit soin d'elle comme de la fille qu'elle n'avait jamais eue et l'empêcha de toucher à la drogue. Lily disparut des tabloïds, des classements radiophoniques et de l'agitation de la ville. Elle partit s'installer dans le village d'enfance de madame Willshire. Madame Willshire venait de décéder d'une overdose. Elle lui léguait une maison à l'abandon dans le village dépeuplé de Blackshire.

Sept habitants la regardèrent d'abord avec curiosité et très vite avec bienveillance, trop heureux d'accueillir au sein de leur maigre communauté de fermiers une vigoureuse femme de quarante ans. Lily ne connaissait rien à l'engraissement d'un cochon, ni à l'élevage des poules, encore moins au fumier de cheval qu'il fallait répandre en hiver pour amender le sol. Avec Joseph, le plus jeune des sexagénaires, elle apprit la vie en autarcie et le plaisir simple de se nourrir au rythme des saisons. Joseph avait perdu ses deux fils : l'un sous les feux du Vietcong, l'autre dans un accident de voiture.

Une secte vint s'installer non loin du village. Les vieux démons de Lily la poussèrent dans les bras du gourou. Prise d'une crise existentialiste, Lily trouva d'obscures significations aux paroles du gourou. Bientôt, tout le village fut pris dans les filets du démon et la secte rebaptisa Blackshire en « Cité du soleil salvateur ». Efficace dans son organisation, la Cité-du-soleil-salvateur prospéra rapidement jusqu'à compter cent vingt membres. Prise pour cible d'un viol collectif censé souder les énergies cosmiques dans son utérus, Lily se réveilla de ce cauchemar en décidant que son corps lui appartenait à elle seule. Se rappelant qu'elle était ceinture noire deuxième dan, elle tua le gourou d'un coup sur la nuque et s'enfuit en laissant poules, cochons et Joseph qui assista impuissant à l'anéantissement du village dans un suicide collectif.


– Putain, quelle histoire ! Et quelle femme ! s'exclama Arthur, le dernier beau-fils arrivé dans la famille Brightmore.

– Ouais Frank, dis-nous que ça se termine bien pour elle !


Frank ne répondait pas, l'œil hagard, absent, il était perdu dans ses pensées.


– Oh Frank, qu'est-ce qui t'arrive ? Il faut qu'on remette une pièce dans le juke-box ?

– Absolument ! Tournée générale ! éructa Frank en attrapant la jarre.

– Ça c'est parler ! lui répondit son cousin qui remplissait les verres à ras bord.

– Cul sec ! À Lily ! lança Frank en brandissant un bras vainqueur.

– À Lily ! répondit toute la famille en chœur.


Frank reprit son récit…


Lily repensa à sa mère, au Getaway, à Henriane, à Marco, à madame Willshire et à Nietzsche. Lily témoigna sur les événements tragiques qui précipitèrent un village entier et ses cent vingt habitants dans une folie autodestructrice. Elle fut internée en hôpital psychiatrique pendant cinq ans. Durant ce temps de rémission, elle entreprit d'écrire ses mémoires. Sa vie chaotique, ses moments de gloire et d'abandon, sa lutte pour les droits civiques, intéressèrent un éditeur qui voulait en faire un film. Elle lui légua l'entièreté de ses droits. Le film, réalisé trop vite avec un maigre budget, fut un échec retentissant. Après avoir été programmé deux semaines dans trois salles alternatives de Londres, il fut retiré de l'affiche. On le retrouva en DVD en vente à un dollar.


– Frank, tu nous as jamais dit comment tu l'avais rencontrée cette Lily. Tu as inventé tout cela non ? Ou tu as vu le film en question ?

– Le der' des ders et je vous dis tout ! balbutia Frank.


Le cousin ressortit la jarre et balança des giclées de gnôle d'un verre à l'autre sans relever le bec de la jarre. Un oncle déposa maladroitement sa cigarette dans le cendrier et mit le feu à la nappe imbibée d'alcool frelaté à soixante-quatre degrés. Une femme hurla, des chaises se renversèrent, des aïeuls braillaient affolés, et finalement l'incendie fut maîtrisé en roulant simplement la nappe en boule. Frank monta alors sur sa chaise prêt à poursuivre son récit, fit un dernier cul sec et s'écroula sur l'alambic dans un bruit de verre brisé et de fin de génération.


À son enterrement, alors que les membres de la famille déposaient un œillet rouge sur le cercueil, une limousine noire s'avança. Une femme obèse sans âge en sortit, un béret d'homme coiffant ses cheveux crépus. Elle approcha à pas lents, faisant basculer son poids d'une jambe à l'autre telle une matriochka lestée de plomb. L'assemblée lui ouvrit un passage et elle déposa d'une main fébrile un carnet sur le cercueil. Le prêtre ânonna les quelques mots d'usage et tandis que quatre hommes s'affairaient à descendre le cercueil dans la tombe, l'air paisible du cimetière fut remué par une voix qui entamait « Life on Mars » de David Bowie.

La famille de Frank n'osa d'abord pas l'approcher ne sachant comment s'y prendre. Le cousin convia toutes les personnes présentes au repas de funérailles. La dame au carnet s'y rendit également, restant quelque peu à l'écart. Le banquet était généreux et après quelques croisements de couverts feutrés, quand les verres furent remplis et vidés à maintes reprises, l'atmosphère se détendit. Le cousin observait l'invitée mystère.


– Excusez-moi madame, seriez-vous Lily Bostridge ?

– Comment connaissez-vous ce nom ?

– Frank nous en parlait souvent. Si je puis me permettre, ce carnet que vous avez déposé tout à l'heure…

– C'est la vie de ma mère qu'elle y a retranscrite en détail. Elle voulait que le carnet soit enterré avec Frank.

– Oh ! Mais alors… racontez-nous l'histoire de votre mère s'il vous plaît.

– D'accord, mais pour cela, il va me falloir un petit remontant.


Le cousin de Frank descendit à la cave. Il sortit les verres à goutte, la jarre et plaça des chaises autour du tonneau. Ensuite, il appela la famille et on aida Lisa Bostridge, la fille de Lily et Frank, à descendre l'étroit escalier de pierre bleue. Lily contempla un instant cette cave d'un autre siècle. Elle frémit en voyant le portrait de son défunt père accroché à côté des sept autres patriarches de la famille. Elle avala d'un trait le calvados, fit une grimace et commença son récit…


Ma mère est née un soir de quatre juillet. Quand elle était petite, l'assistante sociale lui répétait sans cesse : « Tu vois, c'est pour toi les feux d'artifice. C'est ta mère qui t'envoie un signe depuis le ciel ! »


En entendant ces mots, le cousin de Frank se mit à pleurer. Lisa Bostridge s'interrompit et l'apostropha.


– Pourquoi pleurez-vous jeune homme ?

– Frank serait tellement heureux de vous savoir là, à perpétuer cette belle tradition.

– Une tradition ? rétorqua Lisa choquée.

– Oui, chaque année, Frank nous faisait le récit de la vie de Lily Bostridge. Nous pensions qu'il inventait tout cela car il ne nous a jamais avoué comment il a connu votre mère.

– C'est la meilleure ! Ma mère lui écrivait tous les six mois en espérant qu'il revienne un jour vers elle. Si je suis venue aujourd'hui, c'est uniquement pour respecter les dernières volontés de ma mère. Si vous voulez les détails de l'histoire, vous n'avez qu'à prendre une pelle et aller creuser ! La terre est encore fraîche. Vous saurez alors quel genre de héros était votre patriarche. Frank était mon père, oui, et un connard qui n'a jamais demandé une seule fois de mes nouvelles. Moi, j'en ai fini aujourd'hui avec cette histoire.


Sur ces paroles coupantes, Lisa Bostridge vida un autre verre et entreprit de remonter l'escalier laissant sa belle-famille médusée. Personne ne broncha. Arrivée sur la dernière marche, elle se retourna et leur lança : « Même son calva vaut mieux que lui ! » Depuis ce jour funeste, la porte de la cave resta définitivement scellée. Au fond de la jarre, un calvados prend le temps de patiemment mûrir pour, un jour peut-être, délivrer encore une fois le cœur des hommes.


 
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   socque   
28/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire cynique et sardonique à souhait ! J'ai apprécié ce côté foutraque : la vie comme elle va, aberrante et en mouvement. La fin me paraît très bien vue. L'écriture est distanciée, ce qui convient bien au propos selon moi.

   Donaldo75   
28/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Voici une histoire truculente avec des tournures pas piquées des vers, des anecdotes hilarantes et un style rock'n roll. Le lecteur a envie d'en savoir plus sur cette Lily Bostridge dont la vie défile à deux cents à l'heure. Le contrepied pris par l'auteur, à savoir la mort de Franck, pour amener la chute de l'histoire, est également savoureux.

Le seul problème réside dans l'écriture, pas très propre, avec des répétitions à gogo, des problèmes d'usage de temps, bref un tas de scories qu'une relecture attentive aurait pu empêcher. C'est dommage car ça pique les yeux.

Néanmoins, du fait de l'aspect épique de cette histoire, de la peinture sociale déployée pendant la narration, ce texte possède une vraie âme, est incarné par les deux personnages, Lily et Franck. En plus, avec un bon coup de Calva, les scories évoquées précédemment passent mieux.

   stony   
21/8/2017
On sent un plaisir de conter auquel on emboîte volontiers le pas en tant que lecteur. Il n'y a pas de temps mort et, donc, aucun moment d'ennui.

L'écriture est bonne, même si deux ou trois petites maladresses interrompent le flux de lecture, mais sans véritable gravité. Un exemple : "Marco voulut protéger Lily des coups que la police s'apprêtait à faire pleuvoir sur le corps à demi dénudé de Lily". Un pronom aurait permis d'éviter de répéter le nom de Lily. Tel quel, c'est un peu lourd et, surtout, on a l'impression qu'il s'agit de deux personnages différents.
Il me semble avoir remarqué deux ou trois exemples de même nature, mais je ne les ai pas notés.
Sinon, rien de fâcheux à signaler.

J'ai été surpris que Lily ne soit nullement inquiétée pour le meurtre du gourou ou, du moins, que rien n'en soit doit. A moins que tout le village n'ait disparu par suicide, que la mort du gourou ait pu en faire partie et qu'il n'y ait eu aucun témoin. Enfin, si, il y a un témoin vivant puisqu'il est dit que Joseph assista à la scène, mais peut-être qu'il s'est tu. Quoi qu'il en soit, cette absence d'explication m'a fait cogiter.

Un texte agréable à lire.

Stony

   Anonyme   
21/8/2017
Une histoire foutraque dont je pense très sérieusement qu'elle est une sorte de pied de nez d'auteur à la critique.
Un texte qui n'est qu'une suite d'improbables coq à l'âne exprimés dans une langue boiteuse, à peine un mauvais pastiche littéraire.

Je déteste vraiment ce texte qui ne mérite guère de s'attarder plus longuement à construire une critique argumentée.

Spernere se sperni !

   PierrickBatello   
21/8/2017

   klint   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Je pense que l'auteur s'est bien amusé à raconter cette vie déjantée. (mais finalement pas tant que cela, en ce sens que cette vie réunit tous les clichés qu'on se fait d'une vie déjantée)
Je suis restée un peu à coté, néanmoins je salue l'imagination et la verve.
Oui, Lily était noire. : J'aime beaucoup ce détail amené en passant, merci pour ça

Quelques détails de temps m'ont choqué des passés composés au milieu de passé simple. (ici par ex... " Elle n'a pas eu le temps de développer sa naïveté")

Quelques phrases qui sont un peu bancales :
Elle fit des études de philosophie qu'elle arrêta six mois avant son terme (leur non ? )
"Marco a toujours pensé qu'il avait rencontré Lily en l'empêchant de se suicider." Là aussi j'ai dû relire plusieurs fois pour être certaine du sens
"Durant ce temps de rémission", pourquoi "rémission ?

Bref j'ai suivi en me demandant où l'auteur voulait nous emmener et en fait je ne suis arrivée nulle part : La chute n'en est pas vraiment une, et quelques trucs sont contradictoires : Lili avec son caractère bien trempé qui demande tous les 6 mois à un homme de lui revenir, l'invitée mystère qui reste au repas après avoir accompli le vœu de sa mère. (le carnet) alors qu'elle semble très en colère.

   mimosa   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,
Et bien d'accord, on trouve en effet quelques erreurs de style ou maladresses, mais pour ma part j'ai été emportée par le mouvement comme sur un TGV! je me suis bien fichue, je l'avoue, des invraisemblances, des clichés ou autre... le style est vigoureux, sans temps mort, et l'on s'amuse à lire une telle collection de mésaventures.
la chute m'a bien plu aussi.
Un bon moment de lecture!

   hersen   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voici une histoire, mais peut-être n'en est-elle pas une vraiment, qui vaut par son ton et son rythme. Je ne m'ennuie pas et pour tout dire, je me demande pourquoi ! car rien de nouveau sous le soleil, ni à la cave (enfin, j'y reviendrai en fin de com), mais le rythme que tu imprimes me fait sautiller autour de cette Lily que je vois très bien comme héroïne de film.

La fin perd un peu de cette énergie de narration, c'est dommage.

Souci à la cave : je suis surprise que l'alambic déverse son flot annuel de nectar dans la jarre : un alambic n'est pas une réserve d'alcool, il le "distille" goutte à goutte après que la vapeur de fruit a fait sa petite promenade rafraîchissante dans le serpentin tant qu'il est sur le feu, la jarre se remplissant très très doucement.
A mon avis.

   Alcirion   
23/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

j'avais beaucoup aimé le texte précédent, pour lequel les critiques s'étaient cristallisées sur des détails - j'avais trouvé le ton et l'ambiance justes et le personnage du colonel très solide.

Cette nouvelle est dans un registre de style très différent et agréable. L'humour léger et ironique convient bien à un récit qui ne vise pas au réalisme mais raconte une histoire plaisante avec de nombreux détails qui lui donnent de la consistance.

La narration épurée saute du coq à l'âne, ça fonctionne comme un rapport, une biographie hâtive, qui permet des interventions d'auteur et des formules de style humoristiques très plaisantes.

Un bémol pour la chute : si elle est réussie dans le sens où elle tranche bien avec l'esprit de la narration, elle est sans doute un peu rapide et casse l'aspect merveilleux/irrationnel du fond. En fait, elle invite à une suite, on voudrait en savoir encore plus sur le personnage de Lily, sa fille... Il y a sans doute de la matière à exploiter.

Un moment agréable, à vous relire.

   Tahar_Tampion   
23/8/2017
C’est une bonne idée que de raconter la vie déjantée de cette Lily, et ça pourrait être bien, mais il me manque je ne sais pas quoi pour me faire vibrer. Peut-être une vraie atmosphère de cave. Une distillerie c’est une vraie ambiance avec une odeur permanente qui embaume, le frémisement de la chaudière ou bout le liquide à distiller (en l’occurence, ici c’est du cidre ou du poiré et non pas des pommes), la chaleur du feu, le crépitement des flammes si le combustible est du bois, les glou-glou de l’eau du réfrigérant, celui du distillat qui s’écoule doucement dans la jarre (et non pas se déverse). Bref, côté atmosphère, c’est pas ça. Je suis resté en dehors. Pourtant, il y a de vrais petits moments d’amusement, comme lorsque Lily crache du pont sur les bateaux-mouches… Des phrases qui pourraient parfois être racourcies pour percuter davantage...

J’ai noté quelques problèmes de concordance des temps, passé simple à la place de plus-que-parfait par exemple. C’est impossible de faire des copié-collé, donc impossible de donner un exemple. Et puis des répétitions aussi, comme « aimer » et « gourou », de mémoire.

Une autre petite remarque technique : Je ne sais pas ce que vous entendez par « jarre ». J’y vois un récipient en terre cuite, éventuellement en verre. En tout cas pas du bois. Or, pour mûrir et devenir les nectars ambré que l’on connaît, tous les alcools qui sont transparents à l’origine, ont besoin de vivre « sous bois », dans des barriques ou des tonneaux...

   Jean-Claude   
24/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour PierrickBatello,

Au départ, je trouvais que l'histoire de Lily Bostridge allait trop vite tout en me demandant quelle était la raison de l'emboîtement dans la scène de l'alambic. Ma lecture du final rend l'histoire de Lily Bostridge purement fictive dans la bouche de Frank. Du coup, cela explique encore moins que Frank s'attarde sur le sordide.

En passant, je ne comprends pas un Brightmore avec du calva mais, comme on parle du 4 juillet, je présume que tout cela ne se passe pas du côté européen de l'Atlantique et qu'il est normal que je ne comprenne pas plus l'usage du mot "jarre".

Le classement dans "réalisme/historique" ne laisse un peu perplexe. J'avoue que je suis un peu déçu parce que j'ai surtout retenu "historique". Mais je ne vois pas trop le "réalisme" non plus.

Au plaisir de vous lire


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