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Science-fiction
stony : Les raisins de la colère
 Publié le 05/02/19  -  20 commentaires  -  6350 caractères  -  199 lectures    Autres textes du même auteur

Un mois, c'est peu, ce n'est rien. Le deuxième ne sera pas plus long que le premier. Au cinq centième, plus de quarante ans se seront écoulés, cinq cents fois rien.


Les raisins de la colère


– Hep, vous, là, venez ici tout de suite prendre votre ticket !


Marcel est stupéfait. Il s’attendait à susciter l’incrédulité sinon la frayeur et voilà qu’un flic l’interpelle comme s’il devait garer une vulgaire voiture sur un parking. Et sans s’étonner de rien, par-dessus le marché.


– Ne perdez pas ce ticket, il vous permettra de récupérer votre tas de bou… enfin, votre engin. On le prend en charge. Ne vous inquiétez pas, vous le retrouverez le moment venu dans un entrepôt avec tous les autres. Mon collège va vous expliquer comment se passe la suite.





À quelques dizaines de kilomètres de là, Roger se retrouve sous un pommier, sur un coteau du Bordelais. Devant lui, assis sur une chaise, le Boss, lequel souhaite à Roger la bienvenue.


– Modèle bêta OpenTimeVoyager, pas vrai ?

– Qui êtes-vous et comment savez-vous ça ?

– On m'appelle « Le Boss ». C'est obligatoire. Tu vois les gars qui se bousculent entre les vignes, là-bas ? Ils sont tous arrivés comme toi, ce matin.


En effet, des dizaines d’hommes peinent dans les allées, de gros entonnoirs en plastique dans le dos. Roger croit reconnaître un visage.


– Comment ça, comme moi ?

– Ben oui, avec le même bidule vérolé que le tien.

– Vérolé ?

– Tu croyais quand même pas fabriquer du matos de pro dans ton petit fab lab du coin ? Ton modèle voyage dans le futur, ce qui n’est déjà pas si mal, mais à quelques minutes près, il s’arrête systématiquement sous mon pommier le 10 septembre.

– C’est pas ce que disait la notice.

– C’est pas le seul truc que dit pas ta notice. Et l’autre truc va t’en boucher un coin. Ton assemblage de tuyaux est incapable de retourner dans le passé. Mais moi, j’ai le truc pour te faire retourner chez toi. Tes camarades, dans les vignes, sont déjà au jus. Pas au jus de raisin, tu t’en doutes. C’est pour ça qu’ils bossent pour moi, parce qu’au bout d’un mois, je leur filerai le module qui fait défaut à votre tas de ferraille. Ils sont logés et nourris, c’est tout ce qu’il leur faut. Tu vas les rejoindre ?


Bien sûr que non qu’il n’a pas envie de les rejoindre. Roger n’est ni particulièrement idiot ni particulièrement lent, mais là, il a tout de même besoin d’un moment pour retrouver ses esprits. Le Boss a l’habitude. C’est toujours à cet endroit-là que le doute et la méfiance sont à leur comble. Ça le fait d’ailleurs sourire. Il aime accueillir ses hôtes sans un mot de trop, les savoir acculés et chercher une solution sans en trouver. Ça les fige comme des statues. Roger finit par sortir de sa torpeur.


– J’ai le choix ?

– Ça, tu ne le sauras que dans un mois. Bon, maintenant, faut que tu dégages avant de te faire emboutir par un de tes collègues du fab lab. On ne peut pas savoir avec précision le moment où ils arrivent.


Entre les vignes et puis après le coucher du soleil, dans les baraquements, ça cause, ça cogite. Partir, mais pour aller où ? Et à quoi cela servirait-il sans moyen de subsistance et sans possibilité de retour ? Les questions sont toujours les mêmes, ainsi que l’absence de réponse. Enfin, des réponses, il y en a, et des tas même, mais aucune ne surnage. Ça s’engueule même parfois pour une solution paraissant meilleure que les autres au génie qui l’a trouvée. « J’en ai ma claque, je me tire », a osé dire Raoul l’après-midi. « Mais tu peux, mon gars, je te retiens pas », a répondu le Boss.


– Putain, fermez vos gueules, les mecs, je suis crevé, s’exaspère Gaston. Arrêtez vos conneries. Demain, on se lève à cinq heures et y aura plus que trois semaines à tirer. Gardez plutôt votre énergie pour pas crever jusque-là dans le cabernet. Allez, bonne nuit, les gars.


Après un mois de labeur harassant, Roger retourne chez le Boss pour lui réclamer le respect du contrat.


– J’ai qu’une parole. Voilà le module qui te ramènera chez toi, et la notice pour l’assemblage.


Roger est un peu surpris. Il craignait une arnaque, mais l'affaire a l'air correcte.


– Ok, mais y a quand même un truc qui me chipote.

– Confie-toi au Boss !

– Si tu ramènes ces types chez eux, pourquoi ils ne préviennent pas leurs potes à leur retour ?

– T’es un petit malin, toi, hein ? Parce que je les ramène trois microsecondes avant leur départ. D’ailleurs, au prochain coup, ils atterriront sous mon pommier le 10 septembre 2190. Pour les vendanges suivantes, tu comprends ?


Roger comprend, même que ça a toujours été son problème de comprendre trop vite ou trop bien. Il envie parfois ceux qui ne comprennent rien.


– Mais alors, c’est un truc sans fin !

– Faut pas exagérer. Seulement jusqu’à ta mort.

– Pourtant, il y a un mois, tu disais qu’on avait le choix.

– C’est exact. En réalité, tu as trois possibilités. Tu peux bosser jusqu’à ta mort. Pour moi, d'ailleurs, tu es déjà mort depuis longtemps. Tu peux aussi te suicider. Ou bien, tu peux te révolter.


C’est bien ce que Roger avait compris, mais il est aussi obstiné. C’est son deuxième problème, à Roger, l’obstination. Il ne lui suffit pas de comprendre, il lui faut toujours réfléchir un peu plus loin. Pourtant, ça lui fait mal à la tête de réfléchir, comme s’il pédalait sur un vélo d’appartement en se tuant à ne pas avancer.


– Toujours l’exploitation de l’homme par l’homme, n’est-ce pas ?

– Oui et non. On a cherché longtemps le moyen de faire autrement.

– Alors ?!

– On a jamais trouvé. Par contre, aujourd’hui, plus aucun homme n’exploite son contemporain. On exploite seulement les mecs du passé ; ceux qui, avec leurs conneries, nous empêchent de récolter plus d’une grappe par pied.

– Mais j’y suis pour rien, moi ! C’est pas moi qui ai inventé le glyphosate et toutes ces saletés.

– Je sais, la vie est injuste. Enfin, elle l’était.


Roger n’avait pas besoin du Boss pour en arriver à cette conclusion. Ça ne peut pas lui suffire, des évidences pareilles. Alors, il continue de pédaler.


– Si je suis à peu près certain de revenir ici, à quoi me sert de partir ?

– La réponse est dans ta question, pauvre pomme : l’espoir. Même un tout petit suffit.

– Il reste la révolte, alors.

– Je suis tranquille. Ça fait quatre cents ans que c’est pas arrivé, ce qui veut dire que, pour toi, ça fait même pas trois siècles. Honnêtement, je peux pas en être tout à fait certain pour moi-même, mais pour toi, ce qui est certain, c’est que ça n’arrivera jamais. Allez, à tout à l’heure !


 
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   Neojamin   
6/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,
J'aime bien l'idée... plutôt originale et inspirante. J'ai moins apprécié le développement.
Les personnages ne sont pas très développés... et j'ai du coup du mal à m'y attacher. J'ai un peu le sentiment qu'ils ne sont là que pour servir le propos. C'est dommage. Je trouve que le tout est aussi un peu expédié. L'idée est bonne pourtant et mériterait un peu plus que 6000 caractères pour être déclinée.
Les dialogues ne m'ont pas convaincu non plus... de manière générale, ça va un peu trop vite. Pas le temps de s'imaginer le décor, de se mettre à la place du personnage.
Au niveau du style, ça passe, mais là encore, un peu trop expéditif. Cette nouvelle me donne l'impression d'avoir été écrite un peu rapidement.
Quelques phrases m'ont fait tiquer, elles me paraissent maladroites :
- Devant lui, assis sur une chaise, le Boss, lequel souhaite à Roger la bienvenue.
- Ca le fait d’ailleurs sourire.
- Enfin, des réponses, il y en a, et des tas même, mais aucune ne surnage.
- comme s’il pédalait sur un vélo d’appartement en se tuant à ne pas avancer.

Mais l'idée est bonne je le répète, j'invite donc l'auteur à reprendre ce texte, à rendre les personnages un peu plus crédibles, moins caricaturaux, avec des traits de caractère, des spécificités qui leur sont propres. Peaufiner les dialogues en les lisant à haute-voix peut-être. Et poser pourquoi pas uu peu plus le décor. Décrire un minimum l'endroit, les gens. Ça pourrait aider de savoir à quoi ressemble le Boss.
bon courage !

   Corto   
15/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle histoire qui déstabilise l'esprit le plus rationnel.
Si le temps n'est plus le temps, si l'espace n'est plus l'espace, mais que reste-t-il donc ? Le piège...
On a l'impression en lisant cette fiction d'être pris dans un vaste filet où l'espoir d'en sortir se réduit au fil du déroulement.
Roger comprend vite le piège mais "C’est son deuxième problème, à Roger, l’obstination."
La phrase la plus diabolique est "Tu peux bosser jusqu’à ta mort. Pour moi, d'ailleurs, tu es déjà mort depuis longtemps. Tu peux aussi te suicider. Ou bien, tu peux te révolter."
L'intrigue est bien déroulée. Restent quelques maladresses de formulation faciles à rectifier.
Bravo.

   izabouille   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup l'idée et le thème général, mais c'est un peu court et trop vite envoyé. Je pense, mais ce n'est là que mon avis, que cette nouvelle mériterait d'être développée et rallongée.

Merci pour ce bon moment de lecture

   Sylvaine   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Variation assez plaisante sur les paradoxes du voyage temporel. Les dialogues ont de l'humour, la façon dont le piège se referme sur la victime n'en manque pas non plus. J'avoue tout de même être gênée par la chute, que je ne comprends pas bien (pourquoi le Boss est-il sûr que "ça n'arrivera jamais"?) mais peut-être est-ce moi qui ne suis pas assez astucieuse : j'avoue être parfois déroutée par la logique propre à la S F. Cela dit, c'est un agréable moment de lecture.

   hersen   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Tip top car tout est là.

c'est amer, cynique, désespérant...mais quand même réchauffant à lire.
Lucide ? s'il faut mettre un nom sur la chose... :(

Partir d'une révolte dans les vignes, le titre rappelant une révolte comme Steinbeck a su la conter,( et qu'en reste-t-il, de cet esprit . ) un libre-arbitre à côté de ses pompes (à fric), tu nous peins là un Boss, un vrai boss.
Un boss conforté dans son rôle par une absence de résistance totale, sauf à quelques râouleurs près qui n'iront pas bien loin.

J'adore ce genre de texte inclassable, entre fiction et bien ancré dans..ce que nous sommes, d'une noirceur, d'une perfidie capables de remonter d'un coup l'esclavagisme, en toute impunité temporelle.

ça fait du bien de lire un texte si inventif et si juste !

Merci de la lecture.

edit : pour pas creveR dans le cabernet;
mais pleure pas, à ce niveau, je pardonne tout !

   Malitorne   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime croire à un récit même s'il se rattache à de la science-fiction. Ici j'ai droit à un concentré d'humour et d'absurdités temporelles qui ont certainement dû amuser l'auteur lors de sa rédaction mais qui, personnellement, me laisse de marbre. Le choix des prénoms (Roger, Marcel, Gaston), l'évocation insolite du glyphosate, le tout au milieu des vignes du Bordelais ça ne fait pas très sérieux. Un joyeux capharnaüm qui ne répond pas à mes critères d'exigence mais je ne doute pas que certains apprécieront.

   Cat   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut Stony,

Une belle trame, une écriture comme j'aime, mais c'est beaucoup trop court !

Quand j'ai vu que c'était Stony aux commandes, je n'ai même pas songé une seconde à vérifier la longueur du texte et je me suis frottée les mains dès les premières lignes, déjà subjuguée, certaine que j'avais sous les yeux au moins un quart d'heure de bonne lecture...

Bon, on va dire que côté fables je suis gâtée en ce moment. Après les courges d'hersen, voici les vendanges éternelles de Stony.

Le vin que tu as réussi à en extraire est une pure merveille, un petit bijou ciselé à la perfection. Il ne manquera pas d'en laisser certains sur la ligne de départ, tant il faut avoir un petit côté zèbre pour en apprécier tous les arômes.

S'il y a des imperfections, genre virgule en excédent, ou prononciation imparfaite (je me comprends), il ne faut pas compter sur moi pour les voir, quand j'aime je colle à l'histoire sans chipoter !

Voilà, tout ça pour dire que j'ai adoré les trois minutes mises à te lire, et que j'attends avec impatience la version longue de cet opus. Mais oui, je suis certaine que tu as ce qu'il faut sous le pied.:))

Bravo et merci.


Cat
vendangeuse libre ^^

   Pepito   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Oh Putaingue ! Déjà Stony en SF, ça vaut le déplacement ! Mais Stony en "version courte", alors là !... ;-))

Bon, je me suis régalé. De La vraie SF, en plus, de celle qui fait réfléchir à notre présent. Tu vas surement "pas" rire, mais pour moi cette nouvelle sent le vécu à plein nez. Quand même étrange pour de la SF, non ?

Puis la spéciale dédicace des prénoms franchouillards, là je me suis gondolé grave. ;-))

Au fait, c'est pas Gaston mais Gérard. Enfin quoi quoi quoi ! ^^

Un grand merci pour ce sourire de l'après-midi.

Pepito

PS : un clin d' œil à Hersen qui m'a tuyauté. ^^

   senglar   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour stony,


Le style est léger mais le sujet est grave. Le monde est stone.

Bien, un tout petit pinaillage, le gugusse bosseur saisonnier extrajenesaisquoi cliquèterait-il: " Y a plus plus que 3 semaines à tirer... " (je cite approximativement) alors que cela ne fait qu'une semaine qu'il a commencé. Ne dirait-il pas : " Encore trois semaines et puis basta... " ? lol

Pour le reste et pour le principal je me suis senti bien comme chez Bradbury la plupart du temps. Et ça c'est un très gros compliment :)

Senglar

   FrenchKiss   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Stony,

Rien à faire, mon cerveau n’est pas configuré pour la SF. Sans doute trop arrosé au glyphosate.
Quand j’ai vu la catégorie SF, j’ai failli décamper, et puis quand j’ai remarqué que votre texte était moins long qu’une de vos interventions dans le forum Gilets jaunes, je me suis dit que j’aurais quand même le temps de faire mes courses.

Franchement, je n’ai rien compris à l’histoire. Au début j’ai pensé qu’il s’agissait de travailleurs hindous sur les chantiers de la coupe du monde 2022 au Qatar !!
Et puis non, Roger, Gaston, Marcel, tout ça nous ramène à moins d’exotisme et du coup, à plus de terreur frontalière.

Alors pourquoi j’ai adoré ? Ben justement parce que pour moi c’est pas de la SF, c’est juste une grosse déconnade contre-utopique très raisonnée.

Bon, je fais quand même une tentative de compréhension, mais je vous préviens, je suis une bouse :
Des types sont condamnés à d’éternelles vendanges, des allers-retours temporels avec trois microsecondes de vacances par mois. Tout ça pourquoi ? Parce que des connards de sagouins du passé qui utilisaient le glyphosate ont fini par stériliser les vignobles et fait baisser la production à un raisin sec par pied de vigne. On est donc obligé d’utiliser une main d’œuvre d’esclaves tellement abondante pour pouvoir picoler un verre, qu’on demande aux anciens pollueurs d’assumer leurs conneries et de faire le boulot eux-mêmes. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre dans les dialogues :

- « Par contre, aujourd’hui, plus aucun homme n’exploite son contemporain. On exploite seulement les mecs du passé ; ceux qui, avec leurs conneries, nous empêchent de récolter plus d’une grappe par pied.
– Mais j’y suis pour rien, moi ! C’est pas moi qui ai inventé le glyphosate et toutes ces saletés.
– Je sais, la vie est injuste. Enfin, elle l’était. »


Vous m’avez ouvert les yeux. Y-a-t-il aussi des esclaves pour la bière ?

Ce que je peux dire, c’est que je me suis inscrit ici pour lire des petits trucs comme ça. C’est drôle, azimuté, totalement décalé dans le ton devant la gravité de ce futur annoncé. Bref, tout ce que j’aime. L’arrivée en soucoupe du début, confisquée par deux flics ringards de quartier m’a fait beaucoup rire. Voilà de la SF dégénérative, j’adore. Du coup, il m’en a manqué un peu plus.


Pour finir, je sais que vous êtes très attentif à votre orthographe. Juste une petite étourderie à « Gardez plutôt votre énergie pour pas crevez jusque-là dans le cabernet ». Des fois que Gallimard, comme à moi, vous refuse un manuscrit, juste pour une broutille.

Et puis, dans la vraie vie, vous vous appelez vraiment Roger ?
« Roger, Il ne lui suffit pas de comprendre, il lui faut toujours réfléchir un peu plus loin. Pourtant, ça lui fait mal à la tête de réfléchir, comme s’il pédalait sur un vélo d’appartement en se tuant à ne pas avancer. »
C’est comme ça que je vous vois.

FrenchKiss
Saisonnier éternel de Sauternes

   plumette   
5/2/2019
Salut Stony

je suis pas dans ma zone de confort avec ce texte pour lequel, une fois n'est pas coutume, je suis allé piocher dans les commentaires pour éclairer ma lanterne.
J'ai bien aimé l'ambiance, le ton du boss, l'univers de la vigne et la finesse de Roger.

j'ai pas compris l'intro avec Marcel ?

c'est pas grave, ce texte me turlupine, je m'en souviendrai!

Plumette

   chVlu   
5/2/2019
J'ai bien aimé l'idée même si elle n'est pas neuve de faire d'ici et maintenant une science fiction.
J'ai été par moment amusé par l'ironie qui est bien utilisée dans ce texte.
J'ai été dérangé par Marcel dont je ne sais pas quoi faire.
Première lecture je bas ma coulpe :
"t'es vraiment trop con comme lecteur y a 4 personnages et 1 figurant et t'es pas fichu de suivre !"
Ma machine a remonter le temps en tant lecteur me pose là où je veux , aller retour, re-aller, re-retour, conclusion :
y a bien un Marcel dont je ne sais ce qu'il fout dans cette histoire
et un Roger que je suis.
Mais du coup décroché de l'histoire et arrivé au bout je me demande toujours mais que diable Marcel venait-il faire dans cette galère?
(Il me semble d'ailleurs que je les ai déjà croisé ces deux aventuriers des temps futurs à la façon bidochon)

Ce passage là ne m'a pas emballé :

"C’est pas le seul truc que dit pas ta notice. Et l’autre truc va t’en boucher un coin. Ton assemblage de tuyaux est incapable de retourner dans le passé. Mais moi, j’ai le truc pour te faire retourner chez toi. Tes camarades, dans les vignes, sont déjà au jus. Pas au jus de raisin, tu t’en doutes."

Trop de truc, et la blague je l'ai trouvé bof bof mais peut être avais-je trop décroché déjà.

L'histoire du différentiel de déroulement du temps entre le futur et le passé m'est totalement obscure dans sa logique et/ou sa mathématique ...D'ailleurs à ce sujet d'où sort cette année 2190, je suis comme Roger j'ai le petit vélo qui mouline.) C'est la première année d'une longue série mais alors pourquoi le système semble très bien rodé? Roger vient de rentrer dans le bal qui dure depuis quelques temps ? mais alors dans le champs il doit y avoir des habitués qui auraient du cracher le morceau bien avant le Boss....

Le retour 3 microsecondes avant le départ :
euh le gars dans le passé parce qu'il a fait une fois le départ il va répéter à l'infini,
c'est le module qui a une programmation incrémentée pour renvoyer au passé puis ramener au futur à des dates calculées en fonction des vendanges ?
Mais alors l'histoire des microsecondes elle sert à rien.

En fin bref trop de questions et pas assez de pistes qui m'ont paru logiques à suivre pour que j'entre dans l'histoire.


une prochaine fois peut être!

NB
"C’est toujours à cet endroit-là que le doute et la méfiance sont à leur comble"
c'est vraiment endroit que tu as voulu écrire ?

"Gardez plutôt votre énergie pour pas crevez jusque-là dans le cabernet."
Crevez m'a crevé les yeux et jusqu'à là paru incongru j'ai lu juste là mais ai-je raison?

   STEPHANIE90   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour stony,

une nouvelle sans tige, ni fruit de raisin, si j'ose dire... (sourire)
Mais alors le coté complètement loufoque m'a vraiment plu. Votre imagination semble débordante, pas comme ces pieds de vignes qui ne donne plus qu'une grappe. Bref, votre histoire aurait mérité un peu plus de tanin, car je n'y retrouve pas les paysages, l'ambiance qui règne dans les vignobles sous les larges mains des vendangeurs. Il faudrait également que vos personnages soient moins flou, car ils sont peu attachants. Quelques améliorations lui ferait prendre de la bouteille.
J'ai également constaté quelques erreurs de langage, un mot pour un autre (la plupart ayant déjà été relevé, je ne réitèrerais pas), et certaines formulations trop moderne fait perdre pour moi un peu de crédibilité au texte.
"Tu croyais quand même pas fabriquer du matos de pro dans ton petit fab lab du coin ?"
" Pourtant, ça lui fait mal à la tête de réfléchir, comme s’il pédalait sur un vélo d’appartement en se tuant à ne pas avancer."
Cela sera facilement rectifiable... Par exemple au lieu de l'image du vélo, un cheval ruant aurait été plus subtil de mon avis.

Mais par contre votre texte S-F à un petit coté moraliste que j'apprécie beaucoup. Ces vendangeurs qui paient de leur dur labeur l'utilisation du glyphosate par leur ancêtre, et qui se retrouve à faire le sale travail à la place de leur descendant.
J'applaudis !!!

Bref ! j'ai vraiment aimé lire et relire pour en comprendre toute la subtilité.

StéphaNIe

   myndie   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Stony,

Me voilà après tout le monde, sans avoir pris la peine de lire tes retours aux commentaires, et surtout ne me sentant pas très légitime dans cet exercice qui ne m'est pas coutumier, je te livre quand même mon ressenti après lecture:

j’ai bien aimé ta nouvelle.
Moi qui suis fascinée par tout ce qui touche au temps, aux univers parallèles et tout le toutim, je me suis vite rendu compte que ce n’est pas ici le thème du voyage dans le temps qui allait donner le tournis à mes neurones comme les y ont habitués la plupart des films ou bouquins là-dessus.
Parce qu’il n’est que prétexte à une réflexion intelligente, cynique et pourtant cocasse sur une non révolte au milieu des vignes, que personnellement je me régale à regarder comme une belle revanche de la nature sur la connerie humaine : si on extrapole après tout, pourquoi ne pas imaginer que c’est ce qui nous pend au nez ?
C’est incroyable en tout cas parce que si j’avais eu ta nouvelle à lire en EL (ce qui n’arrivera jamais parce que je ne suis abonnée qu’à l a poésie) , j’aurais franchement cru lire du pepito ! Sans rire.
Surtout, que ni l’un ni l’autre n’y voie là une critique, c’est très bien écrit. Seulement, je ne retrouve pas la « patte » Stony.
Je ne trouve pas pour ma part que le texte soit expéditif ou trop court. C’est juste que te trouver en SF me désarçonne un peu. Mais c’est de ta faute, le lyrisme auquel tu nous habitues m’a rendue accro à l’émotion que tu distilles...

   Donaldo75   
6/2/2019
Bonjour stony,

Idée intéressante, il n’y a pas de doute à ce sujet.

J’ai trouvé que le début était un peu forcé, comme si tu t’essayais à un genre nouveau, la science-fiction déconnante, sans trouver tout de suite le ton juste. Cela se ressent dans le style employé, que ce soit dans la narration ou dans les dialogues.

« Après un mois de labeur harassant, Roger retourne chez le Boss pour lui réclamer le respect du contrat. »

C’est là que le style redevient plus naturel ; je dirais même que je reconnais le stony qui rédige des commentaires circonstanciés et détaillés, avec un bel argumentaire et beaucoup d’humour. Bien entendu, je ne compare pas la narration d’une nouvelle à ces commentaires mais le style est là, reconnaissable entre mille. C’est plus direct, avec des arguments qui font mouche, une critique à peine déguisée du système social dont nous avons hérité, l’exposition de la bêtise de l’homme quand il exploite sans vergogne son semblable.

Pour ma part, étant un adepte de la synthèse, je ne vais pas nourrir le présent commentaire d’éléments détaillés et analytiques. J’ai bien aimé à partir de cette seconde partie, au risque de me répéter, parce qu’elle est stylistiquement plus naturelle. J’aime ton écriture, je la découvre presque parce qu’il me semble que tu n’as plus envoyé de textes depuis des lustres.

Au plaisir de te lire de nouveau dans une nouvelle qui corresponde plus à ce que tu écris d’ordinaire, je suppose.

   Pouet   
7/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Slt,

Je commence par le début, c'est bien ça de commencer par le début.

Il me semble que l'ellipse du flic sur "tas de bou..." marche pas trop puisque l'expression c'est vraiment "tas de boue", à moins que l'intention était de dire "tas de bouse" mais non, l'expression est bien "tas de boue" alors... autant mettre le "e".

J'ai trouvé un petit "ça les fige comme des statues" assez ... bon... Mais c'est vrai que "ça les fige comme du pudding" c'est moins bien. Et puis après le Roger, il "sort de sa torpeur", on reste donc dans le consacré alors ça va... :)

"Partir, mais pour aller où?", oui l'éternelle question.

"- J'en ai ma claque, je me tire"
"- Tu peux mon gars je te retiens pas"

Tu connais ma femme?

Bon je m'arrête là mais dans l'ensemble j'ai trouvé pas mal d'expressions consacrées dans le texte, sûrement mon côté grenouille de bénitier.

Ah si, "un truc qui me chipote".. Là je sèche, c'est du belge ou je chipote pour rien? J'avoue que ça me chiffonne cette affaire.

Au final, un texte très sérieux sur les dangers du glyphosate et le travail au noir d'immigrés exploités dans les domaines viticoles français, la coercition, la vacuité de l'existence et les ravages de l'alcoolisme qui m'a tout de même bien plu malgré une écriture que j'aurais aimé plus inventive pour contrebalancer le pragmatisme du fond.

   Iktomi   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une boucle temporelle solidement bouclée, c'est bien pensé.

Pour le reste je suis perplexe.

La SF est un genre qui a peut-être le défaut de se prendre un peu trop au sérieux parfois, mais là j'ai l'impression qu'on exagère dans l'autre sens.

Un peu comme si Frédéric Dard se prenait pour Isaac Asimov, si vous voyez ce que je veux dire.

   Eijihimura   
6/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà une nouvelle qui fait froid dans le dos.
Je suis un amateur de cynisme et le ton de ce texte me parle. J'ai aimé l'idée et le déroulement succin. Par contre, et c'est peut-être un paradoxe vu le thème de l'histoire, mais je trouve la temporalité (notamment l'attente d'un mois) un tout petit peu trop survolée. Je m'attendais à avoir un peu plus d'information sur cette période, peux être simplement en marquant le manque d'intérêt et la redondance des taches à effectué. Sorte de boucle dans la boucle, en somme ^^
Cette remarque mise à part, le texte m'a beaucoup plu.
Au plaisir de vous (re)lire,
Eiji.

   Palrider   
8/3/2019
Commentaire modéré

   Palrider   
8/3/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Dam, ça tient à la page, c’est original et il y a du style, c’est rare le style, et quand il y a en plus le petit grain de folie, l’humour, le cynisme...on peu dire que la dite page est égayée, c’est une vertu essentielle à mes yeux. Il faut qu’un texte, aussi court soit-il, prenne vie dans les yeux du lecteur, sinon, autant lire des notices de montage Ikea

   CerberusXt   
1/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Texte original avec juste ce qu’il faut d’humour. Le risque avec un récit de voyage temporel est de retomber sur des clichés et des classiques, mais pour le coup j’avoue que l’exploitation de voyageurs temporels en esclave est une nouveauté pour moi.

Je regrette du coup le manque de développement du narrateur qui semble un peu trop spectateur et pas assez acteur de son histoire.

En bref, une idée de départ très séduisante et originale qui mériterait d'être encore plus étoffée.


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