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Policier/Noir/Thriller
widjet : Crazy mamie
 Publié le 03/06/17  -  20 commentaires  -  20568 caractères  -  174 lectures    Autres textes du même auteur

Elle a recommencé.
Elle est redevenue folle.


Crazy mamie


Papa m’a demandé de rester là-haut, d’aller jouer dans ma chambre et « de pas faire l’idiot ». J’ai pas envie, moi. Je veux rester avec eux, mais j’ai pas le droit, c’est trop nul. Mon père, il m’a dit que si je vois tout ça, je vais faire des cauchemars toute la nuit. C’est n’importe quoi parce que j’étais là quand ça s’est passé, alors c’est trop tard maintenant.


J’étais déjà là. Et j’ai tout vu.


Crazy mamie a recommencé. Elle est redevenue folle. Cette fois, c’est super grave. Je crois qu’elle a tué tonton Stan. C’est arrivé pendant qu’on jouait à cache-cache avec Élisabeth, Maxime, Ludivine, Baptiste et Alban. Elle s’est levée de son fauteuil, s’est approchée de lui et elle lui a planté ce truc dans la gorge. C’était horrible. J’étais caché derrière les rideaux, alors j’ai tout vu. Tout.


Il y a du bruit en bas. On dirait que tous les invités sont encore là, ça doit être la police qui les oblige à rester pour les interroger ; c’est comme ça que ça se passe même si ça sert à rien puisqu’on sait déjà c’est qui, c’est Crazy mamie. Crazy mamie c’est comme ça qu’on l’appelle parce qu’elle est dingue, il paraît que c’est à cause de la guerre, c’est mon père qui le dit. Mais je m’en fiche, moi. Je l’aime bien, elle me fait rigoler même si des fois c’est pas fait exprès comme quand elle mange sa soupe en faisant du bruit avec sa bouche et que ça coule sur son menton tout poilu comme celui d’un homme. Maintenant, elle vit dans un hospice pour les vieux. Des fois, elle reste à la maison pour le week-end. Papa a pensé que c’était une bonne idée de la faire venir à la fête, alors elle était là avec nous et tous les autres. Je pense que maintenant mon père il regrette. Chaque année, mes parents ils font une fête et on doit venir déguisés même nous les enfants. On s’amuse, on mange des gâteaux, on danse, on chante des chansons et à la fin on reçoit des cadeaux de toute la famille. C’est pareil que Noël sauf qu’y a pas de sapin, que ça se passe l’après-midi et que c’est pas l’hiver. En tout cas, moi j’étais déguisé en Batman comme l’année dernière et l’année d’avant peut-être aussi, mais je m’en souviens pas, j’étais trop petit.


Y avait beaucoup d’invités. Presque tous mes tontons et mes tatas, mes cousins, mes cousines et aussi papi Jean-Claude et mon autre mamie, mamie Lucienne. C’est la maman de maman. Elle, elle est pas folle, mais je l’aime pas trop. Et puis, y avait aussi des amis du bureau de mon père. Presque tout le monde était déguisé. Les costumes des adultes étaient trop nuls. Celui de tonton Stan, le frère de maman, ça devait être le pire, car papa était très en colère, je sais pas pourquoi, alors j’ai demandé à mon cousin Baptiste qui m’a dit parce que c’était un uniforme de nazi allemand. Je sais pas ce que c’est, mais en tout cas, papa a dit à tonton Stan que c’était « de mauvais goût » et tonton Stan ça l’a fait encore plus rire alors papa l’a traité de « pauvre con ». Tonton Stan, c’est mon tonton préféré. Il joue tout le temps avec nous et il fait les meilleures grimaces et aussi des blagues et des tours de magie. Maintenant, il est parti dans l’ambulance et peut-être même qu’il est mort à cause de Crazy mamie. La dernière fois qu’elle est devenue dingue, c’était dans sa chambre dans son hospice de vieux. C’était l’heure du repas et je me souviens qu’y avait une ratatouille dans son assiette. Je m’en rappelle parce que moi, je déteste ça la ratatouille. À la télé, y avait une vieille dame qui parlait je sais plus de quoi, mais ça devait être triste, car Crazy mamie elle pleurait beaucoup en l’écoutant et son nez coulait, c’était dégoûtant. Et puis, tout à coup, elle s’est frappée dans tout le visage avec sa fourchette en criant tellement fort que j’ai dû me boucher les oreilles. Heureusement que c’était du plastique la fourchette sinon elle se serait crevé les yeux. Pourquoi elle a fait ça, je sais pas, mais peut-être que maman si. Elle a éteint la télé et appelé l’infirmière qui nous a dit de sortir. Je crois que l’infirmière avait encore plus peur et qu’elle serait bien partie avec nous aussi.


Y a encore du monde en bas, je les entends. J’aimerais bien descendre juste pour voir la police parce que c’est le métier que je voudrais faire plus tard, policier ; et puis aussi pour récupérer mon cadeau, j’ai même pas pu l’ouvrir, alors je sais même pas c’est quoi dedans. En tout cas, la fête est ratée, ça, c’est sûr. C’est dommage parce qu’au début on s’amusait bien avec les cousins sauf avec Baptiste qui se croit toujours le plus fort parce qu’il a sept ans et moi que cinq. Le seul truc qui était nul, c’est qu’au début il pleuvait dehors, alors on a pas pu sortir, mais heureusement la maison est super grande alors on a pu jouer quand même. Avant, mon jeu préféré c’était la chasse au trésor, mais tonton Stan il a inventé un jeu encore plus génial, ça s’appelle le labyrinthe musical. C’est trop bien. En fait, il faut construire un labyrinthe dans la maison, on met des cordes partout, sur les chaises et tous les autres meubles et aussi les poignets des portes. Après, on met des vêtements dessus avec des pinces à linge comme ce qu’elle utilise maman. Quand le labyrinthe il est prêt, quelqu’un joue de la musique et nous on doit danser et quand la musique elle s’arrête, il faut mettre les vêtements et celui qui a le plus d’habits il a gagné. C’est rigolo parce que des fois on est obligé de mettre des habits de fille, pas le choix. C’est Baptiste qui a gagné. Il s’est moqué de nous. Je le déteste trop, lui.


Après on est allés prendre le goûter. Comme j’avais l’autorisation de mes parents, j’ai pu prendre plus de bonbons et aussi du chocolat et même que tonton Stan il m’a laissé boire dans son coca et que mamie Lucienne elle l’a grondé, mais lui comme d’habitude il a rigolé parce que dedans son verre c’était pas vraiment du coca, ça m’a piqué la bouche et le ventre. Je suis aussi allé voir Crazy mamie pour voir si ça allait bien. Elle était assise sur son fauteuil roulant à côté de la cheminée parce que maintenant elle est trop vieille pour marcher. Je lui ai demandé si elle avait envie de manger un gâteau ou boire de l’eau ou autre chose, alors elle m’a regardé sans rien me dire, mais c’est normal aussi parce qu’elle parle plus. Crazy mamie, elle a plus de langue et ça aussi c’est à cause de la guerre. C’est les Allemands qui lui ont coupé, mais tata Agathe, la sœur de papa, elle dit que c’est pas vrai et qu’en fait, Crazy mamie elle s’est brûlé la langue elle-même avec de la cire de bougie pour pas dénoncer les juifs même si je sais pas c’est quoi les juifs et la cire de bougie. Après les adultes ils ont mis de la musique et on a dansé et chanté. Enfin, pas tout le monde comme par exemple tata Simone à cause de ses problèmes de cœur et bien sûr mamie Lucienne parce que elle aime pas danser et que de toute façon elle aime jamais rien celle-là. J’ai remarqué aussi que papa il était toujours énervé peut-être encore à cause de tonton Stan et de son costume de mauvais goût. Maman, elle dansait et faisait la folle avec sa sœur jumelle tata Béa que j’adore. Elles se ressemblent beaucoup, mais ça c’est normal quand on est jumelles. Au début, c’était trop bizarre pour moi et ma sœur Élisabeth, mais maintenant ça va même si des fois quand on est fatigués ça peut arriver qu’on se trompe. Tata Béa elle m’a raconté que quand elle et maman elles étaient petites, elles s’amusaient à faire des blagues aux autres élèves et même au maître d’école. Elles s’habillaient pareil et elles se coiffaient pareil alors personne pouvait savoir c’était qui, ça devait être trop marrant. J’aurais bien aimé avoir un frère jumeau, moi aussi, mais à la place j’ai Élisabeth, c’est bien aussi, mais pas toujours quand même.

Papa vient juste de passer dans ma chambre pour savoir si je vais bien. J’ai répondu que oui même si en vérité pas trop parce que mon pantalon il sent encore trop le pipi. J’ai demandé où était maman et il m’a dit qu’elle était partie à l’hôpital pour rester avec son frère et que les gens de l’hôpital ils avaient aussi emmené Crazy mamie avec eux. J’ai demandé si tonton Stan il allait mourir et il m’a dit que non, mais je crois que c’est pour pas que je m’inquiète et que je fasse pas des cauchemars cette nuit. J’ai demandé si Crazy mamie elle reviendrait à la maison un jour et là papa il m’a rien répondu du tout. Et puis, je lui ai demandé si je pouvais descendre maintenant au moins pour prendre mon cadeau, mais il m’a encore dit non, que c’était pas le moment, car personne est encore parti, la police non plus. Maintenant mon père est redescendu en bas. Je lui ai pas demandé le principal et le principal c’est pourquoi Crazy mamie elle a fait ça, pourquoi elle est redevenue folle, mais si j’ai pas demandé, c’est fait exprès, j’ai pas besoin de savoir.


Parce que moi je sais pourquoi.


On était tous en bas en train de jouer à cache-cache quand ça s’est passé. C’était encore une idée de tonton Stan ce jeu même si moi je voulais qu’on ouvre d’abord nos cadeaux. Comme il pleuvait plus et que le soleil revenait, papa et maman ils ont demandé à tous les invités de sortir dans le jardin. C’était trop bien comme ça on avait la maison pour nous tous seuls. Y avait que nous six et tonton Stan et aussi Crazy mamie parce qu’elle s’était endormie, alors pour pas la réveiller, papa l’a laissée dans le salon près de la cheminée. Tonton Stan a compté jusqu’à dix pour nous laisser le temps de trouver une bonne cachette. J’ai vu que Baptiste il s’était caché derrière le canapé. J’ai entendu ma sœur Élisabeth monter au premier étage peut-être pour se cacher sous son lit, car c’est toujours ça qu’elle fait, c’est de la triche, car on avait dit qu’on devait rester en bas. Alban, mon cousin, lui il a trouvé une cachette trop bien, c’est à l’intérieur du placard en dessous de la bibliothèque. Il en profite trop parce que Alban c’est le plus petit de nous tous, mais c’est normal il a quatre ans. Ludivine et Maxime, je sais pas où ils étaient cachés peut-être dans la cuisine ou dans le couloir. Moi, j’étais dans le salon derrière les rideaux et comme c’était des longs rideaux on pouvait pas voir mes pieds, j’étais vraiment super bien caché, mais pas aussi bien que Alban.

Tonton Stan a commencé à nous chercher. Il est entré dans le salon en nous appelant. « Les enfants, où êtes-vous ? » qu’il disait en marchant avec ses mains derrière le dos comme madame Magnin, ma maîtresse de grande section. Avec son képi – c’est Baptiste qui m’a dit que ça s’appelle comme ça –, je voyais pas bien ses yeux, mais ce qui est sûr et certain, c’est qu’il faisait exprès de faire du bruit avec ses grosses bottes noires ; ça me donnait comme des fourmis partout dans le corps. « Je vais vous trouver les enfants », qu’il répétait tonton Stan. J’étais vraiment content de jouer à ce jeu et je me retenais tout le temps de rigoler, mais aussi j’avais quand même un peu peur ; en fait c’était un mélange des deux choses. Derrière moi, enfin derrière la fenêtre, j’entendais toute la famille rire et chanter dans le jardin, ça m’a énervé parce qu’à cause d’eux, tonton Stan il pouvait découvrir ma cachette, alors dans ma tête je leur ai demandé de se taire et c’est trop bizarre, mais ça a marché. J’ai attendu que tonton aille dans le couloir pour sortir un peu de ma cachette et c’est là que j’ai vu que Crazy mamie s’était réveillée. Je l’ai regardée et j’ai fait chut avec mon doigt, mais j’avais oublié qu’elle pouvait pas parler à cause de sa langue coupée ou brûlée. On s’est regardé mamie et moi et dans ses yeux, j’ai vu qu’elle aussi elle avait peur alors qu’elle, elle jouait même pas à cache-cache. Et puis j’ai entendu tonton Stan crier : « Ah, je t’ai trouvé toi ! ». Il avait trouvé la cachette de Maxime.

Après, tonton Stan il lui a demandé de venir l’aider pour nous trouver nous, mais Maxime il a refusé parce que c’était notre promesse avec tous les cousins avant le jeu ; qu’on avait pas le droit de faire ça, qu’il fallait laisser tonton Stan se débrouiller tout seul parce que c’est lui l’adulte et pas nous. Maxime, il a préféré sortir dehors rejoindre ses parents. Tonton Stan est revenu dans le salon et il recommencé à nous appeler en faisant cette fois un rire bizarre. Je savais que c’était pour rigoler, mais quand même j’aimais pas trop ce rire-là. Après, c’est Baptiste qui a été trouvé derrière le canapé. C’était obligé parce que franchement cette cachette elle était trop facile. Et ça m’a fait trop plaisir qu’on le retrouve avant moi parce que Baptiste il fait toujours son crâneur et sur ce coup-là il a été nul, nul et archi nul, c’était bien fait pour lui. À lui aussi tonton Stan il lui a demandé de l’aider et Baptiste cet espèce de… de… de sale menteur, il a dit oui ! J’étais fichu, c’est sûr parce que Baptiste il avait bien vu où j’étais caché, mais c’est là que j’ai eu une chance de cocu comme il dit des fois tonton Stan même si je sais pas c’est quoi comme chance. En tout cas, Baptiste il a pas pu montrer ma cachette parce que tata Agathe, sa maman, elle est entrée dans le salon et elle l’a appelé alors il est sorti dans le jardin, c’était trop de la chance pour moi. Et puis à ce moment-là, j’ai entendu ma sœur Élisabeth descendre de l’escalier. Elle a dit à tonton Stan qu’elle voulait plus jouer parce qu’elle attendait Solange sa copine de classe qui allait venir la chercher. Elle s’était éliminée toute seule cette idiote. En tout cas, on était plus que trois dans le jeu, moi, Ludivine et Alban qui était toujours caché dans le placard sous la bibliothèque, la meilleure cachette faut avouer. Mon tonton est revenu dans le salon et il recommencé à nous chercher et à nous appeler avec son rire que j’aimais pas du tout. Mais là, ce qui était encore plus bizarre, c’était qu’il nous parlait dans une autre langue, je sais pas c’était quoi, mais c’était pas du français, c’est sûr ; peut-être de l’anglais, je suis pas sûr non plus. Mon père, lui, il parle anglais super bien et aussi l’américain. En tout cas, je faisais attention que tonton il me voie pas et c’est là que j’ai entendu un bruit. Comme une sorte de voix. Quand j’ai tourné la tête, j’ai remarqué que Crazy mamie elle regardait aussi tonton Stan. Elle le regardait avec ses yeux grands ouverts et j’ai vu aussi que ses lèvres elles bougeaient. C’était de là que le bruit il sortait, de la bouche de Crazy mamie, de sa vieille bouche où y avait plus de dents et plus de langue, cette bouche qui parlait plus, mais qui parlait quand même. J’étais trop loin pour entendre, mais on aurait dit que c’était juste un mot, un seul mot. Ses lèvres bougeaient tout doucement, sa tête aussi comme pour dire qu’elle était pas contente même si je savais pas pourquoi. Peut-être qu’elle était pas contente parce qu’on l’avait réveillée avec notre jeu. Tonton Stan lui il faisait pas attention, il nous cherchait encore. « Je crois que vous n’êtes pas loin, les enfants », il a dit. Un moment, j’ai senti qu’il est passé juste à côté de moi, tout près tout près, car j’entendais le bruit de ses bottes en cuir, on aurait dit qu’y avait des chats dans ses chaussures, des bébés chats qui pleuraient, ça faisait peur. C’est là que j’ai fait pipi dans ma culotte. J’ai pas pu m’empêcher, mais je suis resté sans bouger comme dans « 1.2.3 soleil », j’ai même essayé de plus respirer, car j’avais vraiment trop peur qu’il me trouve. Heureusement, il m’a pas vu. Quand il est reparti, j’ai sorti ma tête et j’ai vu qu’il allait où était caché Alban, dans la bibliothèque. Il est resté devant, puis il s’est mis à genoux devant la porte du placard comme s’il savait qui y avait quelqu’un dedans. Et là, il a commencé à siffler une chanson. Et cette chanson, je la connais bien, c’est « Vive le vent », on l’a apprise cette année avec madame Magnin. Je la connais presque par cœur. « Je me demande où vous êtes cachés », il a dit tonton Stan en rigolant. Moi, j’avais plus du tout envie de rire. Je tremblais et je sentais mon pipi qui collait mon pantalon. En vérité, je voulais qu’on arrête le cache-cache tout de suite, je voulais dire « pouce », mais je pouvais plus parler comme si à moi aussi on m’avait coupé la langue. Je voulais pas que tonton Stan il me retrouve. Jamais. Je voulais rester caché derrière les rideaux pour toujours. Pour toute la vie. J’ai pensé aussi à Ludivine qui était cachée même si je savais pas où exactement. Puis, j’ai tourné la tête et c’est là que je l’ai vu Crazy mamie. J’avais si peur que j’ai même pas fait attention qu’elle s’était levée de son fauteuil. Oui, elle était debout ! Je l’avais jamais vue debout, moi, jamais ! Elle tenait dans ses mains ce truc-là en fer qu’elle avait pris à côté de la cheminée. On dirait un gros bâton, je sais plus comment ça s’appelle, mais j’ai déjà vu mon père s’en servir pour faire bouger les bûches. J’ai fait un pas et tout de suite, Crazy mamie elle s’est retournée vers moi comme si elle m’avait entendu. Elle m’a regardé avec des yeux gros, très gros, pire que ceux à maman quand je fais une bêtise. Crazy mamie était redevenue folle comme la fois dans sa chambre de l’hospice de vieux où elle avait voulu se crever les yeux. Et ses yeux énormes qui me regardaient très fort. Mais j’avais pas peur de ça en fait. J’avais pas peur parce que j’avais compris, moi. J’avais compris qu’elle me voulait pas de mal, juste qu’il fallait que je reste caché derrière les rideaux. Tonton Stan, lui, il l’avait pas vu qu’elle s’était levée. Il était toujours accroupi. Il avait arrêté de siffler et il faisait « toc-toc » sur la porte du placard. Je pouvais entendre Alban qui rigolait à l’intérieur. « Y a quelqu’un dedans ? » a fait tonton avec une grosse voix. « Nan », a répondu Alban. « Y a quelqu’un dedans ? » a répété tonton Stan. « Nan ! » a crié mon cousin de quatre ans. Mais moi je regardais que Crazy mamie qui se rapprochait de tonton avec son truc de fer dans les mains. J’avais complètement oublié qu’on jouait. On jouait plus. Dehors, il faisait jour, mais je croyais que c’était la nuit. J’entendais plus la famille dans le jardin. J’entendais plus rien. J’étais tout seul dans la nuit avec ma mamie qui voulait empêcher tonton Stan de nous retrouver Alban, Ludivine et moi. Je crois que c’est ça qu’elle voulait. Nous sauver.


Après, ça s’est passé très vite. Crazy mamie a crié quelque chose que j’ai pas compris. Tonton Stan il s’est retourné. Il a pas eu le temps de se relever. Il a juste ouvert la bouche pour dire quelque chose, mais c’était trop tard. Crazy mamie l’a frappé avec le truc en fer qui s’est accroché dans son cou. Au début, y avait presque pas de sang. Juste deux ou trois gouttes qui sont tombées sur le tapis. Tonton Stan il regardait Crazy mamie en faisant une drôle de grimace. Il a encore voulu ouvrir sa bouche, mais on aurait dit qu’il pouvait plus parler peut-être à cause du truc en fer qui était toujours planté dans son cou. Alors, Crazy mamie elle a attrapé la barre et a tiré dessus de toutes ses forces. Même si elle est vieille, elle a encore plein de force ma mamie, ça c’est sûr. Y a eu un bruit comme quand le jour où j’ai arraché les feuilles du cahier d’école de ma sœur parce que j’étais énervé, le même bruit. Là, le sang est vraiment sorti. Beaucoup de sang. C’était trop horrible. Après, ils sont tous arrivés et ils ont tous crié. J’ai senti quelqu’un qui m’a soulevé et qui m’a mis les mains sur mes yeux même si ça servait à rien, c’était trop tard.


Voilà.


Je suis encore dans ma chambre, tout seul avec mon pantalon tout mouillé de pipi. Mes parents ils ont même pas pensé à me changer. Je m’en fiche. Par la fenêtre, je vois qu’ils sont tous en train de partir, la police aussi. Je leur fais coucou avec la main, mais personne me voit. Je pense à Crazy mamie et ça me rend triste. Je sais pas pourquoi, mais je crois que je la reverrai plus, c’est fini. Je pense aussi à tonton Stan qui est peut-être mort. Même s’il est pas mort, je suis sûr qu’il voudra pas revenir l’année prochaine dans ma maison pour la fête déguisée. Même si j’ai eu un peu peur de lui, c’est toujours mon tonton préféré. S’il vient plus alors on jouera plus jamais au labyrinthe musical et ça, c’est vraiment trop nul. Par contre, je jouerai plus jamais à cache-cache, plus jamais de la vie, c’est juré. Bon. Je vais attendre encore un peu que tout le monde s’en va et après je vais descendre en bas. J’espère que mon cadeau il est toujours là, je voudrais quand même le prendre et l’ouvrir.


J’aimerais bien savoir c’est quoi.


 
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   Tadiou   
3/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
(Lu et commenté en EL)

Superbe langage d’enfant avec ses multiples incorrections et ses réflexions naïves tellement réalistes.

La volonté de jouer est omniprésente, mais le drame veille, épée de Damoclès.

Va-et-vient constant entre le jeu et la peur.

Relents de nazisme, relents d’horreurs.

L’enfant essaie de se raccrocher à son présent, son oncle qu’il aime, son cadeau qu’il voudrait bien récupérer. Pour fuir inconsciemment ce qu’il ressent de complètement tragique…

L’arrière-plan de drame est dessiné avec une implacable maîtrise et devient totalement obsédant.

Tout sonne tellement juste : j’en suis subjugué !

Je viens de passer un moment délicieux.

   Bidis   
22/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Lu ce texte d’une traite, l’esprit critique complètement muselé. Trop bien cette histoire, comme dirait le petit héros. Et terrible aussi – évoquant des épisodes terribles de l’Histoire. C’est difficile de se mettre dans la peau d’un petit enfant et l’auteur ici y a parfaitement réussi.
Bravo !

   Pouet   
3/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

5 ans le gamin? J'ai plus vu un langage de pré-d'ado perso, bon j'exagère. Notamment les fameux "trop" dont tu abuses un peu à mon avis. La dernière phrase aussi sonne très ado je trouve. Je connais même des adultes qui parlent comme ça... :)

Sinon rajouter des "il" ou des "elle" comme par exemple dans "même que tonton Stan il m’a laissé boire dans son coca et que mamie Lucienne elle l’a grondé", là oui je te suis bien, c'est une manie qu'on les gamins de cet âge, ces passages là sonnent très vrai. T'aurais pu rajouter des "y" aussi, ils disent en général "on va y aller à la piscine" au lieu de "on va aller à la piscine."

Voilà dans l'ensemble j'aurais bien vu tout de même un enfant un peu plus âgé pour raconter l'histoire. Mais bon c'est peut-être moi hein...

Sinon j'ai trouvé que la nouvelle n'était pas assez aérée, le "gros bloc" est assez dur à ingurgiter.

Alors quoi crazy mamie a pris le tonton stan pour un vilain SS?

Bien aimé le côté "jeu/réalité", c'est bien mené, assez oppressant par moment le cache-cache.

Au final j'ai passé un bon moment.

Du bon Widjet.

   Jano   
3/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
D'habitude je n'aime pas les récits qui se mettent à la place d'un enfant. C'est souvent raté car on se rend trop compte de l'adulte qui écrit derrière. Difficile de retrouver l'état d'esprit des pitchouns. Ici c'est plutôt réussi, les réflexions de l'enfant me semblent correspondre à son âge, rien de choquant si ce n'est ce regrettable « crazy mamie ». Pour le coup on entend l'auteur fier de son titre...
Le sujet est original bien que rapidement brossé. La mamie plante le tonton suite à une confusion sénile et puis c'est tout. On aurait aimé en savoir davantage sur ce qu'elle a vécu exactement pendant la guerre, ses traumatismes, ses cauchemars. Replonger dans son passé, à travers un dialogue de la famille auquel assiste le petit par exemple, lui aurait conféré plus de personnalité, de dimension psychologique. Je pense que vous auriez dû réduire la description de la partie de cache-cache – trop longue – pour le remplacer par des explications sur ce brutal passage à l'acte. Tel quel le sang me parait un peu gratuit.

   Robot   
3/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
S'il me vient un mot, c'est passionnant. De bout en bout j'ai suivi ce récit sans relever les yeux de l'écran. Récit qui a su rester à hauteur d'enfant car la plupart du temps le langage correspond bien et ne fait pas excessivement "écrit".
Je pense à cette phrase qui me régale par sa construction et sa résonnance enfantine:

"Y avait beaucoup d’invités. Presque tous mes tontons et mes tatas, mes cousins, mes cousines et aussi papi Jean-Claude et mon autre mamie, mamie Lucienne. C’est la maman de maman. Elle, elle est pas folle, mais je l’aime pas trop."

Et puis tout au long, une super écriture, qui sait aussi bien nous angoisser ou toucher par un trait d'humour subtilement posé, et ainsi retenir le lecteur.
Sans flatterie l'auteur maîtrise son sujet et sa pensée, et contient parfaitement le récit.

J'en redemande de cette veine.

   PierrickBatello   
3/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le langage enfantin est bien réussi. Ce n'est malheureusement pas ma tasse de thé. Arrivé aux 2/3, j'ai senti qu'on n'en saurait pas plus sur le passé de la mamie. Dommage. La tension est bien menée mais je n'ai pas trouvé le climax. J'aurais aimé l' intrusion d'un dialogue adulte pour éclairer un peu le lecteur sur ce lourd passé.

   Dupark   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l'idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l'Histoire dans sa vérité."
Simone Veil
_______________________________________

Épuisé par la lecture. Frustré aussi d'avoir étudié le français, le latin et le grec jusqu'en Terminale pour avoir à régresser pendant 20568 caractères.
Moua, et bè moua, d'abord, et bè moua je peux régresser que sur une phrase d'abord, moua, épicétou.

Le décor : Au début, j'ai pensé à Pourim, à cause de l'ambiance carnaval, de l'échange de cadeaux et du "colonel SS assassiné", et puis non, c'est plutôt mardi gras chez des non juifs puisque la mémé a refusé de dénoncer des Juifs.
Mais alors, pourquoi les cadeaux ? Ou alors une famille "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu". Un mix…

Le prétexte : Une analogie entre la fête et la chasse aux Juifs. Les rôles :

Crasy mamie = Juste parmi les Nations
Stan = colonel SS (Standartenführer)
Baptiste = collabo, dénonce à tour de bras, au début…
Élisabeth = émigre grâce à la complicité de Solange

Je n'ai pas compris pourquoi le gamin/narrateur a pris peur au bruit des bottes. Le lecteur a compris l'analogie, mais l'enfant ? Obligé de relire, et j'ai trouvé "avec son rire que j’aimais pas du tout", puis "il nous parlait dans une autre langue". D'accord, le Stan a pris une voix inquiétante. Mais c'est un jeu. Je prends toujours une voix inquiétante quand je cherche un enfant, sinon c'est pas drôle. Et puis le méchant, c'est son tonton préféré, dont rien ne nous dit qu'il a d'autres intentions que celle d'amuser les enfants. Dénonce-moi si je dis une bêtise, mais seul le lecteur, qui a lu au début que le tonton rigolo va mourir, peut s'inquiéter, pour Stan, mais pas l'enfant, fut-il précoce et instruit.
Et, à quoi pense le gamin lorsqu'il annonce "Parce que moi je sais pourquoi." ?

L'humour : J'ai ri de bon cœur à "« Y a quelqu’un dedans ? » a répété tonton Stan. « Nan ! » a crié mon cousin de quatre ans." Le chaud/froid fonctionne bien à ce moment-là.

La morale : Faut pas faire de blague de mauvais goût.

J'espère qu'il n'y avait pas de clé pour faire de la dernière phrase quelque chose d'explosif car je n'ai rien trouvé. Bon, j'ai juste regardé sous le paillasson et le pot de géranium. Épuisé, je te dis.

   Ludi   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Salut Widjet,

J’ai compté, y’a plus de personnages dans ta nouvelle que dans La Comédie Humaine de Balzac. Donc je t’avoue que je l’ai lue avec seulement quatre personnages en tête, l’enfant, dont je n’ai pas saisi pourquoi tu as fait l’impasse totale de son prénom (un de plus ou de moins...), son père, Crazy mamie, et tonton Stan.

Bon, j’ai cru comprendre que la mamie pétait les plombs jusqu’à se lever de son fauteuil roulant comme Jésus marchait sur l’eau, au milieu d’un jeu de cache-cache qui lui rappelle les rafles de sa jeunesse, à cause de ce débile de Stan accoutré en SS.

Ok, mais qu’est-ce que tout ça est long ! A cause déjà, pour commencer, de l’erreur monumentale d’avoir révélé le meurtre dans les premières phrases !! On attend, on attend quoi ? Au moins un lourd secret, un drame parallèle de la guerre, peut-être concernant aussi une rafle d’enfants, je ne sais pas, quelque chose. Non, rien. Alors les gamins deviennent vite exaspérants, plutôt que de créer une quelconque tension dramatique. Et surtout, la mamie semble la moins concernée jusqu’à la tragédie. Ben oui, on sait déjà tout d’elle. Elle se lève comme ça, elle plante Stan à cause de sa tenue et de la mise en scène de la fête, et c’est tout ? On doit juste comprendre que ses raisons sont évidentes ? Une langue arrachée par les nazis ? Oui, effectivement.

Donc je résume : on sait depuis le début que la mamie a tué tonton Stan, qu’elle est folle (la scène d’automutilation à l’hospice de vieux), que les nazis l’ont torturée, et que ce débile nommé Stan, est venu traîner devant elle, déguisé en SS. Mais si tout ça suffit à tout expliquer, alors pourquoi écrire une nouvelle ? Il n’y a donc rien d’autre à explorer au-delà de cette évidence ? Il s’en est passé des choses pendant la guerre… C’est pas important de raccrocher un peu la fête à un traumatisme plus profond de Crazy mamie ? Ah bon, ben alors j’abandonne. Cette liberté laissée au lecteur est pour moi une facilité narrative. C’est le gout désagréable que j’en garde.

Côté style, tu oublies pour une fois l’auteur Widjet pour te recentrer sur tes personnages. Tant mieux. Le gamin parle comme un gamin de son âge, mais le babillage et les redites sont trop superficiels, la partie de cache-cache s’éternise, parce que justement il manque le socle, qui est le passé de Crazy mamie. On est loin du petit Momo de La Vie devant soi, et je ne veux pas en cela te comparer à Romain Gary, mais juste rapprocher vos perspectives différentes.

Ecrire une nouvelle douloureuse en faisant l’économie de la douleur, c’est comme nous dire tout le long que c’était bien bon, sans nous dire ce que t’as mangé. Ben moi, les dîners dans le noir, j’ai encore tendance à les avaler par le nez.

Allez, Widjet, tu sais que je t’aime bien, je suis toujours impressionné par ton imagination et ta production abondantes. Mais bon, des fois faut rentrer dedans…

Ludi
Déguisé en croque-mort

   Anonyme   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Aborder une des tragédies du XXe siècle à travers le prisme de l'enfant me semble très original, j'ai lu très peu de textes qui abordent ce point de vue. La langue de l'enfant est bien rendue à travers les différentes erreurs, de grammaire, de syntaxe et de style.

Finalement, le lecteur se retrouve dans la même situation que le narrateur, à la différence qu'il comprend les références, qu'il comprend de quoi il s'agit réellement.
Et l'enfant n'est pas dupe, il comprend tout en fonction des connaissances qu'il a, mais ne peut saisir le lien avec le nazisme car c'est un fait qu'il ignore.

Je trouve oppressant le fait que le narrateur prenne peur, au point de ne pas vouloir être découvert, non pas parce qu'il veut gagner, mais à cause du rire de l'oncle Stan, qui l'effraie.

Mis à part la trame narrative principale, le reste des détails retranscrit bien le monde de l'enfance, je pense au coca qui pique par exemple, qui représenterait la première gorgée d'alcool de l'enfant...

   Thimul   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Fantastique !
Le parti pris de raconter cette histoire horrible par un enfant est une très très bonne idée.
J'ai également beaucoup aimé le crescendo de cette nouvelle, surtout la dernière partie où l'on nous raconte ce qui s'est réellement passé. Franchement, j'y étais moi dans la tête de cet enfant.
C'est venu parfois me titiller dans ma propre enfance (j'étais un gamin qui avait peur d'à peu près tout). Ce jeu de cache-cache qui vrille dans son esprit jusqu'à ce qu'il en perde ses urines est pour moi l'un, ou le meilleur moment de cette lecture, mais il y en a plein d'autres (la scène du tisonnier par exemple).
Pour moi, la seule et grosse erreur de cette nouvelle et qui m'empêche de mettre un "passionnément", c'est votre décision d'avoir donné un âge à cet enfant. Ce n'était pas du tout nécessaire et ça nous renvoie souvent au décalage avec le langage utilisé: la pensée est simple mais le vocabulaire trop riche.
Mis à part cette réserve, j'ai pris énormément de plaisir à lire cette histoire qui m'a un peu pris les tripes.
Je la relirai dans quelques jours et probablement encore après.
Merci.

   aldenor   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le procédé est ingénieux. Le suspense est tout de suite sacrifié : on nous annonce ce qui s’est passé. Ensuite, ce qui tient le lecteur en haleine, c’est uniquement le motif qui doit se dévoiler. En filigrane, à travers l’œil d’un enfant.
En tous cas, pour moi, ca a bien fonctionné. Les effets sont habilement dosés, de sorte qu’on bascule progressivement d’un récit qui semble verser dans l’humour noir à un récit carrément noir...

   Ananas   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Hello W

J'ai lu et je ressors avec deux analyses distinctes.

Un l'histoire et la narration qui se tiennent bien, donnent envie de lire. C'est bien écrit, le style est cohérent et agréable.

Deux Mon plaisir de lecteur. Là j'ai malheureusement le même souci que Pierro et Ludi, pour moi il manque quelque chose, disons le chaînon manquant entre le ressenti de l'enfant et le drame réel...
Je peux pas croire que ce soit Juste la stupidité de Stan (qui a une belle mamie tarée et victime de l'holocauste et qui trouve rien de mieux à faire que de la pousser à bout en jouant au SS avec des gamins) qui ait mené à ça...

Et puis l'enfant dit qu'il sait pourquoi... je pige pas comment il peut... vu que ce qui se passe est hors de portée intellectuelle à son âge ou si pas, il raconte mal alors... ou il crâne... quoi qu'il en soit y a un illogisme certain à l'ensemble.

Par contre contrairement à Dupark je comprend la peur irraisonnée de la grosse voix et de la langue étrangère : Chacha a peur chaque fois que j'imite Bassie&Adriaan (les néerlandophones comprendront), ou Gollum, du coup je le fais plus !
Du coup (bis) l'enfant voit le monstre sans en comprendre l'essence ?
Stan s'était pedophile ?
Hum 😒

Pour moi, mais c'est personnel aussi, ça manque de ressort, de suspense, de détails et ce même si j'apprécie vraiment le prisme de l'enfant pour la narration je ressors avec trop de questions auxquelles je n'aurais jamais de réponses et j'aime pas ça...
Je reste sur une frustration qui me déplaît et m'empêche d'apprécier la nouvelle à sa juste valeur sûrement...

Merci et au plaisir !

   Grifon   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Merci Widjet pour cette belle nouvelle, fraiche et spontanée par le ton employé, mais grave dans le fond et si captivante que l'on ne peut pas la lâcher une fois commencée. Rien n'est en trop ni ne manque. Rien ne l'alourdit, tout y est juste, à sa place et si bien rendu. Bravo !

   hersen   
6/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une nouvelle intéressante par son sujet.

Seulement, j'ai une très grosse réserve. Elle concerne le fait que le tonton préféré du narrateur débarque à la fête déguizé en nazi, ce qui crée un différent entre les deux frères (père du narrateur et oncle).
Mais il reste malgré tout à la fête ainsi habillé; et plus fort encore, on laisse tous les enfants jouer à un jeu de cache-cache avec ce tonton tandis que tous les autres sont dans le jardin.

Si j'ai bien compris la fête, c'est plus ou moins une tradition instaurée par cette famille, mais qui n'a aucune valeur précise, religieuse ou autre. Il y a, en plus de la famille, des amis et même des collègues de travail. La connotation nazie ne me semble pas cadrer dans cet univers familial, convivial.

Le narrateur. Il a cinq ans, et je sais pour l'avoir déjà fait que le langage des enfants est très difficile car à 4, 5, 6 ans, il y a souvent un fossé, car on évolue très vite à cet âge. Le texte est au passé. Donc, l'enfant raconte chronologiquement ce qui s'est passé. Et je ne crois pas qu'il en soit capable car d'une part ce sont beaucoup de choses d'un coup et de plus un enfant n'est pas frappé par les mêmes choses qu'un adulte. Donc je trouve que dans la narration, parce qu'elle est au passé, appartient davantage à l'adulte qui l'écrit.

Le récit devrait être beaucoup plus décousu.
La partie de cache-cache est trop racontée. L'enfant exprime sa peur. Mais je ne comprends pas bien ce qui fait que cette peur, que les enfants aiment éprouver dans des jeux où ils se sentent en sécurité, comme ici cela devrait être le cas puisque c'est son tonton préféré et qu'à 5 ans, un nazi ne doit pas avoir beaucoup de signification pour lui, alors qu'est-ce qui fait qu'il devient effrayé ? Faire la grosse voix, des bruitages, lorsque l'on joue à cache-cache fait partie du jeu.

Après le drame, l'enfant est dans sa chambre, tout seul. Cela est-il vraiment possible qu'on laisse un enfant tout seul après qu'il a été témoin d'un drame pareil ?

A part ces (très) grosses réserves, j'ai aimé l'idée de ce drame, j'ai aimé le personnage de la grand-mère. Peut-être simplement aurait-il fallu que l'on sache pourquoi l'enfant aurait été effrayé par son tonton.

Pour ma part, le plus réussi est la grand-mère. Elle est exactement le personnage idéal d'une nouvelle; on n'a pas besoin de connaître sa vie, son geste est parfaitement compréhensible par les indices apportés à la connaissance du lecteur. Une nouvelle, c'est ça, justement, ce n'est pas un roman; c'est l'art d'en suggérer le plus possible sur un format court, il faut percuter sans expliquer;

A te relire.

hersen

   Alcirion   
6/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Widjet,

Un récit bien mené mais avec pas mal de longueurs. Un grand nombre de personnages, c'est pas facile à manier et les nombreux détails ralentissent l'intrigue. J'avoue que je me suis aussi vite lassé de l'écriture enfantine, très réussie, mais difficile à encaisser sur la longueur.

Pour le reste, il y a des idées et de l'imagination, comme dans tes autres nouvelles, c'est à dire le principal. L'essentiel, quel que soit le genre, est bien d'arriver à construire une intrigue qui retiendra le lecteur jusqu'à la fin et c'est ici réussi.

   Cox   
6/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Salut !

Bravo pour ce texte, et bravo surtout pour l'écriture. Pour autant que je puisse en juger, l'expression et l'état d'esprit du gamin sont très bien rendus et m'ont semblé impec'.Ca fait très réaliste, ça me plonge dans l'histoire aux côté du p'tit. Enfin ça marche bien, quoi. J'applaudis d'autant plus que, je le sais bien, je serais bien incapable d'en faire autant

Par contre, du côté de l'histoire, je suis moins convaincu justement. Enfin pas tout à fait; c'est plutôt la façon dont l'histoire est menée qui m'a gêné. J'ai l'impression qu'on en sait beaucoup trop dès le début. Déjà, on sait que le tonton beauf se fait planter par mamie. C'est curieux comme parti pris, parce que l'action en elle même aurait pu être un moment fort, inattendu, prenant. Alors qu'au final on sait déjà la fin, comme dans un Columbo tout pépère.
En plus, on nous dit que mamie a subi les horreurs de la guerre, probablement torturée par les nazis et qu'elle perd la boule. De l'autre côté tonton-concon se déguise en SS. Sachant que deux et deux font généralement quatre, on comprend avant la moitié du texte ce qui s'est passé et pourquoi ça s'est passé. C'est super dommage, parce que du coup il n'y plus grand chose à en dire !


Et pourtant, je me suis laissé prendre au jeu. J'ai trouvé la réaction de l'enfant un peu exagérée (qu'il ait si peur de son oncle me paraît bizarre, mais bon je suis loin d'être un spécialiste de la psychologie enfantine). Mais 'écriture est efficace est l'atmosphère tendue est bien rendue.

Au finale j'ai tout de même bien apprécié, et je n'ai pas décroché. C'est l'essentiel !

   Acratopege   
6/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De retour sur Oniris, je ne pouvais pas manquer ton texte. J'ai beaucoup aimé le récit, même s'il paraît un peu circonstancié pour une histoire racontée par un enfant. Le style enfantin est prenant, on s'y croirait, mais le niveau de discours est un peu irrégulier, avec des phrases très bien construites qui se mélangent à d'autres très relâchées. D'où un peu de gêne à la lecture. Bravo pour les "poignets des portes", dommage que cette belle erreur de lexique reste solitaire. L'idée de base, cet "après coup" presque délirant, cette vengeance dégustée glacée, est excellente. On peut tout imaginer de ce qui s'est peut-être passé autrefois entre l'oncle et la mémé.
Bref, un bon moment de lecture. Merci.
Pierre

(je n'ai pas pu m'empêcher de penser, en bon égotiste, à mon "Age tendre et tête à claques" publié ici il y a des siècles, où j'utilisais une langue similaire. LOL.)

   Henri22   
7/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Widjet,
J' ai lu votre nouvelle entièrement, et je serais prêt à la relire. Vous écrivez bien, de manière fluide et avec des phrases courte. j' aime cela.

De plus, se mettre dans la peau d' un enfant est un travail assez difficile ( j' imagine que vous êtes adulte, comme la plupart, je pense, des écrivains d' Oniris ). C' est un travail intéressant aussi qui permet de se demander si grandir, c' est si bien que cela. J' apprécie beaucoup l' opposition de la malheureuse Crazy Mamie à l' égoïsme naïf du héro. Les personnages sont, d' ailleurs, assez bien faits.

Voici les bémols de votre ouvrage, à mon opinion bien entendu.
I. : Qui est sénile ? L' enfant ou la Grand - mère ? "mais je m’en souviens pas, j’étais trop petit." C' était il y a deux ans ! Vous me direz que oui, cela est possible s' il a 4 ou 5 ans.

II. : Vocabulaire enfantin, pas caricature de l' enfant ! Pensez - vous vraiment qu' un petit va accumuler les "super", écrire " Et même que Tonton Stan il m' a... ", " et ça, c' est vraiment trop nul ". Je sais bien qu' enfant rime avec naïf, mais naïf ne rime pas avec niais. Les citations présentes ci-dessus étant les seules qui soient marquante, vous êtes excusable largement...

III. Le héro présente un accent enfantin, en ne s' exprimant pas très bien, mais c' est un peu exagéré. Il parle parfois plutôt comme un "vieux paysan" ( sans préjugé, toutes mes excuses aux campagnards... ;) ) que comme un jeune qui va régulièrement à l' école. Par exemple : " Quand le labyrinthe il est prêt " !!!!!!!!!!!!

IV. Le manque de logique dans la construction du narrateur. Il est assez jeune pour oublier ce qu' il a fait 2 ans plus tôt, mais assez vieux pour savoir écrire. D'ailleurs, il n' explique à aucun endroit quelle mouche l' a piqué d' écrire une nouvelle en pleine catastrophe, quand toute la maison s' agite ! Enfin, je n' ai pas compris s' il y avait une certaine ironie ou quelque oubli de votre part à la phrase : " Je lui ai demandé [...], elle ne parle plus ". Cela me fait revenir à mon I.

Je ne peux que vous féliciter, un récit assez touchant sinon hors du commun.

   Isdanitov   
8/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'apprécie beaucoup l'idée sous-jacente, le jeu qui réactive des souvenirs tels que Mamy passe à l'acte. Le traitement du sujet est efficace mais un peu long, à force, sans parler de ce qui me semble être des incohérences quoiqu'elles puissent être liées à une mauvaise perception enfantine. Ce doute, justement, m'accompagne tout au long de ma lecture et finit par prendre le dessus sur le récit. Si j'apprécie globalement le texte et le traitement de l'intrigue, je n'aime pas, par contre, les allusions répétées au fait que l'enfant ait fait pipi dans sa culotte et encore moins l'idée que personne ne le change... Ceci me donne l'impression qu'une série de résolutions logiques ne se produisent pas et me font ressentir la caractère fictif de l'histoire dans laquelle je n'entre jamais vraiment, tenu à distance par cet effet et par l'excès de narration enfantine qui me lasse.

   JPMahe   
22/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Il m'a été difficile d'entrer dans ce texte, le style enfantin est sympathique à petites doses, mais lassant après une dizaine de lignes. On s'attendait à un acte fou de Crazy mamie dès le début, la fin n'est donc qu'une demi surprise..


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